Catégorie Méthode

Privilégier la synthèse pour parler d'un film
juillet 11th, 2017 par JérômeDuez

Quand vous voulez raconter un film pour donner aux autres envie de le voir, plutôt que résumer l’œuvre, il vaut mieux pratiquer la synthèse.

Différence entre le résumé et la synthèse

La synthèse et le résumé sont deux techniques qui permettent de raccourcir un texte.

La différence entre les deux réside dans l’ordre du discours :

  • le résumé respecte l’ordre du discours d’origine ;
  • la synthèse bouscule l’ordre initial pour « cadrer les informations », en partant de l’information la plus générale pour progresser vers la plus spécifique.

Donc, présenter un film par son résumé équivaut à le raconter. Or, comme le montre l’exemple suivant, un résumé est rarement bienvenu.

Résumé du film Titanic 

Un groupe de chercheurs de trésors fouille l’épave du Titanic dans l’espoir de mettre la main sur un gros diamant. À la place, ils trouvent le dessin d’une jeune femme portant le diamant.

À présent, la femme est nonagénaire ; elle rencontre les chercheurs pour leur raconter comment elle a vécu la catastrophe du Titanic et, incidemment, comment elle en est venue à porter le diamant.

Elle voyageait en première classe, en compagnie de son riche fiancé, quand elle est tombée amoureuse d’un jeune artiste qui voyageait en troisième classe… Etc.

Le résumé crée une tension : vous savez quand je commence à raconter l’histoire, mais vous ignorez jusqu’où j’ai l’intention d’aller. Cela risque de provoquer votre impatience.

Un autre problème se pose : que vous vouliez voir le film ou non, et que vous connaissiez l’histoire ou non, vous ne souhaitez pas que je la raconte.

Synthèse du film Titanic 

Titanic est un film romantique et un film-catastrophe. En reconstituant l’épisode du naufrage du Titanic, le film aborde le thème des inégalités sociales, en montrant ses conséquences tragiques, aux niveaux individuel et collectif. 

À l’échelle collective, le film montre que seuls les passagers les plus fortunés ont eu une chance de survivre à la catastrophe. À l’échelle individuelle, nous suivons la romance d’une jeune femme riche avec un jeune homme pauvre, un récit dramatique qui renforce la cruauté des inégalités.

Ici, je ne fais qu’aborder le genre, le thème et les grandes lignes du film.

Si je m’y suis bien pris, vous voudrez des détails. Dans ce cas, je raconterai des éléments du film, à votre demande, alors que ça vous aurait ennuyé.e si je l’avais fait d’emblée.

La clé des bons conteurs

On dit d’une personne qui pratique seulement le résumé, qu’elle ne sait pas raconter.

Un « bon conteur » tarde au maximum à raconter l’histoire, pour donner envie au public de la connaître. Il annonce les éléments forts, il fait miroiter l’émotion à venir, sans rien dévoiler du récit.

Suivez son exemple : entraînez-vous à faire la synthèse d’un film que vous venez de voir (ou d’un livre que vous venez de lire).

Commencez par identifier le genre et le thème du film. Puis développez l’idée phare liée au thème, en vous efforçant de garder l’histoire pour plus tard.

 

(Pour en savoir plus sur l’esprit de synthèse, lisez « Organiser ses idées, structurer ses propos », un ouvrage qui vous fera progresser autant à l’écrit qu’à l’oral.

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avril 27th, 2017 par JérômeDuez

Depuis le 28 mars, Paris donne l’exemple en matière de respect de la parité : le Conseil de Paris impose au réseau municipal d’affichage de la capitale de ne placarder aucune publicité sexiste ou discriminatoire.

J’en suis heureux et j’espère que cela sera suivi d’effets à une vaste échelle.

Quant à suivre cet exemple au quotidien, comment allons-nous nous exprimer pour ne trahir aucun sexisme ? Qu’allons-nous devoir changer à notre style ?

Car c’est sûr, en matière d’expression écrite et orale, le respect de la parité homme femme impose des petits changements. Oh, pas bien méchants, vous verrez. Sauf que, comme tous les changements, ceux-ci vont faire grimacer certains.

Je vais vous les énoncer tels qu’ils sont préconisés par les institutions. Mais vous verrez que je m’octroie quelques libertés et que je vous invite à faire de même.

Le français, langue genrée

Les Français.es doivent particulièrement veiller à ce respect de la parité, car le français est une langue genrée.

Genré, qu’est-ce que c’est ? L’hebdo N°1 du 8 mars 2017 publie une intéressante interview de Marie Darrieussecq. L’auteur de « Truismes » explique le phénomène :

« En Angleterre, je me souviens moins souvent que je suis une femme. Quand je dis I am happy, ce n’est pas je suis heureuse. Le français m’oblige à me souvenir en permanence que je suis une femme. Ce n’est pas rien. Les langues espagnole ou française m’obligent à être genrée. Je suis persuadée que cela a un effet sur le cerveau, sur la façon d’être. »

Or, pour éviter tout sexisme en français, il convient de rappeler les genres dans les phrases.

Rappelons qu’en français, un mot n’est jamais neutre. Il est soit féminin, soit masculin. Par conséquent, quand on dit « les Français » en sous-entendant que cela inclut les femmes, on est sexiste. Quand on néglige le genre féminin pour ne pas alourdir la phrase, on l’est doublement !

Cela ne réglera pas les affaires de Marie Darrieussecq. Quoi que l’on fasse, le français ne nous laissera pas oublier notre genre. Or, du genré au sexiste, il n’y a qu’un pas. Nous serons toujours à la lisière de la ligne à ne pas franchir.

