avril 27th, 2017 par JérômeDuez

Depuis le 28 mars, Paris donne l’exemple en matière de respect de la parité : le Conseil de Paris impose au réseau municipal d’affichage de la capitale de ne placarder aucune publicité sexiste ou discriminatoire.

J’en suis heureux et j’espère que cela sera suivi d’effets à une vaste échelle.

Quant à suivre cet exemple au quotidien, comment allons-nous nous exprimer pour ne trahir aucun sexisme ? Qu’allons-nous devoir changer à notre style ?

Car c’est sûr, en matière d’expression écrite et orale, le respect de la parité homme femme impose des petits changements. Oh, pas bien méchants, vous verrez. Sauf que, comme tous les changements, ceux-ci vont faire grimacer certains.

Je vais vous les énoncer tels qu’ils sont préconisés par les institutions. Mais vous verrez que je m’octroie quelques libertés et que je vous invite à faire de même.

Le français, langue genrée

Les Français.es doivent particulièrement veiller à ce respect de la parité, car le français est une langue genrée.

Genré, qu’est-ce que c’est ? L’hebdo N°1 du 8 mars 2017 publie une intéressante interview de Marie Darrieussecq. L’auteur de « Truismes » explique le phénomène :

« En Angleterre, je me souviens moins souvent que je suis une femme. Quand je dis I am happy, ce n’est pas je suis heureuse. Le français m’oblige à me souvenir en permanence que je suis une femme. Ce n’est pas rien. Les langues espagnole ou française m’obligent à être genrée. Je suis persuadée que cela a un effet sur le cerveau, sur la façon d’être. »

Or, pour éviter tout sexisme en français, il convient de rappeler les genres dans les phrases.

Rappelons qu’en français, un mot n’est jamais neutre. Il est soit féminin, soit masculin. Par conséquent, quand on dit « les Français » en sous-entendant que cela inclut les femmes, on est sexiste. Quand on néglige le genre féminin pour ne pas alourdir la phrase, on l’est doublement !

Cela ne réglera pas les affaires de Marie Darrieussecq. Quoi que l’on fasse, le français ne nous laissera pas oublier notre genre. Or, du genré au sexiste, il n’y a qu’un pas. Nous serons toujours à la lisière de la ligne à ne pas franchir.

La nouvelle linguistique parviendra-t-elle à nous en éloigner ?

Des points à la place de parenthèses

Que pensez-vous du passage suivant ?

« Les rédacteur.rice.s auxquel.le.s s’adresse ce texte, respectueux.ses des nouvelles règles linguistiques seront les acteur.rice.s essentiel.le.s  de la parité entre les sexes. Elles.ils seront etc. »

Ça fait bizarre, non ?

Avant, j’avais l’habitude d’écrire « rédacteurs(trices) », « respectueux(ses) » ou « essentiel(le)s ». À présent ce sont des points…

Eh bien, à la réflexion, je trouve ça mieux ! C’est totalement subjectif, je sais, mais d’un point de vue esthétique, je trouve que les parenthèses créent des obstacles, tandis que les points égalisent.

Quoi que vous en pensiez, c’est ainsi que les acteurs des services publics sont tenus de rédiger, à présent. Moi-même, je me suis mis à pratiquer ce mode de présentation (mais parfois j’oublie, comme dans la phrase précédente).

On va s’habituer à le voir sur les affiches. Cela va s’étendre.

L’important est de ne pas en abuser. Un texte truffé de points est indigeste. Il est important de varier les procédés. Par exemple, quand on peut écrire « celles et ceux », on évite d’écrire « celles.ceux ».

Les nouvelles règles de bienséance

Voici un ensemble de règles qui devraient permettre d’éviter toute bévue.

Elles sont tirées du « guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe » (nov 2015), publié par le Haut conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (que vous pouvez télécharger ici). C’est parti :

Bannir les stéréotypes de sexe, du type « les femmes sont douces, les hommes sont doués d’autorité ». Il est facile de comprendre pourquoi : ces affirmations sonnent comme des certitudes alors qu’elles sont discutables.

Oublier les expressions désuètes, telles que, mademoiselle, nom de jeune fille, nom d’épouse, chef de famille

Parler « des femmes » plutôt que « de la femme » et des « droits humains » plutôt que des « droits de l’Homme ». Ainsi, la « journée de la femme » devient la « journée du droit des femmes » ; et la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » devient la « Déclaration des droits humains des citoyennes et des citoyens ».

