lâcher prise et chuter
novembre 11th, 2019 par Jérôme Duez

La première fois que l’on m’a conseillé de “lâcher prise”, une image m’a frappé l’esprit : celle d’un homme, le corps dans le vide, s’accrocher désespérément à une corniche, puis, à bout de force, lâcher et chuter.

"Lâcher prise" fait penser à ça

Cette image cauchemardesque m’a éloigné du sujet pendant quelques années. J’ai refusé de prêter attention aux gourous qui prônaient le lâcher-prise.

« Lâcher prise », une horrible expression…

Précédemment, j’ai parlé du choix de certains termes néfastes pour notre bien-être. J’ai mentionné des tics de langage à la mode, tels que « du coup » et « pas de problème ». Mais « Lâcher prise » est pire. C’est un terme aberrant, car utilisé dans le langage du développement personnel, alors qu’il n’engage pas au mieux-être.

Outre l’image morbide que cela me renvoie, « Lâcher prise » est une expression tordue. Car « prise » est le participe passé du verbe « prendre ». Donc, on peut entendre dans l’expression le double geste de lâcher et de prendre : cette antinomie freine tout mouvement, c’est le blocage assuré !

…Alors que l’exercice est merveilleux

Un jour, il y a plus de 10 ans, une amie m’a offert un livre de Guy Finley, un enseignant spirituel américain. Le livre a changé ma vie. Grâce à lui, j’ai fait mes premiers pas sur la voie de la spiritualité, et j’ai découvert cette merveilleuse pratique consistant à abandonner toute tension.

Par tension, entendez les tensions physiques, et aussi les pensées néfastes susceptibles de provoquer et d’alimenter ces tensions. Donc, s’entraîner à cette forme d’abandon provoque un délice sensoriel et inspire une nouvelle philosophie de vie.

En Anglais dans le texte

Guy Finley a publié une série de livres consacrés au lâcher-prise… Du moins, c’est ce que les titres en français laissent supposer. Voici quelques-uns de ces titres : « Lâcher prise – la clé de la transformation intérieure », « Pensées pour lâcher prise », « Vivre et lâcher prise », « Lâcher prise pour vaincre la dépendance »…

Mais en Anglais, ces mêmes titres donnent ceci : « The secret of Letting Go », « Designing your own Destiny », « Let Go and Live the Now », « Breaking Dependancy »…

Et je me demande : quel traducteur pervers a eu l’idée de traduire « let go » par « lâcher prise » ? Et surtout, pourquoi les éditeurs ont approuvé cette traduction ?

Non au “lâcher-prise”, oui au “laisser-aller”

C’est donc « Let go » que l’on a traduit par “lâcher prise”. Sans doute s’est-on interdit la traduction littérale, à cause de la connotation péjorative du « laisser-aller » en français. L’expression accuse une absence de rigueur ou de tenue.

Les profs de jadis prenaient un air pincé pour dire aux parents : « Il y a du laisser-aller dans le travail de votre fils ». Heureusement, de nos jours, les profs sont plus cool. Donc désormais, rien ne nous interdit de traduire « let go » par « laisser aller » et d’oublier le sens ancien du terme.

“Laisser aller” sonne comme une invitation à quelque chose d’agréable : un pas de danse, une glissade grisante, un mouvement de détente libératrice.

"laisser aller" au lieu de "lâcher priseé

Pour nommer cette action propre à la relaxation et à la méditation, “laisser aller” me semble l’expression idéale ! (1)

Hérésie culturelle

En privilégiant le terme « lâcher prise », la langue française ne nous aide pas. Ce n’est pas une exception. Un autre cas est le terme « remise en question », une appellation méprisable (sur laquelle je reviendrai bientôt) pour nommer une attitude remarquable.

En France, nous sommes dans la culture de l’effort et du mérite. « Passe ton bac d’abord », « Fais tes devoirs et tu auras droit au dessert ». L’idée de s’octroyer des plages de « laisser-aller » au milieu de nos travaux déplaît à l’esprit français.

C’est pourquoi les Français sont si peu talentueux pour formuler des objectifs motivants. Parce que, comme je l’ai expliqué (notamment dans mon livre à télécharger gratuitement : “Osez l’écriture !“), un objectif est une récompense. Se fixer un objectif consiste à visualiser la récompense avant de fournir l’effort pour l’atteindre. Mais on ne l’encourage pas chez nous ! Si bien que beaucoup se fixent des objectifs en termes de travaux (faire ceci, se mettre à cela…) ; en s’y prenant ainsi, ils perdent de vue la récompense et l’obtiennent rarement.

Eh bien, je dis non ! Je refuse cet état d’esprit. J’aime la culture française, mais il arrive à toutes les cultures de perdre pied, parfois. C’est donc à nous d’y remédier.

C’est pourquoi, dès que vous parlez d’une pratique délicieuse, je vous conseille de choisir des mots séduisants pour la nommer.

Alors, c’est compris ? Ne lâchez rien ! Quand la prise est bonne, tenez bon ! Et aspirez au laisser-aller !

(1) Vous pouvez trouver “laisser aller” aussi déplaisant que “lâcher prise”. Dans ce cas, quelle expression aimeriez-vous voir et entendre à la place ?

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Un bon storytelling doit toujours s'inspirer d'une vérité, même quand le résultat fourmille de fantaisie. Heureusement, nos vies pros sont de vrais romans !
octobre 22nd, 2019 par Jérôme Duez

« Je vais vous raconter une histoire », annonce le conférencier… Tout de suite, il se met à dos une partie de l’assemblée qui n’aime pas qu’on l’infantilise. « C’est l’histoire d’un… », avant la fin de sa phrase, des spectateurs soupirent. Car ce qu’il s’apprête à raconter ressemble à de la fiction, alors que l’on se trouve dans un salon professionnel, réunissant un public en attente d’informations concrètes et solides. Pauvre orateur, à côté de la plaque !

Pourtant, il l’a travaillé, son discours ! Combien de nuits blanches à soigner les tournures et à répéter ? Il a même fait appel à un consultant qui lui a vendu le storytelling comme le nec plus ultra de la com’. Mais ce consultant s’est improvisé storyteller, traduisant son titre au pied de la lettre : raconteur d’histoires. Erreur ! Un bon storytelling c’est le contraire, cela va chercher l’inspiration dans la réalité.

Un storytelling réussi repose sur une vérité

Au contraire du précédent, ce conférencier-là a tout compris. Il s’avance sur scène, les yeux fixés sur son public, il n’annonce rien encore, il est silencieux. Il sourit ou ne sourit pas, selon son caractère ; voyez comme il semble à l’aise ! Enfin, il parle : « Hier, j’ai… », et la suite sent le vécu. C’est un chef d’entreprise, on sait qu’il va faire part de son expérience, le récit est installé, l’adhésion est unanime.

