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Un bon storytelling doit toujours s'inspirer d'une vérité, même quand le résultat fourmille de fantaisie. Heureusement, nos vies pros sont de vrais romans !
octobre 22nd, 2019 par Jérôme Duez

« Je vais vous raconter une histoire », annonce le conférencier… Tout de suite, il se met à dos une partie de l’assemblée qui n’aime pas qu’on l’infantilise. « C’est l’histoire d’un… », avant la fin de sa phrase, des spectateurs soupirent. Car ce qu’il s’apprête à raconter ressemble à de la fiction, alors que l’on se trouve dans un salon professionnel, réunissant un public en attente d’informations concrètes et solides. Pauvre orateur, à côté de la plaque !

Pourtant, il l’a travaillé, son discours ! Combien de nuits blanches à soigner les tournures et à répéter ? Il a même fait appel à un consultant qui lui a vendu le storytelling comme le nec plus ultra de la com’. Mais ce consultant s’est improvisé storyteller, traduisant son titre au pied de la lettre : raconteur d’histoires. Erreur ! Un bon storytelling c’est le contraire, cela va chercher l’inspiration dans la réalité.

Un storytelling réussi repose sur une vérité

Au contraire du précédent, ce conférencier-là a tout compris. Il s’avance sur scène, les yeux fixés sur son public, il n’annonce rien encore, il est silencieux. Il sourit ou ne sourit pas, selon son caractère ; voyez comme il semble à l’aise ! Enfin, il parle : « Hier, j’ai… », et la suite sent le vécu. C’est un chef d’entreprise, on sait qu’il va faire part de son expérience, le récit est installé, l’adhésion est unanime.

Pour atteindre cette qualité de présence authentique, le plus court chemin est celui de la vérité. À l’étape de la conception de son discours, le conférencier puise en lui-même ce qui le motive et l’anime. Ensuite, transmettre cela lui demande peu d’efforts ; l’histoire illustrant son propos lui vient naturellement.

Le rapport entre l’entreprise et son image commerciale, c’est comme une union amoureuse qui dure : elle n’est pas fondée sur le mensonge. Chacun se découvre à l’autre avec ses forces et ses faiblesses, ses hauts et ses bas. En somme, de la vérité de deux individus naît l’invention du couple ; et la grande histoire peut démarrer.

Les éléments d’une bonne histoire

Comme je l’ai dit dans l’article « Suivez la trame du succès », les histoires qui fonctionnent suivent à peu près toutes la même trame : cela raconte une transformation. Or, la plupart de nos épisodes professionnels, eux aussi, racontent une transformation. Par exemple : votre client a un problème et vous allez lui apporter la solution ; donc, le passage du problème à la solution est en soi une transformation.

Vous voyez, il n’est pas besoin d’aller chercher bien loin pour raconter une histoire passionnante.

Une bonne histoire demande aussi de bons personnages, à savoir un héros et un  méchant captivants. Si l’on reprend le schéma problème/solution, le méchant de l’histoire est ledit problème. Et il faut avoir le talent pour donner du caractère à ce problème. Mais ce n’est pas le plus délicat.

Là où des storytellers se trompent parfois, c’est dans le choix du héros. Ils vont trop vite en besogne, en désignant le chef d’entreprise en tant que héros[1]. Or, tout le monde n’est pas Elon Musk ou Richard Branson, capable de communiquer sur sa vision du monde ou sur ses choix de vie.

Le héros peut être autre. Dans certains cas, il peut s’agir du client. Par exemple, les utilisateurs d’un Mac se transforment en de grands créatifs dès qu’ils think different ; et les clients de Nike se métamorphosent en super sportifs dès qu’ils just do it.

Et parfois, ce n’est ni l’entrepreneur, ni le client, mais c’est le produit qui est le héros. C’est le cas d’une belle voiture, qui transforme un trajet quelconque en voyage légendaire.

Ainsi, même quand les éléments d’un bon storytelling semblent simples, la fabrication du récit demande de la subtilité. Et ce n’est pas facile à réaliser soi-même.

Pour commencer…

Pour mettre en évidence l’image authentique d’un entrepreneur et de son produit, démarrez par une phase de questionnement. Soit vous choisissez de suivre une formation pour apprendre à vous poser les bonnes questions et à maîtriser les techniques du récit accrocheur, soit vous faites appel au storyteller compétent qui s’en chargera.

