le blog de la contentologue
septembre 28th, 2017 par JérômeDuez

La contentologue vous aide à créer un blog qui vous rapportera de l’argent. Elle n’est pas la seule, me direz-vous. Oui, mais contentologue.com se distingue aisément de la masse des blogs, par son style.

Je vous invite à visiter l’univers de la Contentologue. Car il s’agit bien de cela, d’un univers particulier. Dès la page d’accueil, vous sentez que Sophie Gauthier, la propriétaire des lieux, a pris soin d’aménager son blog comme d’autres leur appartement.

Ses phrases, elle les tourne comme on sert le thé, pleine d’égards pour ses hôtes. Ses illustrations participent à sa marque de fabrique. Vous reconnaîtrez ses pages entre mille.

Pour employer un terme réservé aux auteurs, Sophie Gauthier a une patte ! Je dirais : une patte féline, toutes griffes dedans, câline et joueuse, mais qui sait vous tenir fermement pour que vous appliquiez ses leçons.

Vous êtes là pour apprendre des choses, et la Contentologue met tout en œuvre pour que l’expérience soit joyeuse et stimulante.

Quand vous la lisez, vous sentez qu’elle est totalement impliquée dans son sujet ! Et l’interview qui suit le confirme.

Nous nous sommes entretenus par un splendide après-midi de septembre. Sophie Gauthier a eu la gentillesse de m’accueillir dans ses quartiers d’automne, son endroit de prédilection pour écrire. J’y ai passé une fin de journée inoubliable.

 

Où sommes-nous ?

Nous sommes installés sur la terrasse en bois de mon immense maison traditionnelle, que j’ai fait construire dans la campagne japonaise. Nous buvons un thé à l’orge grillé, en contemplant les érables que l’automne commence à faire rougir. Leurs ombres s’étirent jusque sur la falaise, qui surplombe la forêt millénaire. Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. Oh, notre bonne vieille Mikoto nous apporte le dîner. Chouette, des sushis !

 

Vous êtes passée de chef d’entreprise à blogueuse… Comment s’est faite la transition ? Avez-vous préparé Contentologue.com comme on crée une entreprise ?

Contentologue est une entreprise. Blogueur a d’ailleurs obtenu un code NAF. Je suis donc passée de chef d’entreprise à chef d’entreprise. (Rires.)

Considérer un blog pro comme un projet « à part », qui ne serait pas une véritable entreprise, est à mon avis la pire erreur que commettent beaucoup de blogueurs.

Et qu’est-ce qu’une entreprise ? Est-ce la législation qui la définit ou l’énergie qu’on y met ? Est-ce que le youtubeur Norman voyait ses vidéos comme une entreprise ? Peu importe au final.

Cela soulève une question philosophique : Doit-on partir de l’envie ou de la nécessité de gagner sa vie ? L’idéal est de cumuler les deux, je pense. Aujourd’hui, j’ai des tonnes d’envies et de passions, et je considère certaines d’entre elles comme génératrices de revenus.

Je dirais que dans un projet professionnel, on devrait s’amuser intensément et avec grand sérieux.

 

Vous avez dirigé une équipe de rédacteurs… Je connais des entrepreneurs qui rêvent de créer un blog et de déléguer la rédaction de tous les billets à un rédacteur professionnel. Les conseillez-vous de se lancer dans cette voie ? 

Je ne déléguerai jamais mon blog à qui que ce soit, car cette entreprise est construite autour de ma personnalité. Les gens viennent sur Contentologue pour me lire moi, ce que je pense, ce que j’ai à leur apprendre, et la manière personnelle dont je vais le faire.

Lorsque je dirigeais l’équipe de rédacteurs, c’était pour des articles orientés SEO. Descriptions de produits, communiqués de presse, descriptions d’annuaires. La grande époque pré-pinguin. J’étais très liée à la communauté SEO black hat, et je pourvoyais en textes formatés selon la technique du content-spinning (Google est ton ami).

Tout était automatisé. De l’embauche de rédacteurs ultra compétents à la livraison au client. J’avais fini par ne plus travailler que 2h par semaine. Mais tout ça a nécessité une énorme préparation derrière, pendant laquelle je n’ai pas compté mes heures. Je ne pourrais plus faire ça aujourd’hui, car ça ne me passionne plus du tout. Je n’aurais pas l’énergie pour rebâtir un tel process.

Je conseille à tout le monde de se lancer avec passion et démesure dans n’importe quel projet qui lui plaît. Il faut tout de même vérifier s’il y a un marché. 5 onces de liberté et 1 dose de pragmatisme.