La nouvelle linguistique parviendra-t-elle à nous en éloigner ?

Des points à la place de parenthèses

Que pensez-vous du passage suivant ?

« Les rédacteur.rice.s auxquel.le.s s’adresse ce texte, respectueux.ses des nouvelles règles linguistiques seront les acteur.rice.s essentiel.le.s  de la parité entre les sexes. Elles.ils seront etc. »

Ça fait bizarre, non ?

Avant, j’avais l’habitude d’écrire « rédacteurs(trices) », « respectueux(ses) » ou « essentiel(le)s ». À présent ce sont des points…

Eh bien, à la réflexion, je trouve ça mieux ! C’est totalement subjectif, je sais, mais d’un point de vue esthétique, je trouve que les parenthèses créent des obstacles, tandis que les points égalisent.

Quoi que vous en pensiez, c’est ainsi que les acteurs des services publics sont tenus de rédiger, à présent. Moi-même, je me suis mis à pratiquer ce mode de présentation (mais parfois j’oublie, comme dans la phrase précédente).

On va s’habituer à le voir sur les affiches. Cela va s’étendre.

L’important est de ne pas en abuser. Un texte truffé de points est indigeste. Il est important de varier les procédés. Par exemple, quand on peut écrire « celles et ceux », on évite d’écrire « celles.ceux ».

Les nouvelles règles de bienséance

Voici un ensemble de règles qui devraient permettre d’éviter toute bévue.

Elles sont tirées du « guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe » (nov 2015), publié par le Haut conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (que vous pouvez télécharger ici). C’est parti :

Bannir les stéréotypes de sexe, du type « les femmes sont douces, les hommes sont doués d’autorité ». Il est facile de comprendre pourquoi : ces affirmations sonnent comme des certitudes alors qu’elles sont discutables.

Oublier les expressions désuètes, telles que, mademoiselle, nom de jeune fille, nom d’épouse, chef de famille

Parler « des femmes » plutôt que « de la femme » et des « droits humains » plutôt que des « droits de l’Homme ». Ainsi, la « journée de la femme » devient la « journée du droit des femmes » ; et la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » devient la « Déclaration des droits humains des citoyennes et des citoyens ».

Dans un document, faire référence à un partage équilibré de femmes et d’hommes, dans les textes aussi bien que dans les illustrations.

Dans lesdites illustrations, éviter les couleurs douces pour les femmes et sombres pour les hommes.

Doit-on dire « les hommes et les femmes » ou « les femmes et les hommes » ? Le deuxième cas est privilégié, car il convient de respecter l’ordre alphabétique dans les énumérations. La galanterie n’y est pour rien. D’ailleurs, en matière de parité, la galanterie n’est pas encouragée, elle pourrait semer la confusion…

Par conséquent, nous écrirons les « formateur.rice.s » « travailleur.euse.s » et « elles.ils ».

En revanche, il n’y a pas encore de règle établie, concernant l’accord de l’adjectif avec le masculin et le féminin associés.

Écrit-on « les femmes et les hommes sont beaux » ou « belles » ?  Cela continue à faire débat. Certains préconisent d’accorder en fonction du nombre, ce qui donne : « ces femmes et cet homme sont belles » ; cela sonne aussi bizarrement que « ces hommes et cette femme sont beaux »… Personnellement, je m’arrangerais pour écrire « tout le monde est beau ! »

Et vous, quelle forme d’accord vous met d’accord ?

Quelques libertés à prendre

Ces règles ne sont pas à suivre au pied de la lettre. Vous allez les adapter aux contextes rencontrés. Car il n’y a pas de règle absolue quand vous vous adressez à une personne en particulier ou à un groupe, étant donné que chacun est sensible à un type de formule.

Pour le moment, ces règles sont peu respectées dans le langage courant.

Dans les médias, des femmes et des hommes disent encore « les droits de l’Homme » et « la journée de la femme ».

Aux élections présidentielles qui se déroulent pendant que j’écris ce billet, des candidat.e.s disent « les Français », sans ajouter « les Françaises ».

Et tout le monde dit « la parité homme femme » plutôt que « la parité femme homme ».

Dans notre société en perpétuelle transformation, de nouvelles règles et de nouveaux modes d’emploi, il y en a plein ! Même avec la meilleure volonté, on ne peut pas les connaître tous. Alors, on prend ceci, on laisse cela…

Mon conseil, à vous mesdames et messieurs, c’est que vous sachiez faire preuve de respect et de civilité. Cela aidera toujours à pallier les écarts de conduite, souvent avec succès !

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avril 20th, 2017 par JérômeDuez

Chronophage, la tenue d’un blog ? Oui et non. Avant l’existence d’Internet, le seul moyen pour faire connaître votre activité était le démarchage physique. Ce qui représentait l’embauche de commerciaux à plein temps. À présent, vous pouvez atteindre ce résultat en consacrant dix fois moins de temps, grâce à vos publications sur le Net.

Quelle estimation réaliste ?

Ne nous voilons pas la face :  tenir un blog prend du temps. Au démarrage et pendant la période de rodage (variable selon la fréquence de vos publications), un article (ou billet, ou post) de qualité prendra environ 4 à 6 heures. Ce temps est décomposé comme suit :

– Un bon quart d’heure pour trouver l’idée et élaborer le plan

– 20 à 40 minutes consacrées à l’écriture proprement dite. La vitesse d’écriture tourne autour des 800 mots/20-30 minutes.

– 1 heure réservée à la correction.

