Catégorie Conseil

mai 16th, 2017 par JérômeDuez

Avec les nouveaux outils à votre disposition, écrire n’a jamais été aussi simple.

En voici quelques-uns, parmi les plus efficaces.

Dragon, le logiciel de reconnaissance vocale

Vous parlez, il écrit… plus ou moins fidèlement. Longtemps, Dragon a été difficile à installer. Longtemps, il a manqué de fiabilité (les bruits parasites déformaient les mots retranscrits, d’après des témoignages).

Cela semble s’arranger, mais il est encore trop tôt pour affirmer que Dragon arrive à maturité. Selon moi, ce sera le cas quand on pourra l’utiliser dans n’importe quel environnement sonore.

J’attends avant de l’acquérir. J’aime dicter mes idées en toute circonstance et mon outil de prédilection est le dictaphone. Mais je ne veux pas dénigrer Dragon, car je connais des utilisateurs qui ne peuvent plus s’en passer.

Ici, vous pouvez lire un test intéressant de Dragon pour Mac 5, signé Anthony Nelzin.

Evernote ou OneNote, les « capteurs d’éléments »

Ce sont plus que des instruments de prise de notes, Evernote et OneNote capturent tout type d’élément : articles du Net, photos prises avec le smartphone,  captures d’écran…

Il semble qu’Evernote soit mieux conçu pour la mobilité et qu’il soit plus apprécié par l’ensemble des utilisateurs. En témoigne ce billet enflammé d’Antoine Blanchemaison.

Dès que je serai équipé d’un smartphone, je l’adopterai sûrement !

Les dictionnaires

Le portail lexical du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) présente l’offre la plus complète.

Sous Firefox, vous pouvez installer l’extension gratuitement dans votre barre des tâches.

Vous tapez le mot à rechercher, et vous êtes relié au site qui propose plusieurs entrées pour votre mot : définition, synonymie, antonymie et étymologie.

Le portail regroupe aussi une variété de dictionnaires spécialisés.

Vous pouvez préférer des dictionnaires en ligne plus simples. Dans ce cas, le site des dictionnaires Larousse est très bien ; et pour les synonymes, le Dictionnaire Electronique des Synonymes (DES) de l’Université de Caen Normandie donne d’excellents résultats.

Antidote, le correcteur de style

Si vous vous procurez Antidote, vous pouvez oublier le chapitre précédent. Car ce logiciel aussi met en lien tous les dictionnaires utiles. Et il fait beaucoup plus.

Antidote est le correcteur complet, il corrige l’orthographe, la grammaire et le style. Il souligne les fautes, il explique la nature de la faute, et propose un remplacement.

Ainsi, tout en étant corrigé, vous pouvez progresser en français.

D’emblée, cela semble être un incontournable pour corriger les écrits professionnels, journalistiques et universitaires. En revanche, un romancier a-t-il intérêt à faire corriger son style par une machine ?

Je viens de l’installer et de le tester avec mon livre qui sortira en juin : « Organiser ses idées, structurer ses écrits ». J’avais précédemment confié le manuscrit à deux correcteurs de talent, et Antidote a repéré des fautes supplémentaires. Impressionnant !

Pour en lire plus sur ce logiciel, voyez cet article-ci.

Scrivener, le traitement de texte des écrivains

Scrivener change la vie des écrivains, des universitaires et de tous ceux qui rédigent des documents longs.

Il offre une visibilité incomparable, car il permet de classer ses notes de manière optimale.

Accéder à une note précise, changer l’ordre des chapitres, éditer son livre sous format numérique et papier, autant d’opérations qui sont facilitées par Scrivener.

De plus, il est possible de coupler Evernote et Scrivener : ce qui est pris dans le premier est automatiquement classé dans le second.

Il est possible de l’essayer gratuitement pendant 30 jours. La page de téléchargement est en anglais mais le logiciel existe en français.

Cette présentation très claire de Lionel Davoust vous en dit plus.

Et demain ?

Un outil magnifique donne des ailes au savoir-faire. Mais sans savoir-faire, il vous donne l’illusion d’accomplir des prodiges, sans offrir de résultats probants…

Par conséquent, aucun de ces outils magnifiques ne vous fait l’économie des connaissances nécessaires en matière d’écriture… Mais qu’en sera-t-il demain ?

Le robot rédacteur existe. Cet article de Vincent Glad vous présente Data2content, robot au service d’agences de voyages, du journal Le Monde, de la SNCF… et bientôt chez vous ! 