 

Quel est votre rapport à l’écriture ? Je devine que vous avez fait de hautes études… Alors j’ai tendance à imaginer qu’écrire a toujours été facile pour vous. J’ai raison ?

Oh là là, j’ai au moins 4 doctorats ! Non, je plaisante, j’ai juste une licence de Japonais, que j’ai faite par passion, sans véritable but professionnel. Je ne suis vraiment pas une étudiante. L’école et moi, ça fait deux. J’apprends par moi-même depuis toujours.

J’ai certaines facilités à écrire, car j’ai toujours beaucoup lu. Par contre, pour ce qui est de mettre en forme ce que je veux, comme j’en ai envie, cela n’a pas toujours été simple. J’ai lu beaucoup sur l’art d’écrire aussi.

 

Vous écrivez une heure tous les matins. Uniquement pour votre blog ? Ou écrivez-vous d’autres choses aussi ? (Si ce n’est pas trop indiscret…)

Justement, la réponse à cette question poursuit la réponse précédente. J’ai appris à écrire, ou disons à me lâcher vraiment dans l’écriture en écrivant 1h chaque matin. Je n’écris absolument pas pour mon blog, ni pour qui que ce soit. C’est 1h en roue libre, à écrire avec une écriture qui ferait pâlir de jalousie les meilleurs médecins, des inepties totales avec parfois un trait de génie. J’ai acquis dans cette pratique la fulgurance et la nonchalance. Je me fiche de la qualité de ce que je suis en train d’écrire, puisque ces écrits ne seront jamais montrés à qui que ce soit. De toute façon c’est illisible, même parfois pour moi, quand j’essaie de temps à autre de relire ce que j’ai écrit. Du coup, j’écris de manière plutôt organique, une écriture qui me ressemble, très proche de mon langage parlé.

 

En devenant blogueuse et en aidant les rédacteurs à mieux écrire pour leur blog, votre style d’écriture a-t-il changé ?

Un peu. Quand je relis mes premiers billets, je me trouve hystérique. (Rires.) Mon écriture est plus posée aujourd’hui. Je crois que j’avais ce côté un peu m’as-tu-vu, pour épater la galerie. C’est mon côté metteur en scène, actrice qui ressort. Aujourd’hui, j’ai confiance en ma capacité à attirer des lecteurs et je me soucie avant tout de la qualité de ma production.

 

À votre avis, la manière d’écrire un blog va-t-elle influencer les autres formes d’écriture ? Je pense aux œuvres romanesques, mais aussi aux essais universitaires… En gros, la culture-blog est-elle en passe de devenir une révolution culturelle ?

C’est une question qui m’intéresse beaucoup. Je pense que nous avons toujours écrit en suivant le niveau de langage de notre époque. Par le passé, les classes éduquées étaient très aisées. Le langage courant de ces classes était châtié. On vouvoyait les enfants et on leur disait « Charles, qu’avez-vous dit à votre sœur ? Elle est venue me trouver toute chagrine, m’assurant que vous l’aviez frappée. Est-ce vrai ? »

Les enfants passaient de longues heures avec des précepteurs, et étaient assommés d’une quantité incroyable de devoirs. On les maltraitait, les torturait. Ils apprenaient sous les coups. Il est évident que ce traitement favorise une excellence, mais surtout dans l’apparence.

Ce traitement visait avant tout à conserver le savoir dans un cercle fermé. Un langage, une grammaire et une orthographe hermétiques, qui ont longtemps préservé un système de castes. Et c’est encore le cas aujourd’hui. Les personnes qui rejettent l’écriture web font partie de l’élite, ou y aspirent.

Mais regardez : les auteurs anciens et connus sont une infime proportion des auteurs de leur époque. Il y a eu aussi de très nombreux auteurs, qui s’exprimaient avec un langage tout aussi complexe, mais nuls en tant qu’artistes. C’est un peu comme les acrobates de cirque chinois, dressés avec une grande violence : on peut admirer leur souplesse, leurs prouesses, mais la majorité d’entre eux provoquent l’ennui.

J’ai donc beaucoup d’enthousiasme vis-à-vis de l’écriture web. Elle symbolise la liberté, et l’accès à l’information pour tous. Ce n’est pas un nivellement par le bas, bien au contraire. Les personnes qui aspirent à l’excellence dans un domaine, le feront librement, et accéderont à toute l’étendue du langage, par curiosité. Et ceux qui n’aspirent pas à l’écriture en tant qu’art, mais uniquement pour communiquer leurs méthodes et leurs idées (fabriquer une maison, ou cultiver un potager par exemple), pourront aussi bien le faire.

