Catégorie Enjeux

prenez rendez-vous avec vous
janvier 24th, 2019 par JérômeDuez

Certains de mes étudiants souffrent d’un manque de concentration flagrant. Je les vois en classe, démangés par le besoin de sortir leur portable pour consulter les messages. Quand ils travaillent sur l’ordinateur, il leur semble douloureux de ne pas ouvrir leur boîte mail ou de se priver d’une parenthèse sur YouTube.

D’ailleurs, ils le reconnaissent volontiers : ils disent appartenir à la « génération zapping, sms et réseaux sociaux », et avouent ne pas savoir se fixer sur une activité à la fois. Toutefois, ils ne sont pas conscients des conséquences néfastes de leur distraction. La conséquence la plus grave, la voici :

La personne trop distraite devient incapable d’entrer en contact avec elle-même. Donc, impossible d’aller au bout d’une réflexion sur un sujet qui la concerne de près. Impossible de penser, tout simplement, et de faire face à ses problèmes ou à ses questionnements.

Si vous aussi, vous êtes victime d’une distraction proche de la dispersion, voici un exercice qui peut vous faire le plus grand bien.

Des rendez-vous pour vous recentrer

L’exercice est simple. Il consiste à écrire au réveil, au stylo, et à remplir trois pages d’un cahier, sans s’arrêter.

Pourquoi au réveil ? Pour mieux laisser parler votre subconscient. Vous êtes à la frontière entre les rêves et l’éveil. Ainsi, vous n’essayez pas de contrôler ce que vous écrivez, vous vous laissez surprendre par la production de votre esprit. Comme un simple spectateur, vous assistez à la magie créée par votre créativité innée.

Pourquoi au stylo ? Pour rendre l’exercice plus physique. Votre intelligence agit plus complètement quand une partie de votre corps participe à la réflexion. Votre écriture est plus sensuelle, plus lente et silencieuse qu’avec un clavier ; ainsi, le terrain est plus propice à la créativité.

Pourquoi trois pages ? Parce que passé la première page, vous perdez la sensation d’effort. Notez que je ne vous impose pas le format du cahier. L’important est de pouvoir tourner la page et enchaîner tout de suite. Voyez la beauté symbolique du geste : tourner la page et aller de l’avant !

Pourquoi sans s’arrêter ? Parce qu’en écrivant de la sorte, vous notez forcément des choses sans intérêt. Et c’est très bien, car cela vous entraîne à ne pas vous juger. En effet, il est capital de ne pas viser la belle écriture ou les propos toujours intéressants. En ne vous jugeant pas, vous ne vous censurez pas ; et sans autocensure, vous vous autorisez le luxe de vous exprimer sans entrave. Il ne peut qu’en sortir de bonnes choses, à certains moments.

Les récompenses de vos rendez-vous

En écrivant tous les matins, vous allez vous créer un espace intime de grand confort, et obtenir des rendez-vous de qualité avec vous-même.

Cet espace sera incomparable pour laisser s’exprimer ce qui vous tient à cœur.

Vous y gagnerez beaucoup d’avantages et vous allez vous en rendre compte très vite (dès les 10 premiers jours, je vous le garantis !).

Principal avantage : le fait d’écrire au réveil va vous libérer l’esprit dans la journée. En notant vos idées parasites, vous vous en débarrasserez. Ce faisant, vous serez plus serein et vous gagnerez en concentration.

Et, cerise sur le gâteau, vous allez faire émerger de nouvelles idées relatives à ce qui compte le plus pour vous : votre métier, vos activités extraprofessionnelles, votre vie privée. Vous saurez mieux quelle direction prendre, vous serez plus confiant en vos propres choix.

Comment vous y prendre ?

Achetez un cahier et un stylo qui vous plaisent. Si vous pouvez vous faire plaisir à travers cet achat, c’est encore mieux !

Faites sonner le réveil un peu plus tôt, et écrivez au réveil. Je vous conseille de compter au minimum une demi-heure d’écriture. Une simple demi-heure pour améliorer votre qualité de vie, n’est-ce pas dérisoire ?

Écrivez tous les jours, et réservez-vous un jour pour ne pas écrire. Pliez-vous à cette discipline, au moins pendant 6 à 8 semaines. Plus tard, libre à vous de continuer au même rythme ou de ralentir la fréquence d’écriture. Mais au début, faites-le tous les jours (moins un) pour vous donner les moyens de réussir l’expérience.

Écrivez trois pages manuscrites, de préférence sans vous arrêter. Même si par moment vous n’avez rien à l’esprit, écrivez plusieurs fois « je n’ai rien qui me vient » ou « fait chier, cet exercice d’écriture ! ». D’autres mots plus intéressants finiront par émerger, par petites pépites.

Veillez à votre respiration et à votre position. Respirez de façon régulière, profonde et silencieuse.(1) Évitez les tensions corporelles. Sentez votre main qui tient le stylo glisser sur le papier, soyez conscient de ce contact sensuel.

Accueillez votre écriture avec bienveillance. Surtout, veillez à ne pas vous juger. Laissez-vous aller à écrire des choses ridicules ou apparemment médiocres. Ne vous interdisez aucun mot. Il est normal de ne pas formuler de phrases géniales tous les jours. Ne vous en voulez jamais pour cela.

Ne montrez à personne le contenu de votre cahier. Vu que vous ne vous jugez pas, ne laissez à personne le droit de juger vos pages du matin.

Ne relisez pas ce cahier souvent. Certains ne le relisent jamais. Au moins, efforcez-vous de ne rien relire pendant les 4 premières semaines. Car l’important n’est pas tant le contenu de ces pages, que les bienfaits que cela va provoquer dans la journée.

Observez les résultats de cette expérience dans votre quotidien. À la fin de chaque semaine, écrivez un mini compte rendu de votre semaine : notez ce que cette nouvelle pratique d’écriture vous a apporté et les changements que cela a pu déclencher dans votre vie. Même si vous avez l’impression que cela n’a rien changé les 2-3 premières semaines, notez-le. Même quand des choses se sont produites, qui vous semblent sans rapport avec votre nouvelle pratique, notez-le. Et quand vous reconnaissez qu’une sorte de magie se produit dans votre vie grâce à votre écriture, notez-le !