Pour le moment, ça ne fait que deux heures… Disons trois, tant que vous n’êtes pas rodé.e.

Mais la fin de la rédaction n’est pas la fin de l’histoire. Il s’agit maintenant de diffuser votre post. Les pros du référencement s’accordent à estimer que le temps consacré à la diffusion est supérieur ou égal au temps consacré à la rédaction.

Ils ont raison. Car si vous vous contentez d’écrire et de publier, votre post aura peu de visibilité. Pour avoir une valeur commerciale, la nouvelle de sa publication doit être relayée sur les réseaux sociaux, susciter des commentaires auxquels vous vous devez de répondre, etc.

Je n’en dis pas plus sur ce travail de référencement et de promotion, n’étant pas un spécialiste en la matière. Je préfère vous diriger vers trois billets sur des blogs que j’aime beaucoup :

– celui de Sophie Gauthier, bourré de conseils précieux et plein d’humour : contentologue.com/faire-connaitre-son-blog/

– celui d’André Dubois, complémentaire et plus technique : traficmania.com/comment-augmenter-trafic-blog/

– sans oublier celui de Mehdi, qui vous propose une mine d’idées : blogbooster.fr/augmenter-trafic-blog/

Compartimenter les tâches pour gagner du temps

Bonne nouvelle : vous pouvez atteindre une vitesse moyenne divisée par deux !

3 heures au lieu de 6, cela reste long mais vous allez voir qu’il est possible de vous organiser, afin d’assurer une production de qualité en n’y consacrant que 30 minutes par jour.

Cela consiste à compartimenter les étapes et à grouper plusieurs billets pour chacune.

Tel jour est consacré à trouver des sujets et à faire de la veille. Les deux vont de pair. Vous pouvez vous inspirer des autres blogs (autant qu’ils s’inspireront de vous). Il est possible d’avoir trouvé 3 à 5 sujets à la fin de chaque séance.

Un autre jour, vous rédigez plusieurs brouillons sans vous relire. Bon, d’accord, ce jour-là, vous y passez plus d’une demi-heure. Mais quand on est inspiré, on ne voit pas le temps passer, c’est du pur plaisir.

Les jours suivants, vous relisez et corrigez vos brouillons.

Surtout, évitez de rédiger et de corriger un texte dans un même élan. En faisant cela,  vous serez moins performant. Car ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui travaillent à la correction et à la rédaction. Passer d’une partie à l’autre, c’est perdre du temps à s’échauffer de nouveau. Il vaut mieux profiter d’une partie du cerveau qui carbure à plein régime, et la solliciter sur un autre texte.

Consacrez plusieurs séances à la correction. Car, à moins d’être un Mozart du français, nous ne voyons jamais l’intégralité des faiblesses d’un texte en une seule lecture. Personnellement, je consacre entre 3 et 6 relectures de 10 à 15 minutes par texte, avant d’être satisfait.

Enfin pour la diffusion, vous faites la même chose : vous communiquez sur plusieurs articles à la fois. Ce sont des journées à programmer, comme on programme sa démarche commerciale. L’approche est différente mais l’esprit est le même. Ces jours-là, vous êtes tourné vers les autres, et vous communiquez sur vos articles dans un style empathique et convivial.

3 options pour aller encore plus vite

Les conseils qui précèdent s’appliquent à des articles de 700 mots minimum.

Vous pouvez décréter que vos textes ne feront pas plus de 350 mots. Du genre « 7 idées pour réussir vos afterworks », avec 4-5 lignes réservées à chaque idée. C’est souvent déconseillé, car ces articles manquent d’espace pour vous laisser affirmer votre différence.

Mais tout dépend de votre statut. Si vous êtes déjà une personnalité, vous pouvez écrire court et vos fans sont toujours heureux de recevoir de vos nouvelles. En revanche, si vous écrivez pour vous faire connaître, mieux vaut multiplier les efforts et offrir un texte généreux et pertinent.

Quelle que soit la longueur de vos textes, vous pouvez décider que chacun ne vous prendra que trente minutes au maximum. Comment ? En le dictant puis en envoyant votre fichier audio à une personne chargée de le retranscrire et de le peaufiner. Si vous êtes doué à l’oral, le résultat sera à la fois un article écrit et un podcast, voire un petit film sur YouTube.

Vous pouvez aussi rédiger un brouillon et déléguer le peaufinage, la publication et la diffusion. C’est une question de budget.

Et si vous préférez lire plutôt qu’écrire, vous pouvez faire de la curation, c’est-à-dire une veille quasi quotidienne sur le Net et ailleurs, en repérant les meilleurs articles de presse et les meilleurs billets de la blogosphère qui parlent de votre secteur d’activité, et en diffusant votre sélection. Par exemple à travers la création d’une page sur Scoop.it, un des sites de curation les plus populaires actuellement. Ainsi, vous pouvez devenir une référence dans votre domaine, en ne publiant que des liens.

Et vous, avez-vous d’autres astuces pour gagner du temps sur la tenue de votre blog ?

 

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mars 7th, 2017 par JérômeDuez

Décrocher le rendez-vous, c’est déjà une petite victoire. Il a fallu soigner le CV, la lettre de motivation, adresser le tout aux bons interlocuteurs… Finalement, un recruteur semble intéressé.

C’est un jour important. Le candidat arrive à l’heure. Son look est impeccable, il s’est préparé au mieux. Une charmante hôtesse lui demande de patienter, ce n’est plus qu’une question de minutes.

Le recruteur prend la peine de venir le chercher. La poignée de main est sympathique. Ce sont autant de signes encourageants.