Cela veut-il dire que nous cesserons d’écrire ? Je ne le crois pas. En nous délestant des contraintes techniques de l’écriture, nous aurons l’esprit plus libre pour nous consacrer aux questions de fond, et aux catégories d’écrits où resplendit notre humanité.

Apportez votre avis sur les outils mentionnés !

En avez-vous d’autres à conseiller ?

 

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mai 9th, 2017 par JérômeDuez

Les écrits professionnels n’ont rien à voir avec l’écriture scolaire. Parce que le milieu professionnel est un autre monde, beaucoup plus confortable que l’école et le collège.

La rédaction et la dissertation sont les seules épreuves scolaires qui demandent de montrer un savoir-faire technique, tout en exprimant un propos qui sort de nous. La note sur 20 porte à la fois sur la forme et sur le fond. En cas de mauvaise note, les conséquences sont souvent blessantes et dans l’esprit de l’élève, c’est son propos – une part de lui-même – qui a été rejeté.

Heureusement, nous ne sommes plus à l’école ! Voici trois exemples démontrant l’écart immense entre la rudesse de l’écriture en milieu scolaire et le confort de l’écriture en milieu professionnel :

Le problème du grand style

À l’école, pour faire connaissance avec l’écriture, nous avons reçu des dictées souvent extraites de textes de grands auteurs. Nous avons écrit des mots inconnus, des phrases aux tournures compliquées et intimidantes. Avec les récitations c’était pareil, nous avons dû apprendre des textes d’une perfection littéraire inaccessible. Donc, pour beaucoup, la découverte de la littérature a provoqué un complexe d’infériorité quasi insurmontable ; et écrire est devenu synonyme d’écrire avec style.

Les écrits professionnels sont le contraire de la littérature, dans le sens où ils doivent être dépourvus d’effets de style. Pourtant, nombre d’entre vous qui êtes restés sur une idée fausse de la « maîtrise de l’écriture » passent trop de temps à soigner le style. Or, l’attente du lecteur se situe ailleurs, au niveau du plan. Autrement dit, le lecteur attend certaines informations, présentées dans un ordre précis.

Le problème de devoir se montrer

En classe de 6ème, pour nos premiers devoirs de rédaction, le prof nous donnait comme sujet : « Racontez vos vacances » ou « Racontez vos week-ends ». Les sujets touchaient donc à l’intimité. Pour peu que notre rédaction ait été exemplaire par son excellence ou par sa médiocrité, elle était lue à la classe, ce qui nous valait des plaisanteries des copains sur notre façon d’occuper nos loisirs. Certaines personnes ne se sont pas remises de ce genre d’épisode et pour elles, écrire est une violente mise à nue.

Dans le contexte professionnel, nous nous exprimons rarement pour raconter notre vie ou pour donner un point de vue intime. Nous nous exprimons principalement pour mentionner deux choses : les faits et notre analyse des faits. Notre objectivité est de rigueur. Notre personnalité apparaît dans le choix, la pertinence et la clarté de nos informations, non dans leur interprétation. Et notre analyse repose surtout sur notre expérience professionnelle et sur notre expertise. Ceci est une certitude : la violation de la sphère privée n’a aucune légitimité dans la sphère professionnelle.

Le problème de la page blanche

Les jours de composition écrite en classe, nous commencions par sortir du papier, puis nous notions en haut d’une feuille le sujet de la rédaction ou de la dissertation que le (la) prof nous dictait et enfin, nous réfléchissions devant une feuille blanche.

Dans le contexte professionnel, réfléchir face à une feuille ou allumer l’ordinateur avant de savoir ce que nous allons écrire est un geste aussi absurde que celui consistant à saisir son téléphone avant de savoir quoi dire. Pour une raison simple : écrire à l’école, c’était pour apprendre à écrire, alors qu’écrire en milieu professionnel, c’est de l’action pure ! Et toute action se fait en deux temps : 1 – nous pensons ; 2 – nous agissons.

Pourtant, trop de monde conserve la feuille pour réfléchir ; si ce geste convient à certains, à d’autres il crée la fameuse angoisse de la page blanche.

Écrire c’est agir

Pour mener à bien la phase préparatoire de réflexion, il convient à certains de prendre des notes de façon classique, tandis que d’autres ont besoin de tracer des mind maps (que nous verrons plus loin), d’autres préfèrent marcher ou gribouiller de petits dessins, parler au dictaphone ou rester tranquilles à ne rien faire d’apparent. Si bien qu’au moment de sortir la feuille, les idées sont déjà en place et l’angoisse de la page blanche n’existe plus.

