Suivez la trame du succès !

faites confiance aux trames commerciales

Connaissez-vous le point commun entre Blanche-Neige, Star Wars, Le Seigneur des anneaux, Le Silence des agneaux, Spartacus, Le Parrain, Avatar, Il était une fois dans l’Ouest, Bienvenue chez les Ch’tis, et tant d’autres ?

Si vous n’avez pas la réponse, la voici :

Tous ces films à succès suivent la même trame narrative ! Oui, tous racontent la même histoire !

Une trame universelle

Cette histoire est la suivante :

« Il était une fois un garçon ou une fille qui démarrait avec pas grand-chose.

Ce personnage était animé par une quête formidable (épouser le prince charmant ; vaincre le méchant ; devenir Jedi ; réussir la mission…).

Pour atteindre l’objet de sa quête, notre personnage croise nombre d’obstacles et s’en tire grâce à des alliés.

Enfin, quand il atteint l’objet de sa quête, son aventure l’a transformé. »

Il peut exister d’autres trames dans les œuvres d’art (c’est même souhaitable, pour le maintien de notre richesse culturelle). Mais les œuvres les plus originales et novatrices, celles qui marquent l’histoire de l’art, sont rarement les plus commerciales. Si vous souhaitez créer une œuvre qui atteigne le grand public, suivez le storytelling que je viens de vous donner et n’en sortez pas !

Car le grand public est fainéant. Il n’aime pas trop ce qui « sort du cadre », parce que cela lui demande un effort de compréhension. Il préfère se trouver en terrain connu.

L’histoire que je viens de vous raconter fonctionne, parce que tout le monde la connaît. Et pour cause : elle existe depuis Homère ! Le public y retrouve ses repères, ses éléments de confort, et il reçoit avec plus de plaisir les éléments créatifs du film.

Le modèle Pixar

Les producteurs de cinéma n’aiment pas lire. Ils ne choisissent pas de financer un film à la lecture d’un scénario, ils le font à l’écoute d’un pitch de quelques secondes. Et, en ces quelques secondes, ils veulent retrouver la trame classique dont le public est familier.

Chez Pixar, la célèbre société de production de films d’animation rachetée par Disney, les producteurs sont extrêmement contraignants dans leur attente. En effet, ils exigent que le scénariste raconte son film en suivant précisément le canevas ci-dessous :

Il était une fois_____. Chaque jour, ______. Puis un jour, _______. Grâce à cela (ou à cause de cela) _______. C’est pourquoi ______. Jusqu’à ce qu’enfin_______.

Si le scénariste est incapable d’articuler son pitch sur ce modèle, son idée est rejetée, aussi géniale soit-elle. Alors, il a intérêt à raconter son film en remplissant les blancs comme on le lui demande.  

Deux exemples :

1.Pitch de « Nemo » [1]

Il était une fois un poisson veuf appelé Marin, qui se faisait beaucoup de souci pour son fils unique Nemo.

Chaque jour, Marin rappelle à Nemo que l’océan est plein de dangers et l’implore de ne pas nager au loin.

Puis un jour, par défi, Nemo ignore les mises en garde de son père et nage jusqu’à la pleine mer.

À cause de cela, il est capturé par un plongeur et se retrouve poisson d’aquarium chez un dentiste de Sydney.

C’est pourquoi Marin part en voyage pour retrouver Nemo, appelant à l’aide au passage les autres créatures de la mer.

Jusqu’à ce qu’enfin Marin et Nemo se retrouvent, repartent ensemble et découvrent que l’amour repose sur la confiance.

2. Pitch de « Organiser ses idées, structurer ses propos »

C’était un chef d’entreprise qui n’arrivait pas à se faire comprendre. Dès qu’il commençait à parler, son discours partait dans tous les sens.

Chaque jour, il se remettait en question et se corrigeait. Tantôt il en disait plus, tantôt il en disait moins, mais chaque fois les gens lui demandaient d’être plus clair. Son image en prenait un coup.

Puis un jour, alors qu’il perdait courage, un ami lui parle de mon livre « Organiser ses idées, Structurer ses propos », qui pourrait l’aider grandement ! Il est sceptique, mais il se dit qu’il n’a rien à perdre. Alors, il se procure le livre et il plonge dedans.

Grâce à cela, il acquiert des techniques pour structurer ses prises de parole. Et soudain, quand il parle, les gens l’écoutent avec intérêt !

C’est pourquoi il communique plus souvent, à l’attention de ses collaborateurs, et aussi sur Internet.

Jusqu’à ce qu’enfin, après avoir hissé au plus haut la motivation de ses équipes et doublé ses objectifs commerciaux, il apparaisse aux yeux de tous comme un communicant né.

Une trame pour inviter à la créativité

Pixar, renommée pour ses productions d’inventivité folle, impose un carcan à ses auteurs, dès l’étape du projet ! Cela n’a rien d’étonnant.

Car nous ne sommes pas dans un monde « tout créatif », pas plus que nous sommes dans un monde tout noir ou tout blanc. Nous sommes dans le monde du « en même temps » et du « l’un n’empêche pas l’autre ».

Ainsi, Pixar impose un plan précis à ses auteurs, ce qui n’empêche pas l’inventivité folle.

On ne peut pas monter un pur-sang sans l’avoir préalablement dressé. C’est pareil avec l’inventivité, elle a besoin qu’on lui tienne les rênes.

De plus, un plan imposé à l’auteur lui retire une épine du pied : quand il n’a plus de questions à se poser sur la trame narrative, il est plus libre de mettre son art et sa fantaisie dans les détails.

Car, le public a beau reculer devant les histoires qui sortent des sentiers battus, il attend tout de même d’une œuvre une certaine originalité dans la manière de raconter, que l’on appelle « la touche personnelle » ou « le grain de folie » de l’auteur.

Ce qui vaut pour le cinéma vaut pour nous

C’est la même chose dans la communication du quotidien. Un bon professionnel à une manière personnelle et incomparable de présenter sa solution.

Quand il est trop bon élève et qu’il suit de trop près le plan de son scénario commercial, il ne paraît pas authentique.

Mais quand il se montre inspiré par son sujet, il devient forcément créatif, et il sait placer sa touche personnelle dans sa présentation ; alors, on oublie sa technique et on perçoit la personne dans sa pleine authenticité.

Moralité : ne cherchez pas l’originalité dans votre plan, faites confiance à la trame qui fonctionne le mieux. Et réservez votre originalité au contenu.

Et si vous avez de la peine à insuffler de la créativité dans vos présentations, je peux vous y aider, à travers un programme de formation ou d’accompagnement personnalisé.


[1] L’exemple du film « Nemo » est cité par Daniel Pink dans « Vous êtes vendeur, le saviez-vous ? » (Pearson).


Pour en savoir plus sur le pitch, lisez : « 5 façons de réussir un pitch« 

avril 18th, 2019 par