Et en effet, tout se passe bien, jusqu’au moment fatal où le recruteur pose une question qui déstabilise le candidat : « Qui êtes-vous ? »

Quelle est la nature de cette question ?

Il aurait dit « Parlez-moi de vous », cela aurait produit le même effet. Le candidat est bousculé par la question.

Il se demande s’il n’a pas affaire à un pervers, il a envie de dire « pouvez-vous préciser la question ? » mais il n’ose pas, il bafouille un début de réponse stupide. Il en veut à l’autre de lui avoir posé cette question, et sa grimace n’est pas belle à voir. En fait, il est pressé de mettre un terme à l’entretien.

Pourquoi vivre aussi mal un simple « Qui êtes-vous ? » ? Il s’agit d’une question ouverte, à laquelle chacun est libre de répondre comme il l’entend.

Il est vrai que dans le cadre d’un recrutement, le candidat doit se vendre. Et tous les vendeurs vous le diront, soi-même est l’article le plus difficile à vendre. « Qui êtes-vous ? » donne l’impression de mettre soi-même en avant, sans garde-fou, cela peut faire peur… Mais ce n’est pas une raison pour perdre ses moyens.

D’une certaine façon, la réponse à « Qui êtes-vous ? » n’est pas l’élément le plus intéressant. Ce qui prime, c’est la façon dont le candidat interprète la question.

Si la question le met mal à l’aise, cela signifie qu’il soupçonne l’autre d’avoir l’esprit mal tourné. Et dans ce cas, alors que la question est neutre, ne serait-ce pas le candidat lui-même qui fait du mauvais esprit ?

Mais s’il ne perd pas de vue le contexte et l’objectif de l’entretien, il a tous les atouts pour s’en sortir.

Attachons-nous aux faits : un recruteur veut en connaître plus sur lui parce qu’il semble être intéressé. Vue ainsi, la question part d’une saine curiosité. Elle peut signifier simplement : « Qui êtes-vous, sur le plan professionnel ? »  Répondre à cette question ne pose pas de problème.

Moralité : à partir de cette simple question, le candidat ignore si le recruteur est bien ou mal intentionné à son égard. Donc, dans le doute, autant prendre les choses positivement ou mieux, objectivement.

À question simple, réponse simple

Posez-vous la question : « Qui suis-je, en tant que professionnel ? ». Avez-vous trouvé une réponse ? Si ce n’est pas le cas, je vous souffle la trame, mais c’est à vous d’y mettre les termes.

Voici : en milieu professionnel, je me présente comme une vitrine d’expériences et de connaissances, d’aptitudes et de compétences, de savoir-être et de savoir-faire, le tout acquis et développé dans les cadres professionnel et extra-professionnel (bénévolat, loisirs, famille : tout épisode contribuant à révéler une qualité est bon à prendre).

Vous pouvez rétorquer que ces mots-clés apparaissent dans votre CV, et que vous avez l’impression de vous répéter en racontant cela. Sauf qu’il manque un élément essentiel dans le CV : c’est la ligne du récit. En lisant le CV, j’ignore si les faits rapportés sont le fruit du hasard, d’une volonté extérieure ou de la vôtre. Cela n’indique pas d’où vous venez et ce qui vous a conduit à devenir la personne que vous êtes aujourd’hui.

En somme, répondre à la question « Qui êtes-vous, sur le plan professionnel ? », cela revient à raconter le récit suivant : « Je me suis dirigé vers tel secteur, en raison de telles aptitudes et compétences de départ, ainsi qu’un goût prononcé pour telle matière. Dans le cadre de cette expérience, j’ai enrichi mes connaissances en ceci et cela, et j’ai développé telle et telle nouvelles compétences. Cela m’a incité à acquérir cette nouvelle expérience pour enrichir tel volet. (…) Tout cela a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. »

En traçant cette ligne de récit, vous n’avez pas besoin de répéter les détails de l’expérience, visibles dans le CV, ou d’aborder vos objectifs, visibles dans la lettre de motivation. Ce qui importe est de faire ressortir une cohérence entre vos aptitudes, vos connaissances, vos compétences et les choix professionnels, en rapport avec le poste que vous visez.

Le point de départ d’un dialogue

Ainsi quand vous vous limitez au niveau professionnel, le « Qui êtes-vous ? » du recruteur devient une invitation à raconter votre aventure. Vous pourrez lui être reconnaissant de vous avoir posé cette question, preuve de son intérêt pour vous.

Évitez le monologue. N’oubliez pas que votre récit est un bon point de départ pour, à votre tour, vous montrer curieux de l’autre. Initiez le dialogue au plus tôt. Si vous le sentez, vous pouvez oser un « Et vous, qui êtes-vous ? » sur un ton cordial. Vous pouvez poser des questions à tout moment, portant à la fois sur le recruteur et sur l’entreprise au sein de laquelle, je vous le souhaite, lui et vous serez bientôt collègues.

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janvier 19th, 2017 par JérômeDuez

Le pitch est l’art de se présenter en quelques secondes et de manière accrocheuse.

Dans un speed meeting, chacun se présente aux autres en moins d’une minute et chacun fait en moyenne une vingtaine de rencontres. À la sortie, sur les vingt, trois seulement sont mémorables. Qu’est-ce qui distingue ces trois-là ?

C’est le fait qu’ils ne se contentent pas de présenter leur métier mais qu’en plus, ils ont le pitch dans la peau.

En panne pour pitcher ? Voici 5 modèles pour trouver l’inspiration.

Modèle 1 – Problème / Solution / Témoignage :

1 – Accroche avec une situation problématique que peut rencontrer l’interlocuteur ou le public.

