février 21st, 2017 par JérômeDuez

J’interviens souvent auprès d’employés de la fonction publique, pour animer des formations aux épreuves écrites de concours internes de catégories B et A. Dans ce cadre, il nous arrive d’aborder le sujet brûlant de l’épreuve d’oral. Car l’épreuve écrite permet de franchir l’étape de la présélection alors que le concours n’est remporté qu’à l’oral.

Au fil des témoignages récoltés, j’ai fini par en apprendre beaucoup sur le sujet et je vous livre ici une information capitale, sinon la plus importante à connaître pour réussir votre oral.

Un an de préparation pour arriver à la question piège

Dans certains concours administratifs, le taux de réussite est inférieur à 5 pour 100. Parfois 5 pour 1000. Tout dépend du nombre de candidats et de postes à pourvoir. Plus le taux est sévère et plus les critères de présélection le sont. Par exemple, les premières qualités d’un écrit sont la justesse des informations, la clarté et parfois la pertinence. Et, selon le taux de présélection déterminé, les jurys tiennent compte ou non, de la qualité de l’orthographe et de la syntaxe.

À l’épreuve orale, les jurés accordent leur préférence aux personnes qui satisfont un seul critère : donner envie de travailler avec elles. Ils ne se posent qu’une question : « Voudrais-je l’avoir comme collègue ? ». L’épreuve porte sur un sujet précis, mais c’est secondaire. Ce qui prime, c’est de dégager l’image d’un(e) bon(ne) professionnel(le). Et pour repérer la perle rare, le procédé est classique.

Le jury recevant le (la) candidat(e) est composé de 3 à 6 membres. Généralement, un ou deux jurés posent les questions, un autre demeure silencieux et sympathique, un autre a la mine grave comme s’il jugeait la personne défavorablement – mise en scène habituelle pour voir comment celle-ci surmonte cette situation inconfortable.

Les premières questions sont faciles et la personne s’en tire bien, d’autant qu’elle a préparé son épreuve pendant plusieurs mois. Mais fatalement, un juré finit par poser une question à laquelle elle ne sait pas répondre, et c’est là le moment déterminant. D’ailleurs, le jury pose des questions jusqu’à atteindre ce moment, le seul qui l’intéresse vraiment.

Devoir d’ignorance

Car les conditions de réussite vont résider dans la qualité du « je ne sais pas ». Si l’on répond en tremblant comme une feuille, avec des trémolos dans la voix ou la larme à l’œil, c’est terminé ! Les jurés n’ont pas envie de travailler avec quelqu’un qui perd ses moyens à la première tuile. Si la personne fait croire qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, et si elle joue au plus malin, c’est fini ! On ne veut pas d’un filou comme collègue.

La solution, c’est répondre « je ne sais pas » sans faire de drame. Après tout, dans le monde du travail, il est courant de ne pas savoir comment s’y prendre. Les conditions de réussite ne résident pas dans la connaissance impeccable de sa partie, mais dans un esprit bourré de ressources. Il n’y a jamais de honte à ne pas savoir. Mieux, le jury apprécie que la personne avoue son ignorance en ajoutant une pointe d’humour.

Une fois, une employée chargée de la paie du personnel a reçu la question suivante à laquelle elle ignorait la réponse : « Imaginez que vous deviez verser une prime de fin d’année à l’ensemble du personnel mais qu’il n’y ait pas assez d’argent pour tout le monde, qu’est-ce que vous faites ? ». La candidate a répondu avec un petit sourire : « C’est simple, je convoque tout le monde dans une pièce sans fenêtre, je place l’argent au centre et je les enferme dans le noir en disant que le meilleur gagne ! ». Voilà une femme qui ne se laisse pas démonter : elle a eu son concours !

« En fait, j’étais certaine de le rater, c’est pour ça que j’ai tourné la chose à la rigolade », expliquera-t-elle plus tard. J’ai reçu plusieurs témoignages de ce genre, qui m’ont confirmé le phénomène. Beaucoup de ceux qui remportent le concours y vont sans y croire et du coup, ils sont à l’aise. En revanche, quand l’enjeu est trop fort, quand on a trop travaillé pour réussir, il est beaucoup plus dur de rester décontracté à l’épreuve du « je ne sais pas », on y perd son sang-froid et son bon sens.

Je vous laisse en tirer vos conclusions.

ATTENTION : ce conseil ne vaut que pour les concours et les examens professionnels. Il est à oublier dans le cadre d’un oral d’examen universitaire, où la qualité des connaissances est censée primer. En revanche, dans un cadre professionnel, nous passons du devoir de savoir au devoir d’ignorance ; de ce fait, nous soulignons remarquablement la sortie du cadre de l’enseignement supérieur et la plongée directe dans la vie active.

Autre conseil important pour bien se préparer au concours : Confusion dans les épreuves écrites des concours administratifs

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février 14th, 2017 par JérômeDuez

À mes débuts comme formateur, en 2004, j’animais des modules préparant aux épreuves écrites des concours administratifs. À l’époque, il n’en existait que deux sortes, la « note administrative » et « la note de synthèse » ; et déjà régnait une confusion.

Des stagiaires confondaient entre les deux et s’inscrivaient à la mauvaise formation. Il arrivait aussi à certains organisateurs de proposer un sujet de note de synthèse à une épreuve de note administrative, et inversement.