L’écriture a été inventée pour communiquer un savoir ! À l’origine, c’était pour les transactions commerciales et la comptabilité.

Je n’ai donc pas cette culture de la chasse à la faute d’orthographe ou de syntaxe, dans la mesure où celles-ci seront inutiles. Par exemple, je trouve qu’il est très drôle de lire des échanges entre ados sur des forums. Je me dis qu’ils se foutent complètement de ce que les adultes peuvent penser, et c’est tant mieux, car le but d’écrire en langage sms entre eux, c’est de communiquer uniquement entre eux.

Par contre, si quelqu’un m’écrit « Sa va ? », je le classe immédiatement dans la catégorie des gens que je ne fréquenterai pas. Mais je n’aurai aucune envie de lui dire « on écrit ça, pas sa ! » Je m’en fiche.

Je suis personnellement attachée à la précision du vocabulaire, mais uniquement pour moi. Parce que j’aime exprimer le plus précisément possible ce que je pense. Je veux être fidèle à moi-même. Mais j’apprécie lire un article qui m’explique simplement comment réaliser un gâteau aux pommes, et je suis reconnaissante à l’auteur s’il écrit pour que je puisse faire le meilleur gâteau possible, non pour me montrer ses compétences littéraires.

 

Qu’est-ce qui est le plus important : qu’un blog contribue à enrichir la connaissance du lecteur, ou qu’il le plonge dans un univers fascinant ? Qu’il nous éclaire ou qu’il nous envoûte ?

La question se pose aussi avec un livre. Est-ce qu’un livre de fitness doit nous envoûter ? L’écriture n’est qu’un support. On tape sur internet, on cherche quelque chose et on le trouve. Mais comme dans toute relation humaine, la personnalité de l’auteur transparaîtra toujours derrière les écrits. C’est ce qui crée la rencontre.

Comme dans la vie. Nous cherchons un travail pour gagner notre vie, et nous tombons amoureux de notre collègue, parce qu’elle a cette manière si personnelle et sensuelle de poser les dossiers sur la table. Nous prenons le train pour aller rendre visite à notre vieille tante et nous découvrons un ami en notre voisin de compartiment, parce qu’il prend les difficultés du voyage avec légèreté.

C’est le mystère de l’être humain. Chaque écrit ne doit exister que pour servir la recherche, mais si l’on n’existe pas derrière, la magie ne se produira jamais.

Oui, il est possible de gagner sa vie en ligne, sans passion, sans se livrer, en mettant à la disposition des gens uniquement ce qu’ils recherchent au premier niveau : une méthode de fabrication, un secret de régime… Mais cela ne nourrit pas la créativité, qui est un élément essentiel de la vie sur cette Terre.

Il y a toujours eu parmi les gens des morts et des vivants. Celui qui s’est levé chaque matin à 5h pour emmener son troupeau au pré, a travaillé dans ses champs puis a dîné sa soupe de légume et son pain, puis s’est mis au lit chaque jour à 18h, sans jamais se demander si cette vie lui convenait. Celui qui a étudié le notariat par ordre de son père, et parle comme un livre juridique, même quand il s’agit de sentiments.

De la même façon, il y a les blogueurs morts et les blogueurs vivants. Il y a ceux qui écrivent un conseil marketing en suivant leurs connaissances de marketing apprises en école de marketing, et il y a ceux qui ont une vision, ou une envie de changer la vie des autres, ou encore une joie, un feu sacré, une douceur, n’importe quoi qui ressemble plus à eux-mêmes qu’à la machine.

Du coup, cela revient à demander : « Qu’est-ce qui est le mieux chez un être humain ? Qu’il nous serve ou qu’il nous fascine ? » Question à laquelle je répondrai : ni l’un ni l’autre, l’être humain ne devrait pas avoir de but, on ne peut que constater les effets de son existence.

Personnellement, je constate avec joie les effets de l’existence du web, de la quantité et de la richesse des échanges. J’ai hâte de voir sur le long terme disparaître l’ignorance au profit du savoir. Quand je lis des articles écrits par des Maliens ou des Camerounais faire le tour de Facebook, je comprends que l’on s’éloigne sûrement de l’époque ou le mépris colonialiste était une norme.