2 – Je suis la solution (évitez de parler du produit ou du service, mais privilégiez le concept, à travers une formule accrocheuse).

3 – Exemple vécu, pour personnaliser cette présentation.

Exemple :

1 – Êtes-vous maladroit pour rédiger un e-mail, un compte rendu, ou un devis ? Votre écriture nuit-elle à votre image et vous fait-elle perdre du temps ?

2 – J’ai ce qu’il vous faut. L’objectif de mes formations, c’est de vous mettre à l’aise avec la pratique de l’écriture.

3 – La semaine dernière, j’animais une formation de 3 jours et, au cours de la première matinée, une dame a pris conscience que ses blocages avaient sauté et qu’elle allait progresser très vite. Vous auriez vu alors son regard s’illuminer, c’était très beau !

Commentaires :

Ce modèle est très suivi. Il est fréquent d’aborder son actualité et de commencer par la phrase : « La semaine dernière, j’ai eu un client qui… » ou « Hier, je suis intervenu à tel endroit, où… ».

Ici, l’anecdote laisse miroiter le fait que ma formation vainc les blocages. Le destinataire est tenté de se demander comment j’atteins ce résultat. C’est un procédé d’accroche.

Modèle 2 – Qui / Quoi / Illustration :

1 – Présentation.

2 – Définition/objectif(s).

3 – Annonce permettant de visualiser l’offre…

Exemple :

1 – Je suis spécialiste de la formation aux écrits professionnels.

2 – Cela regroupe 3 types d’écrits : les écrits commerciaux, pour mieux communiquer ; la correspondance, pour maintenir de bons rapports avec ses contacts ; et les écrits opérationnels, pour consolider ses actions.

3 – Dans 10 jours, j’anime une formation dans le quartier de l’Étoile, intitulée « réussir ses présentations à l’écrit comme à l’oral ». Le but est que chacun reparte possesseur d’un discours  personnel, avec lequel il se sente bien. Elle est limitée à 6 personnes et il ne reste que 2 places.

Commentaire :

C’est un message concret, d’autant plus qu’il incite à visualiser quatre points : une date pour situer l’action dans le temps, l’Étoile qui évoque l’Arc de Triomphe, l’objectif clair et le groupe quantifié.

Modèle 3 – Problème / Pertinence de la solution / Réussite :

1 – Contexte problématique.

2 – Solution originale et pertinente : …grâce à mon procédé + une formule résumant l’originalité de la proposition.

3 – Résultat : ce que gagne le client.

Exemple :

1 – Dans la moitié des grandes entreprises, les échanges d’emails à l’interne génèrent des conflits.

2 – J’anime une formation intitulée « écrits et entente », qui contribue à instaurer un climat de paix au sein de l’entreprise. Grâce à une pédagogie associant des techniques de rédaction et des techniques de développement personnel…

3 – … j’amène les personnes à chasser leur anxiété face aux écrits et à créer de meilleurs échanges.

Commentaires :

Ici, le métier n’est pas mentionné. En abordant directement mon action, le destinataire devine mon métier.

Le fait de montrer la réussite amène à raconter une transformation de la situation. Or, la majorité des bonnes histoires racontent une transformation. En cela, ce pitch se rapproche subtilement d’un storytelling.

Modèle 4 – Sensibilisation / Mot d’ordre / Promesse :

1 – Vous imposez l’idée que le problème touche directement votre public.

2 – Vous lui intimez l’ordre de trouver la solution…

3 – … En l’occurrence : vous-même.

Exemple :

1 – Beaucoup d’entre vous sont amenés à écrire de plus en plus dans votre travail. Il est essentiel de prendre conscience que bien écrire, cela vous rend plus efficaces et plus dynamiques.

2 – Donc, vous devez avoir une analyse juste de votre rapport à l’écriture. Et si, par hasard, vous évaluez des faiblesses, venez me voir !

3 – Ensemble, nous trouverons une solution applicable rapidement.

Commentaire :

Cette approche autoritaire demande de l’énergie, une voix ferme. Le point culminant est l’ordre « Venez me voir ». La conjugaison du verbe à l’impératif s’harmonise avec une posture quasi militaire ou un sourire ravageur.

Modèle 5 – Storytelling :

1 – Situation initiale : présentation du héros, ses forces et ses faiblesses.

2 – Élément perturbateur : une question proche d’une problématique, mettant face à face la quête du héros et l’obstacle.

3 – Élément de résolution : l’action qui mène au succès.

4 – Happy end.

Exemple :

1 – On n’oublie jamais son 1er client. Le mien est un grand traiteur. Je l’appelle James, pour préserver sa réputation. Il a toujours été hyper doué dans sa partie… Mais à ses débuts, ses textes commerciaux étaient déplorables. Un critique gastronomique l’avait descendu, alors qu’il n’avait goûté à aucun de ses produits, il n’avait vu que son site Internet !

2 – Le succès de James était-il compromis à cause de ses maladresses en écriture ?

3 – Heureusement, il a suivi ma formation sur mesure et à la sortie, il a revu ses textes.

4 – À présent, le Tout-Paris s’arrache les petits fours et les pâtisseries de James.

Commentaire :

Le storytelling est un excellent procédé quand le message s’adresse au grand public. Il est à manier prudemment en B to B (entre professionnels). Dès que l’on emploie le style narratif, certaines personnes auraient tendance à se sentir infantilisées et à répliquer : « Ne me racontez pas d’histoire ! »

Quel modèle privilégier ?

