Catégorie Enjeux

maîtriser le plan pour être plus clair et concis
juin 13th, 2017 par JérômeDuez

La réussite d’un écrit professionnel repose principalement sur la réussite du plan.

Autrefois, écrire était élitiste et la qualité du style comptait beaucoup plus. Le bon style confirmait et soulignait le bon rang du signataire.

Aujourd’hui, avec Internet, l’écriture s’est démocratisée et désacralisée. Par conséquent, quand un texte contient des informations de qualité et suit un bon plan, le lecteur devient moins regardant sur le style.

Pourquoi un bon plan est-il si important ?

Les atouts d’un bon plan de texte sont multiples. Pour le rédacteur ou la rédactrice :

– C’est un cadre auquel se raccrocher avec la certitude d’aller dans le bon sens.

– Un plan détaillé offre une collection de repères qui nous éclairent à tout moment sur la voie de la rédaction.

– Suivre un plan protège chacun.e contre ses propres écarts.

– Un bon plan est le meilleur moyen pour accrocher la ou le destinataire, et pour maintenir son attention en éveil.

Au lecteur ou à la lectrice, la visibilité d’un bon plan offre plusieurs types de conforts. Principalement :

– Un confort de survol : la direction que suit le texte est visible au premier coup d’œil sur les intertitres.

– Un confort de lecture : des propos correctement morcelés sont plus faciles à comprendre et à retenir.

En somme, être compétent en matière de plan, c’est être mieux armé pour communiquer au quotidien.

La maîtrise du plan libère la rédaction

J’ai animé plusieurs centaines de formations aux écrits professionnels, et j’ai pu observer de nombreuses fois le phénomène suivant.

Des personnes souffrent de blocages qui les empêchent de développer leur propos aussi bien qu’elles le voudraient. Pourtant, elles savent écrire ; mais elles se croient victimes d’un problème insoluble, car remontant à l’enfance et à leur découverte de la lecture et de l’écriture.

Soudain, en formation, elles se découvrent capables de maîtriser les écrits professionnels, et le vérifient le jour même, en se concentrant uniquement sur le plan. Car la réflexion sur la structure du texte facilite l’enchaînement des idées et, ensuite, l’écriture coule de source.

Ainsi, souvent, un simple apport technique peut aider à libérer l’expression écrite.

La clé pour réussir les plans de vos écrits professionnels

Si vous avez des difficultés à trouver le plan de vos textes, la suite va vous intéresser.

Créer un plan n’a rien d’un exercice littéraire. Il est question de construction, de structure, d’enchaînements logiques…

À la limite, vous pouvez considérer votre texte comme un tableau de bord, composé des quelques boutons (une dizaine tout au plus), sur lesquels appuyer en suivant un ordre précis. C’est à la portée de tous.

J’ai écrit « Organiser ses idées, structurer ses propos », afin que, à votre tour, vous puissiez acquérir cette compétence.

L’ouvrage détaille l’ensemble des questions à vous poser et des repères méthodologiques, pour vous approprier les techniques.

Quand vous aurez expérimenté la méthode simple proposée dans ce livre, réaliser un plan se fera naturellement.

Vous y gagnerez en temps et – le plus important –  en aisance rédactionnelle !

 

 

 

 

« Organiser ses idées, structurer ses propos », sur Amazon.

 

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Conseils pour améliorer son orthographe
mai 30th, 2017 par JérômeDuez

Des gens qui ne se trouvent pas assez beaux dépensent des fortunes en chirurgie esthétique. Quand on est laid en orthographe, on peut tout changer en ne dépensant presque rien !

Et le résultat est durable, alors que les résultats d’une chirurgie ne sont que passagers !

Une orthographe soignée embellit sans cesse, et votre image avec !

Les bienfaits d’une orthographe saine

Vous voulez embellir votre orthographe et je vous dis bravo !

Vous avez tout à y gagner. En êtes-vous conscient.e (1) ?

En vous dotant d’une bonne orthographe, vous allez vivre une nouvelle vie, plus palpitante et riche en émotions.

