lâcher prise et chuter
novembre 11th, 2019 par Jérôme Duez

La première fois que l’on m’a conseillé de “lâcher prise”, une image m’a frappé l’esprit : celle d’un homme, le corps dans le vide, s’accrocher désespérément à une corniche, puis, à bout de force, lâcher et chuter.

"Lâcher prise" fait penser à ça

Cette image cauchemardesque m’a éloigné du sujet pendant quelques années. J’ai refusé de prêter attention aux gourous qui prônaient le lâcher-prise.

« Lâcher prise », une horrible expression…

Précédemment, j’ai parlé du choix de certains termes néfastes pour notre bien-être. J’ai mentionné des tics de langage à la mode, tels que « du coup » et « pas de problème ». Mais « Lâcher prise » est pire. C’est un terme aberrant, car utilisé dans le langage du développement personnel, alors qu’il n’engage pas au mieux-être.

Outre l’image morbide que cela me renvoie, « Lâcher prise » est une expression tordue. Car « prise » est le participe passé du verbe « prendre ». Donc, on peut entendre dans l’expression le double geste de lâcher et de prendre : cette antinomie freine tout mouvement, c’est le blocage assuré !

…Alors que l’exercice est merveilleux

Un jour, il y a plus de 10 ans, une amie m’a offert un livre de Guy Finley, un enseignant spirituel américain. Le livre a changé ma vie. Grâce à lui, j’ai fait mes premiers pas sur la voie de la spiritualité, et j’ai découvert cette merveilleuse pratique consistant à abandonner toute tension.

Par tension, entendez les tensions physiques, et aussi les pensées néfastes susceptibles de provoquer et d’alimenter ces tensions. Donc, s’entraîner à cette forme d’abandon provoque un délice sensoriel et inspire une nouvelle philosophie de vie.

En Anglais dans le texte

Guy Finley a publié une série de livres consacrés au lâcher-prise… Du moins, c’est ce que les titres en français laissent supposer. Voici quelques-uns de ces titres : « Lâcher prise – la clé de la transformation intérieure », « Pensées pour lâcher prise », « Vivre et lâcher prise », « Lâcher prise pour vaincre la dépendance »…

Mais en Anglais, ces mêmes titres donnent ceci : « The secret of Letting Go », « Designing your own Destiny », « Let Go and Live the Now », « Breaking Dependancy »…

Et je me demande : quel traducteur pervers a eu l’idée de traduire « let go » par « lâcher prise » ? Et surtout, pourquoi les éditeurs ont approuvé cette traduction ?

Non au “lâcher-prise”, oui au “laisser-aller”

C’est donc « Let go » que l’on a traduit par “lâcher prise”. Sans doute s’est-on interdit la traduction littérale, à cause de la connotation péjorative du « laisser-aller » en français. L’expression accuse une absence de rigueur ou de tenue.

Les profs de jadis prenaient un air pincé pour dire aux parents : « Il y a du laisser-aller dans le travail de votre fils ». Heureusement, de nos jours, les profs sont plus cool. Donc désormais, rien ne nous interdit de traduire « let go » par « laisser aller » et d’oublier le sens ancien du terme.

“Laisser aller” sonne comme une invitation à quelque chose d’agréable : un pas de danse, une glissade grisante, un mouvement de détente libératrice.

"laisser aller" au lieu de "lâcher priseé

Pour nommer cette action propre à la relaxation et à la méditation, “laisser aller” me semble l’expression idéale ! (1)

Hérésie culturelle

En privilégiant le terme « lâcher prise », la langue française ne nous aide pas. Ce n’est pas une exception. Un autre cas est le terme « remise en question », une appellation méprisable (sur laquelle je reviendrai bientôt) pour nommer une attitude remarquable.

En France, nous sommes dans la culture de l’effort et du mérite. « Passe ton bac d’abord », « Fais tes devoirs et tu auras droit au dessert ». L’idée de s’octroyer des plages de « laisser-aller » au milieu de nos travaux déplaît à l’esprit français.

C’est pourquoi les Français sont si peu talentueux pour formuler des objectifs motivants. Parce que, comme je l’ai expliqué (notamment dans mon livre à télécharger gratuitement : “Osez l’écriture !“), un objectif est une récompense. Se fixer un objectif consiste à visualiser la récompense avant de fournir l’effort pour l’atteindre. Mais on ne l’encourage pas chez nous ! Si bien que beaucoup se fixent des objectifs en termes de travaux (faire ceci, se mettre à cela…) ; en s’y prenant ainsi, ils perdent de vue la récompense et l’obtiennent rarement.

Eh bien, je dis non ! Je refuse cet état d’esprit. J’aime la culture française, mais il arrive à toutes les cultures de perdre pied, parfois. C’est donc à nous d’y remédier.

C’est pourquoi, dès que vous parlez d’une pratique délicieuse, je vous conseille de choisir des mots séduisants pour la nommer.

Alors, c’est compris ? Ne lâchez rien ! Quand la prise est bonne, tenez bon ! Et aspirez au laisser-aller !

(1) Vous pouvez trouver “laisser aller” aussi déplaisant que “lâcher prise”. Dans ce cas, quelle expression aimeriez-vous voir et entendre à la place ?

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Photo médicament pour addict
septembre 25th, 2019 par Jérôme Duez

Fédération Addiction rassemble des professionnels qui soignent les victimes de certaines formes d’addiction. Elle a choisi un nom approprié. En revanche, que penser du nom de ce site pour les passionnés de lecture, Livraddict ? Ou de Publi-addict qui propose de monnayer vos données personnelles ? Tapez “addict” dans Google : il y en a des pages ! Petits Pois Addict, Addict Immobilier, Addict Galerie, We are Addict, Guitars Addicts, Coiffure Addict, Data Addict, Loulou Addict… L’addiction n’est plus une maladie, c’est un motif de fierté !