Il n’y a pas un modèle meilleur ou moins bon que ses voisins. Plusieurs vous seront utiles, selon les circonstances. Et je vous conseille de changer souvent de pitch, pour garder de la fraîcheur et de la spontanéité.

En networking (réseautage en français), tâchez de ne pas être le premier à pitcher. Commencez par laisser parler les autres, afin d’adapter votre discours en fonction de ce que vous avez appris d’eux. Et n’oubliez pas de vous poser les trois questions fondamentales que je rappelle ici.

(Pensez à vos cartes de visite pour clore votre performance !)

Et toi, c’est quoi ton pitch… ?

 

 

Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses propos« .

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décembre 23rd, 2016 par JérômeDuez

Dans la masse de livres consacrés au développement personnel ou professionnel, où se cache LE livre ?

Tous prétendent vous aider à évoluer et à gagner en efficacité et en bien-être, mais, dans le lot…

Comment distinguer le bon et comment le lire ?

Le choix du livre

Vous devez être intraitable dans votre choix. Vous pouvez vous faire votre opinion dès les premières pages. Qu’importe les promesses sur la 4e de couverture ! Si quelque chose vous déplaît dans un livre – la façon dont l’auteur s’exprime, l’esprit de ses conseils, des affirmations qui vous placent en désaccord –, il vaut mieux abandonner.

Cela ne signifie pas forcément que le livre est nul, mais simplement qu’il n’a pas été écrit pour vous. Soyez sûr qu’un autre le sera ; et ne perdez pas votre temps avec celui-là !

Une chose est certaine, c’est qu’il existe plusieurs livres qui vous donneront l’impression d’avoir été écrits uniquement pour vous. Quel que soit le sujet qui vous attire, il en existe.

Survolez autant de livres que nécessaire jusqu’à trouver celui-là. En le découvrant, vous aurez l’impression d’avoir enfin rencontré votre mentor. Et vous serez prêt à adhérer volontiers à ses enseignements.

Conditions pour réussir la rencontre

Une fois que la rencontre a eu lieu, sa réussite repose sur la qualité de votre attention de lecteur.

Le livre que vous avez choisi d’étudier est le nec plus ultra de l’apprentissage. C’est un professeur qui se plie à votre volonté, capable de s’exprimer à votre vitesse et de répéter autant de fois que vous le souhaitez. Ne négligez pas cet apport précieux, car une telle rencontre est rare. Ce mentor que vous avez élu mérite votre plus grande attention.

Vous devez adhérer pleinement aux leçons et les suivre au pied de la lettre. Lisez le livre de la première à la dernière page, sans sauter une ligne, en disciple impeccable. Puisque l’auteur a fait l’effort de formuler une phrase, c’est qu’elle a son utilité et qu’elle vaut l’effort de votre lecture.

Sachez vous arrêter sur un passage qui vous interpelle, parce qu’il vous bouscule ou vous surprend. Notez-le avec vos propres mots. Laissez-le raisonner en vous, prenez le temps de l’assimiler.

Lorsque vous décrochez, arrêtez-vous. Le décrochage a du bon. C’est souvent la preuve que la leçon est en train de faire son effet. Laissez le décrochage agir en vous puis, en relisant, cherchez ce qui a provoqué ce décrochage, afin de l’intégrer.

Relisez au moins une fois l’intégralité de l’ouvrage et plusieurs fois ses leçons phares. Car votre première lecture est troublée par les surprises de la nouveauté et les chamboulements de certaines remises en question. Donc, une relecture « en connaissance de cause » offre beaucoup de surprises.

Et vous serez étonné de comprendre différemment l’ouvrage. Plus une leçon vous bouleverse parce qu’elle met à rude épreuve une certitude, ou parce qu’elle vous hisse à un niveau supérieur, plus la relecture est surprenante.

La part de l’écriture pour amplifier l’expérience…

Créez une trace écrite de votre lecture. La forme a peu d’importance. Ce peut être un relevé de phrases-chocs ou une fiche de lecture.

Certains préfèrent surligner les passages-clés dans le livre, mais il y a mieux. Quand vous y mettez vos propres mots, en ne recopiant pas systématiquement mais en résumant, l’appropriation de la leçon vous marque plus profondément.

…Le passage à la pratique pour valider l’expérience.

Aucune leçon n’est totalement acquise, tant qu’elle n’a pas été validée sur le terrain. C’est logique. À quoi bon encombrer son esprit de connaissances qui demeurent abstraites et dont on n’a pas validé l’utilité ?

Une fois la leçon comprise, sans attendre, il faut en vérifier le bien-fondé dans la réalité. Le nouvel enseignement améliore-t-il un point de votre situation, une compétence, une ouverture d’esprit ?

J’insiste, vérifier sans attendre, car il n’y aura jamais de meilleur moment que celui où la leçon arrive et fait bouillir vos émotions et votre imagination. Vous allez agir dans l’élan de l’inspiration, sans laisser refroidir.

La première fois, vous agirez en suivant les consignes aussi fidèlement que possible. Ce n’est qu’ensuite, au vu de l’expérimentation, que vous pourrez modifier votre façon de procéder, de la manière qui vous ressemble.

Plus tard, votre nouveau savoir et vous, serez en harmonie. Alors, vous serez passé expert !

C’est ainsi que, pour certains lecteurs de livres pédagogiques, un ouvrage bien choisi et correctement lu peut apporter autant que deux ou trois années d’études.

 

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Si vous avez besoin de gagner de la confiance en votre écriture, ce livre blanc est peut-être écrit pour vous. Cliquez ici pour le télécharger.