Pour beaucoup, le mot rédaction évoque le collège ou la littérature. Ces associations d’idées n’ont pas de sens dans un contexte professionnel, où écrire est exclusivement une action, au même titre que prendre son téléphone.

 

Ce texte est un extrait du manuel « Osez l’écriture ! », en téléchargement gratuit.

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avril 11th, 2017 par JérômeDuez

J’entends souvent des gens dire « pas de souci » ou « pas de problème ». C’est la mode. Ils le disent à la place de « ça marche ! », « c’est ok », « ça sera fait » ou simplement « oui ». S’ils le disent une fois exceptionnellement, ce n’est pas grave. Mais si cela devient un tic de langage, je m’inquiète : ils sont en train de s’auto-hypnotiser dans l’échec. Vous en doutez ? Lisez donc la suite…

Mécanisme de l’échec

Notre subconscient est incapable de comprendre les expressions négatives.

Si je vous demande de ne pas penser à un éléphant – à tout ce que vous voulez mais surtout pas à un éléphant ! –, aussitôt le pachyderme envahit votre esprit.

Et si vous vous donnez l’ordre d’arrêter de fumer (« arrêter » étant un verbe d’action négative), seul le mot « fumer » vous hante et il devient quasiment impossible d’arrêter dans ces conditions. Pour arrêter de fumer, il est préférable de visualiser le résultat séduisant et se dire : « je vais raffermir mon cœur, améliorer mon souffle, etc. ».

Quand « pas de problème » est répété à longueur de temps, seul le mot « problème problème problème » s’inscrit dans le cerveau, façon méthode Coué.

Quand je passe une commande au café et que le serveur me répond « pas de problème », je prévois un contretemps, un café froid ou une bière éventée… ce qui ne manque pas d’arriver. Je renvoie alors ma commande – à condition de ne pas être pressé…

Pas plus tard que la semaine dernière, au téléphone, je demande à une standardiste de me passer Untel. « Pas de problème ! », dit-elle ; et je tombe sur la tonalité occupée, comme si elle venait de raccrocher.

C’est quasiment systématique, cet affreux tic de langage produit le contraire de ce qu’il annonce !

Prévenir ou guérir ?

Un ami provocateur prend plaisir à violenter la personne qui laisse échapper un « pas de problème ». Il réplique avec un soupçon d’agressivité : « Pourquoi parlez-vous d’un problème ? Vous voyez un problème ? Oubliez ce que je vous ai demandé, je ne veux pas de problèmes ! »

Il est persuadé de vacciner l’autre de cette façon. Il a peut-être raison… Moi, je ne dis rien… jusqu’à ce que le problème survienne. Car c’est un fait : il survient très souvent.

Vérifiez par vous-même et dites-m’en des nouvelles. Que vous est-il arrivé la dernière fois que quelqu’un vous a annoncé une absence de problème ? Et avez-vous un truc pour remédier à la situation ?

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février 21st, 2017 par JérômeDuez

J’interviens souvent auprès d’employés de la fonction publique, pour animer des formations aux épreuves écrites de concours internes de catégories B et A. Dans ce cadre, il nous arrive d’aborder le sujet brûlant de l’épreuve d’oral. Car l’épreuve écrite permet de franchir l’étape de la présélection alors que le concours n’est remporté qu’à l’oral.

Au fil des témoignages récoltés, j’ai fini par en apprendre beaucoup sur le sujet et je vous livre ici une information capitale, sinon la plus importante à connaître pour réussir votre oral.

Un an de préparation pour arriver à la question piège

Dans certains concours administratifs, le taux de réussite est inférieur à 5 pour 100. Parfois 5 pour 1000. Tout dépend du nombre de candidats et de postes à pourvoir. Plus le taux est sévère et plus les critères de présélection le sont. Par exemple, les premières qualités d’un écrit sont la justesse des informations, la clarté et parfois la pertinence. Et, selon le taux de présélection déterminé, les jurys tiennent compte ou non, de la qualité de l’orthographe et de la syntaxe.

À l’épreuve orale, les jurés accordent leur préférence aux personnes qui satisfont un seul critère : donner envie de travailler avec elles. Ils ne se posent qu’une question : « Voudrais-je l’avoir comme collègue ? ». L’épreuve porte sur un sujet précis, mais c’est secondaire. Ce qui prime, c’est de dégager l’image d’un(e) bon(ne) professionnel(le). Et pour repérer la perle rare, le procédé est classique.