Incontournable, l’addict attitude ?

Rendre addict serait-il devenu une qualité ? En tout cas, c’est vendeur ! Chefs d’entreprises, adoptez la dealer attitude ! Et toi public, toi qui t’avoues volontiers addict à telle série, à ton portable, aux films d’horreur, à ton travail, à tes loisirs, épouse donc la junky attitude !

Remarquez : de tout temps, le vocabulaire choisi pour caractériser nos engouements a suivi une orientation malsaine.

Par exemple,  on dit “j’adooore !!!” ; or, tomber en adoration est une attitude de fanatique frôlant l’hystérie – mais ça nous plaît toujours en 2019 !

Pour ma part, j’avoue être sensible à la notion de “passion”, laquelle est souvent dévorante. Je me dis passionné d’écriture. Ado, je me prétendais “carrément fou” ou “totalement dingue” de cinéma et de littérature.

Un lien existe entre le choix lexical et la vérité profonde qu’il trahit, je ne crois pas au hasard en la matière. Derrière l’addiction, il y a l’idée que nous ne sommes plus maîtres de nous, que nous sommes dépendants à un truc plus fort que nous.

Et il y a l’idée de poison. À petite dose, beaucoup de produits sont des bienfaits, tandis qu’à dose addictive, certains deviennent mortels… D’ailleurs, le mot « mortel » ne sert-il pas à qualifier quelque chose d’excellent ?

Pourquoi pas Addict Formation ?

Si j’avais eu l’audace de baptiser mon activité « Addict Formation », j’aurais été en contradiction avec mon ambition de formateur. Car la formation est une invitation à l’indépendance (une fois que vous avez appris à faire, vous ne dépendez plus de ceux qui savent).

Avant de former les autres, j’ai plaisir à me former moi-même, car cela me hisse vers le haut et je ne m’en lasse pas. Mais cette absence de lassitude ne me domine pas à la manière d’une drogue.

Parfois, au moment où me tombent dessus certaines révélations, je peux sentir une montée d’adrénaline, un certain vertige, comme lorsqu’on atteint un sommet ; mais je n’entame pas une formation dans l’attente de ce type de sensation forte, laquelle ne se produit que trop rarement.

De plus, mon goût pour l’élévation a beau être prononcé, je prends  plaisir à marquer des pauses régulièrement. Parfois, des pauses de plusieurs semaines ! Comprenez qu’il m’est impossible de me hisser 24h/24 !

Se former tout au long de la vie demande des efforts qui ne répondent pas à un besoin compulsif. Il est donc possible d’apprécier, voire d’aimer très fort quelque chose, sans être condamné à l’addiction.

En finir avec l’addict-culture ?

Pourquoi associer des mots toxiques à notre consommation de biens culturels ? Cela traduit-il un désir d’autodestruction par overdose ? Ou une volonté de dénoncer la nocivité de nos loisirs et leur pouvoir d’abrutissement ? Ou un appel au secours, un besoin d’être soigné ? Pour l’heure, je n’ai pas la réponse.

L’addict-culture va-t-elle rester longtemps politiquement correcte ? Ici, j’ose me prononcer : je vous prédis le contraire ! L’addict-attitude a démarré dans les années 80, avec l’ultralibéralisme, la culture du productivisme et du consumérisme. Or, l’époque à changé, l’heure n’est plus à ces excès, nous sommes tournés vers le raisonné.

Si je comprends bien le terme “raisonné”, nous serions tenus d’emprunter la voie de la raison… Pour beaucoup, ce sera une première !

Et j’en entends s’écrier : Super ! Allons-y ! Demain, le monde sera plus sain !

Mais il faut bien l’avouer, nous sommes pauvres en vocabulaire adapté à ce nouveau mouvement. Si l’on nommait nos entreprises Petits Pois Raisonnés, Raison Immobilier, Raison Galerie, We are Reasoned, Guitars Raisonnées, Raison Coiffure, Data Raison ou Loulou Raison, cela sonnerait nettement moins bien qu’avec Addict.

Avez-vous des mots sexy à proposer, pour insuffler de la séduction à une attitude raisonnée ?

***

Ces deux articles soulignent le lien entre d’autres expressions toxiques et leurs conséquences sur notre attitude :

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Si vous souffrez d'une trop grande distraction, voici la technique pour développer votre concentration et pour vous changer la vie !
janvier 24th, 2019 par Jérôme Duez

Certains de mes étudiants souffrent d’un manque de concentration flagrant. Je les vois en classe, démangés par le besoin de sortir leur portable pour consulter les messages. Quand ils travaillent sur l’ordinateur, il leur semble douloureux de ne pas ouvrir leur boîte mail ou de se priver d’une parenthèse sur YouTube.

D’ailleurs, ils le reconnaissent volontiers : ils disent appartenir à la « génération zapping, sms et réseaux sociaux », et avouent ne pas savoir se fixer sur une activité à la fois. Toutefois, ils ne sont pas conscients des conséquences néfastes de leur distraction. La conséquence la plus grave, la voici :

La personne en manque de concentration devient incapable d’entrer en contact avec elle-même. Donc, impossible d’aller au bout d’une réflexion sur un sujet qui la concerne de près. Impossible de penser, tout simplement, et de faire face à ses problèmes ou à ses questionnements.

Si vous aussi, vous êtes victime d’une distraction proche de la dispersion, voici un exercice qui peut vous faire le plus grand bien.

Des rendez-vous pour vous recentrer

L’exercice est simple. Il consiste à écrire au réveil, au stylo, et à remplir trois pages d’un cahier, sans s’arrêter.