…Ainsi, vous parviendrez à vous recentrer. Et vous insufflerez de la créativité dans tous les domaines de votre vie !

(1) Dans le livret « Osez l’écriture !« , vous trouverez des exercices pour vous entraîner à respirer sereinement. Il est gratuit et vous pouvez le télécharger sans laisser votre adresse mail en échange.

Lisez cet autre conseil de développement personnel : « Du coup », oui ça fait mal !

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l'expression "du coup"
novembre 13th, 2018 par JérômeDuez

« Du coup » cherche à battre toutes les locutions ! On dit « du coup » au lieu de dire « donc », « alors », « de ce fait » ou, parfois, simplement « et ».

Certains abusent en le répétant des centaines de fois par jour. Oui, des centaines ! C’est facile à vérifier, ils balancent plusieurs « du coup » à la minute.

Entendu ce matin, de la bouche d’un interne à l’hôpital :

« – Il a un saignement des gencives. Du coup, faut faire une radio. Du coup, on ne va pas intervenir tout de suite. Du coup, on devrait s’occuper de l’autre patient, là… Du coup, je me souviens plus son nom… Il est toujours à l’accueil ? Non ? Du coup, on fait quoi ?

– Du coup, je ne sais pas », répliqua l’assistante, lui rendant coup pour coup.

Les jeunes sont particulièrement touchés. Et ça gagne les plus vieux. Dans toutes les professions, parmi les plus nobles : journalistes, médecins, profs, politiciens… Comme ils font autorité, ça impressionne et ça se répand. Nous frôlons la pandémie !

Du coup, les conséquences…

« Du coup » est français. Mais dans un cas seulement : pour parler des conséquences d’un choc. Exemple : « Il s’est mangé des gnons. Du coup, il a la tête comme une pastèque. »

Mais quand « du coup » est lancé à tout bout de champ, ce n’est plus du bon français, cela relève du tic et cela trahit un problème.

Comme je l’ai dit dans l’article Pas de problème, hélas si !, il n’y a pas de tic de langage innocent. Chaque tic peut nuire à la personne qui l’emploie.

Dans le cas d’un abus de « du coup », cela trahit clairement que la victime de ce tic s’en reçoit « plein la gueule ».

On ne dira jamais assez combien la vie est dure, en ce moment. La société ne nous fait pas de cadeaux. Du coup… Il faut s’en sortir, à coups de poing, de pied, de ce que vous voulez.

« Du coup » est un signe des temps. Nous ne nous offrons plus le loisir de savourer des liaisons de quatre syllabes, du type « par conséquent ». Faut aller vite, faut du brutal !

(Pourtant, dire « donc » est plus rapide que « du coup ». Mais « donc » manque de caractère dans ce monde de brutes. « Du coup » percute mieux.)

Seulement voilà, répéter « du coup » sans cesse, oui ça fait mal.

Du coup, un remède existe

En effet, trop de « du coup » trahissent une souffrance. Et c’est un phénomène bien connu : quand on exprime sa souffrance, on en fait porter le poids à l’autre ; mais il ne faut pas croire que l’on s’en déleste pour autant ! Au contraire, la souffrance exprimée devient plus présente, elle occupe l’espace de notre corps et l’espace de parole, et donc, elle pèse plus lourd.

Inversement, dès que l’on perd l’habitude d’exprimer sa souffrance, jusque dans le choix de ses mots, on lui accorde moins de place, donc moins d’importance. Alors, on s’allège.

Vous remarquerez que les personnes qui évoluent dans un environnement violent utilisent un langage brutal, qui ne fait qu’attiser cette violence. Bien sûr, « du coup » est moins violent que les insultes ; mais quand « du coup » est trop souvent prononcé, cela matraque l’esprit.

Je vous conseille de vous modérer dans son emploi. Pour votre confort, pour votre bon développement personnel, et aussi pour votre image.

Ne le prenez pas à la légère. Surveillez la fréquence de vos « du coup ». Et entraînez-vous à varier les plaisirs, en les remplaçant par nos bonnes vieilles locutions :

– ainsi…

– alors…

– en conséquence…

– de ce fait…

– dès lors…

– donc…

– par conséquent…

– en dernier lieu…

– de là…

– en fin de compte…

– enfin…

– finalement…

– il résulte…

– pour cette raison…

– si bien que…

Oui, si bien que vous allez vous rendre la vie plus douce !

***

Voici un autre article percutant pour mettre K.O. ce vilain tic ! Pour le lire, cliquez ici 

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la plateforme, clé de la stratégie de communication
octobre 23rd, 2018 par JérômeDuez

Il ne suffit pas de publier des contenus sur le Net pour attirer une audience vers son site. Vous le savez. Mais savez-vous comment vous faire remarquer dans un monde aussi bruyant ?[1] Vous devez mettre en place une stratégie de communication un peu spéciale. Voici la technique, suivez-moi !

Adoptez ce principe fort

« Communiquez à 360 degrés ! » Ce principe est aussi vieux que la com. Des professionnels de la profession appellent cela la « communication holistique ». Dans les pays anglo-saxons, on préfère dire : créer sa plateforme.

De quoi s’agit-il ?

Une plateforme rassemble l’ensemble des activités liées à la marque de votre entreprise ou à votre marque personnelle. Ces activités se divisent entre vos activités dans la vie réelle et vos interventions sur le Net, comme le montre la carte ci-dessous.

Exemple avec les activités d’un influenceur

Imaginons que cette carte représente les activités de Michael, un influenceur de renom. L’activité principale de Michael (qui ne représente qu’un petit axe de cette carte, en haut à droite) consiste à proposer des prestations de conseil et des formations en e-learning.