Dans un document, faire référence à un partage équilibré de femmes et d’hommes, dans les textes aussi bien que dans les illustrations.

Dans lesdites illustrations, éviter les couleurs douces pour les femmes et sombres pour les hommes.

Doit-on dire « les hommes et les femmes » ou « les femmes et les hommes » ? Le deuxième cas est privilégié, car il convient de respecter l’ordre alphabétique dans les énumérations. La galanterie n’y est pour rien. D’ailleurs, en matière de parité, la galanterie n’est pas encouragée, elle pourrait semer la confusion…

Par conséquent, nous écrirons les « formateur.rice.s » « travailleur.euse.s » et « elles.ils ».

En revanche, il n’y a pas encore de règle établie, concernant l’accord de l’adjectif avec le masculin et le féminin associés.

Écrit-on « les femmes et les hommes sont beaux » ou « belles » ?  Cela continue à faire débat. Certains préconisent d’accorder en fonction du nombre, ce qui donne : « ces femmes et cet homme sont belles » ; cela sonne aussi bizarrement que « ces hommes et cette femme sont beaux »… Personnellement, je m’arrangerais pour écrire « tout le monde est beau ! »

Et vous, quelle forme d’accord vous met d’accord ?

Quelques libertés à prendre

Ces règles ne sont pas à suivre au pied de la lettre. Vous allez les adapter aux contextes rencontrés. Car il n’y a pas de règle absolue quand vous vous adressez à une personne en particulier ou à un groupe, étant donné que chacun est sensible à un type de formule.

Pour le moment, ces règles sont peu respectées dans le langage courant.

Dans les médias, des femmes et des hommes disent encore « les droits de l’Homme » et « la journée de la femme ».

Aux élections présidentielles qui se déroulent pendant que j’écris ce billet, des candidat.e.s disent « les Français », sans ajouter « les Françaises ».

Et tout le monde dit « la parité homme femme » plutôt que « la parité femme homme ».

Dans notre société en perpétuelle transformation, de nouvelles règles et de nouveaux modes d’emploi, il y en a plein ! Même avec la meilleure volonté, on ne peut pas les connaître tous. Alors, on prend ceci, on laisse cela…

Mon conseil, à vous mesdames et messieurs, c’est que vous sachiez faire preuve de respect et de civilité. Cela aidera toujours à pallier les écarts de conduite, souvent avec succès !

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mars 21st, 2017 par JérômeDuez

La nouvelle écriture, c’est la fin des phrases longues et du style ampoulé. À la place, ce sont des mises en page plus aérées pour faciliter le survol et un style plus simple. De quand date la nouvelle écriture ? Elle a émergé avec le numérique et j’ai l’impression qu’elle s’est affirmée avec l’emploi généralisé du mot « Cordialement ».

Évolution de la pratique du survol

Le survol d’un texte permet d’en repérer les points principaux. C’est aujourd’hui une pratique naturelle, alors qu’elle n’était pas courante il y a quelques années. La gymnastique oculaire a commencé dans les années 80, à l’apparition de la télécommande.

On peut dire que le zapping est à l’audiovisuel ce que le survol est au texte. En zappant, l’homme s’est habitué à décrypter rapidement l’information et à choisir aussi vite son programme.

Par ailleurs, le montage des films est devenu plus rapide, avec l’arrivée de la vidéo puis du numérique. Le montage façon clip est devenu un jeu d’enfant.

Ainsi, à partir des années 90, l’enchaînement rapide des plans est devenu la nouvelle écriture audiovisuelle et nos yeux se sont habitués à distinguer les plans brefs.

Les conséquences de cette évolution sur les pratiques de la lecture et de la rédaction ont été immédiates.

La nouvelle écriture, de son apparition à son affirmation

Les premiers ordinateurs à l’attention du grand public sont apparus au milieu des années 80. Une petite dizaine d’années plus tard, tout le monde a eu un PC à la maison. Le traitement de texte, avec sa mise en page rapide et son précieux correcteur d’orthographe, a facilité l’écriture. Mais il faudra attendre la fin des années 90 pour être témoin d’une simplification du style, avec l’Internet et l’e-mailing.

Les premiers e-mails se terminaient comme des courriers : « je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression na-na-na ».