Alors, si je pouvais donner un seul conseil, ce serait de continuer à écrire et à transmettre, quel que soit le niveau de langage, en suivant sa propre route.

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Pour connaître l’envers du décor de cette interview, cliquez ici.

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février 28th, 2017 par JérômeDuez

Les comptes rendus accompagnent les moments importants de la vie professionnelle : entretiens téléphoniques, rendez-vous, réunions, étapes de production… Ces documents témoignent de vos actions, de vos paroles ou de vos observations.

Leurs finalités sont multiples : favoriser la concertation, marquer l’engagement, aider à la décision, orchestrer un déroulement et, dans tous les cas, apporter un témoignage et conserver une trace.

C’est dire leur importance ! Pourtant, leur rédaction soulève des enjeux pas toujours mesurés à leur juste valeur.

Les enjeux du compte rendu – rendez-vous compte !

L’efficacité de la rédaction s’apprécie à deux niveaux principaux : le temps consacré et le format adapté au contexte.

Prenons le cas d’une réunion de 3 heures :

– au niveau du temps de rédaction, certains comptes rendus de réunion, simplement destinés à l’archivage, demandent parfois trois jours de travail au rédacteur amateur, alors qu’une à trois heures suffisent à celui qui maîtrise la technique. Au prix du salaire horaire de la personne, faites le compte !

– au niveau du format, il en existe 5, selon la finalité et les destinataires : cela va du format le plus synthétique (présentation en tableau, sur une page ou deux), au document qui reproduit la quasi-intégralité des propos échangés (présenté parfois sous forme de dialogue en style direct, de 20 à 30 pages). Si par erreur, le format n’est pas adapté à la situation, il n’est pas opérationnel et n’est ni lu, ni exploité.

Les conditions pour réussir un compte rendu

La perte de temps est souvent due à deux facteurs :

– trop de notes prises qu’il faut ensuite relire, classer, réduire… ;

– trop d’efforts pour reformuler les propos.

La réussite du compte rendu repose sur la qualité de la préparation. Il convient de se poser les bonnes questions avant sa réalisation. Par exemple :

– Quels sont les objectifs du compte rendu ? Est-il destiné à l’archivage ou à la communication ? Pour l’archivage, le style ne compte pas mais seulement la fiabilité des informations.

– Quand il est destiné à communiquer, dans quel but ? Cette question concerne le document lui-même et le(s) sujet(s) qu’il contient.

– À qui s’adresse-t-il ? Seulement aux personnes mentionnées dans le texte ou à une plus large audience ? À des personnes ignorantes du sujet ou à des connaisseurs ? Etc.

– Quels types de propos est-il besoin de rapporter ?  

(Pour en savoir plus sur les questions fondamentales à vous poser avant d’écrire, cliquez ici).

L’étape suivante consiste à prendre la quantité de notes utiles à la rédaction et pas davantage. Cela répond à une gymnastique particulière. Beaucoup de personnes savent écrire correctement, sans pour autant s’en sortir avec cette gymnastique-là.

Un entraînement accompagné permet d’accélérer l’acquisition du bon questionnement et des bons gestes. En formation individuelle, une journée peut suffire pour changer sa pratique et mesurer immédiatement le gain de temps.

Les écrits opérationnels sont vos alliés privilégiés. Sachez en profiter !

 

Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses propos« .

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janvier 26th, 2017 par JérômeDuez

Je propose des formations pour progresser à l’écrit, quel que soit le niveau en français. Cela peut sembler paradoxal. Mais cela devient logique, si comme moi vous considérez que :

1 – la rédaction (ou la faculté de communiquer ce que l’on a à exprimer) et le français (orthographe et grammaire), bien qu’intimement liés, sont indépendants ;

2 – l’écriture est une action.

Séparer la rédaction et le français

Souvent, j’anime des formations aux écrits professionnels, auprès de personnes qui écrivent en faisant peu de fautes de français.

Cela montre que la maîtrise du français aide à devenir un bon correcteur, mais ne vous garantit pas la compétence rédactionnelle.

À l’inverse, nous voyons des rédacteurs qui écrivent des textes d’une grande efficacité, mais bourrés de fautes.

C’est normal. De tout temps, de grands auteurs ont commis des fautes, vu qu’ils étaient concentrés sur la précision de leur propos et sur la musicalité de leur prose.

Comme je l’ai écrit dans le billet « Les fautes, les traîtresses », ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui travaillent à la rédaction et à la correction.