C’est à la qualité des questions de départ que vous pourrez mesurer la fiabilité de votre storytelling. Car je le répète, l’histoire produite repose sur du sérieux, c’est véritablement vous et votre entreprise, quel que soit le degré de fantaisie de la version finale.

L’enjeu est économique. Une bonne trame de storytelling dure des années. Chaque nouvelle saison, il suffit de la réactualiser légèrement, sans remettre en question la base. Tandis qu’une histoire fondée sur de l’invention pure est à revoir chaque année de fond en comble, dans l’espoir qu’un jour la com’ vise juste.

Alors, êtes-vous bien équipé.e pour réussir votre storytelling ?

* * *

[1] Si vous souhaitez incarner le héros de votre storytelling, allez plus loin dans la réflexion, et lisez ce billet : « Comment concevoir clairement ? »

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Concevoir à son image
novembre 28th, 2017 par Jérôme Duez

Il y a 15 jours, revoir le texte de Boileau m’a fait réfléchir. Sa célèbre phrase « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement », semble couler de source. Encore faut-il réussir l’étape de la conception. Or, sur ce point, Boileau se tait.

Ce qui se conçoit clairement… se quoi ?

Si l’on reste en surface, sur le simple rapport entre la conception du discours et son énoncé, cela peut inciter à l’hypocrisie. En effet, nombreux énoncent de la clarté apparente, quand en vérité ils n’ont rien conçu de clair.

C’est le cas chez les champions de rhétorique : ils nous impressionnent par leur argumentation, alors qu’en réfléchissant deux minutes à leur propos, on remarque qu’ils sont dépourvus d’idée.

Dans cette logique, ce qui s’énonce clairement n’est pas forcément le fruit d’une bonne conception.

Pour aller au fond des choses, il convient de s’attarder sur la qualité de la conception. Quel en serait l’adage ? Je propose ceci : « Ce que l’on vit bien se conçoit clairement » et aussi : « Ce que l’on projette bien se conçoit clairement ».

Se projeter, c’est s’imaginer dans une situation donnée. Le b a ba de la projection consiste à s’interroger sur son destinataire avant de s’exprimer. Quand je me demande « à qui je m’adresse ? », j’imagine mon destinataire et je me projette face à lui, en train de répondre à son attente.

Concevoir le succès

Un exercice de projection consiste à s’interroger sur ses propres désirs pour lancer des projets solides. C’est loin d’être simple.

Par exemple, concernant le désir de succès. Succès professionnel ou succès en amour. La publicité et le cinéma nous matraquent avec des représentations de la réussite et du succès. Du coup, certains croient devoir coller à ces représentations, sans s’interroger sur leur propre conception de la réussite.

Vouloir une Ferrari, alors que l’on n’aime pas la vitesse… Ou trouver l’âme sœur avec qui tout partager, alors que l’on est un solitaire endurci… Rêver de posséder une villa au bord de la mer alors que l’on craint l’eau… Vouloir coller à une image de réussite qui ne correspond pas à ses vrais désirs, cela revient à se fixer de faux objectifs.

Quand on vise quoi que ce soit, on a intérêt à se projeter dans une situation en rapport avec un objectif à 100% personnel. Sinon, la perspective sera faussée et les actions seront freinées ou déviées.

Concevoir son image

La dernière élection présidentielle a montré les failles d’un storytelling mal incarné. Toute bonne histoire contient un épisode de transformation, et les personnalités politiques en tiennent compte.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, c’est l’histoire d’un presque inconnu qui se transforme rapidement en personnalité incontournable. C’est simple et clair. Dans le cas de Marine Le Pen, c’est l’histoire d’une femme agressive qui se transforme en femme « apaisée », à la suite de la rupture avec son père. Là, c’est plus tordu.

Marine aurait dû concevoir sa transformation en s’appuyant sur une réalité. Par exemple, elle aurait pu raconter l’histoire de « la fille à son papa » qui se transforme en femme indépendante. Mais, pour une raison inconnue, Marine n’a pas voulu assumer sa vraie image et s’est inventé un rôle de toute pièce. Or,  Le Pen ne sera jamais Le Zen.

Le storytelling n’est pas une comédie et nous ne sommes pas des acteurs de composition. Dans la vraie vie, il est impossible de s’incarner dans un rôle qui ne colle pas à ce que nous sommes vraiment. Au bout d’un moment, le vernis craque et plus personne n’y croit.