Puis un jour, ce mot qui me fit sursauter : « Cordialement », émanant d’une personne que je ne connaissais qu’à peine ! Cela semblait déplacé. Dans le doute, j’allai chercher la définition dans le dico, qui me confirma l’aberration : « Cordial : qui vient du cœur. V. Affectueux, amical, bienveillant, chaleureux, (…) ». Logiquement, nous dirions « cordialement » à une personne que nous aurions envie de serrer contre nous.

Mais ce n’est pas nouveau. Quand nous disons je t’embrasse avec l’intention d’échanger de chastes bises, alors que le sens premier de l’expression est je te serre dans mes bras, quelle différence ? Dans les deux cas, les expressions Je t’embrasse et Cordialement dépassent souvent notre pensée… Qu’importe, elles font plaisir !

Ces dix dernières années, la société a été divisée en deux camps : les pro et les anti-cordialement. Le débat dure mais il devrait bientôt cesser. Car dans les grandes entreprises, des mauvais échanges d’e-mails génèrent des conflits. Entre autres sales pratiques menant au clash, l’absence de formule de politesse. Ne serait-ce que le mot « cordialement » et la discorde serait évitée ! 

Ainsi, ce mot devient indispensable. C’est comme un bouton sur lequel il convient d’appuyer pour conditionner la bonne entente.

À partir de ce moment, nous pouvons considérer que la nouvelle écriture – fonctionnelle avant tout – a atteint l’âge de la maturité.

Après la nouvelle écriture, quel nouveau monde ?

Ce que privilégie la nouvelle écriture, ce n’est pas la belle tournure de phrase mais la justesse des informations. C’est livrer le contenu attendu à l’endroit attendu. Il n’est plus besoin d’y mettre les formes (sauf situations et destinataires spéciaux). Pour le rédacteur, l’effort est concentré sur la pertinence et l’ordre des informations.

Nous serons toujours libres de nous ressourcer dans la littérature pour savourer le beau style enchanteur et enrichissant. Mais en ce qui concerne les écrits professionnels, que la qualité du contenu l’emporte sur la qualité du style, cela me réjouit. C’est une victoire de la démocratie, car le beau style est élitiste.

Et je me prends à espérer de tout cœur (cordialement) l’apparition d’une société nouvelle, où le travailleur le plus compétent ne sera plus reconnu pour avoir reçu la meilleure éducation, avoir suivi les meilleures études ou appartenir au meilleur milieu, mais pour son esprit de jugeote, sa créativité et son efficacité…

A quand cette nouvelle ère ? La nouvelle écriture en est peut-être le signe précurseur…

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mars 14th, 2017 par JérômeDuez

Aujourd’hui en France, les personnels de la fonction publique sont tenus d’écrire aux usagers dans un langage compréhensible par tous, et les maîtres des universités sont priés d’abandonner les jargons. Pourtant,  beaucoup de startuppers et d’ambassadeurs des nouvelles technologies, plutôt que de briser la glace, préfèrent faire du ice breaking.

Sommes-nous à ce point attachés à la culture de castes qu’il est impossible d’adopter un langage accessible au plus grand nombre ?

Une tradition solidement ancrée

En matière de langage, les personnels des administrations sont partagés entre l’ancienne génération et la nouvelle.

Les gens proches de la retraite (même à plus de dix ans, certains en sont proches en esprit) et qui n’ont pas envie de se former à de nouvelles pratiques, écrivent toujours des courriers aux tournures alambiquées, avec des débuts de phrases bourrés de références juridiques… Leurs courriers nous tombent des mains !

Heureusement, la jeune génération suit la nouvelle norme et pratique un style administratif plus proche du langage courant.

Dans la même logique, quand j’ouvre un essai de philo ou de socio écrit il y a quarante ans par un ponte de l’université française, je n’y comprends rien, un vocabulaire savant me refusant l’accès au savoir. Alors que je n’ai aucun problème pour lire le même type d’ouvrage écrit à la même époque par un Américain.

Aujourd’hui avec la mondialisation entraînant une obligation d’ouverture au plus vaste public, les choses changent et les essais français deviennent plus abordables.

Or, alors que dans la fonction publique et l’enseignement supérieur, ce sont les jeunes qui donnent l’exemple en employant un langage simple, dans les nouveaux métiers ils font le contraire et, entre les termes techniques et l’anglais, s’ingénient à peaufiner un langage abscons.

« Pour améliorer mon asset management, un contact m’a fowardé sur mon mail corporate un training center qui va me coacher au day to day ».

