Category: Poser les bases

la plateforme, clé de la stratégie de communication
octobre 23rd, 2018 par Jérôme Duez

Il ne suffit pas de publier des contenus sur le Net pour attirer une audience vers son site. Vous le savez. Mais savez-vous comment vous faire remarquer dans un monde aussi bruyant ?[1] Vous devez mettre en place une stratégie de communication un peu spéciale. Voici la technique, suivez-moi !

Adoptez ce principe fort

« Communiquez à 360 degrés ! » Ce principe est aussi vieux que la com. Des professionnels de la profession appellent cela la « communication holistique ». Dans les pays anglo-saxons, on préfère dire : créer sa plateforme.

De quoi s’agit-il ?

Une plateforme rassemble l’ensemble des activités liées à la marque de votre entreprise ou à votre marque personnelle. Ces activités se divisent entre vos activités dans la vie réelle et vos interventions sur le Net, comme le montre la carte ci-dessous.

Exemple avec les activités d’un influenceur

Imaginons que cette carte représente les activités de Michael, un influenceur de renom. L’activité principale de Michael (qui ne représente qu’un petit axe de cette carte, en haut à droite) consiste à proposer des prestations de conseil et des formations en e-learning.

Voici comment Michael s’y prend pour communiquer à 360° :

C’est sur son activité principale qu’il communique le plus : il lance une série d’annonces et de publicités dans les médias ; il publie des contenus sur son blog et sur d’autres sites ou revues qui l’accueillent. Chaque nouveauté, chaque publicité, chaque billet, chaque vidéo, chaque podcast, fait l’objet d’un maillage : une série de liens sur les réseaux sociaux.

Michael communique aussi sur ses activités secondaires. Notamment, il lui arrive de tenir des conférences, au sujet desquelles il lance des annonces quelques semaines avant, il publie des photos le jour J, et des extraits filmés dès le lendemain.

En plus, il communique sur d’autres événements qu’il organise ou auxquels il participe, sur des livres qu’il publie, sur ses apparitions à la télé ou dans la presse…

En somme, tous les mots-clés de la partie droite de la plateforme sont des motifs de communications.

Ce n’est pas tout : pourquoi ne pas profiter des grands événements de sa vie ? Il les réserve à ses followers les plus fidèles : des vidéos de ses voyages, de son mariage, de sa nouvelle maison…

Tout ce que Michael produit, comme tout ce qu’il vit, est prétexte à communiquer. Mais, pour ne pas provoquer de ras-le-bol, il évite d’inonder la toile 365 jours par an. Donc, il ne va conserver que ses messages les plus pertinents. Il va donner du sens à sa plateforme, en soignant sa stratégie.

Comment donner du sens à sa plateforme ?

Michael crée suffisamment de contenu pour envoyer plusieurs messages par jour à ses followers et au monde. Mais pas question de polluer le Net de sa présence en publiant n’importe quoi. Il faut que cela colle à l’esprit de sa « marque ».

C’est pourquoi, avant de concevoir sa plateforme, Michael a d’abord mené une réflexion sur son identité. Car, comme on le voit sur la carte ci-dessus, l’identité est au centre de toute plateforme.

Il arrive trop souvent que des entrepreneurs décident d’une stratégie sans avoir soigné leur identité. Au résultat, leur communication manque de chair, on ne reconnait personne derrière le message.

Quand je dis que Michael a soigné son identité, cela veut dire qu’il a peaufiné son storytelling, et qu’il a composé des éléments de langage pour parler de ses valeurs ou de sa philosophie.

Une fois qu’il a affirmé son identité, Michael a défini son cahier des charges et sa ligne éditoriale. Il a pris des dizaines de décisions, sur des dizaines de points, par exemple sur :

– le choix des thèmes abordés sur son blog et sur sa chaîne YouTube,

– l’esprit des titres et des intertitres des billets,

– la charte graphique,

– le style des illustrations,

– les couleurs privilégiées dans les vidéos,

– la durée des vidéos,

– la fréquence des publications,

– le nombre de publications par type d’événement,

– le format des billets et des newsletters

– etc.

Enfin, une fois cela posé, il ne lui restait plus qu’à établir un planning de publications, sur six mois à un an.

Pour chaque événement important déjà prévu dans son agenda, il a programmé un certain nombre d’annonces, d’articles en rapport avec l’événement, de liens menant à ces articles, etc.

Ainsi, quand son identité et sa ligne éditoriale ont été définies, et qu’un planning a été prévu sur plusieurs mois, il est devenu facile pour Michael de briefer son équipe et de déléguer la majorité des tâches.

Comment s’y prendre ?

Quand un chef d’entreprise décide de lancer un événement, il est rare qu’il s’occupe lui-même de l’organisation. C’est pareil pour la tenue d’une plateforme : quand la bonne stratégie est décidée en amont, il ne reste plus qu’à superviser le travail de ses collaborateurs.

Michael parle devant une caméra pour sa chaîne YouTube, mais il délègue le reste : le montage, la diffusion, le maillage et l’animation sur les réseaux sociaux, etc.

La bande-son de la vidéo est récupérée pour un podcast ; ensuite, le podcast est retranscrit et adapté sous forme rédigée pour le blog.

Michael n’a pas besoin de s’occuper de tout cela. Il n’intervient qu’aux tâches où il est irremplaçable.

Dans les grandes entreprises aussi, la plateforme est gérée par une équipe dédiée. Mais pour un freelance qui se lance avec peu de moyens, il faut commencer par plonger les mains dans le cambouis.

Faut-il absolument vous engager dans ce grand chantier ?

Bien sûr, tout le monde n’a pas besoin d’en faire autant que Michael. Une stratégie comme la sienne concerne les grandes entreprises et les personnalités qui visent la célébrité ou la position de numéro un.

Or, même à une échelle modeste, si vous avez l’ambition d’attirer et de fidéliser un public, il est important de relayer l’information sur plusieurs réseaux, et de ne pas vous limiter à votre activité principale. Ne passez pas à côté du principe de communication à 360° et multipliez les occasions de vous faire remarquer !

La taille de votre plateforme sera à la taille de votre ambition d’entrepreneur-communicant. Et logiquement, plus vos activités se développeront, plus votre plateforme s’enrichira et sera active.

 

En panne pour clarifier votre stratégie ?

Profitez d’un accompagnement personnalisé

Prenez contact en cliquant ici

 

[1] En référence au titre de l’ouvrage de Michael Hyatt : « Platform – get noticed in a noisy world »

En savoir plus sur la tenue d’un blog : “Comment écrire plus vite pour votre blog ?” et “Préférez-vous que je dise “tu” ?