C’est pourquoi un bon storytelling doit rester réaliste. Ce qui se conçoit bien est affaire d’harmonie entre le discours et son porteur. Et la clarté de la projection est à l’origine de la qualité de la conception : il convient de concevoir à son image.

Concevoir ses écrits

Des difficultés à rédiger cachent souvent quelque chose de plus profond. Peut-être que le propos n’a pas de raison d’être, que le rédacteur manque de motivation ou qu’il est mal placé pour s’exprimer sur le sujet.

Une de mes stagiaires n’avait aucun mal à écrire ; pourtant, elle rencontrait des difficultés pour rédiger un type particulier de courrier : il s’agissait de répondre à des plaintes. On lui avait fourni des modèles de réponses mais qui ne la satisfaisaient pas, elle les trouvait secs et souhaitait en dire plus, pour renseigner au mieux ses destinataires. Dans sa tête, cela semblait clair ; mais devant l’ordinateur, elle bloquait.

À l’étude de son cas dans le cadre de ma formation, nous avons découvert que la réglementation de son entreprise lui interdisait de divulguer les informations qu’elle souhaitait communiquer, et qu’elle outrepassait ses droits. On peut dire que son incapacité à rédiger l’avait protégée, en quelque sorte, lui évitant de commettre un impair.

La formation lui a été utile pour identifier la source du blocage. Cela l’a confortée dans ses vraies capacités et lui a permis d’éluder les faux problèmes.

C’est pourquoi, avant de nous exprimer, demandons-nous si nous sommes la bonne personne, à la bonne place et au bon moment pour le faire. 

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Conseils pour améliorer son orthographe
mai 30th, 2017 par Jérôme Duez

Des gens qui ne se trouvent pas assez beaux dépensent des fortunes en chirurgie esthétique. Quand on est laid en orthographe, on peut tout changer en ne dépensant presque rien !

Et le résultat est durable, alors que les résultats d’une chirurgie ne sont que passagers !

Une orthographe soignée embellit sans cesse, et votre image avec !

Les bienfaits d’une orthographe saine

Vous voulez embellir votre orthographe et je vous dis bravo !

Vous avez tout à y gagner. En êtes-vous conscient ?

En vous dotant d’une bonne orthographe, vous allez vivre une nouvelle vie, plus palpitante et riche en émotions.

Vous allez devenir plus attirant sur l’Internet, et vous provoquerez plus facilement les opportunités.

L’orthographe, c’est comme l’apparence physique : cela caractérise la personne en quelques secondes. À la vue rapide de votre niveau en orthographe, les autres ferment leur porte ou l’ouvrent en grand.

La différence est de taille !

Alors, prêt(e) à transformer votre image du tout au tout ?

Voici les supports qui vous aideront à embellir, à votre rythme.

Embellir votre orthographe par les manuels

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », une belle promesse, n’est-ce pas ? Que sont 100 jours, ou même 1 an, à raison d’une dizaine de minutes par soir (car on retient mieux la leçon avant de dormir) ?

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », c’est le titre d’un livre de Bénédicte Gaillard aux Editions de l’Opportun.

Il se laisse lire agréablement et il peut être efficace, si toutefois vous avez plaisir à apprendre par les livres.

Je ne conseillerai que ce livre-là, parce que j’aime particulièrement le titre et le concept. Mais si vous êtes habitué.e à apprendre par les livres, vous savez qu’il est préférable de trouver par vous-même parmi une sélection d’ouvrages consacrés au sujet, celui qui vous convient le mieux.

(J’en dis plus sur le rapport aux livres dans ce billet.)

Embellir votre orthographe par les correcteurs

Écrire et se faire corriger, c’est de l’apprentissage sur le terrain. Vous montrez vos faiblesses à une tierce personne, et sa correction vous marque plus profondément qu’une leçon apprise dans un livre ou en formation.

Tout le monde n’a pas dans son entourage une personne douée en orthographe, disponible et volontaire pour corriger des textes à tout moment. Heureusement, des génies de l’informatique produisent des miracles pour nous rendre toujours plus beaux !

Dans mon précédent billet consacré aux outils qui facilitent l’écriture (ici), je parle d’Antidote, le correcteur le plus performant actuellement. Il souligne une grande variété de fautes, en vous livrant des explications plus ou moins détaillées, selon votre envie.

Cette machine incroyable est d’une aide précieuse pour vos textes du quotidien. Mais pour les textes importants, une correction effectuée par un humain s’impose.

(Autre billet soulignant l’importance de la correction : « Les fautes, les traîtresses ».)