Le jury recevant le (la) candidat(e) est composé de 3 à 6 membres. Généralement, un ou deux jurés posent les questions, un autre demeure silencieux et sympathique, un autre a la mine grave comme s’il jugeait la personne défavorablement – mise en scène habituelle pour voir comment celle-ci surmonte cette situation inconfortable.

Les premières questions sont faciles et la personne s’en tire bien, d’autant qu’elle a préparé son épreuve pendant plusieurs mois. Mais fatalement, un juré finit par poser une question à laquelle elle ne sait pas répondre, et c’est là le moment déterminant. D’ailleurs, le jury pose des questions jusqu’à atteindre ce moment, le seul qui l’intéresse vraiment.

Devoir d’ignorance

Car les conditions de réussite vont résider dans la qualité du « je ne sais pas ». Si l’on répond en tremblant comme une feuille, avec des trémolos dans la voix ou la larme à l’œil, c’est terminé ! Les jurés n’ont pas envie de travailler avec quelqu’un qui perd ses moyens à la première tuile. Si la personne fait croire qu’elle sait alors qu’elle ne sait pas, et si elle joue au plus malin, c’est fini ! On ne veut pas d’un filou comme collègue.

La solution, c’est répondre « je ne sais pas » sans faire de drame. Après tout, dans le monde du travail, il est courant de ne pas savoir comment s’y prendre. Les conditions de réussite ne résident pas dans la connaissance impeccable de sa partie, mais dans un esprit bourré de ressources. Il n’y a jamais de honte à ne pas savoir. Mieux, le jury apprécie que la personne avoue son ignorance en ajoutant une pointe d’humour.

Une fois, une employée chargée de la paie du personnel a reçu la question suivante à laquelle elle ignorait la réponse : « Imaginez que vous deviez verser une prime de fin d’année à l’ensemble du personnel mais qu’il n’y ait pas assez d’argent pour tout le monde, qu’est-ce que vous faites ? ». La candidate a répondu avec un petit sourire : « C’est simple, je convoque tout le monde dans une pièce sans fenêtre, je place l’argent au centre et je les enferme dans le noir en disant que le meilleur gagne ! ». Voilà une femme qui ne se laisse pas démonter : elle a eu son concours !

« En fait, j’étais certaine de le rater, c’est pour ça que j’ai tourné la chose à la rigolade », expliquera-t-elle plus tard. J’ai reçu plusieurs témoignages de ce genre, qui m’ont confirmé le phénomène. Beaucoup de ceux qui remportent le concours y vont sans y croire et du coup, ils sont à l’aise. En revanche, quand l’enjeu est trop fort, quand on a trop travaillé pour réussir, il est beaucoup plus dur de rester décontracté à l’épreuve du « je ne sais pas », on y perd son sang-froid et son bon sens.

Je vous laisse en tirer vos conclusions.

ATTENTION : ce conseil ne vaut que pour les concours et les examens professionnels. Il est à oublier dans le cadre d’un oral d’examen universitaire, où la qualité des connaissances est censée primer. En revanche, dans un cadre professionnel, nous passons du devoir de savoir au devoir d’ignorance ; de ce fait, nous soulignons remarquablement la sortie du cadre de l’enseignement supérieur et la plongée directe dans la vie active.

Autre conseil important pour bien se préparer au concours : Confusion dans les épreuves écrites des concours administratifs

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février 14th, 2017 par JérômeDuez

À mes débuts comme formateur, en 2004, j’animais des modules préparant aux épreuves écrites des concours administratifs. À l’époque, il n’en existait que deux sortes, la « note administrative » et « la note de synthèse » ; et déjà régnait une confusion.

Des stagiaires confondaient entre les deux et s’inscrivaient à la mauvaise formation. Il arrivait aussi à certains organisateurs de proposer un sujet de note de synthèse à une épreuve de note administrative, et inversement.

Depuis, il existe de nouvelles épreuves en supplément : la note opérationnelle, l’épreuve de cas pratique, la note de problématique… Et la confusion augmente. Cet article vous aide à vous y retrouver.

Note administrative et note de synthèse

Les deux épreuves ont plusieurs points communs :

  • il s’agit d’écrire une note sur la base d’un dossier ;
  • l’épreuve ne fait pas appel aux connaissances du candidat, qui doit exploiter uniquement les informations contenues dans le dossier ;
  • le résultat doit être une note synthétique de 3 à 6 pages.

Ce qui change est la nature de la note.

La « note administrative » décrit un fonctionnement. Soit elle présente un dispositif, soit une réglementation ; il s’agit d’expliquer en quoi cela consiste. Autrement dit, c’est une sorte de mode d’emploi. Par exemple, une circulaire ministérielle est une note administrative.