Vous allez devenir plus attirant sur l’Internet, et vous provoquerez plus facilement les opportunités.

L’orthographe, c’est comme l’apparence physique : cela caractérise la personne en quelques secondes. À la vue rapide de votre niveau en orthographe, les autres ferment leur porte ou l’ouvrent en grand.

La différence est de taille !

Alors, prêt.e (1) à transformer votre image du tout au tout ?

Voici les supports qui vous aideront à embellir, à votre rythme.

Embellir votre orthographe par les manuels

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », une belle promesse, n’est-ce pas ? Que sont 100 jours, ou même 1 an, à raison d’une dizaine de minutes par soir (car on retient mieux la leçon avant de dormir) ?

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », c’est le titre d’un livre de Bénédicte Gaillard aux Editions de l’Opportun.

Il se laisse lire agréablement et il peut être efficace, si toutefois vous avez plaisir à apprendre par les livres.

Je ne conseillerai que ce livre-là, parce que j’aime particulièrement le titre et le concept. Mais si vous êtes habitué.e à apprendre par les livres, vous savez qu’il est préférable de trouver par vous-même parmi une sélection d’ouvrages consacrés au sujet, celui qui vous convient le mieux.

(J’en dis plus sur le rapport aux livres dans ce billet.)

Embellir votre orthographe par les correcteurs

Écrire et se faire corriger, c’est de l’apprentissage sur le terrain. Vous montrez vos faiblesses à une tierce personne, et sa correction vous marque plus profondément qu’une leçon apprise dans un livre ou en formation.

Tout le monde n’a pas dans son entourage une personne douée en orthographe, disponible et volontaire pour corriger des textes à tout moment. Heureusement, des génies de l’informatique produisent des miracles pour nous rendre toujours plus beaux !

Dans mon précédent billet consacré aux outils qui facilitent l’écriture (ici), je parle d’Antidote, le correcteur le plus performant actuellement. Il souligne une grande variété de fautes, en vous livrant des explications plus ou moins détaillées, selon votre envie.

Cette machine incroyable est d’une aide précieuse pour vos textes du quotidien. Mais pour les textes importants, une correction effectuée par un humain s’impose.

(Autre billet soulignant l’importance de la correction : « Les fautes, les traîtresses ».)

Embellir votre orthographe et l’afficher dans le CV

Le certificat Voltaire certifie le niveau en orthographe. L’examen, d’une durée de trois heures, se déroule dans un organisme agréé. C’est un QCM de 195 questions.

Vu le mauvais niveau en orthographe d’un grand nombre d’étudiants, la mention du certificat Voltaire dans le CV est un plus pour décrocher un emploi. Si vous êtes motivé.e par cet argument, il est sûr que la préparation à l’examen va vous faire progresser efficacement.

Des livres existent pour cette préparation, ainsi qu’une application offrant des QCM d’entraînement. Vous trouverez le tout à ce lien.

Embellir votre orthographe par la formation

De nombreux organismes de formation proposent de « maîtriser son orthographe » en 2 ou 3 jours seulement !

Ne rêvez pas, c’est impossible ! L’intitulé devrait être « s’engager sur la voie de la maîtrise en orthographe ». Je sais, c’est moins séduisant, mais plus réaliste.

Deux ou trois jours, cela laisse le temps pour vous évaluer et élaborer un plan de travail pour progresser.

Des tests sur Internet vous permettent de vous évaluer, mais peut-être que pour vous, cela ne suffit pas, et que vous avez besoin d’un regard extérieur pour recevoir un diagnostic précis. Dans ce cas, la formation vous sera profitable.

Si vous n’aimez pas apprendre seul.e (1) dans votre coin et que rien ne vaut l’accompagnement physique pour vous donner des ailes, l’idéal serait de suivre des cours particuliers.

Embellir votre orthographe par la lecture

Je croirais entendre mon vieux prof de français en vous donnant ce dernier conseil, mais je constate qu’il n’est pas passé de mode. Le voici : lisez souvent !