Embellir votre orthographe et l’afficher dans le CV

Le certificat Voltaire certifie le niveau en orthographe. L’examen, d’une durée de trois heures, se déroule dans un organisme agréé. C’est un QCM de 195 questions.

Vu le mauvais niveau en orthographe d’un grand nombre d’étudiants, la mention du certificat Voltaire dans le CV est un plus pour décrocher un emploi. Si vous êtes motivé par cet argument, il est sûr que la préparation à l’examen va vous faire progresser efficacement.

Des livres existent pour cette préparation, ainsi qu’une application offrant des QCM d’entraînement. Vous trouverez le tout à ce lien.

Embellir votre orthographe par la formation

De nombreux organismes de formation proposent de « maîtriser son orthographe » en 2 ou 3 jours seulement !

Ne rêvez pas, c’est impossible ! L’intitulé devrait être « s’engager sur la voie de la maîtrise en orthographe ». Je sais, c’est moins séduisant, mais plus réaliste.

Deux ou trois jours, cela laisse le temps pour vous évaluer et élaborer un plan de travail pour progresser.

Des tests sur Internet vous permettent de vous évaluer, mais peut-être que pour vous, cela ne suffit pas, et que vous avez besoin d’un regard extérieur pour recevoir un diagnostic précis. Dans ce cas, la formation vous sera profitable.

Si vous n’aimez pas apprendre seul dans votre coin et que rien ne vaut l’accompagnement physique pour vous donner des ailes, l’idéal serait de suivre des cours particuliers.

Embellir votre orthographe par la lecture

Je croirais entendre mon vieux prof de français en vous donnant ce dernier conseil, mais je constate qu’il n’est pas passé de mode. Le voici : lisez souvent !

Peu importe ce que vous lisez, pourvu que cela vous plaise et que cela soit correctement écrit. Nous avons la chance en France, de ne pas manquer de livres, de revues et de blogs de qualité, pour étancher la soif des lecteurs les plus insatiables.

Si vous avez une mémoire photographique, la lecture va favoriser vos progrès en orthographe aussi sûrement que les exercices. Pour les autres, les effets bénéfiques de la lecture seront plus lents mais il y a beaucoup d’avantages à lire.

Celles et ceux qui ne lisent pas ne savent pas la différence entre le langage parlé et le langage écrit. La lecture ouvre à ce savoir. De plus, lire souvent favorise la capacité à trouver plus vite vos propres mots pour vous exprimer. Le tout en vous faisant plaisir avec des sujets intéressants !

Et vous, quelle formule vous a permis d’effacer les impuretés de vos textes, et de faire gagner à votre orthographe une brillance superbe  ?

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Le jargon tient chaud
mars 14th, 2017 par Jérôme Duez

Pourquoi tant de jargons ? Pourquoi, plutôt que briser la glace, préférer faire du ice breaking.

Sommes-nous à ce point attachés à la culture de castes qu’il est impossible d’adopter un langage accessible au plus grand nombre ?

Le jargon, une tradition solidement ancrée

Deux mondes sont traditionnellement ancrés dans leur jargon : l’administration et l’université. Aujourd’hui, ces mondes sont partagés entre l’ancienne génération et la nouvelle.

Dans l’administration, ceux de la vieille école, qui n’ont pas envie de se former à de nouvelles pratiques, écrivent toujours des courriers aux tournures alambiquées, avec des débuts de phrases bourrés de références juridiques… Leurs courriers nous tombent des mains !

Heureusement, la jeune génération suit la nouvelle norme et pratique un style administratif plus proche du langage courant.

Dans la même logique, quand j’ouvre un essai de philo ou de socio écrit il y a quarante ans par un ponte de l’université française, je n’y comprends rien, un vocabulaire savant me refusant l’accès au savoir. Alors que je n’ai aucun problème pour lire le même type d’ouvrage écrit à la même époque par un Anglo-saxon.

Avec la mondialisation entraînant une obligation d’ouverture au plus vaste public, les choses changent et les essais français deviennent plus abordables.

Or, alors que dans la fonction publique et l’enseignement supérieur, ce sont les jeunes qui donnent l’exemple en employant un langage simple, dans les nouveaux métiers ils font le contraire et, entre les termes techniques et l’anglais, s’ingénient à peaufiner leur jargon.

« Pour améliorer mon asset management, un contact m’a fowardé sur mon mail corporate un training center qui va me coacher au day to day ».

