Privilégier la synthèse pour parler d'un film
juillet 11th, 2017 par JérômeDuez

Quand vous voulez raconter un film pour donner aux autres envie de le voir, plutôt que résumer l’œuvre, il vaut mieux pratiquer la synthèse.

Différence entre le résumé et la synthèse

La synthèse et le résumé sont deux techniques qui permettent de raccourcir un texte.

La différence entre les deux réside dans l’ordre du discours :

  • le résumé respecte l’ordre du discours d’origine ;
  • la synthèse bouscule l’ordre initial pour « cadrer les informations », en partant de l’information la plus générale pour progresser vers la plus spécifique.

Donc, présenter un film par son résumé équivaut à le raconter. Or, comme le montre l’exemple suivant, un résumé est rarement bienvenu.

Résumé du film Titanic 

Un groupe de chercheurs de trésors fouille l’épave du Titanic dans l’espoir de mettre la main sur un gros diamant. À la place, ils trouvent le dessin d’une jeune femme portant le diamant.

À présent, la femme est nonagénaire ; elle rencontre les chercheurs pour leur raconter comment elle a vécu la catastrophe du Titanic et, incidemment, comment elle en est venue à porter le diamant.

Elle voyageait en première classe, en compagnie de son riche fiancé, quand elle est tombée amoureuse d’un jeune artiste qui voyageait en troisième classe… Etc.

Le résumé crée une tension : vous savez quand je commence à raconter l’histoire, mais vous ignorez jusqu’où j’ai l’intention d’aller. Cela risque de provoquer votre impatience.

Un autre problème se pose : que vous vouliez voir le film ou non, et que vous connaissiez l’histoire ou non, vous ne souhaitez pas que je la raconte.

Synthèse du film Titanic 

Titanic est un film romantique et un film-catastrophe. En reconstituant l’épisode du naufrage du Titanic, le film aborde le thème des inégalités sociales, en montrant ses conséquences tragiques, aux niveaux individuel et collectif. 

À l’échelle collective, le film montre que seuls les passagers les plus fortunés ont eu une chance de survivre à la catastrophe. À l’échelle individuelle, nous suivons la romance d’une jeune femme riche avec un jeune homme pauvre, un récit dramatique qui renforce la cruauté des inégalités.

Ici, je ne fais qu’aborder le genre, le thème et les grandes lignes du film.

Si je m’y suis bien pris, vous voudrez des détails. Dans ce cas, je raconterai des éléments du film, à votre demande, alors que ça vous aurait ennuyé.e si je l’avais fait d’emblée.

La clé des bons conteurs

On dit d’une personne qui pratique seulement le résumé, qu’elle ne sait pas raconter.

Un « bon conteur » tarde au maximum à raconter l’histoire, pour donner envie au public de la connaître. Il annonce les éléments forts, il fait miroiter l’émotion à venir, sans rien dévoiler du récit.

Suivez son exemple : entraînez-vous à faire la synthèse d’un film que vous venez de voir (ou d’un livre que vous venez de lire).

Commencez par identifier le genre et le thème du film. Puis développez l’idée phare liée au thème, en vous efforçant de garder l’histoire pour plus tard.

 

(Pour en savoir plus sur l’esprit de synthèse, lisez « Organiser ses idées, structurer ses propos », un ouvrage qui vous fera progresser autant à l’écrit qu’à l’oral.)

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février 21st, 2017 par JérômeDuez

J’interviens souvent auprès d’employés de la fonction publique, pour animer des formations aux épreuves écrites de concours internes de catégories B et A. Dans ce cadre, il nous arrive d’aborder le sujet brûlant de l’épreuve d’oral. Car l’épreuve écrite permet de franchir l’étape de la présélection alors que le concours n’est remporté qu’à l’oral.

Au fil des témoignages récoltés, j’ai fini par en apprendre beaucoup sur le sujet et je vous livre ici une information capitale, sinon la plus importante à connaître pour réussir votre oral.