Il existe des épreuves de « note administrative assortie de propositions » : ici, il est demandé comment opérer dans certains cas particuliers. La réponse à cette question est contenue dans le dossier ; là encore, on ne fait pas appel aux connaissances du candidat mais à sa capacité d’identifier et de transmettre les informations justes.

La « note de synthèse » est différente, dans la mesure où cela couvre tout type de sujet. Cela peut être la synthèse d’articles de presse ou d’extraits de livres, sur un sujet délicat : « l’esclavage moderne », « l’Uberisation des métiers », « la nouvelle loi du travail » (il est fréquent que le sujet colle à l’actualité), etc. ; ou la synthèse de textes réglementaires sur un sujet tournant autour d’une réglementation, à condition que le contenu dépasse le simple mode d’emploi.

Par exemple, si dans l’intitulé du sujet il est demandé : « rappelez la définition, les conditions et les modalités de la loi du travail », c’est une note administrative. Et s’il est demandé « dans cette note, vous aborderez les modalités de la loi du travail et les difficultés liées à sa mise en œuvre », il s’agit d’une note de synthèse, car la réglementation est contextualisée dans une situation problématique.

La note de cas pratique et la note opérationnelle

Par définition, « l’épreuve de cas pratique » doit coller aux pratiques professionnelles des candidats. Par conséquent, il peut s’agir de n’importe quel type de mise en situation.

Par exemple, pour un concours de jardinier, il peut être demandé de concevoir un parterre de fleurs, en précisant la quantité de plants et de terreau pour la surface mentionnée dans le sujet, voire en dessinant la disposition des fleurs.

Pour un professionnel du tertiaire, il peut s’agir de rédiger une note opérationnelle. Autrement dit, la note opérationnelle et la note de cas pratique signifient la même chose.

Les sujets sont variés : il est souvent demandé de rédiger une note organisationnelle (organiser un séminaire, un stand à un salon professionnel, une réunion, etc.) ; mais cela peut être un autre type de commande : écrire un courrier sur un problème délicat, une note interne ou un rapport d’incident.

L’intitulé du sujet remplit souvent une page entière et fourmille de détails, concernant le poste occupé, l’administration concernée, le destinataire, le contexte et la commande. Cela donne des indications au candidat pour que celui-ci se projette dans la situation.

Le dossier (dépassant rarement 15 pages) sert de base d’inspiration. Le candidat fait appel avant tout à ses connaissances, à son expérience et à son bon sens ; et il s’aide du dossier pour enrichir sa réflexion et ses arguments.

La note de problématique

Une problématique est un ensemble de problèmes ou de points forts relatifs à un sujet. Dans une note, quand il est demandé de « dégager une problématique », cela signifie de rédiger une phrase qui regroupe un ensemble de problèmes.

Une problématique doit apparaître dans toute note de synthèse. C’est pourquoi il existe une grande confusion entre la « note de synthèse » et la « note de problématique ».

Dans cette dernière, le candidat se repose à la fois sur le dossier qui lui est remis pour décrire une situation et en soulever les points forts, et sur ses propres connaissances pour soumettre des propositions.

Il arrive que l’on trouve une épreuve de « note de synthèse » où il est mentionné : « cette épreuve fait appel à votre esprit de synthèse et à vos connaissances personnelles ». Dans ce cas, appeler l’épreuve « note de synthèse » peut induire en erreur, car il s’agit d’une « note de problématique ».

Comment s’y retrouver ?

Les épreuves dont je viens de parler n’ont rien à voir les unes avec les autres. La méthodologie est différente pour chacune, en termes de découverte et d’exploitation du dossier, de gestion du temps, de présentation de la copie à remettre. Donc, ne vous trompez pas d’épreuve en vous préparant !

Avant de vous entraîner, que cela soit seul ou en vous inscrivant à une formation (l’un n’empêche pas l’autre et les deux sont vivement conseillés !), renseignez-vous à fond sur la nature de l’épreuve. C’est-à-dire que vous ne devez pas vous contenter de savoir s’il s’agit d’une épreuve de note de synthèse, administrative, opérationnelle ou de problématique, car la réponse peut vous conduire sur une fausse piste.

Vous devez absolument aller plus loin : récupérez les épreuves soumises les années précédentes et étudiez les sujets. C’est la seule façon de connaître à coup sûr la vraie nature de l’épreuve et de pouvoir vous préparer en conséquence.

 

Lisez cet autre conseil pour réussir votre oral, en cliquant ici.