Pour atteindre cette qualité de présence authentique, le plus court chemin est celui de la vérité. À l’étape de la conception de son discours, le conférencier puise en lui-même ce qui le motive et l’anime. Ensuite, transmettre cela lui demande peu d’efforts ; l’histoire illustrant son propos lui vient naturellement.

Le rapport entre l’entreprise et son image commerciale, c’est comme une union amoureuse qui dure : elle n’est pas fondée sur le mensonge. Chacun se découvre à l’autre avec ses forces et ses faiblesses, ses hauts et ses bas. En somme, de la vérité de deux individus naît l’invention du couple ; et la grande histoire peut démarrer.

Les éléments d’une bonne histoire

Comme je l’ai dit dans l’article « Suivez la trame du succès », les histoires qui fonctionnent suivent à peu près toutes la même trame : cela raconte une transformation. Or, la plupart de nos épisodes professionnels, eux aussi, racontent une transformation. Par exemple : votre client a un problème et vous allez lui apporter la solution ; donc, le passage du problème à la solution est en soi une transformation.

Vous voyez, il n’est pas besoin d’aller chercher bien loin pour raconter une histoire passionnante.

Une bonne histoire demande aussi de bons personnages, à savoir un héros et un  méchant captivants. Si l’on reprend le schéma problème/solution, le méchant de l’histoire est ledit problème. Et il faut avoir le talent pour donner du caractère à ce problème. Mais ce n’est pas le plus délicat.

Là où des storytellers se trompent parfois, c’est dans le choix du héros. Ils vont trop vite en besogne, en désignant le chef d’entreprise en tant que héros[1]. Or, tout le monde n’est pas Elon Musk ou Richard Branson, capable de communiquer sur sa vision du monde ou sur ses choix de vie.

Le héros peut être autre. Dans certains cas, il peut s’agir du client. Par exemple, les utilisateurs d’un Mac se transforment en de grands créatifs dès qu’ils think different ; et les clients de Nike se métamorphosent en super sportifs dès qu’ils just do it.

Et parfois, ce n’est ni l’entrepreneur, ni le client, mais c’est le produit qui est le héros. C’est le cas d’une belle voiture, qui transforme un trajet quelconque en voyage légendaire.

Ainsi, même quand les éléments d’un bon storytelling semblent simples, la fabrication du récit demande de la subtilité. Et ce n’est pas facile à réaliser soi-même.

Pour commencer…

Pour mettre en évidence l’image authentique d’un entrepreneur et de son produit, démarrez par une phase de questionnement. Soit vous choisissez de suivre une formation pour apprendre à vous poser les bonnes questions et à maîtriser les techniques du récit accrocheur, soit vous faites appel au storyteller compétent qui s’en chargera.

C’est à la qualité des questions de départ que vous pourrez mesurer la fiabilité de votre storytelling. Car je le répète, l’histoire produite repose sur du sérieux, c’est véritablement vous et votre entreprise, quel que soit le degré de fantaisie de la version finale.

L’enjeu est économique. Une bonne trame de storytelling dure des années. Chaque nouvelle saison, il suffit de la réactualiser légèrement, sans remettre en question la base. Tandis qu’une histoire fondée sur de l’invention pure est à revoir chaque année de fond en comble, dans l’espoir qu’un jour la com’ vise juste.

Alors, êtes-vous bien équipé.e pour réussir votre storytelling ?

* * *

[1] Si vous souhaitez incarner le héros de votre storytelling, allez plus loin dans la réflexion, et lisez ce billet : « Comment concevoir clairement ? »

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Photo médicament pour addict
septembre 25th, 2019 par Jérôme Duez

Fédération Addiction rassemble des professionnels qui soignent les victimes de certaines formes d’addiction. Elle a choisi un nom approprié. En revanche, que penser du nom de ce site pour les passionnés de lecture, Livraddict ? Ou de Publi-addict qui propose de monnayer vos données personnelles ? Tapez “addict” dans Google : il y en a des pages ! Petits Pois Addict, Addict Immobilier, Addict Galerie, We are Addict, Guitars Addicts, Coiffure Addict, Data Addict, Loulou Addict… L’addiction n’est plus une maladie, c’est un motif de fierté !

Incontournable, l’addict attitude ?

Rendre addict serait-il devenu une qualité ? En tout cas, c’est vendeur ! Chefs d’entreprises, adoptez la dealer attitude ! Et toi public, toi qui t’avoues volontiers addict à telle série, à ton portable, aux films d’horreur, à ton travail, à tes loisirs, épouse donc la junky attitude !

Remarquez : de tout temps, le vocabulaire choisi pour caractériser nos engouements a suivi une orientation malsaine.

Par exemple,  on dit “j’adooore !!!” ; or, tomber en adoration est une attitude de fanatique frôlant l’hystérie – mais ça nous plaît toujours en 2019 !

Pour ma part, j’avoue être sensible à la notion de “passion”, laquelle est souvent dévorante. Je me dis passionné d’écriture. Ado, je me prétendais “carrément fou” ou “totalement dingue” de cinéma et de littérature.

Un lien existe entre le choix lexical et la vérité profonde qu’il trahit, je ne crois pas au hasard en la matière. Derrière l’addiction, il y a l’idée que nous ne sommes plus maîtres de nous, que nous sommes dépendants à un truc plus fort que nous.

Et il y a l’idée de poison. À petite dose, beaucoup de produits sont des bienfaits, tandis qu’à dose addictive, certains deviennent mortels… D’ailleurs, le mot « mortel » ne sert-il pas à qualifier quelque chose d’excellent ?

Pourquoi pas Addict Formation ?

Si j’avais eu l’audace de baptiser mon activité « Addict Formation », j’aurais été en contradiction avec mon ambition de formateur. Car la formation est une invitation à l’indépendance (une fois que vous avez appris à faire, vous ne dépendez plus de ceux qui savent).

Avant de former les autres, j’ai plaisir à me former moi-même, car cela me hisse vers le haut et je ne m’en lasse pas. Mais cette absence de lassitude ne me domine pas à la manière d’une drogue.

Parfois, au moment où me tombent dessus certaines révélations, je peux sentir une montée d’adrénaline, un certain vertige, comme lorsqu’on atteint un sommet ; mais je n’entame pas une formation dans l’attente de ce type de sensation forte, laquelle ne se produit que trop rarement.

De plus, mon goût pour l’élévation a beau être prononcé, je prends  plaisir à marquer des pauses régulièrement. Parfois, des pauses de plusieurs semaines ! Comprenez qu’il m’est impossible de me hisser 24h/24 !

Se former tout au long de la vie demande des efforts qui ne répondent pas à un besoin compulsif. Il est donc possible d’apprécier, voire d’aimer très fort quelque chose, sans être condamné à l’addiction.

En finir avec l’addict-culture ?