Pourquoi au réveil ? Pour mieux laisser parler votre subconscient. Vous êtes à la frontière entre les rêves et l’éveil. Ainsi, vous n’essayez pas de contrôler ce que vous écrivez, vous vous laissez surprendre par la production de votre esprit. Comme un simple spectateur, vous assistez à la magie créée par votre créativité innée.

Pourquoi au stylo ? Pour rendre l’exercice plus physique. Votre intelligence agit plus complètement quand une partie de votre corps participe à la réflexion. Votre écriture est plus sensuelle, plus lente et silencieuse qu’avec un clavier ; ainsi, le terrain est plus propice à la créativité.

Pourquoi trois pages ? Parce que passé la première page, vous perdez la sensation d’effort. Notez que je ne vous impose pas le format du cahier. L’important est de pouvoir tourner la page et enchaîner tout de suite. Voyez la beauté symbolique du geste : tourner la page et aller de l’avant !

Pourquoi sans s’arrêter ? Parce qu’en écrivant de la sorte, vous notez forcément des choses sans intérêt. Et c’est très bien, car cela vous entraîne à ne pas vous juger. En effet, il est capital de ne pas viser la belle écriture ou les propos brillants. En ne vous jugeant pas, vous ne vous censurez pas ; et sans autocensure, vous vous autorisez le luxe de vous exprimer sans entrave. Il ne peut qu’en sortir de bonnes choses, à certains moments.

De plus, en écrivant sans vous arrêter, vous vous initiez à ne faire qu’une chose à la fois, ce qui est la base pour atteindre un bon niveau de concentration.

Les récompenses de vos rendez-vous

En écrivant tous les matins, vous allez vous créer un espace intime de grand confort, et obtenir des rendez-vous de qualité avec vous-même.

Cet espace sera incomparable pour laisser s’exprimer ce qui vous tient à cœur.

Vous y gagnerez beaucoup d’avantages et vous allez vous en rendre compte très vite (dès les 10 premiers jours, je vous le garantis !).

Principal avantage : le fait d’écrire au réveil va vous libérer l’esprit dans la journée. En notant vos idées parasites, vous vous en débarrasserez (j’en dis plus ici, sur les avantages de la prise de notes). Ce faisant, vous serez plus serein et vous gagnerez en concentration.

Et, cerise sur le gâteau, vous allez faire émerger de nouvelles idées relatives à ce qui compte le plus pour vous : votre métier, vos activités extraprofessionnelles, votre vie privée. Vous saurez mieux quelle direction prendre, vous serez plus confiant en vos propres choix.

Comment vous y prendre ?

Achetez un cahier et un stylo qui vous plaisent. Si vous pouvez vous faire plaisir à travers cet achat, c’est encore mieux !

Faites sonner le réveil un peu plus tôt, et écrivez au réveil. Je vous conseille de compter au minimum une demi-heure d’écriture. Une simple demi-heure pour améliorer votre qualité de vie, n’est-ce pas dérisoire ?

Écrivez 6 jours sur 7, et réservez-vous un jour pour ne pas écrire. Pliez-vous à cette discipline, au moins pendant 6 à 8 semaines. Plus tard, libre à vous de continuer au même rythme ou de ralentir la fréquence d’écriture. Mais au début, faites-le tous les jours (moins un) pour vous donner les moyens de réussir l’expérience.

Écrivez trois pages manuscrites, de préférence sans vous arrêter. Même si par moment vous n’avez rien à l’esprit, écrivez plusieurs fois « je n’ai rien qui me vient » ou « fait chier, cet exercice d’écriture ! ». D’autres mots plus intéressants finiront par émerger, par petites pépites.

Veillez à votre respiration et à votre position. Respirez de façon régulière, profonde et silencieuse.(1) Évitez les tensions corporelles. Sentez votre main qui tient le stylo glisser sur le papier, soyez conscient de ce contact sensuel.

Accueillez votre écriture avec bienveillance. Surtout, veillez à ne pas vous juger. Laissez-vous aller à écrire des choses ridicules ou apparemment médiocres. Ne vous interdisez aucun mot. Il est normal de ne pas formuler de phrases géniales tous les jours. Ne vous en voulez jamais pour cela.

Ne montrez à personne le contenu de votre cahier. Vu que vous ne vous jugez pas, ne laissez à personne le droit de juger vos pages du matin.

Ne relisez pas ce cahier souvent. Certains ne le relisent jamais. Au moins, efforcez-vous de ne rien relire pendant les 4 premières semaines. Car l’important n’est pas tant le contenu de ces pages, que les bienfaits que cela va provoquer dans la journée.

Observez les résultats de cette expérience dans votre quotidien. À la fin de chaque semaine, écrivez un mini compte rendu de votre semaine : notez ce que cette nouvelle pratique d’écriture vous a apporté et les changements que cela a pu déclencher dans votre vie. Avez-vous amélioré votre niveau de concentration ? Avez-vous plus d’idées ? Êtes-vous plus détendu dans la journée ? Même si vous avez l’impression que cela n’a rien changé les 2-3 premières semaines, notez-le. Même quand des choses se sont produites, qui vous semblent sans rapport avec votre nouvelle pratique, notez-le. Et quand vous reconnaissez qu’une sorte de magie se produit dans votre vie grâce à votre écriture, notez-le !

…Ainsi, vous développerez votre niveau de concentration. Et vous insufflerez de la créativité dans tous les domaines de votre vie !

(1) Dans le livret “Osez l’écriture !“, vous trouverez des exercices pour vous entraîner à respirer sereinement. Il est gratuit et vous pouvez le télécharger sans laisser votre adresse mail en échange.

Lisez cet autre conseil de développement personnel : “Du coup”, oui ça fait mal !

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Quand cela devient un tic de langage, l'expression "du coup" matraque l'esprit et entraîne une souffrance.
novembre 13th, 2018 par Jérôme Duez

On dit “du coup” au lieu de dire “donc”, “alors”, “de ce fait” ou, parfois, simplement “et”. Cette sale expression veut battre toutes les locutions !