Par conséquent, les compétences du rédacteur et celles du correcteur se complètent, mais sont à séparer distinctement. Les deux peuvent s’apprendre dans un ordre indifférent.

Si vous maîtrisez mal le français mais que vous voulez apprendre à mieux vous exprimer, c’est possible. Dans ce cas, exigez de votre formateur qu’il sépare bien les deux dimensions, et qu’il ne vous embête pas avec l’orthographe au moment où vous êtes soucieux d’avoir un propos clair et bien ordonné.

(Quand j’étais au collège, en notant une rédaction, les profs retiraient des points en cas de mauvaise orthographe. J’espère que cette pratique a disparu. C’était susceptible de bloquer les élèves sur l’expression. Alors que si l’élève reçoit une excellente note en rédaction et de mauvaises notes en dictée, je crois qu’il aura davantage envie de progresser en français.)

Ne vous privez pas d’un outil, au prétexte que vous ne le maîtrisez pas

Partant du principe qu’écrire c’est agir (un point que je développe dans le livre « Osez l’écriture ! », en téléchargement gratuit), il vous est possible – et même logique – d’établir une stratégie d’action.

Dans le cadre d’une action classique, il est courant de déléguer certaines tâches : avec l’écriture, c’est pareil ! Si la rédaction proprement dite entrave votre réflexion, déléguez-là !

Mais cela ne doit pas vous dispenser de connaître les règles de l’écriture, ne serait-ce que pour donner des consignes précises.

Vous pouvez considérer l’écriture à la manière d’un chef d’orchestre. Celui-ci n’a pas besoin de maîtriser tous les instruments pour diriger ; en revanche, il doit connaître la musique, afin d’imposer sa touche personnelle à chaque instrumentiste.

Pour être satisfait de votre rédacteur, et afin d’éviter de multiples allers-retours de vos textes, vous devez savoir diriger pareillement. C’est pourquoi les règles de l’écriture vous concernent. Ici, « connaître la musique » revient à connaître chaque type de document, sa forme et son utilité.

Comment vous sentir l’auteur d’un message écrit par un autre ?

Beaucoup de patrons commettent l’erreur de trop se reposer sur les experts pour bâtir leur communication. Cela équivaudrait à ne pas relire les courriers qu’un(e) assistant(e) rédige en votre nom, ou signer un contrat les yeux fermés. Dans ces cas-là, les mauvaises surprises sont légion.

Vous souvenez-vous d’avoir vu des publicités spectaculaires, sans vous souvenir de la marque ? Ces pubs sont le fruit d’un esprit créatif qui sert sa vision artistique avant de servir le client. Cela montre que ce dernier n’a pas su imposer son message.

À l’inverse, nous avons l’exemple de Steve Jobs. Il nous a presque fait croire qu’il pouvait se passer de communicants, tant son discours semblait sortir à 100 % de lui. Or, comme tout grand patron, Steve Jobs était soutenu par les experts ad hoc, suffisamment doués pour créer une unité entre la marque Apple et les visions de son fondateur.

À chacun son métier. Mais ce n’est pas parce que vous ne maîtrisez pas les subtilités d’un message (publicitaire ou autre) que vous devez confier la conception sans rien contrôler. Si vous ne vous reconnaissez pas dans le message, vous devez imposer vos vues.

Vous saurez que vous avez trouvé le bon prestataire quand, devant son résultat, vous penserez : « On dirait que c’est moi qui l’ai écrit ! »

Je donnais l’exemple de la publicité, parce que c’est dans ce domaine qu’il est plus courant de déléguer le travail. Mon conseil est le même en ce qui concerne les autres types de communication : les courriers et les e-mails, les pages de votre site, les documents commerciaux, etc. Si vous ne voulez pas rédiger tout cela, vous pouvez le déléguer (en faisant appel à un rédacteur et à un correcteur), mais vous devez contrôler le résultat.

Bien géré, votre service de rédaction ne vous occupera qu’une heure par semaine. C’est à cette condition que vous assurerez une communication de qualité et qui vous ressemble, en ayant l’esprit libre pour vous consacrer aux activités dans lesquelles vous excellez.

Et, à la longue, à force de penser « On dirait que c’est moi qui l’ai écrit ! », peut-être finirez-vous par vous dire « J’aurais pu l’écrire moi-même ». Alors vous sentirez poindre la frustration de ne pas prendre en charge cette partie.

Cela marquera l’aube d’une nouvelle ère, où vous rédigerez une partie de vos écrits, avec plus de facilité que si vous n’étiez pas passé par cette phase de délégation.

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