Oui, des gens existent aujourd’hui, qui s’expriment réellement comme ça ! Cette année, j’ai entendu deux conférenciers parler ainsi. L’un présentait un système d’e-learning, l’autre parlait des bonnes pratiques sur les réseaux sociaux. 

L’ordre des priorités

Dans mes formations, j’encourage l’utilisation du Mind mapping. C’est ainsi que je l’appelle, en précisant que l’invention est anglaise. Nous pouvons traduire mind map par carte mentale ou carte de la pensée, parce que ces cartes-là reproduisent le tracé d’un raisonnement.

La première traduction française du terme mind map a été carte heuristique (ou euristique). Pourquoi avoir choisi un mot de racine remontant à l’antiquité, alors que l’invention est récente ? – Mystère ! Heuriskein signifie trouver (eurêka = j’ai trouvé). Or, en plus d’être pompeux, ce mot grec est limitatif.

En effet, les mind maps servent en partie à trouver plus facilement des idées, mais pas seulement : elles servent aussi à mémoriser, à illustrer un exposé ou à échanger des idées plus vite.

Même chose quand je parle de storytelling : j’utilise le terme anglais, car l’engouement pour cette pratique est récent et nous vient des Etats-Unis (ou des Australiens David Epston et Michaël White selon certains, à moins que cela remonte à Confucius ou à Socrate…).

Le storytelling dépasse le simple fait de raconter une histoire. Je pourrais remplacer par communication narrative, mais storytelling est un terme plus courant et je ne suis pas Québécois pour faire de la traduction systématique.

En somme, je choisis la langue en fonction de la nature du mot et de son origine. Je n’ai pas de mal à prononcer des termes anglais ou latins, allemands, arabes et italiens, conscient du fait que ma langue est la combinaison d’une variété d’emprunts ; de là à utiliser autant de mots anglais que français dans mes phrases, il y a une marge.

Il semble que cela rassure de faire partie d’un cercle fermé et balisé par un langage spécifique. Cela permet aux grands de marquer leur pouvoir et aux petits de se sentir au chaud en s’introduisant dans un groupe restreint. Du langage des jeunes au jargon des mandarins, il n’y a pas grande différence : il est toujours question de protection et de démarcation…

Sauf qu’aujourd’hui plus que jamais, tout jargon frôle le ridicule, dès lors que l’on s’adresse à des non-initiés. Parler franglish  entre collègues et dans l’intimité du bureau, pourquoi pas ? Mais si vous visez un large public, évitez !

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mars 7th, 2017 par JérômeDuez

Décrocher le rendez-vous, c’est déjà une petite victoire. Il a fallu soigner le CV, la lettre de motivation, adresser le tout aux bons interlocuteurs… Finalement, un recruteur semble intéressé.

C’est un jour important. Le candidat arrive à l’heure. Son look est impeccable, il s’est préparé au mieux. Une charmante hôtesse lui demande de patienter, ce n’est plus qu’une question de minutes.

Le recruteur prend la peine de venir le chercher. La poignée de main est sympathique. Ce sont autant de signes encourageants.

Et en effet, tout se passe bien, jusqu’au moment fatal où le recruteur pose une question qui déstabilise le candidat : « Qui êtes-vous ? »

Quelle est la nature de cette question ?

Il aurait dit « Parlez-moi de vous », cela aurait produit le même effet. Le candidat est bousculé par la question.

Il se demande s’il n’a pas affaire à un pervers, il a envie de dire « pouvez-vous préciser la question ? » mais il n’ose pas, il bafouille un début de réponse stupide. Il en veut à l’autre de lui avoir posé cette question, et sa grimace n’est pas belle à voir. En fait, il est pressé de mettre un terme à l’entretien.

Pourquoi vivre aussi mal un simple « Qui êtes-vous ? » ? Il s’agit d’une question ouverte, à laquelle chacun est libre de répondre comme il l’entend.

Il est vrai que dans le cadre d’un recrutement, le candidat doit se vendre. Et tous les vendeurs vous le diront, soi-même est l’article le plus difficile à vendre. « Qui êtes-vous ? » donne l’impression de mettre soi-même en avant, sans garde-fou, cela peut faire peur… Mais ce n’est pas une raison pour perdre ses moyens.

D’une certaine façon, la réponse à « Qui êtes-vous ? » n’est pas l’élément le plus intéressant. Ce qui prime, c’est la façon dont le candidat interprète la question.