Depuis, il existe de nouvelles épreuves en supplément : la note opérationnelle, l’épreuve de cas pratique, la note de problématique… Et la confusion augmente. Cet article vous aide à vous y retrouver.

Note administrative et note de synthèse

Les deux épreuves ont plusieurs points communs :

  • il s’agit d’écrire une note sur la base d’un dossier ;
  • l’épreuve ne fait pas appel aux connaissances du candidat, qui doit exploiter uniquement les informations contenues dans le dossier ;
  • le résultat doit être une note synthétique de 3 à 6 pages.

Ce qui change est la nature de la note.

La « note administrative » décrit un fonctionnement. Soit elle présente un dispositif, soit une réglementation ; il s’agit d’expliquer en quoi cela consiste. Autrement dit, c’est une sorte de mode d’emploi. Par exemple, une circulaire ministérielle est une note administrative.

Il existe des épreuves de « note administrative assortie de propositions » : ici, il est demandé comment opérer dans certains cas particuliers. La réponse à cette question est contenue dans le dossier ; là encore, on ne fait pas appel aux connaissances du candidat mais à sa capacité d’identifier et de transmettre les informations justes.

La « note de synthèse » est différente, dans la mesure où cela couvre tout type de sujet. Cela peut être la synthèse d’articles de presse ou d’extraits de livres, sur un sujet délicat : « l’esclavage moderne », « l’Uberisation des métiers », « la nouvelle loi du travail » (il est fréquent que le sujet colle à l’actualité), etc. ; ou la synthèse de textes réglementaires sur un sujet tournant autour d’une réglementation, à condition que le contenu dépasse le simple mode d’emploi.

Par exemple, si dans l’intitulé du sujet il est demandé : « rappelez la définition, les conditions et les modalités de la loi du travail », c’est une note administrative. Et s’il est demandé « dans cette note, vous aborderez les modalités de la loi du travail et les difficultés liées à sa mise en œuvre », il s’agit d’une note de synthèse, car la réglementation est contextualisée dans une situation problématique.

La note de cas pratique et la note opérationnelle

Par définition, « l’épreuve de cas pratique » doit coller aux pratiques professionnelles des candidats. Par conséquent, il peut s’agir de n’importe quel type de mise en situation.

Par exemple, pour un concours de jardinier, il peut être demandé de concevoir un parterre de fleurs, en précisant la quantité de plants et de terreau pour la surface mentionnée dans le sujet, voire en dessinant la disposition des fleurs.

Pour un professionnel du tertiaire, il peut s’agir de rédiger une note opérationnelle. Autrement dit, la note opérationnelle et la note de cas pratique signifient la même chose.

Les sujets sont variés : il est souvent demandé de rédiger une note organisationnelle (organiser un séminaire, un stand à un salon professionnel, une réunion, etc.) ; mais cela peut être un autre type de commande : écrire un courrier sur un problème délicat, une note interne ou un rapport d’incident.

L’intitulé du sujet remplit souvent une page entière et fourmille de détails, concernant le poste occupé, l’administration concernée, le destinataire, le contexte et la commande. Cela donne des indications au candidat pour que celui-ci se projette dans la situation.

Le dossier (dépassant rarement 15 pages) sert de base d’inspiration. Le candidat fait appel avant tout à ses connaissances, à son expérience et à son bon sens ; et il s’aide du dossier pour enrichir sa réflexion et ses arguments.

La note de problématique

Une problématique est un ensemble de problèmes ou de points forts relatifs à un sujet. Dans une note, quand il est demandé de « dégager une problématique », cela signifie de rédiger une phrase qui regroupe un ensemble de problèmes.

Une problématique doit apparaître dans toute note de synthèse. C’est pourquoi il existe une grande confusion entre la « note de synthèse » et la « note de problématique ».

Dans cette dernière, le candidat se repose à la fois sur le dossier qui lui est remis pour décrire une situation et en soulever les points forts, et sur ses propres connaissances pour soumettre des propositions.

Il arrive que l’on trouve une épreuve de « note de synthèse » où il est mentionné : « cette épreuve fait appel à votre esprit de synthèse et à vos connaissances personnelles ». Dans ce cas, appeler l’épreuve « note de synthèse » peut induire en erreur, car il s’agit d’une « note de problématique ».

Comment s’y retrouver ?

Les épreuves dont je viens de parler n’ont rien à voir les unes avec les autres. La méthodologie est différente pour chacune, en termes de découverte et d’exploitation du dossier, de gestion du temps, de présentation de la copie à remettre. Donc, ne vous trompez pas d’épreuve en vous préparant !

Avant de vous entraîner, que cela soit seul ou en vous inscrivant à une formation (l’un n’empêche pas l’autre et les deux sont vivement conseillés !), renseignez-vous à fond sur la nature de l’épreuve. C’est-à-dire que vous ne devez pas vous contenter de savoir s’il s’agit d’une épreuve de note de synthèse, administrative, opérationnelle ou de problématique, car la réponse peut vous conduire sur une fausse piste.

Vous devez absolument aller plus loin : récupérez les épreuves soumises les années précédentes et étudiez les sujets. C’est la seule façon de connaître à coup sûr la vraie nature de l’épreuve et de pouvoir vous préparer en conséquence.

 

Lisez cet autre conseil pour réussir votre oral, en cliquant ici.

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