Peu importe ce que vous lisez, pourvu que cela vous plaise et que cela soit correctement écrit. Nous avons la chance en France, de ne pas manquer de livres, de revues et de blogs de qualité, pour étancher la soif des lecteurs les plus insatiables.

Si vous avez une mémoire photographique, la lecture va favoriser vos progrès en orthographe aussi sûrement que les exercices. Pour les autres, les effets bénéfiques de la lecture seront plus lents mais il y a beaucoup d’avantages à lire.

Celles et ceux qui ne lisent pas ne savent pas la différence entre le langage parlé et le langage écrit. La lecture ouvre à ce savoir. De plus, lire souvent favorise la capacité à trouver plus vite ses propres mots pour s’exprimer. Le tout en se faisant plaisir avec des sujets intéressants !

Et vous, quelle formule vous a permis d’effacer les impuretés de vos textes, et de faire gagner à votre orthographe une brillance superbe  ?

(1) Si cette manière d’inclure le féminin vous surprend, lisez ce billet sur de nouvelles règles d’écriture en matière de parité des sexes.

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mars 28th, 2017 par JérômeDuez

Il arrive en entreprise que des échanges d’e-mails maladroits provoquent des conflits. Des personnes, pourtant respectueuses des règles de la bienséance dans la vie quotidienne, en oublient le b-a-ba dès qu’ils écrivent dans la précipitation.

Dans ce cas, une formation aux écrits professionnels d’une journée peut se révéler des plus efficaces pour les équipes.

9 pratiques à éviter

Voici neuf motifs d’irritation provoqués par les e-mails maladroits :

Trop d’e-mails provenant de la même source. Chacun fait l’expérience d’ouvrir sa boîte à e-mails et de se sentir submergé. Alors, pourquoi faire subir cela aux autres ? Le pire, c’est quand les messages proviennent d’un espace distant de quelques mètres… Alors qu’un simple coup de fil ou un passage éclair à votre bureau serait plus pratique et convivial, et demanderait moins d’attention.

Les e-mails non ouverts. C’est peut-être dû au problème précédent, ou au fait que l’objet n’est pas suffisamment accrocheur. Quand vous faites le tri dans vos mails avant de lire les plus pertinents, il est possible que vous jetiez des mails importants mais à l’objet trop discret.

Des e-mails trop longs. Normalement, il ne doit pas être nécessaire d’utiliser sa souris pour lire un e-mail. La qualité de celui-ci dépend de sa brièveté. Or, certains ne respectent pas cet impératif. Qu’ils ne s’étonnent pas s’ils ne sont pas lus attentivement.

Des « RE: » à n’en plus finir. Certains correspondants ne font pas l’effort de réécrire l’objet tant que durent les échanges, même quand le sujet a dévié. Au résultat, les messages sont impossibles à archiver ; on met des heures à retrouver un e-mail précis.

– Des e-mails auxquels le correspondant répond partiellement. La règle veut qu’un e-mail aborde un point unique. Mais certains abordent plusieurs points. Alors parfois, ils n’obtiennent qu’une réponse partielle. Car celui qui respecte les règles répond au seul point en rapport avec l’objet, pour faciliter l’archivage. 

Si vous tenez à ce que vos multiples points soient pris en compte, soit vous envoyez autant d’e-mails que de points à traiter ; soit vous écrivez une note sous Word, postée en pièce jointe.

Un effet d’humour mal perçu. Évitez les vannes. Mais si, à certains moments, vous ne résistez pas, pensez au smiley pour souligner l’effet. Sinon, cela peut prêter à confusion.

Un abus d’envois en copie. Quelqu’un fait une remarque par e-mail, qu’il envoie en copie à un supérieur hiérarchique, alors qu’il n’y a pas péril en la demeure. Ce genre d’envoi, perçu comme un geste mesquin, pénalise l’expéditeur plus que le destinataire.

Des e-mails qui ne servent à rien. Il y a un principe à retenir : les écrits professionnels ont valeur de trace. Donc, autant que ladite trace ait une valeur opérationnelle ! Quand ce n’est pas le cas, un coup de fil peut remplacer l’e-mail.