Pourquoi associer des mots toxiques à notre consommation de biens culturels ? Cela traduit-il un désir d’autodestruction par overdose ? Ou une volonté de dénoncer la nocivité de nos loisirs et leur pouvoir d’abrutissement ? Ou un appel au secours, un besoin d’être soigné ? Pour l’heure, je n’ai pas la réponse.

L’addict-culture va-t-elle rester longtemps politiquement correcte ? Ici, j’ose me prononcer : je vous prédis le contraire ! L’addict-attitude a démarré dans les années 80, avec l’ultralibéralisme, la culture du productivisme et du consumérisme. Or, l’époque à changé, l’heure n’est plus à ces excès, nous sommes tournés vers le raisonné.

Si je comprends bien le terme “raisonné”, nous serions tenus d’emprunter la voie de la raison… Pour beaucoup, ce sera une première !

Et j’en entends s’écrier : Super ! Allons-y ! Demain, le monde sera plus sain !

Mais il faut bien l’avouer, nous sommes pauvres en vocabulaire adapté à ce nouveau mouvement. Si l’on nommait nos entreprises Petits Pois Raisonnés, Raison Immobilier, Raison Galerie, We are Reasoned, Guitars Raisonnées, Raison Coiffure, Data Raison ou Loulou Raison, cela sonnerait nettement moins bien qu’avec Addict.

Avez-vous des mots sexy à proposer, pour insuffler de la séduction à une attitude raisonnée ?

***

Ces deux articles soulignent le lien entre d’autres expressions toxiques et leurs conséquences sur notre attitude :

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Les emails à éviter
septembre 17th, 2019 par Jérôme Duez

C’est une vérité : des e-mails maladroits fragilisent l’ambiance au travail et provoquent des conflits.

Des personnes, pourtant respectueuses des règles de la bienséance, en oublient le b.a.-ba dès qu’elles s’expriment derrière leur écran.

Voici 10 motifs de conflits provoqués par de mauvaises pratiques :

 

1 – Les e-mails non ouverts

Quand on reçoit une centaine d’e-mails par jour, on doit faire le tri avant de lire les plus pertinents ; et il arrive que l’on jette des e-mails importants mais à l’objet trop discret. Donc, pensez à rédiger des objets explicites ! Sinon, gare aux conséquences !

 

2 – Des e-mails trop longs

Normalement, il ne doit pas être nécessaire d’utiliser sa souris pour lire un e-mail. La qualité de celui-ci dépend de sa brièveté. Or, des personnes ne respectent pas cet impératif. Qu’elles ne s’étonnent pas si leurs longs textes écrits en tout petit ne sont pas lus attentivement.

 

3 – Des « RE: » à n’en plus finir

Certains ne font pas l’effort de réécrire l’objet quand celui-là a changé au fil des échanges. Au résultat, les messages sont impossibles à archiver.

 

4 – Trop d’e-mails provenant de la même source

Chacun fait l’expérience d’ouvrir sa boîte à e-mails et de se sentir submergé. Alors, pourquoi faire subir cela aux autres ? Parfois, trop de messages proviennent d’un émetteur distant de quelques mètres… Une simple visite éclair serait plus pratique et conviviale.

 

5 – Des e-mails auxquels on ne répond que partiellement

La règle veut qu’un e-mail aborde un point unique. Mais certains traitent plusieurs points. Alors parfois, ils n’obtiennent qu’une réponse partielle. Car celui qui respecte le principe d’unicité (lire cet article pour en savoir plus sur la valeur de ce principe) répond au seul point en rapport avec l’objet, pour faciliter l’archivage.

Si vous tenez à ce que vos multiples sujets soient pris en compte, soit vous envoyez autant d’e-mails que de sujets (sans abuser), soit vous écrivez une note sous Word, postée en pièce jointe.

 

6 – Un effet d’humour mal perçu

Évitez les vannes. À certains moments, si vraiment vous n’y résistez pas, pensez à ajouter un smiley pour souligner l’effet. Sinon, cela peut prêter à confusion. Car vous et moi ne rions pas des mêmes choses, et ce qui peut faire rire certains peut vexer d’autres.

 

7 – Un abus d’envois en copie

Quelqu’un fait une remarque par e-mail, et l’envoie en copie à un supérieur hiérarchique, sans raison évidente. Ce genre de geste, perçu comme mesquin, pénalise l’expéditeur plus que le destinataire.

Quand, par malheur, la mise en copie fait partie de la politique de l’entreprise, il règne en son sein comme un climat de paranoïa.

 

8 – Des e-mails qui ne servent à rien

Retenez ce principe : “tout écrit professionnel a valeur de trace” ; donc, autant que ladite trace ait une valeur opérationnelle ! Quand ce n’est pas le cas (par exemple, quand vous donnez rendez-vous au collègue pour la pause) un coup de fil ou un SMS sont préférables.

 

9 – Des e-mails non relus…

…Non relus et, comme par hasard, truffés de fautes ! Ils sont perçus comme un manque de respect par celui ou celle qui les reçoit. La personne qui les envoie risque d’être jugée peu soignée, voire infréquentable.

 

10 – Une absence de formule de politesse

Aucune personnalisation, aucun signe d’humanité. Ou un méprisant « cdt » à la place de “cordialement” (à propos de cette formule de politesse, voir ici le point de réflexion qu’elle m’a inspiré). Ne méritons-nous pas que vous consacriez une demi-seconde à nous adresser un “cordialement” correctement tapé ? Eh, on n’est pas des machines !

Prenez le temps de gagner du temps

Avouez : quelques-uns de ces 10 points ne vous horripilent-ils pas ? (Répétez 5 fois cette question à voix haute, c’est très bon pour la diction !)

La plupart des maladresses sont provoquées par un besoin de gain de temps. Ou par habitude de répondre vite.

À ce propos, j’ai oublié d’un autre phénomène grave, celui des e-mails “énervés”. Vous avez toutes et tous connu ça : vous voilà horripilé.e par un des 10 points précédents ; alors vous saisissez le clavier pour dire à l’expéditeur le fond de votre pensée, vos doigts tapent plus fort que d’habitude sur les lettres, vous bouillonnez !

Attention ! Dès que l’on s’enivre d’une émotion forte, il jaillit des mots malheureux ! Souvenez-vous de ce qu’aurait conseillé Hemingway[1] : “Write drunk, edit sobre” (écrivez bourré.e, publiez sobre), un sage principe ! Avant tout envoi, prenez le temps de laisser le texte reposer, offrez-vous le luxe de le relire plus tard, à tête reposée.

En expédiant tout de suite, sans vous relire, vous croyez gagner du temps. Mais quand le conflit éclate, combien de temps faut-il pour rattraper la situation ?

Les règles de bonne conduite offrent à chacun.e une protection contre ses propres écarts. Il peut suffire de les respecter pour faire l’économie de conflits chronophages.

