Concevoir à son image
novembre 28th, 2017 par JérômeDuez

Il y a 15 jours, revoir le texte de Boileau m’a fait réfléchir. Sa célèbre phrase « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement », semble couler de source. Encore faut-il réussir l’étape de la conception. Or, sur ce point, Boileau se tait.

Ce qui se conçoit clairement… se quoi ?

Si l’on reste en surface, sur le simple rapport entre la conception du discours et son énoncé, cela peut inciter à l’hypocrisie. En effet, nombreux énoncent de la clarté apparente, quand en vérité ils n’ont rien conçu de clair.

C’est le cas chez les champions de rhétorique : ils nous impressionnent par leur argumentation, alors qu’en réfléchissant deux minutes à leur propos, on remarque qu’ils sont dépourvus d’idée.

Dans cette logique, ce qui s’énonce clairement n’est pas forcément le fruit d’une bonne conception.

Pour aller au fond des choses, il convient de s’attarder sur la qualité de la conception. Quel en serait l’adage ? Je propose ceci : «  que l’on vit bien se conçoit clairement » et aussi : « Ce que l’on projette bien se conçoit clairement ».

Se projeter, c’est s’imaginer dans une situation donnée. Le b a ba de la projection consiste à s’interroger sur son destinataire avant de s’exprimer. Quand je me demande « à qui je m’adresse ? », j’imagine mon destinataire et je me projette face à lui, en train de répondre à son attente.

Concevoir le succès

Un exercice de projection consiste à s’interroger sur ses propres désirs pour lancer des projets solides. C’est loin d’être simple.

Par exemple, concernant le désir de succès. Succès professionnel ou succès en amour. La publicité et le cinéma nous matraquent avec des représentations de la réussite et du succès. Du coup, certains croient devoir coller à ces représentations, sans s’interroger sur leur propre conception de la réussite.

Vouloir une Ferrari, alors que l’on n’aime pas la vitesse… Ou trouver l’âme sœur avec qui tout partager, alors que l’on est un solitaire endurci… Rêver de posséder une villa au bord de la mer alors que l’on craint l’eau… Vouloir coller à une image de réussite qui ne correspond pas à ses vrais désirs, cela revient à se fixer de faux objectifs.

Quand on vise quoi que ce soit, on a intérêt à se projeter dans une situation en rapport avec un objectif à 100% personnel. Sinon, la perspective sera faussée et les actions seront freinées ou déviées.

Concevoir sa transformation

La dernière élection présidentielle a montré les failles d’un storytelling mal incarné. Toute bonne histoire contient un épisode de transformation, et les personnalités politiques en tiennent compte.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, c’est l’histoire d’un presque inconnu qui se transforme rapidement en personnalité incontournable. C’est simple et clair. Dans le cas de Marine Le Pen, c’est l’histoire d’une femme agressive qui se transforme en femme « apaisée », à la suite de la rupture avec son père. Là, c’est plus tordu.

Marine aurait dû concevoir sa transformation en s’appuyant sur une réalité. Par exemple, elle aurait pu raconter l’histoire de « la fille à son papa » qui se transforme en femme indépendante. Mais, pour une raison inconnue, Marine n’a pas voulu assumer sa vraie image et s’est inventé un rôle de toute pièce. Or,  Le Pen ne sera jamais Le Zen.

Le storytelling n’est pas une comédie et nous ne sommes pas des acteurs de composition. Dans la vraie vie, il est impossible de s’incarner dans un rôle qui ne colle pas à ce que nous sommes vraiment. Au bout d’un moment, le vernis craque et plus personne n’y croit.

C’est pourquoi un bon storytelling doit rester réaliste. Ce qui se conçoit bien est affaire d’harmonie entre le discours et son porteur. Et la clarté de la projection est à l’origine de la qualité de la conception : il convient de concevoir à son image.

Concevoir ses écrits

Des difficultés à rédiger cachent souvent quelque chose de plus profond. Peut-être que le propos n’a pas de raison d’être, que le rédacteur manque de motivation ou qu’il est mal placé pour s’exprimer sur le sujet.