Certains abusent en la répétant des centaines de fois par jour. Oui, des centaines ! C’est facile à vérifier, ils en balancent plusieurs à la minute.

Entendu ce matin, de la bouche d’un interne à l’hôpital :

« – Il a un saignement des gencives. Du coup, faut faire une radio. Du coup, on ne va pas intervenir tout de suite. Du coup, on devrait s’occuper de l’autre patient, là… Il est toujours à l’accueil ? Non ? Du coup, on fait quoi ?

– Du coup, je ne sais pas », répliqua l’assistante, lui rendant coup pour coup.

Les jeunes sont particulièrement touchés. Et ça gagne les plus vieux. Dans toutes les professions, parmi les plus nobles : journalistes, médecins, profs, politiciens… Comme ils font autorité, ça impressionne et ça se répand. Nous frôlons la pandémie !

Du coup, les conséquences…

Le dire est français. Mais dans un cas seulement : pour parler des conséquences d’un choc. Exemple : « Il s’est mangé des gnons. Du coup, il a la tête comme une pastèque. »

Mais quand l’expression est lancée à tout bout de champ, ce n’est plus du bon français, cela relève du tic et cela trahit un problème.

Comme je l’ai dit dans l’article Pas de problème, hélas si !, il n’y a pas de tic de langage innocent. Chaque tic peut nuire à la personne qui l’emploie.

Dans le cas d’un abus de “du coup”, cela trahit clairement que la victime de ce tic s’en reçoit “plein la gueule”.

On ne dira jamais assez combien la vie est dure, en ce moment. La société ne nous fait pas de cadeaux. Alors… Il faut s’en sortir, à coups de poing, de pied, de ce que vous voulez.

“Du coup” est un signe des temps. Nous ne nous offrons plus le loisir de savourer des liaisons de quatre syllabes, du type “par conséquent”. Faut aller vite, faut du brutal !

(Pourtant, dire “donc” est plus rapide que “du coup”. Mais “donc” manque de caractère dans ce monde de brutes. “Du coup” percute mieux.)

Seulement voilà, répéter “du coup” sans cesse, oui ça fait mal.

Un remède existe

En effet, trop de “du coup” trahit une souffrance. Et c’est un phénomène bien connu : quand on exprime sa souffrance, on en fait porter le poids à l’autre ; mais il ne faut pas croire que l’on s’en déleste pour autant ! Au contraire, la souffrance exprimée devient plus présente, elle occupe l’espace de notre corps et l’espace de parole, et donc, elle pèse plus lourd.

Inversement, dès que l’on perd l’habitude d’exprimer sa souffrance, jusque dans le choix de ses mots, on lui accorde moins de place, donc moins d’importance. Alors, on s’allège.

Vous remarquerez que les personnes qui évoluent dans un environnement violent utilisent un langage brutal, qui ne fait qu’attiser cette violence. Bien sûr, “du coup” est moins violent que les insultes ; mais quand on le dit trop souvent, cela matraque l’esprit.

Je vous conseille de vous modérer dans son emploi. Pour votre confort, pour votre bon développement personnel, et aussi pour votre image.

Ne le prenez pas à la légère. Surveillez la fréquence de vos “du coup”. Et entraînez-vous à varier les plaisirs, en les remplaçant par nos bonnes vieilles locutions :

– ainsi…

– alors…

– en conséquence…

– de ce fait…

– dès lors…

– donc…

– par conséquent…

– en dernier lieu…

– de là…

– en fin de compte…

– enfin…

– finalement…

– il résulte…

– pour cette raison…

– si bien que…

Oui, si bien que vous allez vous rendre la vie plus douce !

***

Voici un autre article percutant pour mettre K.O. ce vilain tic ! Pour le lire, cliquez ici 

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Et cet article souligne le lien entre une autre expression toxique et ses conséquences sur notre attitude : L’addict-attitude, toujours d’actualité en 2020 ?

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Voici une technique pour tenir vos bonnes résolutions. Oui, cette année, vous allez réussir à les tenir !
janvier 9th, 2018 par Jérôme Duez

Vous savez comment elles démarrent, les bonnes résolutions : vous les formulez plein d’entrain, le champagne vous inspire, et c’est parti pour une nouvelle année où tout va changer, parce que vous allez vous prendre en main comme jamais !

Vous connaissez la suite : vous commencez par vous y mettre, d’abord sérieusement, quelques jours. Puis moins sérieusement, encore quelques jours… Puis vous abandonnez en cours de route.

Pourquoi cela se déroule-t-il toujours comme ça ? Faut-il voir un psy ?

Eh bien, pas du tout ! Figurez-vous que le problème n’est pas psychologique, mais technique !

En effet, quand vous n’arrivez pas à tenir vos bonnes résolutions, c’est parce qu’au départ, vous les avez mal formulées.

Les bonnes résolutions sont des récompenses

Généralement, voici à quoi ressemblent les bonnes résolutions  :

– Me mettre au sport 

– Changer d’emploi 

– Apprendre un instrument de musique 

– Préparer un voyage au Sahara 

– Déménager

Formulées ainsi, elles ont peu de chance d’aboutir. Regardez-les, elles sont exprimées en termes de labeur, avec des verbes d’action. Or, une accumulation d’actions est vite rébarbative, et l’on finit par perdre de vue l’intérêt de tout cela.