Ces règles peuvent varier selon les établissements. Telle équipe de travail peut décider que l’orthographe est sans importance, ou que “cdt” entre collègues suffit amplement, ou qu’il est permis d’écrire de longs e-mails… Encore faut-il prendre le temps de se mettre d’accord au sein de l’équipe ! Ce temps de concertation évitera bien des coups de sang entre expéditeurs et destinataires.

Ainsi parfois, pour gagner du temps, il est bon de prendre votre temps !

[1] D’aucuns prétendent qu’Hemingway n’a jamais écrit ça. D’autres qu’il l’a dit un soir, mais qu’il était trop bourré pour s’en être rappelé.

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Limitez-vous à un unique message pour laisser un souvenir unique
juin 25th, 2019 par Jérôme Duez

Parfois, on veut tout dire d’un coup. Déverser tout ce qu’on a sur le cœur. Mais c’est une mauvaise idée, presque toujours.

Pour avancer, on y va pas à pas. Pour bâtir une maison, on s’y prend pierre par pierre. Je ne vous apprends rien. Eh bien, ce principe d’unicité vaut aussi en communication : pour être compris, on ne délivre qu’un message à la fois.

Voici 7 cas où cette règle d’or s’avère indispensable.

Un unique message pour laisser une image claire de soi

Dans des réunions où les gens ne se connaissent pas, chacun se présente aux autres le plus brièvement possible. Et certains coupent l’envie de les écouter. Car, en moins de deux minutes, ils trouvent le moyen de saturer d’informations leurs auditeurs.

Au lieu de se limiter à dire ce qu’ils font, les voilà qui racontent leur précédent métier, parfois sans rapport avec leur métier actuel (premier message) ; puis ils présentent leur métier actuel (deuxième message) ; et enfin, ils évoquent leurs axes de développement, soit une redéfinition de leur métier à l’avenir (troisième message). Cela fait deux messages de trop, et cela brouille leur image.

D’autres ont plusieurs activités. Par exemple, formateur, conférencier, coach et auteur. Et ils tiennent à nous présenter les quatre. Mais les auditeurs ne peuvent pas retenir l’ensemble. Donc, ils reçoivent un message confus, qu’ils finissent par oublier.

Donc, pour vous présenter à une assemblée, peu importe le temps octroyé, peu importe votre style de pitch (vous trouverez des exemples ici), ne délivrez qu’un seul message.

Un unique message par e-mail

Étant donné que chaque e-mail possède un seul objet, son contenu doit être en rapport avec cet objet.

Il arrive que je reçoive un e-mail où la personne parle de plusieurs sujets, dont certains ne sont pas en rapport avec l’objet. Et cela pose problème.

Car souvent, un sujet justifie plusieurs échanges de mails. Alors, comment retrouver l’historique de ces échanges, si le contenu de chaque e-mail n’est pas explicitement mentionné dans l’objet ?

Donc, si vous avez plusieurs sujets à aborder le même jour à l’attention d’un même destinataire, envoyez-lui plusieurs mails courts, à raison d’un mail par sujet.

Un unique sujet par slide

La logique est la même pour les slides d’un PowerPoint.

Chaque slide à un titre. Il convient donc que le contenu du slide soit en rapport avec ce titre.

Les bons slides doivent stimuler la mémoire photographique. Et c’est leur simplicité qui fait leur force.

“Une idée par paragraphe, un paragraphe par idée”

Ce slogan est une règle chère aux journalistes. Elle est valable pour les écrits professionnels (présentations commerciales, comptes rendus, rapports, etc.).

Car ces documents ne sont pas des parties de plaisir à lire. C’est pourquoi les lecteurs commencent par les survoler, et ne s’attardent que sur les passages qui les intéressent.

Cela explique l’importance de limiter chaque paragraphe à une seule idée. Car s’il y en a deux, au survol, on passe forcément à côté d’un point important.

Dans ce cas, la personne fautive n’est pas le lecteur qui n’a pas été suffisamment attentif au texte, mais le rédacteur qui n’a pas offert un confort de survol suffisant.

Pour émouvoir, un individu plutôt qu’une foule

Le récit d’un enfant qui vient de se noyer en mer est toujours plus émouvant que le constat de milliers de migrants qui se noient chaque année. C’est cruel mais c’est ainsi : le nombre n’émeut pas.

Chacun de nous est unique. Il est donc logique que l’on s’identifie mieux à l’histoire d’un être unique.

C’est pourquoi les campagnes caritatives conçoivent des affiches qui ne montrent qu’un seul visage, même quand il s’agit de financer la recherche pour éradiquer une maladie qui atteint des millions de gens.

Pour revendiquer, une réclamation à la fois

J’ai eu l’idée de cet article, en entendant s’exprimer les Gilets jaunes. Si je m’en souviens bien, l’augmentation de l’essence fut à l’origine de la crise ; et les premières revendications des Gilets jaunes étaient clairement orientées sur la hausse du pouvoir d’achat. Mais, au fur et à mesure de la crise, les revendications se sont multipliées, au point de former un magma incompréhensible.

Dès qu’un Gilet jaune intervenait dans les médias, il refaisait le monde en déroulant un inventaire de mesures sans rapport les unes avec les autres. Et l’on pensait en l’écoutant : « ils ne savent pas ce qu’ils veulent et demandent l’impossible ». En vérité, les revendications étaient trop nombreuses et disparates pour marquer les esprits.

Moralité : quand vous avez quelque chose à réclamer, ne passez qu’un message par réclamation. Tant pis si vous ne passez à la télé qu’une fois dans votre vie. La trace d’un message clair sera toujours mieux qu’un souvenir nébuleux.

En pédagogie, une leçon à la fois

Pour finir, voici un épisode du quotidien, traumatisant pour les enfants :

Toto, 5 ans, court dans la cuisine, visiblement très excité. Dans son élan, il renverse un verre posé sur le bord de la table. Son père est témoin de la maladresse et lui fait la leçon. Toto la reçoit et promet de ne plus courir dans la cuisine.

Jusque là, tout va bien.

Mais voilà que le père a la mauvaise idée de rajouter « Tiens, et tant que j’y suis… », et d’installer un climat de terreur.

Car « tant que j’y suis » introduit une prochaine leçon. Le message n’est plus « tu viens de commettre une faute », mais « tu n’arrêtes pas d’en commettre ». Et Toto ne reçoit plus une leçon, mais un jugement : il se sent nul, et c’est le message principal qu’il retient.

Donc, pour faire œuvre de pédagogie et profiter d’une maladresse de l’enfant pour lui enseigner une leçon constructive, les parents doivent se limiter à une leçon à la fois.

Est-ce si difficile ?

Nous limiter à un seul message n’est pas facile, quand on voit dans quel contexte nous évoluons.