Voici comment Michael s’y prend pour communiquer à 360° :

C’est sur son activité principale qu’il communique le plus : il lance une série d’annonces et de publicités dans les médias ; il publie des contenus sur son blog et sur d’autres sites ou revues qui l’accueillent. Chaque nouveauté, chaque publicité, chaque billet, chaque vidéo, chaque podcast, fait l’objet d’un maillage : une série de liens sur les réseaux sociaux.

Michael communique aussi sur ses activités secondaires. Notamment, il lui arrive de tenir des conférences, au sujet desquelles il lance des annonces quelques semaines avant, il publie des photos le jour J, et des extraits filmés dès le lendemain.

En plus, il communique sur d’autres événements qu’il organise ou auxquels il participe, sur des livres qu’il publie, sur ses apparitions à la télé ou dans la presse…

En somme, tous les mots-clés de la partie droite de la plateforme sont des motifs de communications.

Ce n’est pas tout : pourquoi ne pas profiter des grands événements de sa vie ? Il les réserve à ses followers les plus fidèles : des vidéos de ses voyages, de son mariage, de sa nouvelle maison…

Tout ce que Michael produit, comme tout ce qu’il vit, est prétexte à communiquer. Mais, pour ne pas provoquer de ras-le-bol, il évite d’inonder la toile 365 jours par an. Donc, il ne va conserver que ses messages les plus pertinents. Il va donner du sens à sa plateforme, en soignant sa stratégie.

Comment donner du sens à sa plateforme ?

Michael crée suffisamment de contenu pour envoyer plusieurs messages par jour à ses followers et au monde. Mais pas question de polluer le Net de sa présence en publiant n’importe quoi. Il faut que cela colle à l’esprit de sa « marque ».

C’est pourquoi, avant de concevoir sa plateforme, Michael a d’abord mené une réflexion sur son identité. Car, comme on le voit sur la carte ci-dessus, l’identité est au centre de toute plateforme.

Il arrive trop souvent que des entrepreneurs décident d’une stratégie sans avoir soigné leur identité. Au résultat, leur communication manque de chair, on ne reconnait personne derrière le message.

Quand je dis que Michael a soigné son identité, cela veut dire qu’il a peaufiné son storytelling, et qu’il a composé des éléments de langage pour parler de ses valeurs ou de sa philosophie.

Une fois qu’il a affirmé son identité, Michael a défini son cahier des charges et sa ligne éditoriale. Il a pris des dizaines de décisions, sur des dizaines de points, par exemple sur :

– le choix des thèmes abordés sur son blog et sur sa chaîne YouTube,

– l’esprit des titres et des intertitres des billets,

– la charte graphique,

– le style des illustrations,

– les couleurs privilégiées dans les vidéos,

– la durée des vidéos,

– la fréquence des publications,

– le nombre de publications par type d’événement,

– le format des billets et des newsletters

– etc.

Enfin, une fois cela posé, il ne lui restait plus qu’à établir un planning de publications, sur six mois à un an.

Pour chaque événement important déjà prévu dans son agenda, il a programmé un certain nombre d’annonces, d’articles en rapport avec l’événement, de liens menant à ces articles, etc.

Ainsi, quand son identité et sa ligne éditoriale ont été définies, et qu’un planning a été prévu sur plusieurs mois, il est devenu facile pour Michael de briefer son équipe et de déléguer la majorité des tâches.

Comment s’y prendre ?

Quand un chef d’entreprise décide de lancer un événement, il est rare qu’il s’occupe lui-même de l’organisation. C’est pareil pour la tenue d’une plateforme : quand la bonne stratégie est décidée en amont, il ne reste plus qu’à superviser le travail de ses collaborateurs.

Michael parle devant une caméra pour sa chaîne YouTube, mais il délègue le reste : le montage, la diffusion, le maillage et l’animation sur les réseaux sociaux, etc.

La bande-son de la vidéo est récupérée pour un podcast ; ensuite, le podcast est retranscrit et adapté sous forme rédigée pour le blog.

Michael n’a pas besoin de s’occuper de tout cela. Il n’intervient qu’aux tâches où il est irremplaçable.

Dans les grandes entreprises aussi, la plateforme est gérée par une équipe dédiée. Mais pour un freelance qui se lance avec peu de moyens, il faut commencer par plonger les mains dans le cambouis.

Faut-il absolument vous engager dans ce grand chantier ?

Bien sûr, tout le monde n’a pas besoin d’en faire autant que Michael. Une stratégie comme la sienne concerne les grandes entreprises et les personnalités qui visent la célébrité ou la position de numéro un.

Or, même à une échelle modeste, si vous avez l’ambition d’attirer et de fidéliser un public, il est important de relayer l’information sur plusieurs réseaux, et de ne pas vous limiter à votre activité principale. Ne passez pas à côté du principe de communication à 360° et multipliez les occasions de vous faire remarquer !

La taille de votre plateforme sera à la taille de votre ambition d’entrepreneur-communicant. Et logiquement, plus vos activités se développeront, plus votre plateforme s’enrichira et sera active.

 

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[1] En référence au titre de l’ouvrage de Michael Hyatt : « Platform – get noticed in a noisy world »

En savoir plus sur la tenue d’un blog : « Comment écrire plus vite pour votre blog ? » et « Préférez-vous que je dise « tu » ?« 

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Voici une technique pour tenir vos bonnes résolutions. Oui, cette année, vous allez réussir à les tenir !
janvier 9th, 2018 par JérômeDuez

Vous savez comment elles démarrent, les bonnes résolutions : vous les formulez plein d’entrain, le champagne vous inspire, et c’est parti pour une nouvelle année où tout va changer, parce que vous allez vous prendre en main comme jamais !

Vous connaissez la suite : vous commencez par vous y mettre, d’abord sérieusement, quelques jours. Puis moins sérieusement, encore quelques jours… Puis vous abandonnez en cours de route.

Pourquoi cela se déroule-t-il toujours comme ça ? Faut-il voir un psy ?