Alors, changez la formulation. Au lieu de vous donner des travaux à faire, fixez-vous des objectifs, comme on se promet des récompenses. Et voyez ce que cela donne :

– Retrouver une pleine forme physique (au lieu de me mettre au sport

– Occuper un emploi plus valorisant à tous les niveaux (au lieu de changer d’emploi

– Jouer dans un groupe de musiciens (au lieu d’apprendre un instrument

– Dormir sous la Voie lactée au Sahara (au lieu de préparer un voyage au Sahara

– Y voir plus clair (au lieu de mettre de l’ordre

– Vivre dans un meilleur confort (au lieu de déménager

Vous comprenez la différence : l’objectif est plus séduisant que la tâche, car il laisse miroiter le résultat, qui est une récompense. Tandis que la tâche laisse miroiter principalement l’effort.

Donc, ne confondez pas vos objectifs avec vos actions.

Soignez la formulation de vos bonnes résolutions

La formulation doit toujours être réaliste. Viser l’impossible conduit à la déception. Or, il n’est pas toujours simple de se faire une idée réaliste des choses… J’en dis plus à ce propos, dans ce billet.

La formulation doit toujours être positive. Bannir les verbes «cesser », « stopper », « éviter », « essayer », et les verbes qui traduisent une hésitation ou une action négative.

Car le subconscient ne retient pas le négatif.

Si vous prenez la résolution de “cesser de fumer” ou de “devenir non-fumeur” ou de “ne plus fumer”, le cerveau ne retient que le mot “fumer”.

Ainsi, pour tenir cette résolution-là, il convient plutôt de souhaiter “assainir mes poumons et mon cœur”, “me sentir mieux dans mon corps, plus vigoureux”, etc.

C’est pareil pour tenir chaque jour ses résolutions. Le musicien amateur ne doit pas se dire “aujourd’hui, je vais faire mes gammes”, mais “aujourd’hui, je vais maîtriser la gamme de do à tel tempo. Demain, je vais la maîtriser à un tempo plus rapide”. Ainsi, chaque jour, il se promet une mini-récompense.

De bonnes résolutions tenues plus facilement

La conséquence est une différence majeure dans la manière d’appréhender l’effort. Celui qui se donne des “tâches à faire” termine ses journées en se disant « aujourd’hui j’ai fait ceci et cela » et se lasse rapidement d’accumuler les bonnes actions.

Tandis que celui qui se fixe des “objectifs” finit ses journées en se disant « aujourd’hui, j’ai été capable d’atteindre un degré supérieur en matière de… », ce qui revient à dire : « aujourd’hui, je suis plus fort qu’hier » ou  « plus sain qu’hier » ou « aujourd’hui j’ai grandi ».

La différence est de taille : autant une succession de tâches est lassante, autant on ne se lasse jamais de se sentir plus fort !

C’est tout le bien que je vous souhaite pour 2018 !

 

Plus de conseils sur la technique de gestion des objectifs et de vos bonnes résolutions, dans « Osez l’écriture ! », à télécharger gratuitement.

Votre bonne résolution vise la maîtrise de vos écrits professionnels ? Pensez à la formation !

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Créez votre bureau de rêve
octobre 12th, 2017 par Jérôme Duez

Mon bureau fait des jaloux. J’avais promis de vous le faire visiter. Maintenant que vous êtes là, autant en profiter. Suivez-moi, c’est tout en haut !

 

Je m’invente un pays où vivent des soleils
Qui incendient les mers et consument les nuits (…)
Ce pays est un rêve où rêvent mes saisons
Et dans ce pays-là, j’ai bâti ma maison

« Ma maison » – Barbara

 

L’escalier s’enroule autour d’une colonne cylindrique de deux mètres de diamètre. Il en fait six fois le tour, jusqu’à la porte d’entrée.

L’ascension ne demande pas d’effort. Les marches en métal sont si fines et profondes, que l’on progresse comme sur un terrain plat, le regard perdu dans le panorama : à l’ouest, une mer houleuse gifle de blanches falaises qui virent à l’ocre au passage de quelques nuages ; à l’est, une forêt vallonnée s’étant jusqu’à l’horizon, comme un vaste matelas d’un vert régénérant.

Un décor somptueux

De l’extérieur, mon bureau rappelle une soucoupe volante des films des années 50,  en métal argenté.

L’escalier aboutit à une porte coulissante, dans la partie inférieure de la soucoupe.

Nous entrons et découvrons une pièce circulaire, totalement vide, baignée de lumière grâce à la baie vitrée circulaire. (Comment la paroi peut-elle paraître métallique à l’extérieur et s’avérer transparente à l’intérieur ? Je vous laisse l’imaginer) Nous dominons le paysage maritime et forestier.

Tout le confort existe, mais il est caché. Par une manœuvre savante, je fais émerger le nécessaire du parquet au bois soyeux : le bureau et les accessoires, la bibliothèque, la cuisine, la salle de bain…

Pour l’instant, contentons-nous de deux fauteuils au centre de la pièce. Je fais surgir la boisson de votre choix, un café glacé bien mousseux pour moi, et une tablette pour poser nos verres.

Nous voilà confortablement installés. Alors à présent, je vais vous livrer mon secret.

Un bureau de mentaliste

Bien sûr, vous avez compris que ce bureau est dans ma tête. C’est sa qualité fondamentale. Car il a ceci de particulier : il m’appartient pleinement et j’y accède quand je veux.

Je l’ai créé dans le cadre d’un exercice de relaxation. Au départ, il n’était pas destiné à l’écriture. Ce devait être un havre de paix pour me détendre et faire le vide.

Mais je m’y suis attaché, et j’ai décidé de l’occuper plus souvent.

Je ne dis pas que je m’y rends chaque fois que je dois écrire au calme. Mais il arrive des moments où il se révèle utile. Quand je suis distrait par du bruit, ou quand je subis un stress, je vais m’y réfugier.

Et ça marche, je retrouve ma concentration.

Et le vôtre, à quoi ressemble-t-il ?

Mon bureau ne vous plaît pas ? Verriez-vous le vôtre autrement ? Une hutte perchée dans un arbre de la jungle amazonienne ? Un pavillon d’or dans un jardin japonais ? Le Nautilus du Capitaine Némo ou le penthouse de Pharrell Williams ?