Des messages, nous en recevons des tonnes, quotidiennement. Mails, informations, publicités (il paraît, d’après cet article très intéressant, que nos yeux reçoivent en moyenne 1.200 publicités par jour !), nous sommes matraqués !

Rien qu’un journal d’info, cela ressemble à un inventaire infernal, où les drames s’enchaînent sans transition. Au mieux, nous retenons une info ou deux, parfois aucune, nous sommes saturés.

Alors forcément, quand vient notre tour de nous exprimer, nous voulons rendre la pareille. Mais c’est la dernière chose à faire, si nous voulons « faire passer notre message ».

Je viens de décrire sept cas à titre d’exemples, vous n’avez pas besoin de les retenir tous les sept. J’espère seulement que vous retiendrez l’unique leçon à en tirer.

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faites confiance aux trames commerciales
avril 18th, 2019 par Jérôme Duez

Connaissez-vous le point commun entre Blanche-Neige, Star Wars, Le Seigneur des anneaux, Le Silence des agneaux, Spartacus, Le Parrain, Avatar, Il était une fois dans l’Ouest, Bienvenue chez les Ch’tis, et tant d’autres ?

Si vous n’avez pas la réponse, la voici :

Tous ces films à succès suivent la même trame narrative ! Oui, tous racontent la même histoire !

Une trame universelle

Cette histoire est la suivante :

« Il était une fois un garçon ou une fille qui démarrait avec pas grand-chose.

Ce personnage était animé par une quête formidable (épouser le prince charmant ; vaincre le méchant ; devenir Jedi ; réussir la mission…).

Pour atteindre l’objet de sa quête, notre personnage croise nombre d’obstacles et s’en tire grâce à des alliés.

Enfin, quand il atteint l’objet de sa quête, son aventure l’a transformé. »

Il peut exister d’autres trames dans les œuvres d’art (c’est même souhaitable, pour le maintien de notre richesse culturelle). Mais les œuvres les plus originales et novatrices, celles qui marquent l’histoire de l’art, sont rarement les plus commerciales. Si vous souhaitez créer une œuvre qui atteigne le grand public, suivez le storytelling que je viens de vous donner et n’en sortez pas !

Car le grand public est fainéant. Il n’aime pas trop ce qui « sort du cadre », parce que cela lui demande un effort de compréhension. Il préfère se trouver en terrain connu.

L’histoire que je viens de vous raconter fonctionne, parce que tout le monde la connaît. Et pour cause : elle existe depuis Homère ! Le public y retrouve ses repères, ses éléments de confort, et il reçoit avec plus de plaisir les éléments créatifs du film.

Le modèle Pixar

Les producteurs de cinéma n’aiment pas lire. Ils ne choisissent pas de financer un film à la lecture d’un scénario, ils le font à l’écoute d’un pitch de quelques secondes. Et, en ces quelques secondes, ils veulent retrouver la trame classique dont le public est familier.

Chez Pixar, la célèbre société de production de films d’animation rachetée par Disney, les producteurs sont extrêmement contraignants dans leur attente. En effet, ils exigent que le scénariste raconte son film en suivant précisément le canevas ci-dessous :

Il était une fois_____. Chaque jour, ______. Puis un jour, _______. Grâce à cela (ou à cause de cela) _______. C’est pourquoi ______. Jusqu’à ce qu’enfin_______.

Si le scénariste est incapable d’articuler son pitch sur ce modèle, son idée est rejetée, aussi géniale soit-elle. Alors, il a intérêt à raconter son film en remplissant les blancs comme on le lui demande.  

Deux exemples :

1.Pitch de « Nemo » [1]

Il était une fois un poisson veuf appelé Marin, qui se faisait beaucoup de souci pour son fils unique Nemo.

Chaque jour, Marin rappelle à Nemo que l’océan est plein de dangers et l’implore de ne pas nager au loin.

Puis un jour, par défi, Nemo ignore les mises en garde de son père et nage jusqu’à la pleine mer.

À cause de cela, il est capturé par un plongeur et se retrouve poisson d’aquarium chez un dentiste de Sydney.

C’est pourquoi Marin part en voyage pour retrouver Nemo, appelant à l’aide au passage les autres créatures de la mer.

Jusqu’à ce qu’enfin Marin et Nemo se retrouvent, repartent ensemble et découvrent que l’amour repose sur la confiance.

2. Pitch de « Organiser ses idées, structurer ses propos »

C’était un chef d’entreprise qui n’arrivait pas à se faire comprendre. Dès qu’il commençait à parler, son discours partait dans tous les sens.

Chaque jour, il se remettait en question et se corrigeait. Tantôt il en disait plus, tantôt il en disait moins, mais chaque fois les gens lui demandaient d’être plus clair. Son image en prenait un coup.

Puis un jour, alors qu’il perdait courage, un ami lui parle de mon livre « Organiser ses idées, Structurer ses propos », qui pourrait l’aider grandement ! Il est sceptique, mais il se dit qu’il n’a rien à perdre. Alors, il se procure le livre et il plonge dedans.

Grâce à cela, il acquiert des techniques pour structurer ses prises de parole. Et soudain, quand il parle, les gens l’écoutent avec intérêt !

C’est pourquoi il communique plus souvent, à l’attention de ses collaborateurs, et aussi sur Internet.

Jusqu’à ce qu’enfin, après avoir hissé au plus haut la motivation de ses équipes et doublé ses objectifs commerciaux, il apparaisse aux yeux de tous comme un communicant né.

Une trame pour inviter à la créativité

Pixar, renommée pour ses productions d’inventivité folle, impose un carcan à ses auteurs, dès l’étape du projet ! Cela n’a rien d’étonnant.

Car nous ne sommes pas dans un monde “tout créatif”, pas plus que nous sommes dans un monde tout noir ou tout blanc. Nous sommes dans le monde du « en même temps » et du « l’un n’empêche pas l’autre ».

Ainsi, Pixar impose un plan précis à ses auteurs, ce qui n’empêche pas l’inventivité folle.

On ne peut pas monter un pur-sang sans l’avoir préalablement dressé. C’est pareil avec l’inventivité, elle a besoin qu’on lui tienne les rênes.

De plus, un plan imposé à l’auteur lui retire une épine du pied : quand il n’a plus de questions à se poser sur la trame narrative, il est plus libre de mettre son art et sa fantaisie dans les détails.

Car, le public a beau reculer devant les histoires qui sortent des sentiers battus, il attend tout de même d’une œuvre une certaine originalité dans la manière de raconter, que l’on appelle “la touche personnelle” ou “le grain de folie” de l’auteur.

Ce qui vaut pour le cinéma vaut pour nous

C’est la même chose dans la communication du quotidien. Un bon professionnel à une manière personnelle et incomparable de présenter sa solution.

Quand il est trop bon élève et qu’il suit de trop près le plan de son scénario commercial, il ne paraît pas authentique.