Un an de préparation pour arriver à la question piège

Dans certains concours administratifs, le taux de réussite est inférieur à 5 pour 100. Parfois 5 pour 1000. Tout dépend du nombre de candidats et de postes à pourvoir. Plus le taux est sévère et plus les critères de présélection le sont. Par exemple, les premières qualités d’un écrit sont la justesse des informations, la clarté et parfois la pertinence. Et, selon le taux de présélection déterminé, les jurys tiennent compte ou non, de la qualité de l’orthographe et de la syntaxe.

À l’épreuve orale, les jurés accordent leur préférence aux personnes qui satisfont un seul critère : donner envie de travailler avec elles. Ils ne se posent qu’une question : « Voudrais-je l’avoir comme collègue ? ». L’épreuve porte sur un sujet précis, mais c’est secondaire. Ce qui prime, c’est de dégager l’image d’un(e) bon(ne) professionnel(le). Et pour repérer la perle rare, le procédé est classique.

Le jury recevant le (la) candidat(e) est composé de 3 à 6 membres. Généralement, un ou deux jurés posent les questions, un autre demeure silencieux et sympathique, un autre a la mine grave comme s’il jugeait la personne défavorablement – mise en scène habituelle pour voir comment celle-ci surmonte cette situation inconfortable.

Les premières questions sont faciles et la personne s’en tire bien, d’autant qu’elle a préparé son épreuve pendant plusieurs mois. Mais fatalement, un juré finit par poser une question à laquelle elle ne sait pas répondre, et c’est là le moment déterminant. D’ailleurs, le jury pose des questions jusqu’à atteindre ce moment, le seul qui l’intéresse vraiment.

Devoir d’ignorance

Car les conditions de réussite vont résider dans la qualité du « je ne sais pas ». Si l’on répond en tremblant comme une feuille, avec des trémolos dans la voix ou la larme à l’œil, c’est terminé ! Les jurés n’ont pas envie de travailler avec quelqu’un qui perd ses moyens à la première tuile. Si la personne fait croire qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, et si elle joue au plus malin, c’est fini ! On ne veut pas d’un filou comme collègue.

La solution, c’est répondre « je ne sais pas » sans faire de drame. Après tout, dans le monde du travail, il est courant de ne pas savoir comment s’y prendre. Les conditions de réussite ne résident pas dans la connaissance impeccable de sa partie, mais dans un esprit bourré de ressources. Il n’y a jamais de honte à ne pas savoir. Mieux, le jury apprécie que la personne avoue son ignorance en ajoutant une pointe d’humour.

Une fois, une employée chargée de la paie du personnel a reçu la question suivante à laquelle elle ignorait la réponse : « Imaginez que vous deviez verser une prime de fin d’année à l’ensemble du personnel mais qu’il n’y ait pas assez d’argent pour tout le monde, qu’est-ce que vous faites ? ». La candidate a répondu avec un petit sourire : « C’est simple, je convoque tout le monde dans une pièce sans fenêtre, je place l’argent au centre et je les enferme dans le noir en disant que le meilleur gagne ! ». Voilà une femme qui ne se laisse pas démonter : elle a eu son concours !

« En fait, j’étais certaine de le rater, c’est pour ça que j’ai tourné la chose à la rigolade », expliquera-t-elle plus tard. J’ai reçu plusieurs témoignages de ce genre, qui m’ont confirmé le phénomène. Beaucoup de ceux qui remportent le concours y vont sans y croire et du coup, ils sont à l’aise. En revanche, quand l’enjeu est trop fort, quand on a trop travaillé pour réussir, il est beaucoup plus dur de rester décontracté à l’épreuve du « je ne sais pas », on y perd son sang-froid et son bon sens.

Je vous laisse en tirer vos conclusions.

ATTENTION : ce conseil ne vaut que pour les concours et les examens professionnels. Il est à oublier dans le cadre d’un oral d’examen universitaire, où la qualité des connaissances est censée primer. En revanche, dans un cadre professionnel, nous passons du devoir de savoir au devoir d’ignorance ; de ce fait, nous soulignons remarquablement la sortie du cadre de l’enseignement supérieur et la plongée directe dans la vie active.

Autre conseil important pour bien se préparer au concours : Confusion dans les épreuves écrites des concours administratifs

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