Dans ce cas, vous pouvez vous l’approprier sur-le-champ. C’est gratuit !

Allongez-vous au calme, prenez le temps de respirer profondément et restez concentré sur votre respiration. Puis commencez à imaginer votre décor idéal.

Dans les premiers temps, retournez-y souvent, pour peaufiner les détails de l’ameublement et pour fortifier votre vision dans votre esprit.

Arrivera le jour où l’aménagement sera achevé et où vous vous sentirez parfaitement bien dans votre nouveau bureau.

Alors vous pourrez l’ancrer, pour utiliser un terme de PNL (programmation neurolinguistique).

Voici comment procéder : au moment où vous visualisez parfaitement votre bureau, associez un geste insolite à votre vision. Par exemple, de l’index droit, pressez un point précis de votre cou. Plus tard, quand vous répéterez cette petite pression sur ce point du cou, instantanément, vous retrouverez votre bureau dans ses moindres détails ; en même temps, vous ressentirez l’état de calme, de confort et de bien-être, propice à la concentration.

Alors vous pourrez espacer les visites, si le cœur vous en dit. Parce que ce sera créé pour de bon, et ce sera du solide !

Concevoir son blog comme son bureau

L’idée de ce billet vient de l’interview de Sophie Gauthier, et de l’univers particulier de son site, contentologue.com.

Ce fut une interview réalisée par écrit.

Ma première question était « Où sommes-nous ? ». Et Sophie Gauthier a répondu naturellement, en décrivant son décor de rêve.

Quand vous voyez son blog, vous vous dites qu’elle a dû se demander « Où ai-je envie d’accueillir mes lecteurs ? ». Et la vision du blog a dû lui apparaître, de la même manière que mon bureau m’est apparu.

Preuve que l’imagination et la fantaisie sont autant utiles à votre confort personnel, qu’à votre aventure professionnelle.

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Résoudre les problème d'écriture pro
avril 11th, 2017 par Jérôme Duez

J’entends souvent des gens dire « pas de souci » ou « pas de problème ». C’est la mode. Ils le disent à la place de « ça marche ! », « c’est ok », « ça sera fait » ou simplement « oui ». S’ils le disent une fois exceptionnellement, ce n’est pas grave. Mais si cela devient un tic de langage, je m’inquiète : ils sont en train de s’auto-hypnotiser dans l’échec. Vous en doutez ? Lisez donc la suite…

Mécanisme de l’échec

Notre subconscient est incapable de comprendre les expressions négatives.

Si je vous demande de ne pas penser à un éléphant – à tout ce que vous voulez mais surtout pas à un éléphant ! –, aussitôt le pachyderme envahit votre esprit.

Et si vous vous donnez l’ordre d’arrêter de fumer (« arrêter » étant un verbe d’action négative), seul le mot « fumer » vous hante et il devient quasiment impossible d’arrêter dans ces conditions. Pour arrêter de fumer, il est préférable de visualiser le résultat séduisant et se dire : « je vais raffermir mon cœur, améliorer mon souffle, etc. ».

Quand « pas de problème » est répété à longueur de temps, seul le mot « problème problème problème » s’inscrit dans le cerveau, façon méthode Coué.

Quand je passe une commande au café et que le serveur me répond « pas de problème », je prévois un contretemps, un café froid ou une bière éventée… ce qui ne manque pas d’arriver. Je renvoie alors ma commande – à condition de ne pas être pressé…

Pas plus tard que la semaine dernière, au téléphone, je demande à une standardiste de me passer Untel. « Pas de problème ! », dit-elle ; et je tombe sur la tonalité occupée, comme si elle venait de raccrocher.

C’est quasiment systématique, cet affreux tic de langage produit le contraire de ce qu’il annonce !

Prévenir ou guérir ?

Un ami provocateur prend plaisir à violenter la personne qui laisse échapper un « pas de problème ». Il réplique avec un soupçon d’agressivité : « Pourquoi parlez-vous d’un problème ? Vous voyez un problème ? Oubliez ce que je vous ai demandé, je ne veux pas de problèmes ! »

Il est persuadé de vacciner l’autre de cette façon. Il a peut-être raison… Moi, je ne dis rien… jusqu’à ce que le problème survienne. Car c’est un fait : il survient très souvent.

Vérifiez par vous-même et dites-m’en des nouvelles. Que vous est-il arrivé la dernière fois que quelqu’un vous a annoncé une absence de problème ? Et avez-vous un truc pour remédier à la situation ?

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Ces deux articles soulignent le lien entre d’autres expressions toxiques et leurs conséquences sur notre attitude :

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La prise de notes simplement
février 7th, 2017 par Jérôme Duez

Écrire accompagne nos actions pour les dynamiser et les rendre plus efficaces. Une preuve : voyez ce qu’il se passe avec une simple prise de notes.

Prendre des notes libère l’esprit

Celles et ceux qui rechignent à noter font trop confiance à leur mémoire. Exemples : le serveur au restaurant qui ne note pas la commande, ou nous-mêmes les jours où nous faisons les courses sans en avoir dressé la liste, il se produit souvent un oubli, avec des conséquences fâcheuses : le serveur est renvoyé en cuisine et il nous faut retourner au supermarché.

Pourquoi se compliquer la vie, quand il est si simple de noter ?

En plus de nous garantir de ne rien oublier, la prise de notes nous libère l’esprit.

C’est flagrant avec les idées. Une idée est pleine sitôt qu’elle émerge. Elle n’évolue pas, elle nous hante, c’est tout ce qu’elle fait. Dès qu’elle est notée, l’esprit est libéré et peut offrir de la place aux idées suivantes ou se reposer.