Mais quand il se montre inspiré par son sujet, il devient forcément créatif, et il sait placer sa touche personnelle dans sa présentation ; alors, on oublie sa technique et on perçoit la personne dans sa pleine authenticité.

Moralité : ne cherchez pas l’originalité dans votre plan, faites confiance à la trame qui fonctionne le mieux. Et réservez votre originalité au contenu.

Et si vous avez de la peine à insuffler de la créativité dans vos présentations, je peux vous y aider, à travers un programme de formation ou d’accompagnement personnalisé.


[1] L’exemple du film « Nemo » est cité par Daniel Pink dans « Vous êtes vendeur, le saviez-vous ? » (Pearson).


Pour aller plus loin sur le storytelling, lisez : “Du storytelling et pas d’histoire !

Et pour en savoir plus sur le pitch, lisez : “5 façons de réussir un pitch

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Quand cela devient un tic de langage, l'expression "du coup" matraque l'esprit et entraîne une souffrance.
novembre 13th, 2018 par Jérôme Duez

On dit “du coup” au lieu de dire “donc”, “alors”, “de ce fait” ou, parfois, simplement “et”. Cette sale expression veut battre toutes les locutions !

Certains abusent en la répétant des centaines de fois par jour. Oui, des centaines ! C’est facile à vérifier, ils en balancent plusieurs à la minute.

Entendu ce matin, de la bouche d’un interne à l’hôpital :

« – Il a un saignement des gencives. Du coup, faut faire une radio. Du coup, on ne va pas intervenir tout de suite. Du coup, on devrait s’occuper de l’autre patient, là… Il est toujours à l’accueil ? Non ? Du coup, on fait quoi ?

– Du coup, je ne sais pas », répliqua l’assistante, lui rendant coup pour coup.

Les jeunes sont particulièrement touchés. Et ça gagne les plus vieux. Dans toutes les professions, parmi les plus nobles : journalistes, médecins, profs, politiciens… Comme ils font autorité, ça impressionne et ça se répand. Nous frôlons la pandémie !

Du coup, les conséquences…

Le dire est français. Mais dans un cas seulement : pour parler des conséquences d’un choc. Exemple : « Il s’est mangé des gnons. Du coup, il a la tête comme une pastèque. »

Mais quand l’expression est lancée à tout bout de champ, ce n’est plus du bon français, cela relève du tic et cela trahit un problème.

Comme je l’ai dit dans l’article Pas de problème, hélas si !, il n’y a pas de tic de langage innocent. Chaque tic peut nuire à la personne qui l’emploie.

Dans le cas d’un abus de “du coup”, cela trahit clairement que la victime de ce tic s’en reçoit “plein la gueule”.

On ne dira jamais assez combien la vie est dure, en ce moment. La société ne nous fait pas de cadeaux. Alors… Il faut s’en sortir, à coups de poing, de pied, de ce que vous voulez.

“Du coup” est un signe des temps. Nous ne nous offrons plus le loisir de savourer des liaisons de quatre syllabes, du type “par conséquent”. Faut aller vite, faut du brutal !

(Pourtant, dire “donc” est plus rapide que “du coup”. Mais “donc” manque de caractère dans ce monde de brutes. “Du coup” percute mieux.)

Seulement voilà, répéter “du coup” sans cesse, oui ça fait mal.

Un remède existe

En effet, trop de “du coup” trahit une souffrance. Et c’est un phénomène bien connu : quand on exprime sa souffrance, on en fait porter le poids à l’autre ; mais il ne faut pas croire que l’on s’en déleste pour autant ! Au contraire, la souffrance exprimée devient plus présente, elle occupe l’espace de notre corps et l’espace de parole, et donc, elle pèse plus lourd.

Inversement, dès que l’on perd l’habitude d’exprimer sa souffrance, jusque dans le choix de ses mots, on lui accorde moins de place, donc moins d’importance. Alors, on s’allège.

Vous remarquerez que les personnes qui évoluent dans un environnement violent utilisent un langage brutal, qui ne fait qu’attiser cette violence. Bien sûr, “du coup” est moins violent que les insultes ; mais quand on le dit trop souvent, cela matraque l’esprit.

Je vous conseille de vous modérer dans son emploi. Pour votre confort, pour votre bon développement personnel, et aussi pour votre image.

Ne le prenez pas à la légère. Surveillez la fréquence de vos “du coup”. Et entraînez-vous à varier les plaisirs, en les remplaçant par nos bonnes vieilles locutions :

– ainsi…

– alors…

– en conséquence…

– de ce fait…

– dès lors…

– donc…

– par conséquent…

– en dernier lieu…

– de là…

– en fin de compte…

– enfin…

– finalement…

– il résulte…

– pour cette raison…

– si bien que…

Oui, si bien que vous allez vous rendre la vie plus douce !

***

Voici un autre article percutant pour mettre K.O. ce vilain tic ! Pour le lire, cliquez ici 

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Et cet article souligne le lien entre une autre expression toxique et ses conséquences sur notre attitude : L’addict-attitude, toujours d’actualité en 2020 ?

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la plateforme, clé de la stratégie de communication
octobre 23rd, 2018 par Jérôme Duez

Il ne suffit pas de publier des contenus sur le Net pour attirer une audience vers son site. Vous le savez. Mais savez-vous comment vous faire remarquer dans un monde aussi bruyant ?[1] Vous devez mettre en place une stratégie de communication un peu spéciale. Voici la technique, suivez-moi !

Adoptez ce principe fort

« Communiquez à 360 degrés ! » Ce principe est aussi vieux que la com. Des professionnels de la profession appellent cela la « communication holistique ». Dans les pays anglo-saxons, on préfère dire : créer sa plateforme.

De quoi s’agit-il ?

Une plateforme rassemble l’ensemble des activités liées à la marque de votre entreprise ou à votre marque personnelle. Ces activités se divisent entre vos activités dans la vie réelle et vos interventions sur le Net, comme le montre la carte ci-dessous.

Exemple avec les activités d’un influenceur

Imaginons que cette carte représente les activités de Michael, un influenceur de renom. L’activité principale de Michael (qui ne représente qu’un petit axe de cette carte, en haut à droite) consiste à proposer des prestations de conseil et des formations en e-learning.

Voici comment Michael s’y prend pour communiquer à 360° :

C’est sur son activité principale qu’il communique le plus : il lance une série d’annonces et de publicités dans les médias ; il publie des contenus sur son blog et sur d’autres sites ou revues qui l’accueillent. Chaque nouveauté, chaque publicité, chaque billet, chaque vidéo, chaque podcast, fait l’objet d’un maillage : une série de liens sur les réseaux sociaux.

Michael communique aussi sur ses activités secondaires. Notamment, il lui arrive de tenir des conférences, au sujet desquelles il lance des annonces quelques semaines avant, il publie des photos le jour J, et des extraits filmés dès le lendemain.