Publié dans : Ecrire sur le Net, Méthode, Poser les bases Étiquettes : , , ,

Concevoir à son image
novembre 28th, 2017 par Jérôme Duez

Il y a 15 jours, revoir le texte de Boileau m’a fait réfléchir. Sa célèbre phrase « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement », semble couler de source. Encore faut-il réussir l’étape de la conception. Or, sur ce point, Boileau se tait.

Ce qui se conçoit clairement… se quoi ?

Si l’on reste en surface, sur le simple rapport entre la conception du discours et son énoncé, cela peut inciter à l’hypocrisie. En effet, nombreux énoncent de la clarté apparente, quand en vérité ils n’ont rien conçu de clair.

C’est le cas chez les champions de rhétorique : ils nous impressionnent par leur argumentation, alors qu’en réfléchissant deux minutes à leur propos, on remarque qu’ils sont dépourvus d’idée.

Dans cette logique, ce qui s’énonce clairement n’est pas forcément le fruit d’une bonne conception.

Pour aller au fond des choses, il convient de s’attarder sur la qualité de la conception. Quel en serait l’adage ? Je propose ceci : « Ce que l’on vit bien se conçoit clairement » et aussi : « Ce que l’on projette bien se conçoit clairement ».

Se projeter, c’est s’imaginer dans une situation donnée. Le b a ba de la projection consiste à s’interroger sur son destinataire avant de s’exprimer. Quand je me demande « à qui je m’adresse ? », j’imagine mon destinataire et je me projette face à lui, en train de répondre à son attente.

Concevoir le succès

Un exercice de projection consiste à s’interroger sur ses propres désirs pour lancer des projets solides. C’est loin d’être simple.

Par exemple, concernant le désir de succès. Succès professionnel ou succès en amour. La publicité et le cinéma nous matraquent avec des représentations de la réussite et du succès. Du coup, certains croient devoir coller à ces représentations, sans s’interroger sur leur propre conception de la réussite.

Vouloir une Ferrari, alors que l’on n’aime pas la vitesse… Ou trouver l’âme sœur avec qui tout partager, alors que l’on est un solitaire endurci… Rêver de posséder une villa au bord de la mer alors que l’on craint l’eau… Vouloir coller à une image de réussite qui ne correspond pas à ses vrais désirs, cela revient à se fixer de faux objectifs.

Quand on vise quoi que ce soit, on a intérêt à se projeter dans une situation en rapport avec un objectif à 100% personnel. Sinon, la perspective sera faussée et les actions seront freinées ou déviées.

Concevoir son image

La dernière élection présidentielle a montré les failles d’un storytelling mal incarné. Toute bonne histoire contient un épisode de transformation, et les personnalités politiques en tiennent compte.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, c’est l’histoire d’un presque inconnu qui se transforme rapidement en personnalité incontournable. C’est simple et clair. Dans le cas de Marine Le Pen, c’est l’histoire d’une femme agressive qui se transforme en femme « apaisée », à la suite de la rupture avec son père. Là, c’est plus tordu.

Marine aurait dû concevoir sa transformation en s’appuyant sur une réalité. Par exemple, elle aurait pu raconter l’histoire de « la fille à son papa » qui se transforme en femme indépendante. Mais, pour une raison inconnue, Marine n’a pas voulu assumer sa vraie image et s’est inventé un rôle de toute pièce. Or,  Le Pen ne sera jamais Le Zen.

Le storytelling n’est pas une comédie et nous ne sommes pas des acteurs de composition. Dans la vraie vie, il est impossible de s’incarner dans un rôle qui ne colle pas à ce que nous sommes vraiment. Au bout d’un moment, le vernis craque et plus personne n’y croit.

C’est pourquoi un bon storytelling doit rester réaliste. Ce qui se conçoit bien est affaire d’harmonie entre le discours et son porteur. Et la clarté de la projection est à l’origine de la qualité de la conception : il convient de concevoir à son image.

Concevoir ses écrits

Des difficultés à rédiger cachent souvent quelque chose de plus profond. Peut-être que le propos n’a pas de raison d’être, que le rédacteur manque de motivation ou qu’il est mal placé pour s’exprimer sur le sujet.

Une de mes stagiaires n’avait aucun mal à écrire ; pourtant, elle rencontrait des difficultés pour rédiger un type particulier de courrier : il s’agissait de répondre à des plaintes. On lui avait fourni des modèles de réponses mais qui ne la satisfaisaient pas, elle les trouvait secs et souhaitait en dire plus, pour renseigner au mieux ses destinataires. Dans sa tête, cela semblait clair ; mais devant l’ordinateur, elle bloquait.

À l’étude de son cas dans le cadre de ma formation, nous avons découvert que la réglementation de son entreprise lui interdisait de divulguer les informations qu’elle souhaitait communiquer, et qu’elle outrepassait ses droits. On peut dire que son incapacité à rédiger l’avait protégée, en quelque sorte, lui évitant de commettre un impair.

La formation lui a été utile pour identifier la source du blocage. Cela l’a confortée dans ses vraies capacités et lui a permis d’éluder les faux problèmes.

C’est pourquoi, avant de nous exprimer, demandons-nous si nous sommes la bonne personne, à la bonne place et au bon moment pour le faire. 

Publié dans : Enjeux, Poser les bases Étiquettes : , , , , ,

Bon sens intemporel
novembre 15th, 2017 par Jérôme Duez

Les leçons intemporelles font du bien. Dans une société en perpétuelle mutation, il est réconfortant de vérifier que des classiques restent d’actualité. Nicolas Boileau est de ceux-là. Comme son titre l’indique, “L’art poétique” s’adresse principalement aux poètes et aux dramaturges. Mais beaucoup des conseils contenus dans l’ouvrage sont aussi valables pour réussir nos écrits professionnels.

Voici quelques extraits de l’ouvrage : en italiques, le texte original ; et en caractères normaux, mon adaptation en langage d’aujourd’hui.

Chant I.

(…) Craignez d’un vain plaisir les trompeuses amorces,

Et consultez longtemps votre esprit et vos forces.

Prenez le temps de réfléchir avant de parler ou d’écrire.

 

(…) Quelque sujet qu’on traite, ou plaisant, ou sublime,

Que toujours le bon sens s’accorde avec la rime ;

(…) Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits

Empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix.

La raison et le bon sens doivent prédominer. Sans cela, le texte est sans valeur.