Eh bien, pas du tout ! Figurez-vous que le problème n’est pas psychologique, mais technique !

En effet, quand vous n’arrivez pas à tenir vos bonnes résolutions, c’est parce qu’au départ, vous les avez mal formulées.

Les bonnes résolutions sont des récompenses

Généralement, voici à quoi ressemblent les bonnes résolutions  :

– Me mettre au sport 

– Changer d’emploi 

– Apprendre un instrument de musique 

– Préparer un voyage au Sahara 

– Déménager

Formulées ainsi, elles ont peu de chance d’aboutir. Regardez-les, elles sont exprimées en termes de labeur, avec des verbes d’action. Or, une accumulation d’actions est vite rébarbative, et l’on finit par perdre de vue l’intérêt de tout cela.

Alors, changez la formulation. Au lieu de vous donner des travaux à faire, fixez-vous des objectifs, comme on se promet des récompenses. Et voyez ce que cela donne :

– Retrouver une pleine forme physique (au lieu de me mettre au sport

– Occuper un emploi plus valorisant à tous les niveaux (au lieu de changer d’emploi

– Jouer dans un groupe de musiciens (au lieu d’apprendre un instrument

– Dormir sous la Voie lactée au Sahara (au lieu de préparer un voyage au Sahara

– Y voir plus clair (au lieu de mettre de l’ordre

– Vivre dans un meilleur confort (au lieu de déménager

Vous comprenez la différence : l’objectif est plus séduisant que la tâche, car il laisse miroiter le résultat, qui est une récompense. Tandis que la tâche laisse miroiter principalement l’effort.

Donc, ne confondez pas vos objectifs avec vos actions.

Soignez la formulation de vos bonnes résolutions

La formulation doit toujours être réaliste. Viser l’impossible conduit à la déception. Or, il n’est pas toujours simple de se faire une idée réaliste des choses… J’en dis plus à ce propos, dans ce billet.

La formulation doit toujours être positive. Bannir les verbes «cesser », « stopper », « éviter », « essayer », et les verbes qui traduisent une hésitation ou une action négative.

Car le subconscient ne retient pas le négatif.

Si vous prenez la résolution de « cesser de fumer » ou de « devenir non-fumeur » ou de « ne plus fumer », le cerveau ne retient que le mot « fumer ».

Ainsi, pour tenir cette résolution-là, il convient plutôt de souhaiter « assainir mes poumons et mon cœur », « me sentir mieux dans mon corps, plus vigoureux », etc.

C’est pareil pour tenir chaque jour ses résolutions. Le musicien amateur ne doit pas se dire « aujourd’hui, je vais faire mes gammes », mais « aujourd’hui, je vais maîtriser la gamme de do à tel tempo. Demain, je vais la maîtriser à un tempo plus rapide ». Ainsi, chaque jour, il se promet une mini-récompense.

De bonnes résolutions tenues plus facilement

La conséquence est une différence majeure dans la manière d’appréhender l’effort. Celui qui se donne des « tâches à faire » termine ses journées en se disant « aujourd’hui j’ai fait ceci et cela » et se lasse rapidement d’accumuler les bonnes actions.

Tandis que celui qui se fixe des « objectifs » finit ses journées en se disant « aujourd’hui, j’ai été capable d’atteindre un degré supérieur en matière de… », ce qui revient à dire : « aujourd’hui, je suis plus fort qu’hier » ou  « plus sain qu’hier » ou « aujourd’hui j’ai grandi ».

La différence est de taille : autant une succession de tâches est lassante, autant on ne se lasse jamais de se sentir plus fort !

C’est tout le bien que je vous souhaite pour 2018 !

 

Plus de conseils sur la technique de gestion des objectifs et de vos bonnes résolutions, dans « Osez l’écriture ! », à télécharger gratuitement.

Votre bonne résolution vise la maîtrise de vos écrits professionnels ? Pensez à la formation !

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Concevoir à son image
novembre 28th, 2017 par JérômeDuez

Il y a 15 jours, revoir le texte de Boileau m’a fait réfléchir. Sa célèbre phrase « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement », semble couler de source. Encore faut-il réussir l’étape de la conception. Or, sur ce point, Boileau se tait.

Ce qui se conçoit clairement… se quoi ?

Si l’on reste en surface, sur le simple rapport entre la conception du discours et son énoncé, cela peut inciter à l’hypocrisie. En effet, nombreux énoncent de la clarté apparente, quand en vérité ils n’ont rien conçu de clair.

C’est le cas chez les champions de rhétorique : ils nous impressionnent par leur argumentation, alors qu’en réfléchissant deux minutes à leur propos, on remarque qu’ils sont dépourvus d’idée.

Dans cette logique, ce qui s’énonce clairement n’est pas forcément le fruit d’une bonne conception.

Pour aller au fond des choses, il convient de s’attarder sur la qualité de la conception. Quel en serait l’adage ? Je propose ceci : « Ce que l’on vit bien se conçoit clairement » et aussi : « Ce que l’on projette bien se conçoit clairement ».

Se projeter, c’est s’imaginer dans une situation donnée. Le b a ba de la projection consiste à s’interroger sur son destinataire avant de s’exprimer. Quand je me demande « à qui je m’adresse ? », j’imagine mon destinataire et je me projette face à lui, en train de répondre à son attente.

Concevoir le succès

Un exercice de projection consiste à s’interroger sur ses propres désirs pour lancer des projets solides. C’est loin d’être simple.

Par exemple, concernant le désir de succès. Succès professionnel ou succès en amour. La publicité et le cinéma nous matraquent avec des représentations de la réussite et du succès. Du coup, certains croient devoir coller à ces représentations, sans s’interroger sur leur propre conception de la réussite.

Vouloir une Ferrari, alors que l’on n’aime pas la vitesse… Ou trouver l’âme sœur avec qui tout partager, alors que l’on est un solitaire endurci… Rêver de posséder une villa au bord de la mer alors que l’on craint l’eau… Vouloir coller à une image de réussite qui ne correspond pas à ses vrais désirs, cela revient à se fixer de faux objectifs.