– Une absence de formule de politesse. Aucune personnalisation, aucun signe d’humanité. Eh, on n’est pas des machines !

Avouez : certains de ces points ne vous énervent-ils pas ? 

Un moyen de souder les équipes

Les règles des écrits professionnels – et de la bienséance – offrent le confort de protéger chacun contre ses propres écarts. Il suffit de respecter ces règles pour faire l’économie de nombreux problèmes de relations humaines.

C’est pourquoi une journée de formation destinée à sensibiliser une équipe sur les bonnes pratiques en matière d’échanges d’e-mails va contribuer à modifier les comportements, sans avoir l’air d’y toucher.

Si un problème d’e-mail est abordé dans le cadre d’une gestion de conflit, les personnes concernées risquent de se sentir jugées au niveau personnel. Alors que, dans le cadre d’une formation, les participant.e.s sont sensibilisé.e.s sur l’importance de soigner leurs envois, de façon indirecte, en abordant les aspects techniques. Ainsi, elles.ils sont invité.e.s à changer leurs façons de faire, sans se sentir personnellement visé.e.s.(1)

De plus, aborder en équipe le sujet des écrits professionnels favorise la concertation. Car les règles de l’écriture étant évolutives et adaptables, il est possible de créer ses propres règles au sein de l’entreprise.

Ainsi, nous profitons de l’espace de la formation pour inviter les membres de l’équipe à se mettre d’accord sur la manière de personnaliser leur communication.

Ils peuvent aborder des questions du type : à quel rythme communiquer ? Quelle longueur accorder à un e-mail (et par la même occasion, à une note de service, à un compte rendu de réunion, etc.) ? Et pourquoi ne pas inventer des formules de politesse propres à l’entreprise ?

Voilà une occasion rare d’exprimer ses préférences en matière de communication quotidienne et de développer une nouvelle forme d’échanges, plus collaborative, cohérente et efficace.

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(1) Cette manière d’écrire le féminin avec un point vous choque ? Alors lisez ce billet sur les nouvelles règles de la parité, ici !

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mars 21st, 2017 par JérômeDuez

La nouvelle écriture, c’est la fin des phrases longues et du style ampoulé. À la place, ce sont des mises en page plus aérées pour faciliter le survol et un style plus simple. De quand date la nouvelle écriture ? Elle a émergé avec le numérique et j’ai l’impression qu’elle s’est affirmée avec l’emploi généralisé du mot « Cordialement ».

Évolution de la pratique du survol

Le survol d’un texte permet d’en repérer les points principaux. C’est aujourd’hui une pratique naturelle, alors qu’elle n’était pas courante il y a quelques années. La gymnastique oculaire a commencé dans les années 80, à l’apparition de la télécommande.

On peut dire que le zapping est à l’audiovisuel ce que le survol est au texte. En zappant, l’homme s’est habitué à décrypter rapidement l’information et à choisir aussi vite son programme.

Par ailleurs, le montage des films est devenu plus rapide, avec l’arrivée de la vidéo puis du numérique. Le montage façon clip est devenu un jeu d’enfant.

Ainsi, à partir des années 90, l’enchaînement rapide des plans est devenu la nouvelle écriture audiovisuelle et nos yeux se sont habitués à distinguer les plans brefs.

Les conséquences de cette évolution sur les pratiques de la lecture et de la rédaction ont été immédiates.

La nouvelle écriture, de son apparition à son affirmation

Les premiers ordinateurs à l’attention du grand public sont apparus au milieu des années 80. Une petite dizaine d’années plus tard, tout le monde a eu un PC à la maison. Le traitement de texte, avec sa mise en page rapide et son précieux correcteur d’orthographe, a facilité l’écriture. Mais il faudra attendre la fin des années 90 pour être témoin d’une simplification du style, avec l’Internet et l’e-mailing.

Les premiers e-mails se terminaient comme des courriers : « je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression na-na-na ».

