Préférez-vous que je dise « tu » ?

préférer le tu ou le vous ?

Vaut-il mieux utiliser le « tu » ou le « vous » dans son blog ? Le tutoiement et la familiarité sont courants dans la culture-blog. Alors, je m’interroge : vais-je épouser cette tendance et changer ma façon de m’adresser à vous… Heu, à toi ?

Montre-moi ton style, je te dirai ton âge

En créant biendanssesecrits.fr et en rédigeant mes premiers billets, j’ai naturellement employé le « vous », parce que cela m’était naturel.

J’ai succombé aux charmes du vouvoiement dès l’adolescence. J’aime la sonorité sensuelle et veloutée du « vous ».

De plus, le vouvoiement est préférable dans mon métier de formateur. Comme j’ai beaucoup de consignes à transmettre, le « vous » contribue à les faire passer plus en douceur. En l’employant, j’ai la sensation d’enfiler des gants de velours.

Question de génération?

Les premières fois que j’ai lu des blogs qui me tutoyaient, j’ai pensé : « Ils sont jeunes ! ». Ça me rappelait la lecture des magazines rock de mon adolescence. Vague sensation de régression…

J’ai laissé passer du temps, avant de me pencher sérieusement sur la question… À présent, je vais y réfléchir devant vous !

Car je ne dois pas rester fermement ancré dans le vouvoiement, au prétexte que c’est plus joli, ou que ce serait plus de mon âge… Je dois y regarder de plus près, et peser le pour et le contre.

Le « tu » pour une intimité qui coule de source

C’est un conseil répandu, à juste titre : il convient que l’auteur.e [1] d’un blog traite chaque lecteur ou lectrice comme quelqu’un d’unique. Cette règle du marketing confère au style un ton plus personnel.

Un blog professionnel doit être créé comme une entreprise. C’est à dire que, préalablement à la création, l’auteur.e du blog effectue une étude de marché. Dans ce cadre, certain.e.s vont cerner le profil de leur follower privilégié.e, jusqu’à dessiner son portrait-robot : sexe, âge, taille, poids, métier, vie familiale, loisirs, intérêts, orientation politique, attentes et besoins, et plus encore !

Sachant tout cela de son lecteur ou de sa lectrice privilégié.e, l’auteur.e tutoie. C’est la moindre des choses.

Donc, si je veux créer un cadre intime à travers mon blog, je n’ai aucune raison valable de continuer à te vouvoyer, vois-tu ?

Pourtant, j’hésite encore.

Le « vous » ouvre le champ des possibles

À la radio et à la télé, il arrive qu’une émission réunisse des personnes qui se connaissent et qui ont l’habitude de se tutoyer. Or, au micro ou devant les caméras, ces personnes se vouvoient. C’est une règle, laquelle répond à une réalité : le public se sent exclu des échanges, quand les intervenant.e.s parlent en se tutoyant.

Je respecte cette règle dans mes interviews. Souvent, nous nous tutoyons lors de l’entretien, puis, au moment de la retranscription, j‘applique au dialogue le mode du vouvoiement …

Nous pourrions étendre cette règle des médias à la rédaction des billets.

Parce que le tutoiement réduit le cercle d’audience. C’est une manière de faire sentir une appartenance. Donc, tout le monde n’est pas le bienvenu sur un blog qui tutoie. Tu adhères ou tu sors.

Je ne vois pas la pertinence d’adopter cette politique, pour ce qui concerne mon blog. En effet, si vous suivez ce blog, c’est parce qu’avant de le découvrir, vous vous êtes engagé.e à progresser en écriture.

Votre engagement est personnel, il ne concerne que vous et n’a rien à voir avec l’engagement à un collectif. Il n’y a pas d’enjeu d’appartenance à un groupe. Et je ne suis le chef d’aucun mouvement. Je suis un pédagogue, accueillant toutes celles et tous ceux qui souhaitent se perfectionner.

Derniers arguments en faveur du « tu »

Je suis donc enclin à rester fidèle au « vous ». Mais j’ai oublié de tenir compte d’une dernière petite chose : mon sujet.

Cette année, je ne vais pas vous parler simplement d’écriture, mais de l’écriture sur le Net. Et ce n’est pas pareil. Le Net impose ses propres règles.

Quant au blog, c’est toute une culture ! Une culture jeune, fondée par des jeunes qui s’adressent majoritairement à des jeunes. Et d’une certaine manière, peu importe ton âge ! Si le monde du Net t’intéresse, alors tu es jeune dans ta tête !

En t’impliquant dans ta propre aventure sur le Net, la jeunesse éternelle tu gagneras. Toujours sur ta route tu évolueras, à travers tes recherches et tes échanges. Et toujours les fruits de ta connaissance et de ta créativité tu offriras.

Oui, je suis d’accord avec ça. Mais est-ce une raison pour parler geek ? Je n’ai pas cru remarquer de règlement qui me l’impose… Mieux que ça, personne n’a institué l’usage du tutoiement comme un principe de bienséance.

Je ne vais pas me mettre à vous taper sur le dos et à vous inviter à boire dans mon verre. Nous conserverons des rapports cordiaux, j’espère complices, mais jamais familiers.

À votre tour d’y réfléchir

C’est fait, j’ai pris ma décision : je conserve le « vous » !

Mais cela ne veut pas dire grand-chose, en ce qui vous concerne, vous et votre blog.

Allez-vous choisir le « tu » ou le « vous » ? C’est au cas par cas.

Cela dépend de : votre sujet ; votre âge ; votre histoire personnelle ; l’image que vous souhaitez véhiculer ; l’âge de votre lecteur ou lectrice privilégié.e ; le type de rapport que vous souhaitez instaurer avec vos followers, etc.

Si votre sujet touche à la défense d’une cause précise, et si vous attendez de vos followers un grand degré d’implication dans un projet collectif, privilégiez le tutoiement. Idem si votre blog est une sorte de club. L’esprit club impose le tutoiement.

Autrement, il n’y a pas de règle pour trouver le ton juste… Réfléchissez à la question comme je viens de le faire, et écoutez-vous intimement pour décider des réponses. Parce que c’est aussi une question de sensibilité.

Réservez un moment à cette réflexion. Cela vous aidera à façonner votre identité et à bâtir un univers cohérent.

[1] Si cette manière d’inclure le féminin vous surprend, lisez ce billet sur de nouvelles règles d’écriture en matière de parité des sexes.

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septembre 12th, 2017 par