Quand on vise quoi que ce soit, on a intérêt à se projeter dans une situation en rapport avec un objectif à 100% personnel. Sinon, la perspective sera faussée et les actions seront freinées ou déviées.

Concevoir sa transformation

La dernière élection présidentielle a montré les failles d’un storytelling mal incarné. Toute bonne histoire contient un épisode de transformation, et les personnalités politiques en tiennent compte.

Dans le cas d’Emmanuel Macron, c’est l’histoire d’un presque inconnu qui se transforme rapidement en personnalité incontournable. C’est simple et clair. Dans le cas de Marine Le Pen, c’est l’histoire d’une femme agressive qui se transforme en femme « apaisée », à la suite de la rupture avec son père. Là, c’est plus tordu.

Marine aurait dû concevoir sa transformation en s’appuyant sur une réalité. Par exemple, elle aurait pu raconter l’histoire de « la fille à son papa » qui se transforme en femme indépendante. Mais, pour une raison inconnue, Marine n’a pas voulu assumer sa vraie image et s’est inventé un rôle de toute pièce. Or,  Le Pen ne sera jamais Le Zen.

Le storytelling n’est pas une comédie et nous ne sommes pas des acteurs de composition. Dans la vraie vie, il est impossible de s’incarner dans un rôle qui ne colle pas à ce que nous sommes vraiment. Au bout d’un moment, le vernis craque et plus personne n’y croit.

C’est pourquoi un bon storytelling doit rester réaliste. Ce qui se conçoit bien est affaire d’harmonie entre le discours et son porteur. Et la clarté de la projection est à l’origine de la qualité de la conception : il convient de concevoir à son image.

Concevoir ses écrits

Des difficultés à rédiger cachent souvent quelque chose de plus profond. Peut-être que le propos n’a pas de raison d’être, que le rédacteur manque de motivation ou qu’il est mal placé pour s’exprimer sur le sujet.

Une de mes stagiaires n’avait aucun mal à écrire ; pourtant, elle rencontrait des difficultés pour rédiger un type particulier de courrier : il s’agissait de répondre à des plaintes. On lui avait fourni des modèles de réponses mais qui ne la satisfaisaient pas, elle les trouvait secs et souhaitait en dire plus, pour renseigner au mieux ses destinataires. Dans sa tête, cela semblait clair ; mais devant l’ordinateur, elle bloquait.

À l’étude de son cas dans le cadre de ma formation, nous avons découvert que la réglementation de son entreprise lui interdisait de divulguer les informations qu’elle souhaitait communiquer, et qu’elle outrepassait ses droits. On peut dire que son incapacité à rédiger l’avait protégée, en quelque sorte, lui évitant de commettre un impair.

La formation lui a été utile pour identifier la source du blocage. Cela l’a confortée dans ses vraies capacités et lui a permis d’éluder les faux problèmes.

C’est pourquoi, avant de nous exprimer, demandons-nous si nous sommes la bonne personne, à la bonne place et au bon moment pour le faire. 

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maîtriser le plan pour être plus clair et concis
juin 13th, 2017 par JérômeDuez

La réussite d’un écrit professionnel repose principalement sur la réussite du plan.

Autrefois, écrire était élitiste et la qualité du style comptait beaucoup plus. Le bon style confirmait et soulignait le bon rang du signataire.

Aujourd’hui, avec Internet, l’écriture s’est démocratisée et désacralisée. Par conséquent, quand un texte contient des informations de qualité et suit un bon plan, le lecteur devient moins regardant sur le style.

Pourquoi un bon plan est-il si important ?

Les atouts d’un bon plan de texte sont multiples. Pour le rédacteur ou la rédactrice :

– C’est un cadre auquel se raccrocher avec la certitude d’aller dans le bon sens.

– Un plan détaillé offre une collection de repères qui nous éclairent à tout moment sur la voie de la rédaction.

– Suivre un plan protège chacun contre ses propres écarts.

– Un bon plan est le meilleur moyen pour accrocher la ou le destinataire, et pour maintenir son attention en éveil.

Au lecteur ou à la lectrice, la visibilité d’un bon plan offre plusieurs types de conforts. Principalement :

– Un confort de survol : la direction que suit le texte est visible au premier coup d’œil sur les intertitres.

– Un confort de lecture : des propos correctement morcelés sont plus faciles à comprendre et à retenir.

En somme, être compétent en matière de plan, c’est être mieux armé pour communiquer au quotidien.

La maîtrise du plan libère la rédaction

J’ai animé plusieurs centaines de formations aux écrits professionnels, et j’ai pu observer de nombreuses fois le phénomène suivant.

Des personnes souffrent de blocages qui les empêchent de développer leur propos aussi bien qu’elles le voudraient. Pourtant, elles savent écrire ; mais elles se croient victimes d’un problème insoluble, car remontant à l’enfance et à leur découverte de la lecture et de l’écriture (j’explique l’origine du problème dans « Osez l’écriture ! », un livret en téléchargement gratuit ici).

Soudain, en formation, elles se découvrent capables de maîtriser les écrits professionnels, et le vérifient le jour même, en se concentrant uniquement sur le plan. Car la réflexion sur la structure du texte facilite l’enchaînement des idées et, ensuite, l’écriture coule de source.

Ainsi, souvent, un simple apport technique peut aider à libérer l’expression écrite.

La clé pour réussir les plans de vos écrits professionnels

Si vous avez des difficultés à trouver le plan de vos textes, la suite va vous intéresser.

Créer un plan n’a rien d’un exercice littéraire. Il est question de construction, de structure, d’enchaînements logiques…

À la limite, vous pouvez considérer votre texte comme un tableau de bord, composé des quelques boutons (une dizaine tout au plus), sur lesquels appuyer en suivant un ordre précis. C’est à la portée de tous.

J’ai écrit « Organiser ses idées, structurer ses propos », afin que, à votre tour, vous puissiez acquérir cette compétence.