 

 

 

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exercice pour réussir la synthèse
décembre 9th, 2016 par JérômeDuez

Pratiquer la synthèse consiste à dégager d’une masse d’informations les points clés d’un sujet. Autrement dit, cela consiste à cadrer le sujet.

Plus le sujet est passionnant et plus l’exercice est difficile. Nous avons envie de tout décortiquer, nous faisons moins la différence entre l’essentiel et le superflu.

C’est comme mener un entretien avec un personnage admirable, nous voudrions pouvoir lui poser mille questions. Or, nous sommes limités par le temps et par le cadre du sujet.

Les points communs sont multiples, entre l’exercice de l’interview et celui de la synthèse. Pourtant, pour beaucoup de monde, réussir une interview s’avère plus facile.

Dans ce cas, facilitez-vous la tâche en rédigeant une synthèse comme vous mèneriez une interview !

Les conditions d’une bonne interview

Le succès d’une interview réside dans le choix limité des questions de départ et dans la technique d’écoute active de l’interviewer.

La préparation des questions :

Dans l’idéal, pas plus de 3 questions ! Au-delà, le lecteur risque d’en apprendre plus sur l’interviewer que sur la personne interrogée. C’est pourquoi la préparation d’une bonne interview ne demande que quelques minutes de réflexion.

Pour le choix des questions, il en existe de deux sortes :

– Liées à la personne interrogée : « Qui êtes-vous ? », « Comment avez-vous eu l’idée de ce sujet ? », « Quels sont vos projets ? » ;

– Liées au sujet : « Comment définissez-vous le sujet ? », « Quelle est votre opinion sur le sujet ? », « Quel est l’objectif du sujet et qu’en attendez-vous ? ».

Quand l’interview porte sur le sujet sans s’attarder sur la personne, voici les trois principaux modèles de plan, pratiqués dans 95 % des cas :

  1. Le modèle chronologique (origine du sujet / le sujet aujourd’hui / perspectives à moyen terme). Ce modèle inspire naturellement les 3 questions : « À quand remonte le projet ? », « Où en est-il à présent ? », « Que préconisez-vous pour demain ? ».
  2. Le modèle « mal / remède » ou « problème / solution ». Les 3 questions sont des variations de ceci : « Quelle est l’ampleur du problème ? », « Quelle est la mise en œuvre pour y remédier ? », « La solution est-elle à la mesure du problème ? »
  3. Le modèle « mise en place d’une action / freins au bon déroulement ». Avec pour questions : « Quelle est l’action ? », « Quels sont les freins à l’action ? », « Quelles sont les chances de réussite ? ».

L’écoute active inspire les sous-parties du texte et son développement

En menant un entretien, il est important d’être concentré sur la qualité des propos recueillis, à savoir veiller aux points suivants :

– ne pas dévier du sujet ;

– la pertinence et l’intérêt des propos ;

– la clarté. Certains experts usent parfois de jargons et il est important de leur demander de traduire en termes compréhensibles par tous.

Il est aussi important de pratiquer l’écoute active, consistant à maintenir un dialogue et à manifester son intérêt pour le sujet, afin que l’interviewé s’exprime avec générosité.

L’écoute active est aussi appelée écoute bienveillante et sa fonction principale est d’établir un rapport de confiance rapide.

Si l’interviewer reste sagement assis, en disant parfois « oui » et en hochant la tête, l’autre ignore s’il est apprécié, s’il est compris, voire s’il est entendu ; et il finit par se taire ou par partir dans toutes les directions.

Par conséquent, l’écoute active est une forme de dialogue, qui consiste à rebondir sur les propos de l’autre, par différents moyens – une question subsidiaire ; une demande d’explication ; un regard interrogatif ; en reformulant ce qui a été dit pour vérifier que l’on a bien compris ; en défendant la position contraire pour inviter la personne interviewée à défendre son sujet avec plus de force ; etc. – pour aiguiller son discours.

La technique de l’interview adaptée à l’élaboration d’une note

Rappelons les 3 phases de l’interview, qui sont les mêmes pour construire une note de synthèse, une dissertation ou une note de problématique :

  1. les 3 questions de départ préparées avant l’interview sont, en termes de plan, les axes principaux de la note ;
  2. les points sur lesquels il faut veiller pour bien cadrer l’interview sont les mêmes points de vigilance pour cadrer sa rédaction ;
  3. les questions qui émergent spontanément à l’écoute de la personne interrogée s’intègrent parfaitement au sujet ; en termes de plan, ces questions mettent l’accent sur les axes secondaires.

Quand vous vous retrouvez devant un gros dossier qui sert de matière à votre synthèse, considérez-le comme un personnage et abordez-le avec vos trois questions principales. Elles vous aident à sélectionner correctement les documents intéressants.

Lors du survol des documents, demandez-vous s’ils répondent à ces questions, et si les réponses semblent complètes ou nécessiter un complément (une explication, un exemple ou un nouvel axe).

Quand vous rédigez un texte qui repose sur vos connaissances personnelles, vous devez vous poser les mêmes questions face à vos propres arguments.

Pour rédiger, certains s’isolent et pratiquent l’exercice au dictaphone, afin que la mise en situation d’interview soit complète. Ils sont à la fois interviewers et interviewés. C’est ainsi qu’ils dictent la quasi-intégralité de leur texte en un temps record.

N’oubliez jamais de vous faire une image précise de la personne ou du public à qui s’adresse le texte. Ce destinataire est dans une attente implicite de contenu ; tendez-lui un micro et il aura des questions à vous poser. Par conséquent, dans votre imagination, vous pouvez écouter ses questions, lesquelles vous indiquent les orientations de votre plan.