Oui, des gens existent, qui s’expriment comme ça ! Cette année, j’ai entendu deux conférenciers de cette espèce. L’un présentait un système d’e-learning, l’autre parlait des bonnes pratiques sur les réseaux sociaux. 

L’ordre des priorités dans l’emploi de l’anglais

Dans mes formations, j’encourage l’utilisation du Mind mapping. C’est ainsi que j’appelle le procédé, en précisant que l’invention est anglaise. Nous pouvons traduire mind map par carte mentale ou carte de la pensée, parce que ces cartes-là reproduisent le tracé d’un raisonnement.

La première traduction française du terme mind map a été carte heuristique (ou euristique). Pourquoi avoir choisi un mot de racine remontant à l’antiquité, alors que l’invention est récente ? – Mystère ! Heuriskein signifie trouver (eurêka = j’ai trouvé). Or, en plus d’être pompeux, ce mot grec est limitatif.

En effet, les mind maps servent en partie à trouver plus facilement des idées, mais pas seulement : elles servent aussi à mémoriser, à illustrer un exposé ou à échanger des idées plus vite.

Même chose quand je parle de storytelling : j’utilise le terme anglais, car l’engouement pour cette pratique est récent et nous vient des Etats-Unis (ou des Australiens David Epston et Michaël White selon certains, à moins que cela remonte à Confucius ou à Socrate…).

Le storytelling dépasse le simple fait de raconter une histoire. Je pourrais remplacer par communication narrative, mais storytelling est un terme plus courant et je ne suis pas Québécois pour faire de la traduction systématique.

En somme, je choisis la langue en fonction de la nature du mot et de son origine. Je n’ai pas de mal à prononcer des termes anglais ou latins, allemands, arabes et italiens, conscient du fait que ma langue est la combinaison d’une variété d’emprunts. De là à utiliser autant de mots anglais que français dans mes phrases, il y a une marge.

Le jargon, une protection dérisoire

Il semble que cela rassure de faire partie d’un cercle fermé et balisé par un langage spécifique. Cela permet aux grands de marquer leur pouvoir et aux petits de se sentir au chaud en s’introduisant dans un groupe restreint. Du langage des jeunes au jargon des mandarins, il n’y a pas grande différence : il est toujours question de protection et de démarcation…

Sauf qu’aujourd’hui plus que jamais, tout jargon frôle le ridicule, dès lors que l’on s’adresse à des non-initiés. Parler franglish  entre collègues et dans l’intimité du bureau, pourquoi pas ? Mais si vous visez un large public, évitez !

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réussir ses comptes rendus
février 28th, 2017 par Jérôme Duez

Les comptes rendus accompagnent les moments importants de la vie professionnelle : entretiens téléphoniques, rendez-vous, réunions, étapes de production… Ces documents témoignent de vos actions, de vos paroles ou de vos observations.

Leurs finalités sont multiples : favoriser la concertation, marquer l’engagement, aider à la décision, orchestrer un déroulement et, dans tous les cas, apporter un témoignage et conserver une trace.

C’est dire leur importance ! Pourtant, leur rédaction soulève des enjeux pas toujours mesurés à leur juste valeur.

Les enjeux du compte rendu – rendez-vous compte !

L’efficacité de la rédaction s’apprécie à deux niveaux principaux : le temps consacré et le format adapté au contexte.

Prenons le cas d’une réunion de 3 heures :

– au niveau du temps de rédaction, certains comptes rendus de réunion, simplement destinés à l’archivage, demandent parfois trois jours de travail au rédacteur amateur, alors qu’une à trois heures suffisent à celui qui maîtrise la technique. Au prix du salaire horaire de la personne, faites le compte !

– au niveau du format, il en existe 5, selon la finalité et les destinataires : cela va du format le plus synthétique (présentation en tableau, sur une page ou deux), au document qui reproduit la quasi-intégralité des propos échangés (présenté parfois sous forme de dialogue en style direct, de 20 à 30 pages). Si par erreur, le format n’est pas adapté à la situation, il n’est pas opérationnel et n’est ni lu, ni exploité.

Les conditions pour réussir un compte rendu

La perte de temps est souvent due à deux facteurs :

– trop de notes prises qu’il faut ensuite relire, classer, réduire… ;

– trop d’efforts pour reformuler les propos.

La réussite du compte rendu repose sur la qualité de la préparation. Il convient de se poser les bonnes questions avant sa réalisation. Par exemple :

– Quels sont les objectifs du compte rendu ? Est-il destiné à l’archivage ou à la communication ? Pour l’archivage, le style ne compte pas mais seulement la fiabilité des informations.