 

La plupart, emportés d’une fougue insensée,

Toujours loin du sens vont chercher leur pensée

Ils croiraient s’abaisser, dans leurs vers monstrueux,

S’ils pensaient ce qu’un autre a pu penser comme eux.

Beaucoup cherchent à briller par trop d’originalité, pour un résultat insensé…

 

(…) Un auteur quelquefois, trop plein de son objet,

Jamais sans l’épuiser n’abandonne un sujet.

S’il rencontre un palais, il m’en dépeint la face ;

Il me promène après de terrasse en terrasse ;

Ici s’offre un perron ; là règne un corridor ;

Là ce balcon s’enferme en un balustre d’or.

(…)Fuyez de ces auteurs l’abondance stérile,

Et ne vous chargez point d’un détail inutile.

Tout ce qu’on dit de trop est fade et rebutant ;

L’esprit rassasié le rejette à l’instant,

Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.

…D’autres s’écoutent parler et gonflent leur discours sans rien dire de pertinent. Élaguez vos textes, débarrassez-vous du rébarbatif.

 

(…) Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,

Mon esprit aussitôt commence à se détendre ;

Et, de vos vains discours prompt à se détacher,

Ne suit point un auteur qu’il faut toujours chercher.

Ouvrez votre discours avec une bonne accroche et annoncez d’emblée votre sujet. Sinon, vous perdez l’attention de vos lecteurs ou de votre auditoire.

 

Il est certains esprits dont les sombres pensées

Sont d’un nuage épais toujours embarrassées ;

Le jour de la raison ne le saurait percer.

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Selon que notre idée est plus ou moins obscure,

L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

À parler trop vite, le propos est creux et confus. La beauté du texte reflète la profondeur de la pensée. La clarté du discours est le fruit d’une solide réflexion.

 

(…) Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,

Et ne vous piquez point d’une folle vitesse.

Un style si rapide, et qui court en rimant,

Marque moins trop l’esprit que peu de jugement.

(…) Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :

Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Prenez le temps nécessaire pour rédiger. Ne vous faites pas avoir par un environnement de stress. Nous accordons peu de crédit aux textes écrits à la va-vite. Écrivez en plusieurs fois, relisez-vous, soignez la précision et la concision.

 

C’est peu qu’en un ouvrage où les fautes fourmillent,

Des traits d’esprit, semés de temps en temps, pétillent.

Les défauts d’un texte l’emportent sur ses qualités.

 

Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;

Que le début, la fin, répondent au milieu ;

Que d’un art délicat les pièces assorties

N’y forment qu’un seul tout de diverses parties,

Que jamais du sujet le discours s’écartant

N’aille chercher trop loin quelque mot éclatant.

Suivez la ligne. Traitez d’un sujet à la fois en évitant les digressions.

 

Craignez-vous pour vos vers la censure publique ?

Soyez-vous à vous-même un sévère critique.

Soyez exigeant si vous souhaitez être irréprochable.

 

L’ignorance toujours est prête à s’admirer.

Faites-vous des amis prompts à vous censurer ;

Qu’ils soient de vos écrits les confidents sincères,

Et de tous vos défauts les zélés adversaires.

Ne vous contentez pas des premiers résultats. Faites corriger vos textes, de préférence par des amis exigeants et pointilleux (1).

 

Dépouillez devant eux l’arrogance d’auteur,

Mais sachez de l’ami discerner le flatteur :

Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.

Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue.

Suivez leurs critiques constructives sans monter sur vos grands chevaux. Ne soyez pas dans l’attente de leurs compliments. Mieux vaut recevoir la critique de face que la subir dans le dos.

 

(…) Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible,

Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :

(…) Il réprime des mots l’ambitieuse emphase ;

Ici le sens le choque, et plus loin c’est la phrase.

S’il ne laisse passer aucune facilité, c’est un ami fiable !

 

(…) L’ouvrage le plus plat a, chez les courtisans,

De tout temps rencontré de zélés partisans ;

Et, pour finir par un trait de satire,

Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.

La médiocrité plait aux médiocres et les flatteurs appartiennent au camp des petits.

 

Chant III :

(…) Vos froids raisonnements ne feront qu’attiédir

Un spectateur toujours paresseux d’applaudir,

Et qui, des vains efforts de votre rhétorique

Justement fatigué, s’endort ou vous critique.

Les longs raisonnements ennuient. Les faits sont plus importants que les considérations personnelles…

 

(…) Sans tous ces ornements le vers tombe en langueur,

La poésie est morte ou rampe sans vigueur,

Le poète n’est plus qu’un orateur timide,

Qu’un froid historien d’une fable insipide.

…En revanche, le texte doit être enrichi par des détails qui lui insufflent vie et lui donnent du relief. En art, l’enrichissement tient du style et des effets poétiques. En matière d’écrits professionnels, il convient de défendre ses affirmations à l’aide d’une solide argumentation, notamment afin de parer les objections. Sans cela, l’auteur manque de cordes à son arc.

 

(…) Donnez à votre ouvrage une juste étendue.

Que le début soit simple et n’ait rien d’affecté.

N’allez pas dès l’abord, sur Pégase monté,

Crier à vos lecteurs, d’une voix de tonnerre

« Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre. »

Que produira l’auteur, après tous ces grands cris ?

La montagne en travail enfante une souris.

Soyez à la hauteur de votre ambition et tenez vos promesses. Dans votre introduction, n’annoncez rien de plus grand que le texte qui suit.

 

(…) Un poème excellent, où tout marche et se suit,

N’est pas de ces travaux qu’un caprice produit :

Il veut du temps, des soins ; et ce pénible ouvrage

Jamais d’un écolier ne fut l’apprentissage.

La qualité est le résultat d’un travail soigné et d’une certaine maturité.

____________________

Le haut degré d’exigence de Boileau visait l’art et le bon. Ailleurs dans son texte, il conseillait à ceux qui manquaient de talent de choisir un autre métier.

Nous n’en sommes pas là, s’agissant des écrits professionnels : dans ce domaine, l’acte d’écrire concerne tout le monde. Donc, on ne peut pas en exiger autant.

Toutefois, écrire a beau être devenu plus facile aujourd’hui qu’hier, des règles et des principes sont toujours à suivre. Notamment, nous ne pouvons pas faire l’économie de la réflexion et d’un effort de bon sens.

Rassurant, n’est-ce pas ?

Pourtant, ce texte exemplaire peut prêter au doute et à la discussion. Et notamment sa phrase la plus célèbre : “Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement”.

Pour avancer dans la réflexion, lisez ceci.