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février 7th, 2017 par JérômeDuez

Écrire accompagne nos actions pour les dynamiser et les rendre plus efficaces. Une preuve : voyez ce qu’il se passe avec une simple prise de notes.

Prendre des notes libère l’esprit

Celles et ceux qui rechignent à noter font trop confiance à leur mémoire. Exemples : le serveur au restaurant qui ne note pas la commande, ou nous-mêmes les jours où nous faisons les courses sans en avoir dressé la liste, il se produit souvent un oubli, avec des conséquences fâcheuses : le serveur est renvoyé en cuisine et il nous faut retourner au supermarché.

Pourquoi se compliquer la vie, quand il est si simple de noter ?

En plus de nous garantir de ne rien oublier, la prise de notes nous libère l’esprit.

C’est flagrant avec les idées. Une idée est pleine sitôt qu’elle émerge. Elle n’évolue pas, elle nous hante, c’est tout ce qu’elle fait. Dès qu’elle est notée, l’esprit est libéré et peut offrir de la place aux idées suivantes ou se reposer.

Prendre des notes vainc l’insomnie

Longtemps, j’ai eu du mal à m’endormir. Je ressassais des trucs pendant trois ou quatre heures, jusqu’à l’épuisement. Je me croyais de nature insomniaque, mais c’était faux, car deux disciplines m’ont aidé à chasser le phénomène.

La première a été d’apprendre à respirer profondément, au niveau du diaphragme. Cela s’acquiert en quelques semaines. La deuxième se maîtrise en quelques minutes : cela consiste à noter chaque soir mon planning pour le lendemain.

5 à 10 minutes par jour suffisent. Je remplis le programme du lendemain et je n’y pense plus.

Ne vous séparez jamais du bloc-notes

« Bloc-notes » est une façon de parler. Il existe une variété d’outils pour compiler nos notes. Je me suis longtemps promené avec un carnet et plusieurs stylos. Puis j’ai changé pour le dictaphone.

Choisissez votre outil favori et gardez-le toujours près de vous. Et surtout, prenez l’habitude de reporter souvent vos notes sous une forme planifiée afin de ne pas accumuler une quantité importante de notes qu’il serait fastidieux de traiter. Mieux vaut 5 minutes par jour que 50 minutes tous les 10 jours.

Derrière cette collection de bonnes pratiques, il y a la récompense de travailler sans avoir l’impression de le faire. 50 minutes d’attention, c’est du travail, tandis que 5, c’est presque rien. Résultat : certains jours, en supervisant l’ensemble de vos notes, vous vous dites « Whaow ! Quel boulot ! Pourtant je ne l’ai pas senti passer ! ». C’est excellent pour le moral !

Pour voir d’autres cas où l’écriture est au carrefour du développement professionnel et du développement personnel : lisez le livre gratuit « Osez l’écriture » et le billet « Inspirez / Ecrivez »

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janvier 5th, 2017 par JérômeDuez

La respiration, cet élément moteur de la relaxation et du bien-être, joue un rôle dans l’écriture. En effet, bien respirer peut se révéler utile pour évaluer la qualité de votre style.

Style littéraire et style professionnel

En littérature et plus généralement en art, le contenu n’a qu’une importance relative. Ce qui compte n’est pas ce qui est dit, mais la façon dont cela est dit. Et l’artiste se distingue par son style inimitable, sa patte. Le style littéraire est en soi un effet de surprise, par son invention et son caractère insolite.

Au contraire, en matière d’écrits professionnels, ce qui prime est la valeur de l’information. Et l’excellent style est l’absence apparente de style. C’est, dans l’idéal, la fluidité absolue, la parfaite transparence au service du contenu.

En cela, le rédacteur ne doit pas être reconnaissable. Si c’est le cas, son style personnel l’emporte, détournant le lecteur de l’essentiel.

Dans les documents professionnels, à commencer par les emails, nous sommes heurtés à la lecture d’un effet de style, d’un trait d’humour, d’énervement, voire de poésie. Comment l’éviter ?

Les ennemis de l’excellent style professionnel 

Techniquement, l’excellent style professionnel est simple : il suffit de rédiger des phrases courtes, séparées par des mots de liaison (et, mais, cependant, car, or, etc.).

Ce qui est difficile est de respecter cette consigne, car plusieurs ennemis nous en empêchent, les plus courants étant : le stress et l’euphorie.

Les effets du stress sont agressifs. Ils sont marqués par un vocabulaire violent, voire insultant. C’est un exposé empreint de jugement, souvent subjectif et dévalorisant par une orientation négative.