– Quand il est destiné à communiquer, dans quel but ? Cette question concerne le document lui-même et le(s) sujet(s) qu’il contient.

– À qui s’adresse-t-il ? Seulement aux personnes mentionnées dans le texte ou à une plus large audience ? À des personnes ignorantes du sujet ou à des connaisseurs ? Etc.

– Quels types de propos est-il besoin de rapporter ?  

(Pour en savoir plus sur les questions fondamentales à vous poser avant d’écrire, cliquez ici).

L’étape suivante consiste à prendre la quantité de notes utiles à la rédaction et pas davantage. Cela répond à une gymnastique particulière. Beaucoup de personnes savent écrire correctement, sans pour autant s’en sortir avec cette gymnastique-là.

Un entraînement accompagné permet d’accélérer l’acquisition du bon questionnement et des bons gestes. En formation individuelle, une journée peut suffire pour changer sa pratique et mesurer immédiatement le gain de temps.

Les écrits opérationnels sont vos alliés privilégiés. Sachez en profiter !

Si ce billet vous a plu, partagez ou commentez Si vous aimez ce billet, faites un geste !

Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage “Organiser ses idées, structurer ses propos“.

Pour maîtriser la rédaction de vos comptes rendus, pensez à la formation !

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Difficulté Epreuve écrite
février 14th, 2017 par Jérôme Duez

À mes débuts comme formateur, en 2004, j’animais des modules préparant aux épreuves écrites des concours administratifs. À l’époque, il n’en existait que deux sortes, la « note administrative » et « la note de synthèse » ; et déjà régnait une confusion.

Des stagiaires confondaient entre les deux et s’inscrivaient à la mauvaise formation. Il arrivait aussi à certains organisateurs de proposer un sujet de note de synthèse à une épreuve de note administrative, et inversement.

Depuis, il existe de nouvelles épreuves en supplément : la note opérationnelle, l’épreuve de cas pratique, la note de problématique… Et la confusion augmente. Cet article vous aide à vous y retrouver.

Note administrative et note de synthèse

Les deux épreuves ont plusieurs points communs :

  • il s’agit d’écrire une note sur la base d’un dossier ;
  • l’épreuve ne fait pas appel aux connaissances du candidat, qui doit exploiter uniquement les informations contenues dans le dossier ;
  • le résultat doit être une note synthétique de 3 à 6 pages.

Ce qui change est la nature de la note.

La « note administrative » décrit un fonctionnement. Soit elle présente un dispositif, soit une réglementation ; il s’agit d’expliquer en quoi cela consiste. Autrement dit, c’est une sorte de mode d’emploi. Par exemple, une circulaire ministérielle est une note administrative.

Il existe des épreuves de « note administrative assortie de propositions » : ici, il est demandé comment opérer dans certains cas particuliers. La réponse à cette question est contenue dans le dossier ; là encore, on ne fait pas appel aux connaissances du candidat mais à sa capacité d’identifier et de transmettre les informations justes.

La « note de synthèse » est différente, dans la mesure où cela couvre tout type de sujet. Cela peut être la synthèse d’articles de presse ou d’extraits de livres, sur un sujet délicat : « l’esclavage moderne », « l’Uberisation des métiers », « la nouvelle loi du travail » (il est fréquent que le sujet colle à l’actualité), etc. ; ou la synthèse de textes réglementaires sur un sujet tournant autour d’une réglementation, à condition que le contenu dépasse le simple mode d’emploi.

Par exemple, si dans l’intitulé du sujet il est demandé : « rappelez la définition, les conditions et les modalités de la loi du travail », c’est une note administrative. Et s’il est demandé « dans cette note, vous aborderez les modalités de la loi du travail et les difficultés liées à sa mise en œuvre », il s’agit d’une note de synthèse, car la réglementation est contextualisée dans une situation problématique.

La note de cas pratique et la note opérationnelle

Par définition, « l’épreuve de cas pratique » doit coller aux pratiques professionnelles des candidats. Par conséquent, il peut s’agir de n’importe quel type de mise en situation.

Par exemple, pour un concours de jardinier, il peut être demandé de concevoir un parterre de fleurs, en précisant la quantité de plants et de terreau pour la surface mentionnée dans le sujet, voire en dessinant la disposition des fleurs.