(1) La correction peut être sympathique, ce billet vous le confirme.

Publié dans : Poser les bases Étiquettes : , ,

Conseils pour améliorer son orthographe
mai 30th, 2017 par Jérôme Duez

Des gens qui ne se trouvent pas assez beaux dépensent des fortunes en chirurgie esthétique. Quand on est laid en orthographe, on peut tout changer en ne dépensant presque rien !

Et le résultat est durable, alors que les résultats d’une chirurgie ne sont que passagers !

Une orthographe soignée embellit sans cesse, et votre image avec !

Les bienfaits d’une orthographe saine

Vous voulez embellir votre orthographe et je vous dis bravo !

Vous avez tout à y gagner. En êtes-vous conscient ?

En vous dotant d’une bonne orthographe, vous allez vivre une nouvelle vie, plus palpitante et riche en émotions.

Vous allez devenir plus attirant sur l’Internet, et vous provoquerez plus facilement les opportunités.

L’orthographe, c’est comme l’apparence physique : cela caractérise la personne en quelques secondes. À la vue rapide de votre niveau en orthographe, les autres ferment leur porte ou l’ouvrent en grand.

La différence est de taille !

Alors, prêt(e) à transformer votre image du tout au tout ?

Voici les supports qui vous aideront à embellir, à votre rythme.

Embellir votre orthographe par les manuels

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », une belle promesse, n’est-ce pas ? Que sont 100 jours, ou même 1 an, à raison d’une dizaine de minutes par soir (car on retient mieux la leçon avant de dormir) ?

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », c’est le titre d’un livre de Bénédicte Gaillard aux Editions de l’Opportun.

Il se laisse lire agréablement et il peut être efficace, si toutefois vous avez plaisir à apprendre par les livres.

Je ne conseillerai que ce livre-là, parce que j’aime particulièrement le titre et le concept. Mais si vous êtes habitué.e à apprendre par les livres, vous savez qu’il est préférable de trouver par vous-même parmi une sélection d’ouvrages consacrés au sujet, celui qui vous convient le mieux.

(J’en dis plus sur le rapport aux livres dans ce billet.)

Embellir votre orthographe par les correcteurs

Écrire et se faire corriger, c’est de l’apprentissage sur le terrain. Vous montrez vos faiblesses à une tierce personne, et sa correction vous marque plus profondément qu’une leçon apprise dans un livre ou en formation.

Tout le monde n’a pas dans son entourage une personne douée en orthographe, disponible et volontaire pour corriger des textes à tout moment. Heureusement, des génies de l’informatique produisent des miracles pour nous rendre toujours plus beaux !

Dans mon précédent billet consacré aux outils qui facilitent l’écriture (ici), je parle d’Antidote, le correcteur le plus performant actuellement. Il souligne une grande variété de fautes, en vous livrant des explications plus ou moins détaillées, selon votre envie.

Cette machine incroyable est d’une aide précieuse pour vos textes du quotidien. Mais pour les textes importants, une correction effectuée par un humain s’impose.

(Autre billet soulignant l’importance de la correction : « Les fautes, les traîtresses ».)

Embellir votre orthographe et l’afficher dans le CV

Le certificat Voltaire certifie le niveau en orthographe. L’examen, d’une durée de trois heures, se déroule dans un organisme agréé. C’est un QCM de 195 questions.

Vu le mauvais niveau en orthographe d’un grand nombre d’étudiants, la mention du certificat Voltaire dans le CV est un plus pour décrocher un emploi. Si vous êtes motivé par cet argument, il est sûr que la préparation à l’examen va vous faire progresser efficacement.

Des livres existent pour cette préparation, ainsi qu’une application offrant des QCM d’entraînement. Vous trouverez le tout à ce lien.

Embellir votre orthographe par la formation

De nombreux organismes de formation proposent de « maîtriser son orthographe » en 2 ou 3 jours seulement !

Ne rêvez pas, c’est impossible ! L’intitulé devrait être « s’engager sur la voie de la maîtrise en orthographe ». Je sais, c’est moins séduisant, mais plus réaliste.

Deux ou trois jours, cela laisse le temps pour vous évaluer et élaborer un plan de travail pour progresser.

Des tests sur Internet vous permettent de vous évaluer, mais peut-être que pour vous, cela ne suffit pas, et que vous avez besoin d’un regard extérieur pour recevoir un diagnostic précis. Dans ce cas, la formation vous sera profitable.

Si vous n’aimez pas apprendre seul dans votre coin et que rien ne vaut l’accompagnement physique pour vous donner des ailes, l’idéal serait de suivre des cours particuliers.

Embellir votre orthographe par la lecture

Je croirais entendre mon vieux prof de français en vous donnant ce dernier conseil, mais je constate qu’il n’est pas passé de mode. Le voici : lisez souvent !

Peu importe ce que vous lisez, pourvu que cela vous plaise et que cela soit correctement écrit. Nous avons la chance en France, de ne pas manquer de livres, de revues et de blogs de qualité, pour étancher la soif des lecteurs les plus insatiables.

Si vous avez une mémoire photographique, la lecture va favoriser vos progrès en orthographe aussi sûrement que les exercices. Pour les autres, les effets bénéfiques de la lecture seront plus lents mais il y a beaucoup d’avantages à lire.

Celles et ceux qui ne lisent pas ne savent pas la différence entre le langage parlé et le langage écrit. La lecture ouvre à ce savoir. De plus, lire souvent favorise la capacité à trouver plus vite vos propres mots pour vous exprimer. Le tout en vous faisant plaisir avec des sujets intéressants !

Et vous, quelle formule vous a permis d’effacer les impuretés de vos textes, et de faire gagner à votre orthographe une brillance superbe  ?

Publié dans : Enjeux, Poser les bases Étiquettes : , , , , , ,

Liste d'outils pour mieux écrire
mai 16th, 2017 par Jérôme Duez

Avec les nouveaux outils à votre disposition, écrire n’a jamais été aussi simple.

En voici quelques-uns, parmi les plus efficaces.

Dragon, le logiciel de reconnaissance vocale

Vous parlez, il écrit… plus ou moins fidèlement. Longtemps, Dragon a été difficile à installer. Longtemps, il a manqué de fiabilité (les bruits parasites déformaient les mots retranscrits, d’après des témoignages).

Cela semble s’arranger, mais il est encore trop tôt pour affirmer que Dragon arrive à maturité. Selon moi, ce sera le cas quand on pourra l’utiliser dans n’importe quel environnement sonore.

