Voici une technique pour tenir vos bonnes résolutions. Oui, cette année, vous allez réussir à les tenir !
janvier 9th, 2018 par JérômeDuez

Vous savez comment elles démarrent, les bonnes résolutions : vous les formulez plein d’entrain, le champagne vous inspire, et c’est parti pour une nouvelle année où tout va changer, parce que vous allez vous prendre en main comme jamais !

Vous connaissez la suite : vous commencez par vous y mettre, d’abord sérieusement, quelques jours, puis comme ci comme ça, encore quelques jours, pour abandonner en cours de route. Pourquoi ?

Eh bien, figurez-vous que ça pourrait être dû à un problème technique !

En effet, si ça se trouve, vous n’arrivez pas à tenir vos bonnes résolutions, parce qu’au départ vous les avez mal formulées.

Les bonnes résolutions sont des récompenses

Généralement, voici à quoi ressemblent les bonnes résolutions  :

– Me mettre au sport 

– Changer d’emploi 

– Apprendre un instrument de musique 

– Préparer un voyage au Sahara 

– Déménager

Formulées ainsi, elles ont peu de chance d’aboutir. Regardez-les, elles sont exprimées en termes de labeur, avec des verbes d’action. Or, une accumulation d’actions est vite rébarbative, et l’on finit par perdre de vue l’intérêt de tout cela.

Alors, changez la formulation. Au lieu de vous donner des travaux à faire, fixez-vous des objectifs, comme on se promet des récompenses. Et voyez ce que cela donne :

– Retrouver une pleine forme physique (au lieu de se mettre au sport

– Occuper un emploi plus valorisant à tous les niveaux (au lieu de changer d’emploi

– Jouer dans un groupe de musiciens (au lieu d’apprendre un instrument

– Dormir sous la Voie lactée au Sahara (au lieu de préparer un voyage au Sahara

– Y voir plus clair (au lieu de mettre de l’ordre

– Vivre dans un meilleur confort (au lieu de déménager

Vous comprenez la différence : l’objectif est plus séduisant que la tâche, car il laisse miroiter le résultat, qui est une récompense. Tandis que la tâche laisse miroiter principalement l’effort.

Donc, ne confondez pas vos objectifs avec vos actions.

Soignez la formulation de vos bonnes résolutions

La formulation doit toujours être réaliste. Viser l’impossible conduit à la déception. Or, il n’est pas toujours simple de se faire une idée réaliste des choses… J’en dis plus à ce propos, dans ce billet.

La formulation doit toujours être positive. Bannir les verbes «cesser », « stopper », « éviter », « essayer », et les verbes qui traduisent une hésitation ou une action négative.

Car le subconscient ne retient pas le négatif.

Si vous prenez la résolution de « cesser de fumer » ou de « devenir non-fumeur » ou de « ne plus fumer », le cerveau ne retient que le mot « fumer ».

Ainsi, pour tenir cette résolution-là, il convient plutôt de souhaiter « assainir mes poumons et mon cœur », « me sentir mieux dans mon corps, plus vigoureux », etc.

C’est pareil pour tenir chaque jour ses résolutions. Le musicien amateur ne doit pas se dire « aujourd’hui, je vais faire mes gammes », mais « aujourd’hui, je vais maîtriser la gamme de do à tel tempo ». Ainsi, chaque jour, il se promet une mini-récompense.

De bonnes résolutions tenues plus facilement

La conséquence est une différence majeure dans la manière d’appréhender l’effort. Celui qui se donne des « tâches à faire » termine ses journées en se disant « aujourd’hui j’ai fait ceci et cela » et se lasse rapidement d’accumuler les bonnes actions.

Tandis que celui qui se fixe des « objectifs » finit ses journées en se disant « aujourd’hui, j’ai été capable d’atteindre un degré supérieur en matière de… », ce qui revient à dire : « aujourd’hui, je suis plus fort qu’hier » ou  « plus sain qu’hier » ou « aujourd’hui j’ai grandi ».

La différence est de taille : autant une succession de tâches est lassante, autant on ne se lasse jamais de se sentir plus fort !

C’est tout le bien que je vous souhaite pour 2018 !

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Plus de conseils sur la technique de gestion des objectifs et de vos bonnes résolutions, dans « Osez l’écriture ! », à télécharger gratuitement.

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Concevoir à son image
novembre 28th, 2017 par JérômeDuez

Il y a 15 jours, revoir le texte de Boileau m’a fait réfléchir. Sa célèbre phrase « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement », semble couler de source. Encore faut-il réussir l’étape de la conception. Or, sur ce point, Boileau se tait.

Ce qui se conçoit clairement… se quoi ?