Une jeune femme qui n’avait aucun mal à écrire, rencontrait pourtant des difficultés pour rédiger un type particulier de courrier : il s’agissait de répondre à des plaintes. On lui avait fourni des modèles de réponses mais qui ne la satisfaisaient pas, elle les trouvait secs et souhaitait en dire plus, pour renseigner au mieux ses destinataires. Dans sa tête, cela semblait clair ; mais devant l’ordinateur, elle bloquait.

À l’étude de son cas dans le cadre de ma formation, nous avons découvert que la réglementation de son entreprise lui interdisait de divulguer les informations qu’elle souhaitait communiquer, et qu’elle outrepassait ses droits. On peut dire que son incapacité à rédiger l’avait protégée, en quelque sorte, lui évitant de commettre un impair.

La formation lui a été utile pour identifier la source du blocage. Cela l’a confortée dans ses vraies capacités et lui a permis d’éluder les faux problèmes.

C’est pourquoi, avant de nous exprimer, demandons-nous si nous sommes la bonne personne, à la bonne place et au bon moment pour le faire. 

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mai 16th, 2017 par JérômeDuez

Avec les nouveaux outils à votre disposition, écrire n’a jamais été aussi simple.

En voici quelques-uns, parmi les plus efficaces.

Dragon, le logiciel de reconnaissance vocale

Vous parlez, il écrit… plus ou moins fidèlement. Longtemps, Dragon a été difficile à installer. Longtemps, il a manqué de fiabilité (les bruits parasites déformaient les mots retranscrits, d’après des témoignages).

Cela semble s’arranger, mais il est encore trop tôt pour affirmer que Dragon arrive à maturité. Selon moi, ce sera le cas quand on pourra l’utiliser dans n’importe quel environnement sonore.

J’attends avant de l’acquérir. J’aime dicter mes idées en toute circonstance et mon outil de prédilection est le dictaphone. Mais je ne veux pas dénigrer Dragon, car je connais des utilisateurs qui ne peuvent plus s’en passer.

Ici, vous pouvez lire un test intéressant de Dragon pour Mac 5, signé Anthony Nelzin.

Evernote ou OneNote, les « capteurs d’éléments »

Ce sont plus que des instruments de prise de notes, Evernote et OneNote capturent tout type d’élément : articles du Net, photos prises avec le smartphone,  captures d’écran…

Il semble qu’Evernote soit mieux conçu pour la mobilité et qu’il soit plus apprécié par l’ensemble des utilisateurs. En témoigne ce billet enflammé d’Antoine Blanchemaison.

Dès que je serai équipé d’un smartphone, je l’adopterai sûrement !

Les dictionnaires

Le portail lexical du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) présente l’offre la plus complète.

Sous Firefox, vous pouvez installer l’extension gratuitement dans votre barre des tâches.

Vous tapez le mot à rechercher, et vous êtes relié au site qui propose plusieurs entrées pour votre mot : définition, synonymie, antonymie et étymologie.

Le portail regroupe aussi une variété de dictionnaires spécialisés.

Vous pouvez préférer des dictionnaires en ligne plus simples. Dans ce cas, le site des dictionnaires Larousse est très bien ; et pour les synonymes, le Dictionnaire Electronique des Synonymes (DES) de l’Université de Caen Normandie donne d’excellents résultats.

Antidote, le correcteur de style

Si vous vous procurez Antidote, vous pouvez oublier le chapitre précédent. Car ce logiciel aussi met en lien tous les dictionnaires utiles. Et il fait beaucoup plus.

Antidote est le correcteur complet, il corrige l’orthographe, la grammaire et le style. Il souligne les fautes, il explique la nature de la faute, et propose un remplacement.

Ainsi, tout en étant corrigé, vous pouvez progresser en français.

D’emblée, cela semble être un incontournable pour corriger les écrits professionnels, journalistiques et universitaires. En revanche, un romancier a-t-il intérêt à faire corriger son style par une machine ?