Si la question le met mal à l’aise, cela signifie qu’il soupçonne l’autre d’avoir l’esprit mal tourné. Et dans ce cas, alors que la question est neutre, ne serait-ce pas le candidat lui-même qui fait du mauvais esprit ?

Mais s’il ne perd pas de vue le contexte et l’objectif de l’entretien, il a tous les atouts pour s’en sortir.

Attachons-nous aux faits : un recruteur veut en connaître plus sur lui parce qu’il semble être intéressé. Vue ainsi, la question part d’une saine curiosité. Elle peut signifier simplement : « Qui êtes-vous, sur le plan professionnel ? »  Répondre à cette question ne pose pas de problème.

Moralité : à partir de cette simple question, le candidat ignore si le recruteur est bien ou mal intentionné à son égard. Donc, dans le doute, autant prendre les choses positivement ou mieux, objectivement.

À question simple, réponse simple

Posez-vous la question : « Qui suis-je, en tant que professionnel ? ». Avez-vous trouvé une réponse ? Si ce n’est pas le cas, je vous souffle la trame, mais c’est à vous d’y mettre les termes.

Voici : en milieu professionnel, je me présente comme une vitrine d’expériences et de connaissances, d’aptitudes et de compétences, de savoir-être et de savoir-faire, le tout acquis et développé dans les cadres professionnel et extra-professionnel (bénévolat, loisirs, famille : tout épisode contribuant à révéler une qualité est bon à prendre).

Vous pouvez rétorquer que ces mots-clés apparaissent dans votre CV, et que vous avez l’impression de vous répéter en racontant cela. Sauf qu’il manque un élément essentiel dans le CV : c’est la ligne du récit. En lisant le CV, j’ignore si les faits rapportés sont le fruit du hasard, d’une volonté extérieure ou de la vôtre. Cela n’indique pas d’où vous venez et ce qui vous a conduit à devenir la personne que vous êtes aujourd’hui.

En somme, répondre à la question « Qui êtes-vous, sur le plan professionnel ? », cela revient à raconter le récit suivant : « Je me suis dirigé vers tel secteur, en raison de telles aptitudes et compétences de départ, ainsi qu’un goût prononcé pour telle matière. Dans le cadre de cette expérience, j’ai enrichi mes connaissances en ceci et cela, et j’ai développé telle et telle nouvelles compétences. Cela m’a incité à acquérir cette nouvelle expérience pour enrichir tel volet. (…) Tout cela a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. »

En traçant cette ligne de récit, vous n’avez pas besoin de répéter les détails de l’expérience, visibles dans le CV, ou d’aborder vos objectifs, visibles dans la lettre de motivation. Ce qui importe est de faire ressortir une cohérence entre vos aptitudes, vos connaissances, vos compétences et les choix professionnels, en rapport avec le poste que vous visez.

Le point de départ d’un dialogue

Ainsi quand vous vous limitez au niveau professionnel, le « Qui êtes-vous ? » du recruteur devient une invitation à raconter votre aventure. Vous pourrez lui être reconnaissant de vous avoir posé cette question, preuve de son intérêt pour vous.

Évitez le monologue. N’oubliez pas que votre récit est un bon point de départ pour, à votre tour, vous montrer curieux de l’autre. Initiez le dialogue au plus tôt. Si vous le sentez, vous pouvez oser un « Et vous, qui êtes-vous ? » sur un ton cordial. Vous pouvez poser des questions à tout moment, portant à la fois sur le recruteur et sur l’entreprise au sein de laquelle, je vous le souhaite, lui et vous serez bientôt collègues.

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février 28th, 2017 par JérômeDuez

Les comptes rendus accompagnent les moments importants de la vie professionnelle : entretiens téléphoniques, rendez-vous, réunions, étapes de production… Ces documents témoignent de vos actions, de vos paroles ou de vos observations.

Leurs finalités sont multiples : favoriser la concertation, marquer l’engagement, aider à la décision, orchestrer un déroulement et, dans tous les cas, apporter un témoignage et conserver une trace.

C’est dire leur importance ! Pourtant, leur rédaction soulève des enjeux pas toujours mesurés à leur juste valeur.

Les enjeux du compte rendu – rendez-vous compte !

L’efficacité de la rédaction s’apprécie à deux niveaux principaux : le temps consacré et le format adapté au contexte.