Puis un jour, ce mot qui me fit sursauter : « Cordialement », émanant d’une personne que je ne connaissais qu’à peine ! Cela semblait déplacé. Dans le doute, j’allai chercher la définition dans le dico, qui me confirma l’aberration : « Cordial : qui vient du cœur. V. Affectueux, amical, bienveillant, chaleureux, (…) ». Logiquement, nous dirions « cordialement » à une personne que nous aurions envie de serrer contre nous.

Mais ce n’est pas nouveau. Quand nous disons je t’embrasse avec l’intention d’échanger de chastes bises, alors que le sens premier de l’expression est je te serre dans mes bras, quelle différence ? Dans les deux cas, les expressions Je t’embrasse et Cordialement dépassent souvent notre pensée… Qu’importe, elles font plaisir !

Ces dix dernières années, la société a été divisée en deux camps : les pro et les anti-cordialement. Le débat dure mais il devrait bientôt cesser. Car dans les grandes entreprises, des mauvais échanges d’e-mails génèrent des conflits. Entre autres sales pratiques menant au clash, l’absence de formule de politesse. Ne serait-ce que le mot « cordialement » et la discorde serait évitée ! 

Ainsi, ce mot devient indispensable. C’est comme un bouton sur lequel il convient d’appuyer pour conditionner la bonne entente.

À partir de ce moment, nous pouvons considérer que la nouvelle écriture – fonctionnelle avant tout – a atteint l’âge de la maturité.

Après la nouvelle écriture, quel nouveau monde ?

Ce que privilégie la nouvelle écriture, ce n’est pas la belle tournure de phrase mais la justesse des informations. C’est livrer le contenu attendu à l’endroit attendu. Il n’est plus besoin d’y mettre les formes (sauf situations et destinataires spéciaux). Pour le rédacteur, l’effort est concentré sur la pertinence et l’ordre des informations.

Nous serons toujours libres de nous ressourcer dans la littérature pour savourer le beau style enchanteur et enrichissant. Mais en ce qui concerne les écrits professionnels, que la qualité du contenu l’emporte sur la qualité du style, cela me réjouit. C’est une victoire de la démocratie, car le beau style est élitiste.

Et je me prends à espérer de tout cœur (cordialement) l’apparition d’une société nouvelle, où le travailleur le plus compétent ne sera plus reconnu pour avoir reçu la meilleure éducation, avoir suivi les meilleures études ou appartenir au meilleur milieu, mais pour son esprit de jugeote, sa créativité et son efficacité…

A quand cette nouvelle ère ? La nouvelle écriture en est peut-être le signe précurseur…

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mars 14th, 2017 par JérômeDuez

Aujourd’hui en France, les personnels de la fonction publique sont tenus d’écrire aux usagers dans un langage compréhensible par tous, et les maîtres des universités sont priés d’abandonner les jargons. Pourtant,  beaucoup de startuppers et d’ambassadeurs des nouvelles technologies, plutôt que de briser la glace, préfèrent faire du ice breaking.

Sommes-nous à ce point attachés à la culture de castes qu’il est impossible d’adopter un langage accessible au plus grand nombre ?

Une tradition solidement ancrée

En matière de langage, les personnels des administrations sont partagés entre l’ancienne génération et la nouvelle.

Les gens proches de la retraite (même à plus de dix ans, certains en sont proches en esprit) et qui n’ont pas envie de se former à de nouvelles pratiques, écrivent toujours des courriers aux tournures alambiquées, avec des débuts de phrases bourrés de références juridiques… Leurs courriers nous tombent des mains !

Heureusement, la jeune génération suit la nouvelle norme et pratique un style administratif plus proche du langage courant.

Dans la même logique, quand j’ouvre un essai de philo ou de socio écrit il y a quarante ans par un ponte de l’université française, je n’y comprends rien, un vocabulaire savant me refusant l’accès au savoir. Alors que je n’ai aucun problème pour lire le même type d’ouvrage écrit à la même époque par un Américain.

Aujourd’hui avec la mondialisation entraînant une obligation d’ouverture au plus vaste public, les choses changent et les essais français deviennent plus abordables.