L’euphorie conduit à commettre des effets d’humour – vexants pour ceux qui n’y sont pas sensibles – ou de poésie – avec des métaphores parfois blessantes. Par exemple, écrire pour illustrer un drame au Japon : « L’Empire du soleil levant est couché pour un bon moment » (lu dans une épreuve de concours à la note de synthèse, au sujet de la crise économique nippone).

L’euphorie est cousine du stress, elle accompagne l’anxiété. Elle se produit, par exemple, quand nous écrivons sous la contrainte d’une échéance : dans un premier temps, nous sommes anxieux, craignant d’échouer ; puis en cours de rédaction, voyant que nous y arrivons, l’anxiété s’envole et l’euphorie prend le relais.

Sachant la réussite du texte assurée, nous sommes tellement heureux et fiers que nous voulons le faire savoir au monde entier – alors nous commettons un effet de style.

Ce sont les jeux de mots bas de gamme que nous lisons dans les journaux. Parce que le journaliste qui réussit à boucler son papier à temps écrit sous euphorie, et qu’en plus il lui est permis de faire de l’esprit.

Comment éviter les fautes de style ?

Sous le stress ou l’anxiété, la respiration est courte, les mains sur le clavier sont fébriles. Et sous l’euphorie, vous vous faites rire ou sourire. En écrivant dans ces conditions, il surgit toujours des mots malheureux. C’est systématique.

Soyez attentif à cela, c’est facile à remarquer : soyez conscient de votre respiration et de vos réactions au moment de la rédaction et de la relecture. (1)

Que cela ne vous interdise pas de rédiger, mais dans ce cas, imposez-vous un temps avant de vous relire et d’expédier votre texte. Car la relecture dans la sérénité vous mettra en évidence les mots malheureux.

À l’écrit comme à l’oral

L’exercice peut se révéler aussi utile à l’oral, au cours d’un entretien. Au moment où l’autre pose une question qui nous dérange, notre respiration s’accélère. Si nous ne prenons pas soin d’attendre, nous fournissons malgré nous une réponse précipitée, que nous regrettons plus tard. C’est pourquoi, autant que possible, il convient de marquer un temps d’arrêt.

Le temps de reprendre une respiration régulière, nous comprenons la nature de notre malaise et nous trouvons la réplique appropriée.

Comme il est plus facile de contrôler sa respiration à l’écrit qu’à l’oral (parce que personne n’attend de réponse immédiate et ne surveille nos réactions), je conseille d’y veiller particulièrement lors de la rédaction des e-mails.

Ne les envoyez pas tout de suite. Si, je vous assure, il n’y a pas d’urgence ! N’oubliez pas, l’envoi d’un mot malheureux fait perdre plus de temps en gestion de conflit, que le temps accordé à une relecture.

(1) Le livre « Osez l’écriture ! » vous en dit plus à ce sujet. Il est gratuit (inutile de laisser votre adresse en échange, il est vraiment gratuit). Vous y trouverez notamment des exercices pour vous entraîner à respirer sereinement.

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décembre 16th, 2016 par JérômeDuez

Nous sommes de plus en plus nombreux à commettre des fautes d’orthographe et de grammaire. Le sachant, ne serait-il pas temps de devenir indulgents, les uns vis-à-vis des fautes des autres ? Malheureusement, non.

Gare à ceux qui diffusent des textes non corrigés ! Cela relève de l’impolitesse, du manque de correction !

Pour l’éviter, je conseille de généraliser la pratique de la correction entre collègues ou ami(e)s, avec bienveillance et dans la bonne humeur.

La faute d’orthographe est une faute de style

Qu’est-ce qu’un excellent style professionnel ? C’est celui qui privilégie l’information. Le lecteur lit le texte sans effort et quand il a terminé, il pense : « C’était facile à lire ! J’ai tout compris et j’ai tout retenu ! ».

Pour réussir ce prodige, c’est simple : il suffit d’écrire des phrases courtes, séparées par des mots de liaison (du type mais, or, de plus, en revanche, car, etc.).

À la limite, quand en lisant vous pensez « Comme ce texte est bien écrit ! », c’est raté ; car dans ce cas, le style l’emporte sur l’information, il vous distrait et donc certains éléments importants peuvent vous échapper.

C’est pareil avec les fautes d’orthographe. Chaque faute remarquée détourne le lecteur du contenu. Chacune est un motif de distraction, qui peut s’avérer lourde de conséquences.