Si l’on reste en surface, sur le simple rapport entre la conception du discours et son énoncé, cela peut inciter à l’hypocrisie. En effet, nombreux énoncent de la clarté apparente, quand en vérité ils n’ont rien conçu de clair.

C’est le cas chez les champions de rhétorique : ils nous impressionnent par leur argumentation, alors qu’en réfléchissant deux minutes à leur propos, on remarque qu’ils sont dépourvus d’idée.

Dans cette logique, ce qui s’énonce clairement n’est pas forcément le fruit d’une bonne conception.

Pour aller au fond des choses, il convient de s’attarder sur la qualité de la conception. Quel en serait l’adage ? Je propose ceci : «  que l’on vit bien se conçoit clairement » et aussi : « Ce que l’on projette bien se conçoit clairement ».

Se projeter, c’est s’imaginer dans une situation donnée. Le b a ba de la projection consiste à s’interroger sur son destinataire avant de s’exprimer. Quand je me demande « à qui je m’adresse ? », j’imagine mon destinataire et je me projette face à lui, en train de répondre à son attente.

Concevoir le succès

Un exercice de projection consiste à s’interroger sur ses propres désirs pour lancer des projets solides. C’est loin d’être simple.

Par exemple, concernant le désir de succès. Succès professionnel ou succès en amour. La publicité et le cinéma nous matraquent avec des représentations de la réussite et du succès. Du coup, certains croient devoir coller à ces représentations, sans s’interroger sur leur propre conception de la réussite.

Vouloir une Ferrari, alors que l’on n’aime pas la vitesse… Ou trouver l’âme sœur avec qui tout partager, alors que l’on est un solitaire endurci… Rêver de posséder une villa au bord de la mer alors que l’on craint l’eau… Vouloir coller à une image de réussite qui ne correspond pas à ses vrais désirs, cela revient à se fixer de faux objectifs.

Quand on vise quoi que ce soit, on a intérêt à se projeter dans une situation en rapport avec un objectif à 100% personnel. Sinon, la perspective sera faussée et les actions seront freinées ou déviées.

Concevoir sa transformation

La dernière élection présidentielle a montré les failles d’un storytelling mal incarné. Toute bonne histoire contient un épisode de transformation, et les personnalités politiques en tiennent compte.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, c’est l’histoire d’un presque inconnu qui se transforme rapidement en personnalité incontournable. C’est simple et clair. Dans le cas de Marine Le Pen, c’est l’histoire d’une femme agressive qui se transforme en femme « apaisée », à la suite de la rupture avec son père. Là, c’est plus tordu.

Marine aurait dû concevoir sa transformation en s’appuyant sur une réalité. Par exemple, elle aurait pu raconter l’histoire de « la fille à son papa » qui se transforme en femme indépendante. Mais, pour une raison inconnue, Marine n’a pas voulu assumer sa vraie image et s’est inventé un rôle de toute pièce. Or,  Le Pen ne sera jamais Le Zen.

Le storytelling n’est pas une comédie et nous ne sommes pas des acteurs de composition. Dans la vraie vie, il est impossible de s’incarner dans un rôle qui ne colle pas à ce que nous sommes vraiment. Au bout d’un moment, le vernis craque et plus personne n’y croit.

C’est pourquoi un bon storytelling doit rester réaliste. Ce qui se conçoit bien est affaire d’harmonie entre le discours et son porteur. Et la clarté de la projection est à l’origine de la qualité de la conception : il convient de concevoir à son image.

Concevoir ses écrits

Des difficultés à rédiger cachent souvent quelque chose de plus profond. Peut-être que le propos n’a pas de raison d’être, que le rédacteur manque de motivation ou qu’il est mal placé pour s’exprimer sur le sujet.

Une jeune femme qui n’avait aucun mal à écrire, rencontrait pourtant des difficultés pour rédiger un type particulier de courrier : il s’agissait de répondre à des plaintes. On lui avait fourni des modèles de réponses mais qui ne la satisfaisaient pas, elle les trouvait secs et souhaitait en dire plus, pour renseigner au mieux ses destinataires. Dans sa tête, cela semblait clair ; mais devant l’ordinateur, elle bloquait.

À l’étude de son cas dans le cadre de ma formation, nous avons découvert que la réglementation de son entreprise lui interdisait de divulguer les informations qu’elle souhaitait communiquer, et qu’elle outrepassait ses droits. On peut dire que son incapacité à rédiger l’avait protégée, en quelque sorte, lui évitant de commettre un impair.

La formation lui a été utile pour identifier la source du blocage. Cela l’a confortée dans ses vraies capacités et lui a permis d’éluder les faux problèmes.

C’est pourquoi, avant de nous exprimer, demandons-nous si nous sommes la bonne personne, à la bonne place et au bon moment pour le faire. 

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