J’attends avant de l’acquérir. J’aime dicter mes idées en toute circonstance et mon outil de prédilection est le dictaphone. Mais je ne veux pas dénigrer Dragon, car je connais des utilisateurs qui ne peuvent plus s’en passer.

Ici, vous pouvez lire un test intéressant de Dragon pour Mac 5, signé Anthony Nelzin.

Evernote ou OneNote, les « capteurs d’éléments »

Ce sont plus que des instruments de prise de notes, Evernote et OneNote capturent tout type d’élément : articles du Net, photos prises avec le smartphone,  captures d’écran…

Il semble qu’Evernote soit mieux conçu pour la mobilité et qu’il soit plus apprécié par l’ensemble des utilisateurs. En témoigne ce billet enflammé d’Antoine Blanchemaison.

Dès que je serai équipé d’un smartphone, je l’adopterai sûrement !

Les dictionnaires

On ne parle jamais assez de l’importance de l’orthographe ; j’ai déjà écrit sur le sujet à deux reprises, ici et ici. Pour vous aider à soigner votre orthographe, le portail lexical du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) présente l’offre la plus complète.

Sous Firefox, vous pouvez installer l’extension gratuitement dans votre barre des tâches.

Vous tapez le mot à rechercher, et vous êtes relié au site qui propose plusieurs entrées pour votre mot : définition, synonymie, antonymie et étymologie.

Le portail regroupe aussi une variété de dictionnaires spécialisés.

Vous pouvez préférer des dictionnaires en ligne plus simples. Dans ce cas, le site des dictionnaires Larousse est très bien ; et pour les synonymes, le Dictionnaire Electronique des Synonymes (DES) de l’Université de Caen Normandie donne d’excellents résultats.

Antidote, le correcteur de style

Si vous vous procurez Antidote, vous pouvez oublier le chapitre précédent. Car ce logiciel aussi met en lien tous les dictionnaires utiles. Et il fait beaucoup plus.

Antidote est le correcteur complet, il corrige l’orthographe, la grammaire et le style. Il souligne les fautes, il explique la nature de la faute, et propose un remplacement.

Ainsi, tout en étant corrigé, vous pouvez progresser en français.

D’emblée, cela semble être un incontournable pour corriger les écrits professionnels, journalistiques et universitaires. En revanche, un romancier a-t-il intérêt à faire corriger son style par une machine ?

Je viens de l’installer et de le tester avec mon livre qui sortira en juin : “Organiser ses idées, structurer ses écrits”. J’avais précédemment confié le manuscrit à deux correcteurs de talent, et Antidote a repéré des fautes supplémentaires. Impressionnant !

Pour en lire plus sur ce logiciel, voyez cet article-ci.

Scrivener, le traitement de texte des écrivains

Scrivener change la vie des écrivains, des universitaires et de tous ceux qui rédigent des documents longs.

Il offre une visibilité incomparable, car il permet de classer ses notes de manière optimale.

Accéder à une note précise, changer l’ordre des chapitres, éditer son livre sous format numérique et papier, autant d’opérations qui sont facilitées par Scrivener.

De plus, il est possible de coupler Evernote et Scrivener : ce qui est pris dans le premier est automatiquement classé dans le second.

Il est possible de l’essayer gratuitement pendant 30 jours. La page de téléchargement est en anglais mais le logiciel existe en français.

Cette présentation très claire de Lionel Davoust vous en dit plus.

Et demain, quels outils ?

Un outil magnifique donne des ailes au savoir-faire. Mais sans savoir-faire, il vous donne l’illusion d’accomplir des prodiges, sans offrir de résultats probants…

Par conséquent, aucun de ces outils magnifiques ne vous fait l’économie des connaissances nécessaires en matière d’écriture… Mais qu’en sera-t-il demain ?

Le robot rédacteur existe. Cet article de Vincent Glad vous présente Data2content, robot au service d’agences de voyages, du journal Le Monde, de la SNCF… et bientôt chez vous ! 

Cela veut-il dire que nous cesserons d’écrire ? Je ne le crois pas. En nous délestant des contraintes techniques de l’écriture, nous aurons l’esprit plus libre pour nous consacrer aux questions de fond, et aux catégories d’écrits où resplendit notre humanité.

Apportez votre avis sur les outils mentionnés !

En avez-vous d’autres à conseiller ?

 

Publié dans : Ecrire opérationnel, Poser les bases Étiquettes : , , , , , ,

écriture scolaire
mai 9th, 2017 par Jérôme Duez

Les écrits professionnels n’ont rien à voir avec l’écriture scolaire. Parce que le milieu professionnel est un autre monde, beaucoup plus confortable que l’école et le collège.

La rédaction et la dissertation sont les seules épreuves scolaires qui demandent de montrer un savoir-faire technique, tout en exprimant un propos qui sort de nous. La note sur 20 porte à la fois sur la forme et sur le fond. En cas de mauvaise note, les conséquences sont souvent blessantes et dans l’esprit de l’élève, c’est son propos – une part de lui-même – qui a été rejeté.

Heureusement, nous ne sommes plus à l’école ! Voici trois exemples démontrant l’écart immense entre la rudesse de l’écriture en milieu scolaire et le confort de l’écriture en milieu professionnel :

Le problème du grand style

À l’école, pour faire connaissance avec l’écriture, nous avons reçu des dictées souvent extraites de textes de grands auteurs. Nous avons écrit des mots inconnus, des phrases aux tournures compliquées et intimidantes. Avec les récitations c’était pareil, nous avons dû apprendre des textes d’une perfection littéraire inaccessible. Donc, pour beaucoup, la découverte de la littérature a provoqué un complexe d’infériorité quasi insurmontable ; et écrire est devenu synonyme d’écrire avec style.

Les écrits professionnels sont le contraire de la littérature, dans le sens où ils doivent être dépourvus d’effets de style. Pourtant, nombre d’entre vous qui êtes restés sur une idée fausse de la « maîtrise de l’écriture » passent trop de temps à soigner le style. Or, l’attente du lecteur se situe ailleurs, au niveau du plan. Autrement dit, le lecteur attend certaines informations, présentées dans un ordre précis.

Le problème de devoir se montrer

En classe de 6ème, pour nos premiers devoirs de rédaction, le prof nous donnait comme sujet : « Racontez vos vacances » ou « Racontez vos week-ends ». Les sujets touchaient donc à l’intimité. Pour peu que notre rédaction ait été exemplaire par son excellence ou par sa médiocrité, elle était lue à la classe, ce qui nous valait des plaisanteries des copains sur notre façon d’occuper nos loisirs. Certaines personnes ne se sont pas remises de ce genre d’épisode et pour elles, écrire est une violente mise à nue.