Un cas exceptionnel où je pardonne les fautes

En me promenant à Vincennes, je m’arrête devant une pâtisserie très attirante. Sa vitrine réveille ma gourmandise. Je m’approche des étiquettes devant les rangées de gâteaux et je suis frappé par le nombre impressionnant de fautes d’orthographe. Biscuit amende, crème émulsionné, chocolat noire… 

orthographe

Cela ne me choque pas. Au contraire, ces fautes m’apparaissent comme une touche poétique, une façon de dire « mon talent et mon énergie, je les réserve exclusivement à la création de mes pâtisseries ». Car le résultat est devant mes yeux et il est très appétissant ! Il s’agit bien là d’une exception.

En revanche, que dire du profil plein de fautes de ce plombier sur les réseaux sociaux ? Le problème, au contraire du pâtissier vincennois, c’est que nous ne voyons pas son travail. Nous pourrions penser qu’étant plombier, il n’est pas censé maîtriser le français et que c’est déjà courageux de sa part de publier un profil sur le Net. Nous pourrions trouver les maladresses attendrissantes…

Hélas, les écrits reflètent l’image de leur signataire. A la lecture d’un texte, nous tirons des conclusions hâtives sur l’auteur, à tort ou à raison. Si le texte est mal bâti, on en déduit que le travail du signataire est bancal ; s’il est salement présenté, on imagine l’auteur produire un sale travail ; quant au texte bourré de fautes, il trahit du je-m’en-foutisme.

C’est pourquoi il est important de confier ses textes à corriger. Pas nécessairement par un correcteur professionnel, mais par un collègue ou un ami qui connaît les règles du français et avec qui l’on s’entend bien. Parce qu’il est toujours plus facile de corriger les fautes des autres que les siennes.

Une correction peut être amusante !

Ce ne sont pas les mêmes parties du cerveau qui fonctionnent quand vous rédigez et quand vous corrigez votre texte. Personnellement, j’avoue avoir beaucoup de mal à me corriger. Au moment de la relecture, je suis toujours plus soucieux de la clarté et de la précision de mon propos, que des règles du français ! Aussi ai-je fini par assumer mes fautes… Mais sans complaisance ! Je n’aime pas les laisser traîner !

Dans un premier temps, je corrige au mieux, sachant que ce ne sera pas parfait. Mais au moins, j’élague, je débroussaille, j’arrache les mauvaises herbes. Puis je me fais corriger par un tiers.

Il fut un temps où cette épreuve de la correction était pénible. C’était au temps où les éducateurs frappaient les enfants pour leur bien. Correcteurs et correctrices à l’école ou au sein de la famille avaient la fâcheuse habitude d’accompagner l’épreuve de remarques désobligeantes, parfois avec violence. « Comment peux-tu commettre encore des fautes pareilles ?! ».

Peut-être est-ce en souvenir des correcteurs pervers que tant de personnes négligent de donner leurs textes à corriger… Les pauvres, elles ignorent que la correction peut devenir une partie agréable !

Désormais, l’aventure a changé du tout au tout. Mes correcteurs me font découvrir le caractère risible de mes fautes, lesquelles révèlent parfois des traits de mon humeur.

Figurez-vous que chez moi, les fautes évoluent par groupes. Il n’en apparaît aucune dans certains paragraphes, alors que d’autres en sont truffés. Dans ce cas, leur présence dénonce toujours quelque chose de plus profond : soit mon idée n’est pas claire, soit je me suis levé du pied gauche et je fais du mauvais esprit qu’il vaut mieux gommer.

En somme, mes fautes sont des signaux d’alarme, révélateurs comme des actes manqués. Souvent, elles ne méritent pas d’être corrigées, car c’est tout le paragraphe qui est concerné. Je peux les remercier de me l’avoir fait remarquer.

C’est ainsi que j’ai appris à traiter mes fautes en amies, chères traîtresses, mauvaises fréquentations auxquelles je suis pourtant attaché ! Elles se donnaient des airs impitoyables quand je les connaissais mal ; mais depuis que je sais les lire entre les lignes, j’ai compris qu’elles sont souvent prévenantes.

À part mes fautes « groupées », je commets aussi des fautes solitaires. Celles-là ne signifient pas grand-chose. Je les appelle coquilles ou distractions. Souvent, je ne les vois pas à la relecture et il leur arrive d’échapper au regard de mes correcteurs…

Chère lectrice, cher lecteur, il se peut qu’une ou deux d’entre elles se soient égarées dans ce texte ou d’autres de ce blog. Si vous les remarquez, ayez la gentillesse de me les signaler. 

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Dans ce billet, je vous parle d’un correcteur magnifique.

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