Or, alors que dans la fonction publique et l’enseignement supérieur, ce sont les jeunes qui donnent l’exemple en employant un langage simple, dans les nouveaux métiers ils font le contraire et, entre les termes techniques et l’anglais, s’ingénient à peaufiner un langage abscons.

« Pour améliorer mon asset management, un contact m’a fowardé sur mon mail corporate un training center qui va me coacher au day to day ».

Oui, des gens existent aujourd’hui, qui s’expriment réellement comme ça ! Cette année, j’ai entendu deux conférenciers parler ainsi. L’un présentait un système d’e-learning, l’autre parlait des bonnes pratiques sur les réseaux sociaux. 

L’ordre des priorités

Dans mes formations, j’encourage l’utilisation du Mind mapping. C’est ainsi que je l’appelle, en précisant que l’invention est anglaise. Nous pouvons traduire mind map par carte mentale ou carte de la pensée, parce que ces cartes-là reproduisent le tracé d’un raisonnement.

La première traduction française du terme mind map a été carte heuristique (ou euristique). Pourquoi avoir choisi un mot de racine remontant à l’antiquité, alors que l’invention est récente ? – Mystère ! Heuriskein signifie trouver (eurêka = j’ai trouvé). Or, en plus d’être pompeux, ce mot grec est limitatif.

En effet, les mind maps servent en partie à trouver plus facilement des idées, mais pas seulement : elles servent aussi à mémoriser, à illustrer un exposé ou à échanger des idées plus vite.

Même chose quand je parle de storytelling : j’utilise le terme anglais, car l’engouement pour cette pratique est récent et nous vient des Etats-Unis (ou des Australiens David Epston et Michaël White selon certains, à moins que cela remonte à Confucius ou à Socrate…).

Le storytelling dépasse le simple fait de raconter une histoire. Je pourrais remplacer par communication narrative, mais storytelling est un terme plus courant et je ne suis pas Québécois pour faire de la traduction systématique.

En somme, je choisis la langue en fonction de la nature du mot et de son origine. Je n’ai pas de mal à prononcer des termes anglais ou latins, allemands, arabes et italiens, conscient du fait que ma langue est la combinaison d’une variété d’emprunts ; de là à utiliser autant de mots anglais que français dans mes phrases, il y a une marge.

Il semble que cela rassure de faire partie d’un cercle fermé et balisé par un langage spécifique. Cela permet aux grands de marquer leur pouvoir et aux petits de se sentir au chaud en s’introduisant dans un groupe restreint. Du langage des jeunes au jargon des mandarins, il n’y a pas grande différence : il est toujours question de protection et de démarcation…

Sauf qu’aujourd’hui plus que jamais, tout jargon frôle le ridicule, dès lors que l’on s’adresse à des non-initiés. Parler franglish  entre collègues et dans l’intimité du bureau, pourquoi pas ? Mais si vous visez un large public, évitez !

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février 28th, 2017 par JérômeDuez

Les comptes rendus accompagnent les moments importants de la vie professionnelle : entretiens téléphoniques, rendez-vous, réunions, étapes de production… Ces documents témoignent de vos actions, de vos paroles ou de vos observations.

Leurs finalités sont multiples : favoriser la concertation, marquer l’engagement, aider à la décision, orchestrer un déroulement et, dans tous les cas, apporter un témoignage et conserver une trace.

C’est dire leur importance ! Pourtant, leur rédaction soulève des enjeux pas toujours mesurés à leur juste valeur.

Les enjeux du compte rendu – rendez-vous compte !

L’efficacité de la rédaction s’apprécie à deux niveaux principaux : le temps consacré et le format adapté au contexte.

Prenons le cas d’une réunion de 3 heures :

– au niveau du temps de rédaction, certains comptes rendus de réunion, simplement destinés à l’archivage, demandent parfois trois jours de travail au rédacteur amateur, alors qu’une à trois heures suffisent à celui qui maîtrise la technique. Au prix du salaire horaire de la personne, faites le compte !