L’ouvrage détaille l’ensemble des questions à vous poser et des repères méthodologiques, pour vous approprier les techniques.

Quand vous aurez expérimenté la méthode simple proposée dans ce livre, réaliser un plan se fera naturellement.

Vous y gagnerez en temps et – le plus important –  en aisance rédactionnelle !

 

 

 

 

« Organiser ses idées, structurer ses propos », sur Amazon.

 

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Conseils pour améliorer son orthographe
mai 30th, 2017 par JérômeDuez

Des gens qui ne se trouvent pas assez beaux dépensent des fortunes en chirurgie esthétique. Quand on est laid en orthographe, on peut tout changer en ne dépensant presque rien !

Et le résultat est durable, alors que les résultats d’une chirurgie ne sont que passagers !

Une orthographe soignée embellit sans cesse, et votre image avec !

Les bienfaits d’une orthographe saine

Vous voulez embellir votre orthographe et je vous dis bravo !

Vous avez tout à y gagner. En êtes-vous conscient ?

En vous dotant d’une bonne orthographe, vous allez vivre une nouvelle vie, plus palpitante et riche en émotions.

Vous allez devenir plus attirant sur l’Internet, et vous provoquerez plus facilement les opportunités.

L’orthographe, c’est comme l’apparence physique : cela caractérise la personne en quelques secondes. À la vue rapide de votre niveau en orthographe, les autres ferment leur porte ou l’ouvrent en grand.

La différence est de taille !

Alors, prêt(e) à transformer votre image du tout au tout ?

Voici les supports qui vous aideront à embellir, à votre rythme.

Embellir votre orthographe par les manuels

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », une belle promesse, n’est-ce pas ? Que sont 100 jours, ou même 1 an, à raison d’une dizaine de minutes par soir (car on retient mieux la leçon avant de dormir) ?

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », c’est le titre d’un livre de Bénédicte Gaillard aux Editions de l’Opportun.

Il se laisse lire agréablement et il peut être efficace, si toutefois vous avez plaisir à apprendre par les livres.

Je ne conseillerai que ce livre-là, parce que j’aime particulièrement le titre et le concept. Mais si vous êtes habitué.e à apprendre par les livres, vous savez qu’il est préférable de trouver par vous-même parmi une sélection d’ouvrages consacrés au sujet, celui qui vous convient le mieux.

(J’en dis plus sur le rapport aux livres dans ce billet.)

Embellir votre orthographe par les correcteurs

Écrire et se faire corriger, c’est de l’apprentissage sur le terrain. Vous montrez vos faiblesses à une tierce personne, et sa correction vous marque plus profondément qu’une leçon apprise dans un livre ou en formation.

Tout le monde n’a pas dans son entourage une personne douée en orthographe, disponible et volontaire pour corriger des textes à tout moment. Heureusement, des génies de l’informatique produisent des miracles pour nous rendre toujours plus beaux !

Dans mon précédent billet consacré aux outils qui facilitent l’écriture (ici), je parle d’Antidote, le correcteur le plus performant actuellement. Il souligne une grande variété de fautes, en vous livrant des explications plus ou moins détaillées, selon votre envie.

Cette machine incroyable est d’une aide précieuse pour vos textes du quotidien. Mais pour les textes importants, une correction effectuée par un humain s’impose.

(Autre billet soulignant l’importance de la correction : « Les fautes, les traîtresses ».)

Embellir votre orthographe et l’afficher dans le CV

Le certificat Voltaire certifie le niveau en orthographe. L’examen, d’une durée de trois heures, se déroule dans un organisme agréé. C’est un QCM de 195 questions.

Vu le mauvais niveau en orthographe d’un grand nombre d’étudiants, la mention du certificat Voltaire dans le CV est un plus pour décrocher un emploi. Si vous êtes motivé par cet argument, il est sûr que la préparation à l’examen va vous faire progresser efficacement.

Des livres existent pour cette préparation, ainsi qu’une application offrant des QCM d’entraînement. Vous trouverez le tout à ce lien.

Embellir votre orthographe par la formation

De nombreux organismes de formation proposent de « maîtriser son orthographe » en 2 ou 3 jours seulement !

Ne rêvez pas, c’est impossible ! L’intitulé devrait être « s’engager sur la voie de la maîtrise en orthographe ». Je sais, c’est moins séduisant, mais plus réaliste.

Deux ou trois jours, cela laisse le temps pour vous évaluer et élaborer un plan de travail pour progresser.

Des tests sur Internet vous permettent de vous évaluer, mais peut-être que pour vous, cela ne suffit pas, et que vous avez besoin d’un regard extérieur pour recevoir un diagnostic précis. Dans ce cas, la formation vous sera profitable.

Si vous n’aimez pas apprendre seul dans votre coin et que rien ne vaut l’accompagnement physique pour vous donner des ailes, l’idéal serait de suivre des cours particuliers.

Embellir votre orthographe par la lecture

Je croirais entendre mon vieux prof de français en vous donnant ce dernier conseil, mais je constate qu’il n’est pas passé de mode. Le voici : lisez souvent !

Peu importe ce que vous lisez, pourvu que cela vous plaise et que cela soit correctement écrit. Nous avons la chance en France, de ne pas manquer de livres, de revues et de blogs de qualité, pour étancher la soif des lecteurs les plus insatiables.

Si vous avez une mémoire photographique, la lecture va favoriser vos progrès en orthographe aussi sûrement que les exercices. Pour les autres, les effets bénéfiques de la lecture seront plus lents mais il y a beaucoup d’avantages à lire.

Celles et ceux qui ne lisent pas ne savent pas la différence entre le langage parlé et le langage écrit. La lecture ouvre à ce savoir. De plus, lire souvent favorise la capacité à trouver plus vite vos propres mots pour vous exprimer. Le tout en vous faisant plaisir avec des sujets intéressants !

Et vous, quelle formule vous a permis d’effacer les impuretés de vos textes, et de faire gagner à votre orthographe une brillance superbe  ?