Je viens de l’installer et de le tester avec mon livre qui sortira en juin : « Organiser ses idées, structurer ses écrits ». J’avais précédemment confié le manuscrit à deux correcteurs de talent, et Antidote a repéré des fautes supplémentaires. Impressionnant !

Pour en lire plus sur ce logiciel, voyez cet article-ci.

Scrivener, le traitement de texte des écrivains

Scrivener change la vie des écrivains, des universitaires et de tous ceux qui rédigent des documents longs.

Il offre une visibilité incomparable, car il permet de classer ses notes de manière optimale.

Accéder à une note précise, changer l’ordre des chapitres, éditer son livre sous format numérique et papier, autant d’opérations qui sont facilitées par Scrivener.

De plus, il est possible de coupler Evernote et Scrivener : ce qui est pris dans le premier est automatiquement classé dans le second.

Il est possible de l’essayer gratuitement pendant 30 jours. La page de téléchargement est en anglais mais le logiciel existe en français.

Cette présentation très claire de Lionel Davoust vous en dit plus.

Et demain ?

Un outil magnifique donne des ailes au savoir-faire. Mais sans savoir-faire, il vous donne l’illusion d’accomplir des prodiges, sans offrir de résultats probants…

Par conséquent, aucun de ces outils magnifiques ne vous fait l’économie des connaissances nécessaires en matière d’écriture… Mais qu’en sera-t-il demain ?

Le robot rédacteur existe. Cet article de Vincent Glad vous présente Data2content, robot au service d’agences de voyages, du journal Le Monde, de la SNCF… et bientôt chez vous ! 

Cela veut-il dire que nous cesserons d’écrire ? Je ne le crois pas. En nous délestant des contraintes techniques de l’écriture, nous aurons l’esprit plus libre pour nous consacrer aux questions de fond, et aux catégories d’écrits où resplendit notre humanité.

Apportez votre avis sur les logiciels mentionnés !

En avez-vous d’autres à conseiller ?

 

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avril 20th, 2017 par JérômeDuez

Chronophage, la tenue d’un blog ? Oui et non. Avant l’existence d’Internet, le seul moyen pour faire connaître votre activité était le démarchage physique. Ce qui représentait l’embauche de commerciaux à plein temps. À présent, vous pouvez atteindre ce résultat en consacrant dix fois moins de temps, grâce à vos publications sur le Net.

Quelle estimation réaliste ?

Ne nous voilons pas la face :  tenir un blog prend du temps. Au démarrage et pendant la période de rodage (variable selon la fréquence de vos publications), un article (ou billet, ou post) de qualité prendra environ 4 à 6 heures. Ce temps est décomposé comme suit :

– Un bon quart d’heure pour trouver l’idée et élaborer le plan

– 20 à 40 minutes consacrées à l’écriture proprement dite. La vitesse d’écriture tourne autour des 800 mots/20-30 minutes.

– 1 heure réservée à la correction.

Pour le moment, ça ne fait que deux heures… Disons trois, tant que vous n’êtes pas rodé.e.

Mais la fin de la rédaction n’est pas la fin de l’histoire. Il s’agit maintenant de diffuser votre post. Les pros du référencement s’accordent à estimer que le temps consacré à la diffusion est supérieur ou égal au temps consacré à la rédaction.

Ils ont raison. Car si vous vous contentez d’écrire et de publier, votre post aura peu de visibilité. Pour avoir une valeur commerciale, la nouvelle de sa publication doit être relayée sur les réseaux sociaux, susciter des commentaires auxquels vous vous devez de répondre, etc.

Je n’en dis pas plus sur ce travail de référencement et de promotion, n’étant pas un spécialiste en la matière. Je préfère vous diriger vers trois billets sur des blogs que j’aime beaucoup :

– celui de Sophie Gauthier, bourré de conseils précieux et plein d’humour : contentologue.com/faire-connaitre-son-blog/

– celui d’André Dubois, complémentaire et plus technique : traficmania.com/comment-augmenter-trafic-blog/

– sans oublier celui de Mehdi, qui vous propose une mine d’idées : blogbooster.fr/augmenter-trafic-blog/

Compartimenter les tâches pour gagner du temps

Bonne nouvelle : vous pouvez atteindre une vitesse moyenne divisée par deux !