Pour un professionnel du tertiaire, il peut s’agir de rédiger une note opérationnelle. Autrement dit, la note opérationnelle et la note de cas pratique signifient la même chose.

Les sujets sont variés : il est souvent demandé de rédiger une note organisationnelle (organiser un séminaire, un stand à un salon professionnel, une réunion, etc.) ; mais cela peut être un autre type de commande : écrire un courrier sur un problème délicat, une note interne ou un rapport d’incident.

L’intitulé du sujet remplit souvent une page entière et fourmille de détails, concernant le poste occupé, l’administration concernée, le destinataire, le contexte et la commande. Cela donne des indications au candidat pour que celui-ci se projette dans la situation.

Le dossier (dépassant rarement 15 pages) sert de base d’inspiration. Le candidat fait appel avant tout à ses connaissances, à son expérience et à son bon sens ; et il s’aide du dossier pour enrichir sa réflexion et ses arguments.

La note de problématique

Une problématique est un ensemble de problèmes ou de points forts relatifs à un sujet. Dans une note, quand il est demandé de « dégager une problématique », cela signifie de rédiger une phrase qui regroupe un ensemble de problèmes.

Une problématique doit apparaître dans toute note de synthèse. C’est pourquoi il existe une grande confusion entre la « note de synthèse » et la « note de problématique ».

Dans cette dernière, le candidat se repose à la fois sur le dossier qui lui est remis pour décrire une situation et en soulever les points forts, et sur ses propres connaissances pour soumettre des propositions.

Il arrive que l’on trouve une épreuve de « note de synthèse » où il est mentionné : « cette épreuve fait appel à votre esprit de synthèse et à vos connaissances personnelles ». Dans ce cas, appeler l’épreuve « note de synthèse » peut induire en erreur, car il s’agit d’une « note de problématique ».

Comment s’y retrouver ?

Les épreuves dont je viens de parler n’ont rien à voir les unes avec les autres. La méthodologie est différente pour chacune, en termes de découverte et d’exploitation du dossier, de gestion du temps, de présentation de la copie à remettre. Donc, ne vous trompez pas d’épreuve en vous préparant !

Avant de vous entraîner, que cela soit seul ou en vous inscrivant à une formation (l’un n’empêche pas l’autre et les deux sont vivement conseillés !), renseignez-vous à fond sur la nature de l’épreuve. C’est-à-dire que vous ne devez pas vous contenter de savoir s’il s’agit d’une épreuve de note de synthèse, administrative, opérationnelle ou de problématique, car la réponse peut vous conduire sur une fausse piste.

Vous devez absolument aller plus loin : récupérez les épreuves soumises les années précédentes et étudiez les sujets. C’est la seule façon de connaître à coup sûr la vraie nature de l’épreuve et de pouvoir vous préparer en conséquence.

 

Lisez cet autre conseil pour réussir votre oral, en cliquant ici.

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Texte fautes d'orthographes
décembre 16th, 2016 par Jérôme Duez

Nous sommes de plus en plus nombreux à commettre des fautes d’orthographe et de grammaire. Le sachant, ne serait-il pas temps de devenir indulgents, les uns vis-à-vis des fautes des autres ? Malheureusement, non.

Gare à ceux qui diffusent des textes non corrigés ! Cela relève de l’impolitesse, du manque de correction !

Pour l’éviter, je conseille de généraliser la pratique de la correction entre collègues ou ami(e)s, avec bienveillance et dans la bonne humeur.

La faute d’orthographe est une faute de style

Qu’est-ce qu’un excellent style professionnel ? C’est celui qui privilégie l’information. Le lecteur lit le texte sans effort et quand il a terminé, il pense : « C’était facile à lire ! J’ai tout compris et j’ai tout retenu ! ».

Pour réussir ce prodige, c’est simple : il suffit d’écrire des phrases courtes, séparées par des mots de liaison (du type mais, or, de plus, en revanche, car, etc.).

À la limite, quand en lisant vous pensez « Comme ce texte est bien écrit ! », c’est raté ; car dans ce cas, le style l’emporte sur l’information, il vous distrait et donc certains éléments importants peuvent vous échapper.

C’est pareil avec les fautes d’orthographe. Chaque faute remarquée détourne le lecteur du contenu. Chacune est un motif de distraction, qui peut s’avérer lourde de conséquences.