– au niveau du format, il en existe 5, selon la finalité et les destinataires : cela va du format le plus synthétique (présentation en tableau, sur une page ou deux), au document qui reproduit la quasi-intégralité des propos échangés (présenté parfois sous forme de dialogue en style direct, de 20 à 30 pages). Si par erreur, le format n’est pas adapté à la situation, il n’est pas opérationnel et n’est ni lu, ni exploité.

Les conditions pour réussir un compte rendu

La perte de temps est souvent due à deux facteurs :

– trop de notes prises qu’il faut ensuite relire, classer, réduire… ;

– trop d’efforts pour reformuler les propos.

La réussite du compte rendu repose sur la qualité de la préparation. Il convient de se poser les bonnes questions avant sa réalisation. Par exemple :

– Quels sont les objectifs du compte rendu ? Est-il destiné à l’archivage ou à la communication ? Pour l’archivage, le style ne compte pas mais seulement la fiabilité des informations.

– Quand il est destiné à communiquer, dans quel but ? Cette question concerne le document lui-même et le(s) sujet(s) qu’il contient.

– À qui s’adresse-t-il ? Seulement aux personnes mentionnées dans le texte ou à une plus large audience ? À des personnes ignorantes du sujet ou à des connaisseurs ? Etc.

– Quels types de propos est-il besoin de rapporter ?  

(Pour en savoir plus sur les questions fondamentales à vous poser avant d’écrire, cliquez ici).

L’étape suivante consiste à prendre la quantité de notes utiles à la rédaction et pas davantage. Cela répond à une gymnastique particulière. Beaucoup de personnes savent écrire correctement, sans pour autant s’en sortir avec cette gymnastique-là.

Un entraînement accompagné permet d’accélérer l’acquisition du bon questionnement et des bons gestes. En formation individuelle, une journée peut suffire pour changer sa pratique et mesurer immédiatement le gain de temps.

Les écrits opérationnels sont vos alliés privilégiés. Sachez en profiter !

 

Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses propos« .

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janvier 12th, 2017 par JérômeDuez

On sait que bien écrire fait gagner du temps. Mais chacun associe à cette affirmation un sens particulier.

Voici quatre facteurs de gain de temps, tous différents, tous importants :

1 – La clarté

Gagner du temps, c’est commencer par ne pas en perdre. Or, le manque de clarté engendre des malentendus. Un message mal compris déclenche une avalanche de mauvaises manœuvres. Que de temps perdu !

Le langage clair évite les détours. C’est un outil d’ouverture et un facteur de sympathie. C’est la première condition d’adhésion du lecteur. Cela mérite de s’y exercer !

2 – La bonne conduite

La correspondance écrite repose sur un vocabulaire réduit et quelques principes simples : l’objectivité, la diplomatie, l’absence d’effets de style…

Mais parfois, nos vies trépidantes peuvent nous faire oublier le b.a.-ba des règles de bonne conduite… Et un simple e-mail peut déclencher un conflit…

Les techniques adoptées pour maîtriser son sens de la formulation sont en partie liées à l’écriture, en partie seulement. Le reste repose sur une bonne gestion du stress.

3 – Le savoir-faire technique

Combien de temps pour rédiger un compte rendu de réunion ou un rapport ? 3 jours pour celui qui ignore la technique ; une demi-journée pour celui qui la possède. Calculez la différence de coût du document !

Le savoir-faire en matière d’écrits professionnels repose sur une technique simple, qui peut être assimilée rapidement. En formation individuelle, 1 jour peut suffire pour l’acquérir.

4 – L’automatisation

La version moderne du gain de temps est arrivée ! Une machine qui s’occupe du suivi de vos prospects et de vos clients à votre place ! Vous rédigez des textes et la machine les adresse à vos contacts, à dates programmées.

Autrement dit, quelques jours de travail pour des mois d’activité en votre absence ! Cela vous laisse libre d’accorder plus de temps à votre activité principale et à vos loisirs !

Je vous reparlerai bientôt de ce procédé révolutionnaire, que pratiquent de plus en plus d’entreprises et de freelances, et que j’expérimente actuellement.

Et pour vous, quel est le principal facteur de gain de temps lié à l’écriture ?

 

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