En plus, il communique sur d’autres événements qu’il organise ou auxquels il participe, sur des livres qu’il publie, sur ses apparitions à la télé ou dans la presse…

En somme, tous les mots-clés de la partie droite de la plateforme sont des motifs de communications.

Ce n’est pas tout : pourquoi ne pas profiter des grands événements de sa vie ? Il les réserve à ses followers les plus fidèles : des vidéos de ses voyages, de son mariage, de sa nouvelle maison…

Tout ce que Michael produit, comme tout ce qu’il vit, est prétexte à communiquer. Mais, pour ne pas provoquer de ras-le-bol, il évite d’inonder la toile 365 jours par an. Donc, il ne va conserver que ses messages les plus pertinents. Il va donner du sens à sa plateforme, en soignant sa stratégie.

Comment donner du sens à sa plateforme ?

Michael crée suffisamment de contenu pour envoyer plusieurs messages par jour à ses followers et au monde. Mais pas question de polluer le Net de sa présence en publiant n’importe quoi. Il faut que cela colle à l’esprit de sa « marque ».

C’est pourquoi, avant de concevoir sa plateforme, Michael a d’abord mené une réflexion sur son identité. Car, comme on le voit sur la carte ci-dessus, l’identité est au centre de toute plateforme.

Il arrive trop souvent que des entrepreneurs décident d’une stratégie sans avoir soigné leur identité. Au résultat, leur communication manque de chair, on ne reconnait personne derrière le message.

Quand je dis que Michael a soigné son identité, cela veut dire qu’il a peaufiné son storytelling, et qu’il a composé des éléments de langage pour parler de ses valeurs ou de sa philosophie.

Une fois qu’il a affirmé son identité, Michael a défini son cahier des charges et sa ligne éditoriale. Il a pris des dizaines de décisions, sur des dizaines de points, par exemple sur :

– le choix des thèmes abordés sur son blog et sur sa chaîne YouTube,

– l’esprit des titres et des intertitres des billets,

– la charte graphique,

– le style des illustrations,

– les couleurs privilégiées dans les vidéos,

– la durée des vidéos,

– la fréquence des publications,

– le nombre de publications par type d’événement,

– le format des billets et des newsletters

– etc.

Enfin, une fois cela posé, il ne lui restait plus qu’à établir un planning de publications, sur six mois à un an.

Pour chaque événement important déjà prévu dans son agenda, il a programmé un certain nombre d’annonces, d’articles en rapport avec l’événement, de liens menant à ces articles, etc.

Ainsi, quand son identité et sa ligne éditoriale ont été définies, et qu’un planning a été prévu sur plusieurs mois, il est devenu facile pour Michael de briefer son équipe et de déléguer la majorité des tâches.

Comment s’y prendre ?

Quand un chef d’entreprise décide de lancer un événement, il est rare qu’il s’occupe lui-même de l’organisation. C’est pareil pour la tenue d’une plateforme : quand la bonne stratégie est décidée en amont, il ne reste plus qu’à superviser le travail de ses collaborateurs.

Michael parle devant une caméra pour sa chaîne YouTube, mais il délègue le reste : le montage, la diffusion, le maillage et l’animation sur les réseaux sociaux, etc.

La bande-son de la vidéo est récupérée pour un podcast ; ensuite, le podcast est retranscrit et adapté sous forme rédigée pour le blog.

Michael n’a pas besoin de s’occuper de tout cela. Il n’intervient qu’aux tâches où il est irremplaçable.

Dans les grandes entreprises aussi, la plateforme est gérée par une équipe dédiée. Mais pour un freelance qui se lance avec peu de moyens, il faut commencer par plonger les mains dans le cambouis.

Faut-il absolument vous engager dans ce grand chantier ?

Bien sûr, tout le monde n’a pas besoin d’en faire autant que Michael. Une stratégie comme la sienne concerne les grandes entreprises et les personnalités qui visent la célébrité ou la position de numéro un.

Or, même à une échelle modeste, si vous avez l’ambition d’attirer et de fidéliser un public, il est important de relayer l’information sur plusieurs réseaux, et de ne pas vous limiter à votre activité principale. Ne passez pas à côté du principe de communication à 360° et multipliez les occasions de vous faire remarquer !

La taille de votre plateforme sera à la taille de votre ambition d’entrepreneur-communicant. Et logiquement, plus vos activités se développeront, plus votre plateforme s’enrichira et sera active.

 

En panne pour clarifier votre stratégie ?

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[1] En référence au titre de l’ouvrage de Michael Hyatt : « Platform – get noticed in a noisy world »

En savoir plus sur la tenue d’un blog : “Comment écrire plus vite pour votre blog ?” et “Préférez-vous que je dise “tu” ?

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préférer le tu ou le vous ?
septembre 12th, 2017 par Jérôme Duez

Vaut-il mieux utiliser le “tu” ou le “vous” dans son blog ? Le tutoiement est courant dans la culture-blog. Alors, vais-je épouser cette tendance et changer ma façon de m’adresser à vous… Heu, à toi ?

Montre-moi ton style, je te dirai ton âge

En créant biendanssesecrits.fr et en rédigeant mes premiers billets, j’ai naturellement employé le “vous”, parce que cela m’était naturel.

J’ai succombé aux charmes du vouvoiement dès l’adolescence. J’aime la sonorité sensuelle et veloutée du “vous”.

De plus, le vouvoiement est préférable dans mon métier de formateur. Comme j’ai beaucoup de consignes à transmettre, le “vous” contribue à les faire passer plus en douceur. En l’employant, j’ai la sensation d’enfiler des gants de velours.

Question de génération?

Les premières fois que j’ai lu des blogs qui me tutoyaient, j’ai pensé : « Ils sont jeunes ! ». Ça me rappelait la lecture des magazines rock de mon adolescence. Vague sensation de régression…

J’ai laissé passer du temps, avant de me pencher sérieusement sur la question… À présent, je vais y réfléchir devant vous !

Car je ne dois pas rester fermement ancré dans le vouvoiement, au prétexte que c’est plus joli, ou que ce serait plus de mon âge… Je dois y regarder de plus près, et peser le pour et le contre.

Le “tu” pour une intimité qui coule de source

C’est un conseil répandu, à juste titre : il convient que l’auteur d’un blog traite chaque lecteur comme quelqu’un d’unique. Cette règle du marketing confère au style un ton plus personnel.

Un blog professionnel doit être créé comme une entreprise. C’est à dire que, préalablement à la création, l’auteur du blog effectue une étude de marché. Dans ce cadre, certains vont cerner le profil de leur follower privilégié, jusqu’à dessiner son portrait-robot : sexe, âge, taille, poids, métier, vie familiale, loisirs, intérêts, orientation politique, attentes et besoins, et plus encore !