Prendre des notes vainc l’insomnie

Longtemps, j’ai eu du mal à m’endormir. Je ressassais des trucs pendant trois ou quatre heures, jusqu’à l’épuisement. Je me croyais de nature insomniaque, mais c’était faux, car deux disciplines m’ont aidé à chasser le phénomène.

La première a été d’apprendre à respirer profondément, au niveau du diaphragme. Cela s’acquiert en quelques semaines. La deuxième se maîtrise en quelques minutes : cela consiste à noter chaque soir mon planning pour le lendemain.

5 à 10 minutes par jour suffisent. Je remplis le programme du lendemain et je n’y pense plus.

Ne vous séparez jamais du bloc-notes

« Bloc-notes » est une façon de parler. Il existe une variété d’outils pour compiler nos notes. Je me suis longtemps promené avec un carnet et plusieurs stylos. Puis j’ai changé pour le dictaphone.

Choisissez votre outil favori et gardez-le toujours près de vous. Et surtout, prenez l’habitude de reporter souvent vos notes sous une forme planifiée afin de ne pas accumuler une quantité importante de notes qu’il serait fastidieux de traiter. Mieux vaut 5 minutes par jour que 50 minutes tous les 10 jours.

Derrière cette collection de bonnes pratiques, il y a la récompense de travailler sans avoir l’impression de le faire. 50 minutes d’attention, c’est du travail, tandis que 5, c’est presque rien. Résultat : certains jours, en supervisant l’ensemble de vos notes, vous vous dites « Whaow ! Quel boulot ! Pourtant je ne l’ai pas senti passer ! ». C’est excellent pour le moral !

Pour voir d’autres cas où l’écriture est au carrefour du développement professionnel et du développement personnel : lisez le livre gratuit “Osez l’écriture” et les billets “Comment faciliter votre concentrations ?” et “Inspirez / Ecrivez”

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Homme méditation inspirez puis écrivez
janvier 5th, 2017 par Jérôme Duez

La respiration, cet élément moteur de la relaxation et du bien-être, joue un rôle dans l’écriture. En effet, bien respirer peut se révéler utile pour évaluer la qualité de votre style.

Style littéraire et style professionnel

En littérature et plus généralement en art, le contenu n’a qu’une importance relative. Ce qui compte n’est pas ce qui est dit, mais la façon dont cela est dit. Et l’artiste se distingue par son style inimitable, sa patte. Le style littéraire est en soi un effet de surprise, par son invention et son caractère insolite.

Au contraire, en matière d’écrits professionnels, ce qui prime est la valeur de l’information. Et l’excellent style est l’absence apparente de style. C’est, dans l’idéal, la fluidité absolue, la parfaite transparence au service du contenu.

En cela, le rédacteur ne doit pas être reconnaissable. Si c’est le cas, son style personnel l’emporte, détournant le lecteur de l’essentiel.

Dans les documents professionnels, à commencer par les emails, nous sommes heurtés à la lecture d’un effet de style, d’un trait d’humour, d’énervement, voire de poésie. Comment l’éviter ?

Les ennemis de l’excellent style professionnel 

Techniquement, l’excellent style professionnel est simple : il suffit de rédiger des phrases courtes, séparées par des mots de liaison (et, mais, cependant, car, or, etc.).

Ce qui est difficile est de respecter cette consigne, car plusieurs ennemis nous en empêchent, les plus courants étant : le stress et l’euphorie.

Les effets du stress sont agressifs. Ils sont marqués par un vocabulaire violent, voire insultant. C’est un exposé empreint de jugement, souvent subjectif et dévalorisant par une orientation négative.

L’euphorie conduit à commettre des effets d’humour – vexants pour ceux qui n’y sont pas sensibles – ou de poésie – avec des métaphores parfois blessantes. Par exemple, écrire pour illustrer un drame au Japon : « L’Empire du soleil levant est couché pour un bon moment » (lu dans une épreuve de concours à la note de synthèse, au sujet de la crise économique nippone).

L’euphorie est cousine du stress, elle accompagne l’anxiété. Elle se produit, par exemple, quand nous écrivons sous la contrainte d’une échéance : dans un premier temps, nous sommes anxieux, craignant d’échouer ; puis en cours de rédaction, voyant que nous y arrivons, l’anxiété s’envole et l’euphorie prend le relais.

Sachant la réussite du texte assurée, nous sommes tellement heureux et fiers que nous voulons le faire savoir au monde entier – alors nous commettons un effet de style.

Ce sont les jeux de mots bas de gamme que nous lisons dans les journaux. Parce que le journaliste qui réussit à boucler son papier à temps écrit sous euphorie, et qu’en plus il lui est permis de faire de l’esprit.

La respiration pour éviter les fautes de style ?

Sous le stress ou l’anxiété, la respiration est courte, les mains sur le clavier sont fébriles. Et sous l’euphorie, vous vous faites rire ou sourire. En écrivant dans ces conditions, il surgit toujours des mots malheureux. C’est systématique.

Soyez attentif à cela, c’est facile à remarquer : soyez conscient de votre respiration et de vos réactions au moment de la rédaction et de la relecture. (1)

Que cela ne vous interdise pas de rédiger, mais dans ce cas, imposez-vous un temps avant de vous relire et d’expédier votre texte. Car la relecture dans la sérénité vous mettra en évidence les mots malheureux.

Une bonne respiration à l’écrit comme à l’oral

L’exercice peut se révéler aussi utile à l’oral, au cours d’un entretien. Au moment où l’autre pose une question qui nous dérange, notre respiration s’accélère. Si nous ne prenons pas soin d’attendre, nous fournissons malgré nous une réponse précipitée, que nous regrettons plus tard. C’est pourquoi, autant que possible, il convient de marquer un temps d’arrêt.

Le temps de reprendre une respiration régulière, nous comprenons la nature de notre malaise et nous trouvons la réplique appropriée.