Dans le contexte professionnel, nous nous exprimons rarement pour raconter notre vie ou pour donner un point de vue intime. Nous nous exprimons principalement pour mentionner deux choses : les faits et notre analyse des faits. Notre objectivité est de rigueur. Notre personnalité apparaît dans le choix, la pertinence et la clarté de nos informations, non dans leur interprétation. Et notre analyse repose surtout sur notre expérience professionnelle et sur notre expertise. Ceci est une certitude : la violation de la sphère privée n’a aucune légitimité dans la sphère professionnelle.

Le problème de la page blanche

Les jours de composition écrite en classe, nous commencions par sortir du papier, puis nous notions en haut d’une feuille le sujet de la rédaction ou de la dissertation que le (la) prof nous dictait et enfin, nous réfléchissions devant une feuille blanche.

Dans le contexte professionnel, réfléchir face à une feuille ou allumer l’ordinateur avant de savoir ce que nous allons écrire est un geste aussi absurde que celui consistant à saisir son téléphone avant de savoir quoi dire. Pour une raison simple : écrire à l’école, c’était pour apprendre à écrire, alors qu’écrire en milieu professionnel, c’est de l’action pure ! Et toute action se fait en deux temps : 1 – nous pensons ; 2 – nous agissons.

Pourtant, trop de monde conserve la feuille pour réfléchir ; si ce geste convient à certains, à d’autres il crée la fameuse angoisse de la page blanche.

Écrire c’est agir

Pour mener à bien la phase préparatoire de réflexion, il convient à certains de prendre des notes de façon classique, tandis que d’autres ont besoin de tracer des mind maps (que nous verrons plus loin), d’autres préfèrent marcher ou gribouiller de petits dessins, parler au dictaphone ou rester tranquilles à ne rien faire d’apparent. Si bien qu’au moment de sortir la feuille, les idées sont déjà en place et l’angoisse de la page blanche n’existe plus.

Pour beaucoup, le mot rédaction évoque le collège ou la littérature. Ces associations d’idées n’ont pas de sens dans un contexte professionnel, où écrire est exclusivement une action, au même titre que prendre son téléphone.

 

Ce texte est un extrait du manuel « Osez l’écriture ! », en téléchargement gratuit.

Publié dans : Poser les bases Étiquettes : , ,

Questionnement
mars 7th, 2017 par Jérôme Duez

La question a tout gâché.

Décrocher le rendez-vous, c’est déjà une petite victoire. Il est arrivé à l’heure. Son look était impeccable. Une charmante hôtesse lui a demandé de patienter, ce n’est plus qu’une question de minutes.

Le recruteur a pris la peine de venir le chercher. La poignée de main était sympathique. Autant de signes encourageants.

Et en effet, tout s’est bien passé, jusqu’au moment fatal où le recruteur a posé la question qui a déstabilisé le candidat : « Qui êtes-vous ? »

Quelle est la nature de cette question ?

Il aurait dit « Parlez-moi de vous », cela aurait produit le même effet. Le candidat est bousculé par la question.

Il se demande s’il n’a pas affaire à un pervers, il a envie de dire « pouvez-vous préciser la question ? » mais il n’ose pas, il bafouille un début de réponse stupide. Il en veut à l’autre de lui avoir posé cette question, et sa grimace n’est pas belle à voir.

Pourquoi vivre aussi mal un simple « Qui êtes-vous ? » ? Il s’agit d’une question ouverte, à laquelle chacun est libre de répondre comme il l’entend.

Il est vrai que dans le cadre d’un recrutement, le candidat doit se vendre. Et tous les vendeurs vous le diront, soi-même est l’article le plus difficile à vendre. « Qui êtes-vous ? » donne l’impression de mettre soi-même en avant, sans garde-fou, cela peut faire peur… Mais ce n’est pas une raison pour perdre ses moyens.

D’une certaine façon, la réponse à « Qui êtes-vous ? » n’est pas l’élément le plus intéressant. Ce qui prime, c’est la façon dont le candidat interprète la question.

Si la question le met mal à l’aise, cela signifie qu’il soupçonne l’autre d’avoir l’esprit mal tourné. Et dans ce cas, alors que la question est neutre, ne serait-ce pas le candidat lui-même qui fait du mauvais esprit ?

Mais s’il ne perd pas de vue le contexte et l’objectif de l’entretien, il a tous les atouts pour s’en sortir.

Attachons-nous aux faits : un recruteur veut en connaître plus sur lui parce qu’il semble intéressé. Vue ainsi, la question part d’une saine curiosité. Elle peut signifier simplement : « Qui êtes-vous, sur le plan professionnel ? »  Répondre à cette question ne pose pas de problème.

Moralité : à partir de cette simple question, le candidat ignore si le recruteur est bien ou mal intentionné à son égard. Donc, dans le doute, autant prendre les choses positivement ou mieux, objectivement.

À question simple, réponse simple

Posez-vous la question : « Qui suis-je, en tant que professionnel ? ». Avez-vous trouvé une réponse ? Si ce n’est pas le cas, je vous souffle la trame, mais c’est à vous d’y mettre les termes.

Voici : en milieu professionnel, je me présente comme une vitrine d’expériences et de connaissances, d’aptitudes et de compétences, de savoir-être et de savoir-faire, le tout acquis et développé dans les cadres professionnel et extra-professionnel (bénévolat, loisirs, famille : tout épisode contribuant à révéler une qualité est bon à prendre).

Vous pouvez rétorquer que ces mots-clés apparaissent dans votre CV, et que vous avez l’impression de vous répéter en racontant cela. Sauf qu’il manque un élément essentiel dans le CV : c’est la ligne du récit. En lisant le CV, j’ignore si les faits rapportés sont le fruit du hasard, d’une volonté extérieure ou de la vôtre. Cela n’indique pas d’où vous venez et ce qui vous a conduit à devenir la personne que vous êtes aujourd’hui.

En somme, répondre à la question « Qui êtes-vous, sur le plan professionnel ?”, cela revient à raconter le récit suivant : « Je me suis dirigé vers tel secteur, en raison de telles aptitudes et compétences de départ, ainsi qu’un goût prononcé pour telle matière. Dans le cadre de cette expérience, j’ai enrichi mes connaissances en ceci et cela, et j’ai développé telle et telle nouvelles compétences. Cela m’a incité à acquérir cette nouvelle expérience pour enrichir tel volet. (…) Tout cela a fait de moi la personne que je suis aujourd’hui. »

En traçant cette ligne de récit, vous n’avez pas besoin de répéter les détails de l’expérience, visibles dans le CV, ou d’aborder vos objectifs, visibles dans la lettre de motivation.