Sachant tout cela de son lecteur privilégié, l’auteur le tutoie. C’est la moindre des choses.

Donc, si je veux créer un cadre intime à travers mon blog, je n’ai aucune raison valable de continuer à te vouvoyer, vois-tu ?

Pourtant, j’hésite encore.

Le “vous” ouvre le champ des possibles

À la radio et à la télé, il arrive qu’une émission réunisse des personnes qui se connaissent et qui ont l’habitude de se tutoyer. Or, au micro ou devant les caméras, ces personnes se vouvoient. C’est une règle, laquelle répond à une réalité : le public se sent exclu des échanges, quand les intervenants parlent en se tutoyant.

Je respecte cette règle dans mes interviews. Souvent, nous nous tutoyons lors de l’entretien, puis, au moment de la retranscription, j‘applique au dialogue le mode du vouvoiement (ici, par exemple)…

Nous pourrions étendre cette règle des médias à la rédaction des billets.

Parce que le tutoiement réduit le cercle d’audience. C’est une manière de faire sentir une appartenance. Donc, tout le monde n’est pas le bienvenu sur un blog qui tutoie. Tu adhères ou tu sors.

Je ne vois pas la pertinence d’adopter cette politique, pour ce qui concerne mon blog. En effet, si vous suivez ce blog, c’est parce qu’avant de le découvrir, vous vous êtes engagé à progresser en écriture.

Votre engagement est personnel, il ne concerne que vous et n’a rien à voir avec l’engagement à un collectif. Il n’y a pas d’enjeu d’appartenance à un groupe. Et je ne suis le chef d’aucun mouvement. Je suis un pédagogue, accueillant toutes celles et tous ceux qui souhaitent se perfectionner.

Derniers arguments en faveur du “tu”

Je suis donc enclin à rester fidèle au “vous”. Mais j’ai oublié de tenir compte d’une dernière petite chose : mon sujet.

Cette année, je ne vais pas vous parler simplement d’écriture, mais de l’écriture sur le Net. Et ce n’est pas pareil. Le Net impose ses propres règles.

Quant au blog, c’est toute une culture ! Une culture jeune, fondée par des jeunes qui s’adressent majoritairement à des jeunes. Et d’une certaine manière, peu importe ton âge ! Si le monde du Net t’intéresse, alors tu es jeune dans ta tête !

En t’impliquant dans ta propre aventure sur le Net, la jeunesse éternelle tu gagneras. Toujours sur ta route tu évolueras, à travers tes recherches et tes échanges. Et toujours les fruits de ta connaissance et de ta créativité tu offriras.

Oui, je suis d’accord avec ça. Mais est-ce une raison pour parler geek ? Je n’ai pas cru remarquer de règlement qui me l’impose… Mieux que ça, personne n’a institué l’usage du tutoiement comme un principe de bienséance.

Je ne vais pas me mettre à vous taper dans le dos et à vous inviter à boire dans mon verre. Nous conserverons des rapports cordiaux, j’espère complices, mais jamais familiers.

À votre tour d’y réfléchir

C’est fait, j’ai pris ma décision : je conserve le “vous” !

Mais cela ne veut pas dire grand-chose, en ce qui vous concerne, vous et votre blog.

Allez-vous choisir le “tu” ou le “vous” ? C’est au cas par cas.

Cela dépend de : votre sujet ; votre âge ; votre histoire personnelle ; l’image que vous souhaitez véhiculer ; l’âge de votre lecteur privilégié ; le type de rapport que vous souhaitez instaurer avec vos followers, etc.

Si votre sujet touche à la défense d’une cause précise, et si vous attendez de vos followers un grand degré d’implication dans un projet collectif, privilégiez le tutoiement. Idem si votre blog est une sorte de club. L’esprit club impose le tutoiement.

Autrement, il n’y a pas de règle pour trouver le ton juste… Réfléchissez à la question comme je viens de le faire, et écoutez-vous intimement pour décider des réponses. Parce que c’est aussi une question de sensibilité.

Réservez un moment à cette réflexion. Cela vous aidera à façonner votre identité et à bâtir un univers cohérent.

 

Autre question cruciale : comment écrire plus vie pour votre blog ?

 

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Résoudre les problème d'écriture pro
avril 11th, 2017 par Jérôme Duez

J’entends souvent des gens dire « pas de souci » ou « pas de problème ». C’est la mode. Ils le disent à la place de « ça marche ! », « c’est ok », « ça sera fait » ou simplement « oui ». S’ils le disent une fois exceptionnellement, ce n’est pas grave. Mais si cela devient un tic de langage, je m’inquiète : ils sont en train de s’auto-hypnotiser dans l’échec. Vous en doutez ? Lisez donc la suite…

Mécanisme de l’échec

Notre subconscient est incapable de comprendre les expressions négatives.

Si je vous demande de ne pas penser à un éléphant – à tout ce que vous voulez mais surtout pas à un éléphant ! –, aussitôt le pachyderme envahit votre esprit.

Et si vous vous donnez l’ordre d’arrêter de fumer (« arrêter » étant un verbe d’action négative), seul le mot « fumer » vous hante et il devient quasiment impossible d’arrêter dans ces conditions. Pour arrêter de fumer, il est préférable de visualiser le résultat séduisant et se dire : « je vais raffermir mon cœur, améliorer mon souffle, etc. ».

Quand « pas de problème » est répété à longueur de temps, seul le mot « problème problème problème » s’inscrit dans le cerveau, façon méthode Coué.

Quand je passe une commande au café et que le serveur me répond « pas de problème », je prévois un contretemps, un café froid ou une bière éventée… ce qui ne manque pas d’arriver. Je renvoie alors ma commande – à condition de ne pas être pressé…

Pas plus tard que la semaine dernière, au téléphone, je demande à une standardiste de me passer Untel. « Pas de problème ! », dit-elle ; et je tombe sur la tonalité occupée, comme si elle venait de raccrocher.

C’est quasiment systématique, cet affreux tic de langage produit le contraire de ce qu’il annonce !

Prévenir ou guérir ?

Un ami provocateur prend plaisir à violenter la personne qui laisse échapper un « pas de problème ». Il réplique avec un soupçon d’agressivité : « Pourquoi parlez-vous d’un problème ? Vous voyez un problème ? Oubliez ce que je vous ai demandé, je ne veux pas de problèmes ! »

Il est persuadé de vacciner l’autre de cette façon. Il a peut-être raison… Moi, je ne dis rien… jusqu’à ce que le problème survienne. Car c’est un fait : il survient très souvent.

Vérifiez par vous-même et dites-m’en des nouvelles. Que vous est-il arrivé la dernière fois que quelqu’un vous a annoncé une absence de problème ? Et avez-vous un truc pour remédier à la situation ?

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Ces deux articles soulignent le lien entre d’autres expressions toxiques et leurs conséquences sur notre attitude :

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