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mars 21st, 2017 par JérômeDuez

La nouvelle écriture, c’est la fin des phrases longues et du style ampoulé. À la place, ce sont des mises en page plus aérées pour faciliter le survol et un style plus simple. De quand date la nouvelle écriture ? Elle a émergé avec le numérique et j’ai l’impression qu’elle s’est affirmée avec l’emploi généralisé du mot « Cordialement ».

Évolution de la pratique du survol

Le survol d’un texte permet d’en repérer les points principaux. C’est aujourd’hui une pratique naturelle, alors qu’elle n’était pas courante il y a quelques années. La gymnastique oculaire a commencé dans les années 80, à l’apparition de la télécommande.

On peut dire que le zapping est à l’audiovisuel ce que le survol est au texte. En zappant, l’homme s’est habitué à décrypter rapidement l’information et à choisir aussi vite son programme.

Par ailleurs, le montage des films est devenu plus rapide, avec l’arrivée de la vidéo puis du numérique. Le montage façon clip est devenu un jeu d’enfant.

Ainsi, à partir des années 90, l’enchaînement rapide des plans est devenu la nouvelle écriture audiovisuelle et nos yeux se sont habitués à distinguer les plans brefs.

Les conséquences de cette évolution sur les pratiques de la lecture et de la rédaction ont été immédiates.

La nouvelle écriture, de son apparition à son affirmation

Les premiers ordinateurs à l’attention du grand public sont apparus au milieu des années 80. Une petite dizaine d’années plus tard, tout le monde a eu un PC à la maison. Le traitement de texte, avec sa mise en page rapide et son précieux correcteur d’orthographe, a facilité l’écriture. Mais il faudra attendre la fin des années 90 pour être témoin d’une simplification du style, avec l’Internet et l’e-mailing.

Les premiers e-mails se terminaient comme des courriers : « je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression na-na-na ».

Puis un jour, ce mot qui me fit sursauter : « Cordialement », émanant d’une personne que je ne connaissais qu’à peine ! Cela semblait déplacé. Dans le doute, j’allai chercher la définition dans le dico, qui me confirma l’aberration : « Cordial : qui vient du cœur. V. Affectueux, amical, bienveillant, chaleureux, (…) ». Logiquement, nous dirions « cordialement » à une personne que nous aurions envie de serrer contre nous.

Mais ce n’est pas nouveau. Quand nous disons je t’embrasse avec l’intention d’échanger de chastes bises, alors que le sens premier de l’expression est je te serre dans mes bras, quelle différence ? Dans les deux cas, les expressions Je t’embrasse et Cordialement dépassent souvent notre pensée… Qu’importe, elles font plaisir !

Ces dix dernières années, la société a été divisée en deux camps : les pro et les anti-cordialement. Le débat dure mais il devrait bientôt cesser. Car dans les grandes entreprises, des mauvais échanges d’e-mails génèrent des conflits (ce sujet est développé ici). Entre autres sales pratiques menant au clash, l’absence de formule de politesse. Ne serait-ce que le mot « cordialement » et la discorde serait évitée ! 

Ainsi, ce mot devient indispensable. C’est comme un bouton sur lequel il convient d’appuyer pour conditionner la bonne entente.

À partir de ce moment, nous pouvons considérer que la nouvelle écriture – fonctionnelle avant tout – a atteint l’âge de la maturité.

Après la nouvelle écriture, quel nouveau monde ?

Ce que privilégie la nouvelle écriture, ce n’est pas la belle tournure de phrase mais la justesse des informations. C’est livrer le contenu attendu à l’endroit attendu. Il n’est plus besoin d’y mettre les formes (sauf situations et destinataires spéciaux). Pour le rédacteur, l’effort est concentré sur la pertinence et l’ordre des informations.

Nous serons toujours libres de nous ressourcer dans la littérature pour savourer le beau style enchanteur et enrichissant. Mais en ce qui concerne les écrits professionnels, que la qualité du contenu l’emporte sur la qualité du style, cela me réjouit. C’est une victoire de la démocratie, car le beau style est élitiste.

Et je me prends à espérer de tout cœur (cordialement) l’apparition d’une société nouvelle, où le travailleur le plus compétent ne sera plus reconnu pour avoir reçu la meilleure éducation, avoir suivi les meilleures études ou appartenir au meilleur milieu, mais pour son esprit de jugeote, sa créativité et son efficacité…

A quand cette nouvelle ère ? La nouvelle écriture en est peut-être le signe précurseur…

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Le jargon tient chaud
mars 14th, 2017 par JérômeDuez

Pourquoi tant de jargons ? Pourquoi, plutôt que briser la glace, préférer faire du ice breaking.

Sommes-nous à ce point attachés à la culture de castes qu’il est impossible d’adopter un langage accessible au plus grand nombre ?

Le jargon, une tradition solidement ancrée

Deux mondes sont traditionnellement ancrés dans leur jargon : l’administration et l’université. Aujourd’hui, ces mondes sont partagés entre l’ancienne génération et la nouvelle.

Dans l’administration, ceux de la vieille école, qui n’ont pas envie de se former à de nouvelles pratiques, écrivent toujours des courriers aux tournures alambiquées, avec des débuts de phrases bourrés de références juridiques… Leurs courriers nous tombent des mains !

Heureusement, la jeune génération suit la nouvelle norme et pratique un style administratif plus proche du langage courant.

Dans la même logique, quand j’ouvre un essai de philo ou de socio écrit il y a quarante ans par un ponte de l’université française, je n’y comprends rien, un vocabulaire savant me refusant l’accès au savoir. Alors que je n’ai aucun problème pour lire le même type d’ouvrage écrit à la même époque par un Anglo-saxon.

Avec la mondialisation entraînant une obligation d’ouverture au plus vaste public, les choses changent et les essais français deviennent plus abordables.