Un cas exceptionnel où je pardonne les fautes

En me promenant à Vincennes, je m’arrête devant une pâtisserie très attirante. Sa vitrine réveille ma gourmandise. Je m’approche des étiquettes devant les rangées de gâteaux et je suis frappé par le nombre impressionnant de fautes d’orthographe. Biscuit amende, crème émulsionné, chocolat noire… 

orthographe

Cela ne me choque pas. Au contraire, ces fautes m’apparaissent comme une touche poétique, une façon de dire « mon talent et mon énergie, je les réserve exclusivement à la création de mes pâtisseries ». Car le résultat est devant mes yeux et il est très appétissant ! Il s’agit bien là d’une exception.

En revanche, que dire du profil plein de fautes de ce plombier sur les réseaux sociaux ? Le problème, au contraire du pâtissier vincennois, c’est que nous ne voyons pas son travail. Nous pourrions penser qu’étant plombier, il n’est pas censé maîtriser le français et que c’est déjà courageux de sa part de publier un profil sur le Net. Nous pourrions trouver les maladresses attendrissantes…

Hélas, les écrits reflètent l’image de leur signataire. A la lecture d’un texte, nous tirons des conclusions hâtives sur l’auteur, à tort ou à raison. Si le texte est mal bâti, on en déduit que le travail du signataire est bancal ; s’il est salement présenté, on imagine l’auteur produire un sale travail ; quant au texte bourré de fautes, il trahit du je-m’en-foutisme.

C’est pourquoi il est important de confier ses textes à corriger. Pas nécessairement par un correcteur professionnel, mais par un collègue ou un ami qui connaît les règles du français et avec qui l’on s’entend bien. Parce qu’il est toujours plus facile de corriger les fautes des autres que les siennes.

Une correction peut être amusante !

Ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui fonctionnent quand vous rédigez et quand vous corrigez votre texte. Personnellement, j’avoue avoir beaucoup de mal à me corriger. Au moment de la relecture, je suis toujours plus soucieux de la clarté et de la précision de mon propos, que des règles du français ! Aussi ai-je fini par assumer mes fautes… Mais sans complaisance ! Je n’aime pas les laisser traîner !

Dans un premier temps, je corrige au mieux, sachant que ce ne sera pas parfait. Mais au moins, j’élague, je débroussaille, j’arrache les mauvaises herbes. Puis je me fais corriger par un tiers.

Il fut un temps où cette épreuve de la correction était pénible. C’était au temps où les éducateurs frappaient les enfants pour leur bien. Correcteurs et correctrices à l’école ou au sein de la famille avaient la fâcheuse habitude d’accompagner l’épreuve de remarques désobligeantes, parfois avec violence. « Comment peux-tu commettre encore des fautes pareilles ?! ».

Peut-être est-ce en souvenir des correcteurs pervers que tant de personnes négligent de donner leurs textes à corriger… Les pauvres, elles ignorent que la correction peut devenir une partie agréable !

Désormais, l’aventure a changé du tout au tout. Mes correcteurs me font découvrir le caractère risible de mes fautes, lesquelles révèlent parfois des traits de mon humeur.

Figurez-vous que chez moi, les fautes évoluent par groupes. Il n’en apparaît aucune dans certains paragraphes, alors que d’autres en sont truffés. Dans ce cas, leur présence dénonce toujours quelque chose de plus profond : soit mon idée n’est pas claire, soit je me suis levé du pied gauche et je fais du mauvais esprit qu’il vaut mieux gommer.

En somme, mes fautes sont des signaux d’alarme, révélateurs comme des actes manqués. Souvent, elles ne méritent pas d’être corrigées, car c’est tout le paragraphe qui est concerné. Je peux les remercier de me l’avoir fait remarquer.

C’est ainsi que j’ai appris à traiter mes fautes en amies, chères traîtresses, mauvaises fréquentations auxquelles je suis pourtant attaché ! Elles se donnaient des airs impitoyables quand je les connaissais mal ; mais depuis que je sais les lire entre les lignes, j’ai compris qu’elles sont souvent prévenantes.

À part mes fautes « groupées », je commets aussi des fautes solitaires. Celles-là ne signifient pas grand-chose. Je les appelle coquilles ou distractions. Souvent, je ne les vois pas à la relecture et il leur arrive d’échapper au regard de mes correcteurs…

Chère lectrice, cher lecteur, il se peut qu’une ou deux d’entre elles se soient égarées dans ce texte ou d’autres de ce blog. Si vous les remarquez, ayez la gentillesse de me les signaler. 

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Dans ce billet, je vous parle d’un correcteur magnifique.

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