Prenons le cas d’une réunion de 3 heures :

– au niveau du temps de rédaction, certains comptes rendus de réunion, simplement destinés à l’archivage, demandent parfois trois jours de travail au rédacteur amateur, alors qu’une à trois heures suffisent à celui qui maîtrise la technique. Au prix du salaire horaire de la personne, faites le compte !

– au niveau du format, il en existe 5, selon la finalité et les destinataires : cela va du format le plus synthétique (présentation en tableau, sur une page ou deux), au document qui reproduit la quasi-intégralité des propos échangés (présenté parfois sous forme de dialogue en style direct, de 20 à 30 pages). Si par erreur, le format n’est pas adapté à la situation, il n’est pas opérationnel et n’est ni lu, ni exploité.

Les conditions pour réussir un compte rendu

La perte de temps est souvent due à deux facteurs :

– trop de notes prises qu’il faut ensuite relire, classer, réduire… ;

– trop d’efforts pour reformuler les propos.

La réussite du compte rendu repose sur la qualité de la préparation. Il convient de se poser les bonnes questions avant sa réalisation. Par exemple :

– Quels sont les objectifs du compte rendu ? Est-il destiné à l’archivage ou à la communication ? Pour l’archivage, le style ne compte pas mais seulement la fiabilité des informations.

– Quand il est destiné à communiquer, dans quel but ? Cette question concerne le document lui-même et le(s) sujet(s) qu’il contient.

– À qui s’adresse-t-il ? Seulement aux personnes mentionnées dans le texte ou à une plus large audience ? À des personnes ignorantes du sujet ou à des connaisseurs ? Etc.

– Quels types de propos est-il besoin de rapporter ?  

(Pour en savoir plus sur les questions fondamentales à vous poser avant d’écrire, cliquez ici).

L’étape suivante consiste à prendre la quantité de notes utiles à la rédaction et pas davantage. Cela répond à une gymnastique particulière. Beaucoup de personnes savent écrire correctement, sans pour autant s’en sortir avec cette gymnastique-là.

Un entraînement accompagné permet d’accélérer l’acquisition du bon questionnement et des bons gestes. En formation individuelle, une journée peut suffire pour changer sa pratique et mesurer immédiatement le gain de temps.

Les écrits opérationnels sont vos alliés privilégiés. Sachez en profiter !

 

Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses propos« .

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janvier 12th, 2017 par JérômeDuez

On sait que bien écrire fait gagner du temps. Mais chacun associe à cette affirmation un sens particulier.

Voici quatre facteurs de gain de temps, tous différents, tous importants :

1 – La clarté

Gagner du temps, c’est commencer par ne pas en perdre. Or, le manque de clarté engendre des malentendus. Un message mal compris déclenche une avalanche de mauvaises manœuvres. Que de temps perdu !

Le langage clair évite les détours. C’est un outil d’ouverture et un facteur de sympathie. C’est la première condition d’adhésion du lecteur. Cela mérite de s’y exercer !

2 – La bonne conduite

La correspondance écrite repose sur un vocabulaire réduit et quelques principes simples : l’objectivité, la diplomatie, l’absence d’effets de style…

Mais parfois, nos vies trépidantes peuvent nous faire oublier le b.a.-ba des règles de bonne conduite… Et un simple e-mail peut déclencher un conflit…

Les techniques adoptées pour maîtriser son sens de la formulation sont en partie liées à l’écriture, en partie seulement. Le reste repose sur une bonne gestion du stress.

3 – Le savoir-faire technique

Combien de temps pour rédiger un compte rendu de réunion ou un rapport ? 3 jours pour celui qui ignore la technique ; une demi-journée pour celui qui la possède. Calculez la différence de coût du document !

Le savoir-faire en matière d’écrits professionnels repose sur une technique simple, qui peut être assimilée rapidement. En formation individuelle, 1 jour peut suffire pour l’acquérir.

4 – L’automatisation

La version moderne du gain de temps est arrivée ! Une machine qui s’occupe du suivi de vos prospects et de vos clients à votre place ! Vous rédigez des textes et la machine les adresse à vos contacts, à dates programmées.

Autrement dit, quelques jours de travail pour des mois d’activité en votre absence ! Cela vous laisse libre d’accorder plus de temps à votre activité principale et à vos loisirs !

Je vous reparlerai bientôt de ce procédé révolutionnaire, que pratiquent de plus en plus d’entreprises et de freelances, et que j’expérimente actuellement.

Et pour vous, quel est le principal facteur de gain de temps lié à l’écriture ?

 

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