Ce qui importe est de faire ressortir une cohérence entre vos aptitudes, vos connaissances, vos compétences et les choix professionnels, en rapport avec le poste que vous visez.

Le point de départ d’un dialogue

Ainsi, quand vous vous limitez au niveau professionnel, le « Qui êtes-vous ? » du recruteur devient une invitation à raconter votre aventure. Vous pourrez lui être reconnaissant de vous avoir posé cette question, preuve de son intérêt pour vous.

Évitez le monologue. N’oubliez pas que votre récit est un bon point de départ pour, à votre tour, vous montrer curieux de l’autre. Initiez le dialogue au plus tôt.

Si vous le sentez, vous pouvez oser un “Et vous, qui êtes-vous ?” sur un ton cordial. Vous pouvez poser des questions à tout moment, portant à la fois sur le recruteur et sur l’entreprise au sein de laquelle, je vous le souhaite, lui et vous serez bientôt collègues.

Publié dans : Communication, Méthode, Poser les bases Étiquettes : , , , ,

Texte fautes d'orthographes
décembre 16th, 2016 par Jérôme Duez

Nous sommes de plus en plus nombreux à commettre des fautes d’orthographe et de grammaire. Le sachant, ne serait-il pas temps de devenir indulgents, les uns vis-à-vis des fautes des autres ? Malheureusement, non.

Gare à ceux qui diffusent des textes non corrigés ! Cela relève de l’impolitesse, du manque de correction !

Pour l’éviter, je conseille de généraliser la pratique de la correction entre collègues ou ami(e)s, avec bienveillance et dans la bonne humeur.

La faute d’orthographe est une faute de style

Qu’est-ce qu’un excellent style professionnel ? C’est celui qui privilégie l’information. Le lecteur lit le texte sans effort et quand il a terminé, il pense : « C’était facile à lire ! J’ai tout compris et j’ai tout retenu ! ».

Pour réussir ce prodige, c’est simple : il suffit d’écrire des phrases courtes, séparées par des mots de liaison (du type mais, or, de plus, en revanche, car, etc.).

À la limite, quand en lisant vous pensez « Comme ce texte est bien écrit ! », c’est raté ; car dans ce cas, le style l’emporte sur l’information, il vous distrait et donc certains éléments importants peuvent vous échapper.

C’est pareil avec les fautes d’orthographe. Chaque faute remarquée détourne le lecteur du contenu. Chacune est un motif de distraction, qui peut s’avérer lourde de conséquences.

Un cas exceptionnel où je pardonne les fautes

En me promenant à Vincennes, je m’arrête devant une pâtisserie très attirante. Sa vitrine réveille ma gourmandise. Je m’approche des étiquettes devant les rangées de gâteaux et je suis frappé par le nombre impressionnant de fautes d’orthographe. Biscuit amende, crème émulsionné, chocolat noire… 

orthographe

Cela ne me choque pas. Au contraire, ces fautes m’apparaissent comme une touche poétique, une façon de dire « mon talent et mon énergie, je les réserve exclusivement à la création de mes pâtisseries ». Car le résultat est devant mes yeux et il est très appétissant ! Il s’agit bien là d’une exception.

En revanche, que dire du profil plein de fautes de ce plombier sur les réseaux sociaux ? Le problème, au contraire du pâtissier vincennois, c’est que nous ne voyons pas son travail. Nous pourrions penser qu’étant plombier, il n’est pas censé maîtriser le français et que c’est déjà courageux de sa part de publier un profil sur le Net. Nous pourrions trouver les maladresses attendrissantes…

Hélas, les écrits reflètent l’image de leur signataire. A la lecture d’un texte, nous tirons des conclusions hâtives sur l’auteur, à tort ou à raison. Si le texte est mal bâti, on en déduit que le travail du signataire est bancal ; s’il est salement présenté, on imagine l’auteur produire un sale travail ; quant au texte bourré de fautes, il trahit du je-m’en-foutisme.

C’est pourquoi il est important de confier ses textes à corriger. Pas nécessairement par un correcteur professionnel, mais par un collègue ou un ami qui connaît les règles du français et avec qui l’on s’entend bien. Parce qu’il est toujours plus facile de corriger les fautes des autres que les siennes.

Une correction peut être amusante !

Ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui fonctionnent quand vous rédigez et quand vous corrigez votre texte. Personnellement, j’avoue avoir beaucoup de mal à me corriger. Au moment de la relecture, je suis toujours plus soucieux de la clarté et de la précision de mon propos, que des règles du français ! Aussi ai-je fini par assumer mes fautes… Mais sans complaisance ! Je n’aime pas les laisser traîner !

Dans un premier temps, je corrige au mieux, sachant que ce ne sera pas parfait. Mais au moins, j’élague, je débroussaille, j’arrache les mauvaises herbes. Puis je me fais corriger par un tiers.

Il fut un temps où cette épreuve de la correction était pénible. C’était au temps où les éducateurs frappaient les enfants pour leur bien. Correcteurs et correctrices à l’école ou au sein de la famille avaient la fâcheuse habitude d’accompagner l’épreuve de remarques désobligeantes, parfois avec violence. « Comment peux-tu commettre encore des fautes pareilles ?! ».

Peut-être est-ce en souvenir des correcteurs pervers que tant de personnes négligent de donner leurs textes à corriger… Les pauvres, elles ignorent que la correction peut devenir une partie agréable !

Désormais, l’aventure a changé du tout au tout. Mes correcteurs me font découvrir le caractère risible de mes fautes, lesquelles révèlent parfois des traits de mon humeur.

Figurez-vous que chez moi, les fautes évoluent par groupes. Il n’en apparaît aucune dans certains paragraphes, alors que d’autres en sont truffés. Dans ce cas, leur présence dénonce toujours quelque chose de plus profond : soit mon idée n’est pas claire, soit je me suis levé du pied gauche et je fais du mauvais esprit qu’il vaut mieux gommer.

En somme, mes fautes sont des signaux d’alarme, révélateurs comme des actes manqués. Souvent, elles ne méritent pas d’être corrigées, car c’est tout le paragraphe qui est concerné. Je peux les remercier de me l’avoir fait remarquer.