Or, alors que dans la fonction publique et l’enseignement supérieur, ce sont les jeunes qui donnent l’exemple en employant un langage simple, dans les nouveaux métiers ils font le contraire et, entre les termes techniques et l’anglais, s’ingénient à peaufiner leur jargon.

« Pour améliorer mon asset management, un contact m’a fowardé sur mon mail corporate un training center qui va me coacher au day to day ».

Oui, des gens existent, qui s’expriment comme ça ! Cette année, j’ai entendu deux conférenciers de cette espèce. L’un présentait un système d’e-learning, l’autre parlait des bonnes pratiques sur les réseaux sociaux. 

L’ordre des priorités dans l’emploi de l’anglais

Dans mes formations, j’encourage l’utilisation du Mind mapping. C’est ainsi que j’appelle le procédé, en précisant que l’invention est anglaise. Nous pouvons traduire mind map par carte mentale ou carte de la pensée, parce que ces cartes-là reproduisent le tracé d’un raisonnement.

La première traduction française du terme mind map a été carte heuristique (ou euristique). Pourquoi avoir choisi un mot de racine remontant à l’antiquité, alors que l’invention est récente ? – Mystère ! Heuriskein signifie trouver (eurêka = j’ai trouvé). Or, en plus d’être pompeux, ce mot grec est limitatif.

En effet, les mind maps servent en partie à trouver plus facilement des idées, mais pas seulement : elles servent aussi à mémoriser, à illustrer un exposé ou à échanger des idées plus vite.

Même chose quand je parle de storytelling : j’utilise le terme anglais, car l’engouement pour cette pratique est récent et nous vient des Etats-Unis (ou des Australiens David Epston et Michaël White selon certains, à moins que cela remonte à Confucius ou à Socrate…).

Le storytelling dépasse le simple fait de raconter une histoire. Je pourrais remplacer par communication narrative, mais storytelling est un terme plus courant et je ne suis pas Québécois pour faire de la traduction systématique.

En somme, je choisis la langue en fonction de la nature du mot et de son origine. Je n’ai pas de mal à prononcer des termes anglais ou latins, allemands, arabes et italiens, conscient du fait que ma langue est la combinaison d’une variété d’emprunts. De là à utiliser autant de mots anglais que français dans mes phrases, il y a une marge.

Le jargon, une protection dérisoire

Il semble que cela rassure de faire partie d’un cercle fermé et balisé par un langage spécifique. Cela permet aux grands de marquer leur pouvoir et aux petits de se sentir au chaud en s’introduisant dans un groupe restreint. Du langage des jeunes au jargon des mandarins, il n’y a pas grande différence : il est toujours question de protection et de démarcation…

Sauf qu’aujourd’hui plus que jamais, tout jargon frôle le ridicule, dès lors que l’on s’adresse à des non-initiés. Parler franglish  entre collègues et dans l’intimité du bureau, pourquoi pas ? Mais si vous visez un large public, évitez !

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réussir ses comptes rendus
février 28th, 2017 par JérômeDuez

Les comptes rendus accompagnent les moments importants de la vie professionnelle : entretiens téléphoniques, rendez-vous, réunions, étapes de production… Ces documents témoignent de vos actions, de vos paroles ou de vos observations.

Leurs finalités sont multiples : favoriser la concertation, marquer l’engagement, aider à la décision, orchestrer un déroulement et, dans tous les cas, apporter un témoignage et conserver une trace.

C’est dire leur importance ! Pourtant, leur rédaction soulève des enjeux pas toujours mesurés à leur juste valeur.

Les enjeux du compte rendu – rendez-vous compte !

L’efficacité de la rédaction s’apprécie à deux niveaux principaux : le temps consacré et le format adapté au contexte.

Prenons le cas d’une réunion de 3 heures :

– au niveau du temps de rédaction, certains comptes rendus de réunion, simplement destinés à l’archivage, demandent parfois trois jours de travail au rédacteur amateur, alors qu’une à trois heures suffisent à celui qui maîtrise la technique. Au prix du salaire horaire de la personne, faites le compte !

– au niveau du format, il en existe 5, selon la finalité et les destinataires : cela va du format le plus synthétique (présentation en tableau, sur une page ou deux), au document qui reproduit la quasi-intégralité des propos échangés (présenté parfois sous forme de dialogue en style direct, de 20 à 30 pages). Si par erreur, le format n’est pas adapté à la situation, il n’est pas opérationnel et n’est ni lu, ni exploité.

Les conditions pour réussir un compte rendu

La perte de temps est souvent due à deux facteurs :

– trop de notes prises qu’il faut ensuite relire, classer, réduire… ;

– trop d’efforts pour reformuler les propos.

La réussite du compte rendu repose sur la qualité de la préparation. Il convient de se poser les bonnes questions avant sa réalisation. Par exemple :

– Quels sont les objectifs du compte rendu ? Est-il destiné à l’archivage ou à la communication ? Pour l’archivage, le style ne compte pas mais seulement la fiabilité des informations.

– Quand il est destiné à communiquer, dans quel but ? Cette question concerne le document lui-même et le(s) sujet(s) qu’il contient.

– À qui s’adresse-t-il ? Seulement aux personnes mentionnées dans le texte ou à une plus large audience ? À des personnes ignorantes du sujet ou à des connaisseurs ? Etc.

– Quels types de propos est-il besoin de rapporter ?  

(Pour en savoir plus sur les questions fondamentales à vous poser avant d’écrire, cliquez ici).

L’étape suivante consiste à prendre la quantité de notes utiles à la rédaction et pas davantage. Cela répond à une gymnastique particulière. Beaucoup de personnes savent écrire correctement, sans pour autant s’en sortir avec cette gymnastique-là.

Un entraînement accompagné permet d’accélérer l’acquisition du bon questionnement et des bons gestes. En formation individuelle, une journée peut suffire pour changer sa pratique et mesurer immédiatement le gain de temps.

Les écrits opérationnels sont vos alliés privilégiés. Sachez en profiter !

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Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses propos« .

Pour maîtriser la rédaction de vos comptes rendus, pensez à la formation !

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