3 heures au lieu de 6, cela reste long mais vous allez voir qu’il est possible de vous organiser, afin d’assurer une production de qualité en n’y consacrant que 30 minutes par jour.

Cela consiste à compartimenter les étapes et à grouper plusieurs billets pour chacune.

Tel jour est consacré à trouver des sujets et à faire de la veille. Les deux vont de pair. Vous pouvez vous inspirer des autres blogs (autant qu’ils s’inspireront de vous). Il est possible d’avoir trouvé 3 à 5 sujets à la fin de chaque séance.

Un autre jour, vous rédigez plusieurs brouillons sans vous relire. Bon, d’accord, ce jour-là, vous y passez plus d’une demi-heure. Mais quand on est inspiré, on ne voit pas le temps passer, c’est du pur plaisir.

Les jours suivants, vous relisez et corrigez vos brouillons.

Surtout, évitez de rédiger et de corriger un texte dans un même élan. En faisant cela,  vous serez moins performant. Car ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui travaillent à la correction et à la rédaction. Passer d’une partie à l’autre, c’est perdre du temps à s’échauffer de nouveau. Il vaut mieux profiter d’une partie du cerveau qui carbure à plein régime, et la solliciter sur un autre texte.

Consacrez plusieurs séances à la correction. Car, à moins d’être un Mozart du français, nous ne voyons jamais l’intégralité des faiblesses d’un texte en une seule lecture. Personnellement, je consacre entre 3 et 6 relectures de 10 à 15 minutes par texte, avant d’être satisfait.

Enfin pour la diffusion, vous faites la même chose : vous communiquez sur plusieurs articles à la fois. Ce sont des journées à programmer, comme on programme sa démarche commerciale. L’approche est différente mais l’esprit est le même. Ces jours-là, vous êtes tourné vers les autres, et vous communiquez sur vos articles dans un style empathique et convivial.

3 options pour aller encore plus vite

Les conseils qui précèdent s’appliquent à des articles de 700 mots minimum.

Vous pouvez décréter que vos textes ne feront pas plus de 350 mots. Du genre « 7 idées pour réussir vos afterworks », avec 4-5 lignes réservées à chaque idée. C’est souvent déconseillé, car ces articles manquent d’espace pour vous laisser affirmer votre différence.

Mais tout dépend de votre statut. Si vous êtes déjà une personnalité, vous pouvez écrire court et vos fans sont toujours heureux de recevoir de vos nouvelles. En revanche, si vous écrivez pour vous faire connaître, mieux vaut multiplier les efforts et offrir un texte généreux et pertinent.

Quelle que soit la longueur de vos textes, vous pouvez décider que chacun ne vous prendra que trente minutes au maximum. Comment ? En le dictant puis en envoyant votre fichier audio à une personne chargée de le retranscrire et de le peaufiner. Si vous êtes doué à l’oral, le résultat sera à la fois un article écrit et un podcast, voire un petit film sur YouTube.

Vous pouvez aussi rédiger un brouillon et déléguer le peaufinage, la publication et la diffusion. C’est une question de budget.

Et si vous préférez lire plutôt qu’écrire, vous pouvez faire de la curation, c’est-à-dire une veille quasi quotidienne sur le Net et ailleurs, en repérant les meilleurs articles de presse et les meilleurs billets de la blogosphère qui parlent de votre secteur d’activité, et en diffusant votre sélection. Par exemple à travers la création d’une page sur Scoop.it, un des sites de curation les plus populaires actuellement. Ainsi, vous pouvez devenir une référence dans votre domaine, en ne publiant que des liens.

Et vous, avez-vous d’autres astuces pour gagner du temps sur la tenue de votre blog ?

 

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Pour soigner votre image sur le Net, pensez à la formation !

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