Réussir l’oral d’un concours professionnel

Entretient à l'oral

J’interviens souvent auprès d’employés de la fonction publique, pour animer des formations aux épreuves écrites de concours internes de catégories B et A. Dans ce cadre, il nous arrive d’aborder le sujet brûlant de l’épreuve d’oral. Car l’épreuve écrite permet de franchir l’étape de la présélection alors que le concours n’est remporté qu’à l’oral.

Au fil des témoignages récoltés, j’ai fini par en apprendre beaucoup sur le sujet et je vous livre ici une information capitale, sinon la plus importante à connaître pour réussir votre oral.

Un an de préparation pour arriver à la question piège

Dans certains concours administratifs, le taux de réussite est inférieur à 5 pour 100. Parfois 5 pour 1000. Tout dépend du nombre de candidats et de postes à pourvoir. Plus le taux est sévère et plus les critères de présélection le sont. Par exemple, les premières qualités d’un écrit sont la justesse des informations, la clarté et parfois la pertinence. Et, selon le taux de présélection déterminé, les jurys tiennent compte ou non, de la qualité de l’orthographe et de la syntaxe.

À l’épreuve orale, les jurés accordent leur préférence aux personnes qui satisfont un seul critère : donner envie de travailler avec elles. Ils ne se posent qu’une question : « Voudrais-je l’avoir comme collègue ? ». L’épreuve porte sur un sujet précis, mais c’est secondaire. Ce qui prime, c’est de dégager l’image d’un(e) bon(ne) professionnel(le). Et pour repérer la perle rare, le procédé est classique.

Le jury recevant le (la) candidat(e) est composé de 3 à 6 membres. Généralement, un ou deux jurés posent les questions, un autre demeure silencieux et sympathique, un autre a la mine grave comme s’il jugeait la personne défavorablement – mise en scène habituelle pour voir comment celle-ci surmonte cette situation inconfortable.

Les premières questions sont faciles et la personne s’en tire bien, d’autant qu’elle a préparé son épreuve pendant plusieurs mois. Mais fatalement, un juré finit par poser une question à laquelle elle ne sait pas répondre, et c’est là le moment déterminant. D’ailleurs, le jury pose des questions jusqu’à atteindre ce moment, le seul qui l’intéresse vraiment.

Devoir d’ignorance

Car les conditions de réussite vont résider dans la qualité du « je ne sais pas ». Si l’on répond en tremblant comme une feuille, avec des trémolos dans la voix ou la larme à l’œil, c’est terminé ! Les jurés n’ont pas envie de travailler avec quelqu’un qui perd ses moyens à la première tuile. Si la personne fait croire qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, et si elle joue au plus malin, c’est fini ! On ne veut pas d’un filou comme collègue.

La solution, c’est répondre « je ne sais pas » sans faire de drame. Après tout, dans le monde du travail, il est courant de ne pas savoir comment s’y prendre. Les conditions de réussite ne résident pas dans la connaissance impeccable de sa partie, mais dans un esprit bourré de ressources. Il n’y a jamais de honte à ne pas savoir. Mieux, le jury apprécie que la personne avoue son ignorance en ajoutant une pointe d’humour.

Une fois, une employée chargée de la paie du personnel a reçu la question suivante à laquelle elle ignorait la réponse : « Imaginez que vous deviez verser une prime de fin d’année à l’ensemble du personnel mais qu’il n’y ait pas assez d’argent pour tout le monde, qu’est-ce que vous faites ? ». La candidate a répondu avec un petit sourire : « C’est simple, je convoque tout le monde dans une pièce sans fenêtre, je place l’argent au centre et je les enferme dans le noir en disant que le meilleur gagne ! ». Voilà une femme qui ne se laisse pas démonter : elle a eu son concours !

« En fait, j’étais certaine de le rater, c’est pour ça que j’ai tourné la chose à la rigolade », expliquera-t-elle plus tard. J’ai reçu plusieurs témoignages de ce genre, qui m’ont confirmé le phénomène. Beaucoup de ceux qui remportent le concours y vont sans y croire et du coup, ils sont à l’aise. En revanche, quand l’enjeu est trop fort, quand on a trop travaillé pour réussir, il est beaucoup plus dur de rester décontracté à l’épreuve du « je ne sais pas », on y perd son sang-froid et son bon sens.

Je vous laisse en tirer vos conclusions.

ATTENTION : ce conseil ne vaut que pour les concours et les examens professionnels. Il est à oublier dans le cadre d’un oral d’examen universitaire, où la qualité des connaissances est censée primer. En revanche, dans un cadre professionnel, nous passons du devoir de savoir au devoir d’ignorance ; de ce fait, nous soulignons remarquablement la sortie du cadre de l’enseignement supérieur et la plongée directe dans la vie active.

Autre conseil important pour bien se préparer au concours : Confusion dans les épreuves écrites des concours administratifs

février 21st, 2017 par