C’est ainsi que j’ai appris à traiter mes fautes en amies, chères traîtresses, mauvaises fréquentations auxquelles je suis pourtant attaché ! Elles se donnaient des airs impitoyables quand je les connaissais mal ; mais depuis que je sais les lire entre les lignes, j’ai compris qu’elles sont souvent prévenantes.

À part mes fautes « groupées », je commets aussi des fautes solitaires. Celles-là ne signifient pas grand-chose. Je les appelle coquilles ou distractions. Souvent, je ne les vois pas à la relecture et il leur arrive d’échapper au regard de mes correcteurs…

Chère lectrice, cher lecteur, il se peut qu’une ou deux d’entre elles se soient égarées dans ce texte ou d’autres de ce blog. Si vous les remarquez, ayez la gentillesse de me les signaler. 

Ce billet vous a plu ? Alors, partagez ou commentez Si vous aimez ce billet, faites un geste !

Dans ce billet, je vous parle d’un correcteur magnifique.

Publié dans : Enjeux, Poser les bases Étiquettes : , , , , ,

Les questions essentielles pour bien écrire
décembre 2nd, 2016 par Jérôme Duez

Dès que vous allez devoir communiquer à l’oral ou à l’écrit, dans un contexte professionnel ou extra-professionnel, au moment où vous vous demandez « que dois-je dire ? », il convient de vous poser 3 questions.

Ces 3 questions sont des repères formidables, qui vont vous mettre en accord avec le destinataire/interlocuteur/public et en accord avec le sujet. Les voici :

1ère question : « À qui je m’adresse ? »

Cette question sert à cerner le profil de votre (vos) destinataire(s) ou de votre public.

Elle implique de répondre aux questions subsidiaires : « S’agit-il de mon supérieur, mon égal ou mon subordonné ? » ; et « Quel est son niveau de connaissance du sujet ? ». Si vous manquez de réponses à la dernière question, dans le doute, exprimez-vous comme si vous vous adressiez à un ignorant du sujet.

Lors du lancement d’un nouveau produit sur le marché, la question « à qui s’adresse ce produit ? » fait l’objet d’une étude marketing, parfois longue et coûteuse. Mais dans un contexte habituel d’écriture ou d’autres formes d’expression, quelques minutes de réflexion suffisent.

2ème question : « Qu’est-ce que mon destinataire veut savoir ? Et qu’a-t-il besoin de savoir ? »

La réponse est claire dans le cas où quelqu’un vous demande un écrit (rédaction d’une note, réponse à un courrier, etc.). Cette 2ème question correspond à l’étude de la commande.

Si ce n’est pas le cas, vous devez interroger la personne pour connaître ses attentes.

Dans le cas d’un écrit commercial (une brochure de présentation, une proposition commerciale, etc.), le rédacteur se réfère aux critères de la grille SONCAS, que connaît tout bon vendeur :

S comme Sécurité

O comme Orgueil

N comme Nouveauté

C comme Confort

A comme Argent

S comme Sympathie

Ces critères correspondent à nos motivations d’achat.

Par exemple, selon les individus, l’achat d’une voiture peut être motivé par son aspect économique (argent), son intérieur tout cuir (confort), sa puissance (orgueil), ses options à la pointe du progrès (nouveauté), la qualité de complicité du vendeur (sympathie), le système ABS, les airbags et le limiteur de vitesse (sécurité).

« Quel genre de voiture recherchez-vous ? », demande le vendeur. À travers sa réponse, le client exprime ses critères préférentiels. Ainsi, le vendeur peut orienter son discours commercial en fonction des attentes.

De même, hors du contexte commercial, il est recommandé de vous interroger sur les attentes de l’autre.

3ème question : « Qui suis-je, dans le cas présent ? »

Parfois, vous écrivez en votre nom propre, parfois au nom de votre service, parfois au nom de votre supérieur.

Quand vous écrivez en votre nom, vous pouvez décider de mettre en avant votre responsabilité (et vous imposez vos vues), ou votre expertise (et vous soumettez des propositions), ou votre part d’exécutant (et vous rapportez les informations et des propos d’autrui), etc.

De plus, selon les circonstances, vous choisissez de montrer un certain visage : sérieux pour sensibiliser votre auditoire sur un point délicat ; cool pour présenter les vœux de fin d’année ; autoritaire ou séducteur pour obtenir quelque chose, etc.

Soyez toujours attentifs à ces 3 questions

J’aime comparer l’écriture à la conduite automobile. Au moment d’apprendre à conduire, le débutant pense à tout, il se dit des choses comme « là je suis en 1ère, maintenant qu’est-ce que je fais ? Ah oui, je passe en 2de, sans oublier d’appuyer sur la pédale d’embrayage avec le pied droit…».

Avec un peu de pratique, il le fait sans y penser. En revanche, pour éviter tout accident ou sortie de route, il est sans cesse attentif à ce qui l’entoure et il modifie sa conduite selon qu’il roule en ville ou sur autoroute, sur chaussée sèche ou mouillée, etc.

L’écriture, c’est pareil. Vous devez suivre un plan, relativement simple. Au début vous vous interrogez : « Je viens de trouver ma phrase d’accroche ; et maintenant, qu’est-ce que j’écris ? Ah oui, je définis le sujet… »

Avec de la pratique, vous n’y pensez plus. En revanche, pour éviter les écarts de conduite, vous restez vigilant sur le contexte de votre communication, à savoir : ces 3 questions.

Ces 3 questions sont à la fois une sécurité et une première voie pour trouver le plan du texte :

  • La sécurité repose sur les questions 1 et 3, qui servent à ne pas dévier et tomber « hors contexte ». Au cas contraire, votre texte risque d’être à l’origine d’un conflit, au cours duquel votre destinataire demande d’un ton  énervé : « À qui croyez-vous vous adresser ? » et « Pour qui vous prenez-vous ? ».
  • Le plan repose en partie sur la question 2, qui vous évite de tomber dans le « hors sujet ». Quand nous savons ce que le destinataire veut et doit lire ou entendre, le contenu du texte va de soi.

Pensez-y toujours ! Elles vous sont indispensables, même quand vous connaissez votre sujet sur le bout des doigts. Car votre manière de vous exprimer varie constamment, selon le contexte, selon le destinataire et ses attentes, et selon la personne que vous êtes à l’instant et qui évolue sans cesse.

*

Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage “Organiser ses idées, structurer ses propos“.

Si ce billet vous a plu, celui-ci vous parle des bonnes questions pour trouver le plan d’une note de synthèse.

Publié dans : Méthode, Poser les bases Étiquettes : , , , ,