Comme il est plus facile de contrôler sa respiration à l’écrit qu’à l’oral (parce que personne n’attend de réponse immédiate et ne surveille nos réactions), je conseille d’y veiller particulièrement lors de la rédaction des e-mails.

Ne les envoyez pas tout de suite. Si, je vous assure, il n’y a pas d’urgence ! N’oubliez pas, l’envoi d’un mot malheureux fait perdre plus de temps en gestion de conflit, que le temps accordé à une relecture.

(1) Le livre “Osez l’écriture !” vous en dit plus à ce sujet. Il est gratuit (inutile de laisser votre adresse en échange, il est vraiment gratuit). Vous y trouverez notamment des exercices pour vous entraîner à respirer sereinement.

Pour voir d’autres cas où l’écriture est au carrefour du développement professionnel et du développement personnel : lisez les billets “La prise de notes participe au bien-être” et “Comment faciliter votre concentrations ?”

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Feuille d'un livres, comment trouver un livre
décembre 23rd, 2016 par Jérôme Duez

Dans la masse de livres consacrés au développement personnel ou professionnel, où se cache LE livre spécialement écrit pour vous ?

Tous prétendent vous aider à évoluer et à gagner en efficacité et en bien-être, mais, dans le lot…

Comment distinguer le bon, et comment le lire ?

Le choix du livre

Vous devez être intraitable dans votre choix.

Vous pouvez vous faire votre opinion dès les premières pages. Qu’importe les promesses sur la 4e de couverture ! Si quelque chose vous déplaît dans un livre – la façon dont l’auteur s’exprime, l’esprit de ses conseils, des affirmations qui vous placent en désaccord –, abandonnez-le sur le champ !

Cela ne signifie pas que le livre est forcément nul, mais simplement qu’il n’a pas été écrit pour vous. Soyez sûr qu’un autre le sera ; et ne perdez pas votre temps avec celui-là !

Le livre écrit pour vous existe, je vous l’assure. Quel que soit votre sujet de prédilection, il existe.

Survolez autant de livres que nécessaire jusqu’à trouver celui-là. Il s’imposera à vous aux premières secondes. Vous aurez l’impression d’avoir enfin rencontré votre mentor. Et vous serez prêt à adhérer à ses enseignements.

Conditions pour réussir la rencontre

Une fois que la rencontre a eu lieu, sa réussite repose sur la qualité de votre attention de lecteur.

Le livre que vous avez choisi d’étudier est le nec plus ultra de l’apprentissage. C’est un professeur qui se plie à votre volonté, capable de s’exprimer à votre vitesse et de répéter autant de fois que nécessaire.

Ne négligez pas cet apport précieux, car une telle rencontre est rare. Ce mentor que vous avez élu mérite votre plus grande attention.

Vous devez adhérer pleinement aux leçons et les suivre au pied de la lettre. Lisez le livre de la première à la dernière page, sans sauter une ligne, en disciple impeccable. Puisque l’auteur a fait l’effort de formuler une phrase, c’est qu’elle a son utilité et qu’elle vaut votre effort de lecture.

Sachez vous arrêter sur un passage qui vous interpelle, parce qu’il vous bouscule ou vous surprend. Notez-le avec vos propres mots. Laissez-le raisonner en vous, prenez le temps de l’assimiler.

Lorsque vous décrochez, arrêtez-vous. Le décrochage a du bon. C’est souvent la preuve que la leçon est en train d’infuser et de faire son effet. Laissez le décrochage agir en vous ; puis, en relisant, cherchez ce qui a provoqué ce décrochage, afin de l’intégrer.

Relisez au moins une fois l’intégralité de l’ouvrage et plusieurs fois ses leçons phares. Car votre première lecture est troublée par les surprises de la nouveauté et les chamboulements de certaines remises en question. Donc, une relecture “en connaissance de cause” offre beaucoup de surprises.

Et vous serez étonné de comprendre différemment l’ouvrage. Plus une leçon vous bouleverse parce qu’elle met à rude épreuve une certitude, ou parce qu’elle vous hisse à un niveau supérieur, plus la relecture est surprenante.

La part de l’écriture pour amplifier l’expérience…

Créez une trace écrite de votre lecture. La forme a peu d’importance. Ce peut être un relevé de phrases-chocs ou une fiche de lecture.

Certains préfèrent surligner les passages-clés dans le livre, mais il y a mieux : quand vous y mettez vos propres mots, en ne recopiant pas systématiquement mais en résumant, l’appropriation de la leçon vous marque plus profondément.

…Le passage à la pratique pour valider l’expérience.

Aucune leçon n’est totalement acquise, tant qu’elle n’a pas été validée sur le terrain. C’est logique. À quoi bon encombrer son esprit de connaissances dont on n’a pas validé l’utilité et donc, qui demeurent abstraites  ?

Une fois la leçon comprise, sans attendre, il faut en vérifier le bien-fondé dans la réalité. Vous saurez alors si le nouvel enseignement améliore un point de votre situation, une compétence, une ouverture d’esprit.

J’insiste, vérifiez sans attendre, car il n’y aura jamais de meilleur moment que celui où la leçon arrive et fait bouillir vos émotions et votre imagination. Vous allez agir dans l’élan de l’inspiration, sans laisser refroidir.

La première fois, vous agirez en suivant les consignes aussi fidèlement que possible. Ce n’est qu’ensuite, au vu de l’expérimentation, que vous pourrez modifier votre façon de procéder, de la manière qui vous ressemble.

Plus tard, votre nouveau savoir et vous, serez en harmonie. Alors, vous serez passé expert !

C’est ainsi que, pour certains lecteurs de livres pédagogiques, un ouvrage bien choisi et bien lu peut apporter autant que deux ou trois années d’études.

 

 

 

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