Moralité : l’écriture devient plus facile quand nous nous imaginons entourés !

 

Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses écrits« .

Un autre exercice pour développer votre esprit de synthèse : ICI.

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Les questions essentielles pour bien écrire
décembre 2nd, 2016 par JérômeDuez

Dès que vous allez devoir communiquer à l’oral ou à l’écrit, dans un contexte professionnel ou extra-professionnel, au moment où vous vous demandez « que dois-je dire ? », il convient de vous poser 3 questions.

Ces 3 questions sont des repères formidables, qui vont vous mettre en accord avec le destinataire/interlocuteur/public et en accord avec le sujet. Les voici :

1ère question : « À qui je m’adresse ? »

Cette question sert à cerner le profil de votre (vos) destinataire(s) ou de votre public.

Elle implique de répondre aux questions subsidiaires : « S’agit-il de mon supérieur, mon égal ou mon subordonné ? » ; et « Quel est son niveau de connaissance du sujet ? ». Si vous manquez de réponses à la dernière question, dans le doute, exprimez-vous comme si vous vous adressiez à un ignorant du sujet.

Lors du lancement d’un nouveau produit sur le marché, la question « à qui s’adresse ce produit ? » fait l’objet d’une étude marketing, parfois longue et coûteuse. Mais dans un contexte habituel d’écriture ou d’autres formes d’expression, quelques minutes de réflexion suffisent.

2ème question : « Qu’est-ce que mon destinataire veut savoir ? Et qu’a-t-il besoin de savoir ? »

La réponse est claire dans le cas où quelqu’un vous demande un écrit (rédaction d’une note, réponse à un courrier, etc.). Cette 2ème question correspond à l’étude de la commande.

Si ce n’est pas le cas, vous devez interroger la personne pour connaître ses attentes.

Dans le cas d’un écrit commercial (une brochure de présentation, une proposition commerciale, etc.), le rédacteur se réfère aux critères de la grille SONCAS, que connaît tout bon vendeur :

S comme Sécurité

O comme Orgueil

N comme Nouveauté

C comme Confort

A comme Argent

S comme Sympathie

Ces critères correspondent à nos motivations d’achat.

Par exemple, selon les individus, l’achat d’une voiture peut être motivé par son aspect économique (argent), son intérieur tout cuir (confort), sa puissance (orgueil), ses options à la pointe du progrès (nouveauté), la qualité de complicité du vendeur (sympathie), le système ABS, les airbags et le limiteur de vitesse (sécurité).

« Quel genre de voiture recherchez-vous ? », demande le vendeur. À travers sa réponse, le client exprime ses critères préférentiels. Ainsi, le vendeur peut orienter son discours commercial en fonction des attentes.

De même, hors du contexte commercial, il est recommandé de vous interroger sur les attentes de l’autre.

3ème question : « Qui suis-je, dans le cas présent ? »

Parfois, vous écrivez en votre nom propre, parfois au nom de votre service, parfois au nom de votre supérieur.

Quand vous écrivez en votre nom, vous pouvez décider de mettre en avant votre responsabilité (et vous imposez vos vues), ou votre expertise (et vous soumettez des propositions), ou votre part d’exécutant (et vous rapportez les informations et des propos d’autrui), etc.

De plus, selon les circonstances, vous choisissez de montrer un certain visage : sérieux pour sensibiliser votre auditoire sur un point délicat ; cool pour présenter les vœux de fin d’année ; autoritaire ou séducteur pour obtenir quelque chose, etc.

Soyez toujours attentifs à ces 3 questions

J’aime comparer l’écriture à la conduite automobile. Au moment d’apprendre à conduire, le débutant pense à tout, il se dit des choses comme « là je suis en 1ère, maintenant qu’est-ce que je fais ? Ah oui, je passe en 2de, sans oublier d’appuyer sur la pédale d’embrayage avec le pied droit…».

Avec un peu de pratique, il le fait sans y penser. En revanche, pour éviter tout accident ou sortie de route, il est sans cesse attentif à ce qui l’entoure et il modifie sa conduite selon qu’il roule en ville ou sur autoroute, sur chaussée sèche ou mouillée, etc.

L’écriture, c’est pareil. Vous devez suivre un plan, relativement simple. Au début vous vous interrogez : « Je viens de trouver ma phrase d’accroche ; et maintenant, qu’est-ce que j’écris ? Ah oui, je définis le sujet… »

Avec de la pratique, vous n’y pensez plus. En revanche, pour éviter les écarts de conduite, vous restez vigilant sur le contexte de votre communication, à savoir : ces 3 questions.

Ces 3 questions sont à la fois une sécurité et une première voie pour trouver le plan du texte :

  • La sécurité repose sur les questions 1 et 3, qui servent à ne pas dévier et tomber « hors contexte ». Au cas contraire, votre texte risque d’être à l’origine d’un conflit, au cours duquel votre destinataire demande d’un ton  énervé : « À qui croyez-vous vous adresser ? » et « Pour qui vous prenez-vous ? ».
  • Le plan repose en partie sur la question 2, qui vous évite de tomber dans le « hors sujet ». Quand nous savons ce que le destinataire veut et doit lire ou entendre, le contenu du texte va de soi.

Pensez-y toujours ! Elles vous sont indispensables, même quand vous connaissez votre sujet sur le bout des doigts. Car votre manière de vous exprimer varie constamment, selon le contexte, selon le destinataire et ses attentes, et selon la personne que vous êtes à l’instant et qui évolue sans cesse.

 

(Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses propos« .

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