Catégorie Conseil

Bon sens intemporel
novembre 15th, 2017 par JérômeDuez

Les leçons intemporelles font du bien. Dans une société en perpétuelle mutation, il est réconfortant de vérifier que des classiques restent d’actualité. Nicolas Boileau est de ceux-là. Comme son titre l’indique, « L’art poétique » s’adresse principalement aux poètes et aux dramaturges. Mais beaucoup des conseils contenus dans l’ouvrage sont aussi valables pour réussir nos écrits professionnels.

Voici quelques extraits de l’ouvrage : en italiques, le texte original ; et en caractères normaux, mon adaptation en langage d’aujourd’hui.

Chant I.

(…) Craignez d’un vain plaisir les trompeuses amorces,

Et consultez longtemps votre esprit et vos forces.

Prenez le temps de réfléchir avant de parler ou d’écrire.

 

(…) Quelque sujet qu’on traite, ou plaisant, ou sublime,

Que toujours le bon sens s’accorde avec la rime ;

(…) Aimez donc la raison ; que toujours vos écrits

Empruntent d’elle seule et leur lustre et leur prix.

La raison et le bon sens doivent prédominer. Sans cela, le texte est sans valeur.

 

La plupart, emportés d’une fougue insensée,

Toujours loin du sens vont chercher leur pensée

Ils croiraient s’abaisser, dans leurs vers monstrueux,

S’ils pensaient ce qu’un autre a pu penser comme eux.

Beaucoup cherchent à briller par trop d’originalité, pour un résultat insensé…

 

(…) Un auteur quelquefois, trop plein de son objet,

Jamais sans l’épuiser n’abandonne un sujet.

S’il rencontre un palais, il m’en dépeint la face ;

Il me promène après de terrasse en terrasse ;

Ici s’offre un perron ; là règne un corridor ;

Là ce balcon s’enferme en un balustre d’or.

(…)Fuyez de ces auteurs l’abondance stérile,

Et ne vous chargez point d’un détail inutile.

Tout ce qu’on dit de trop est fade et rebutant ;

L’esprit rassasié le rejette à l’instant,

Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.

…D’autres s’écoutent parler et gonflent leur discours sans rien dire de pertinent. Élaguez vos textes, débarrassez-vous du rébarbatif.

 

(…) On lit peu ces auteurs, nés pour nous ennuyer,

Qui toujours sur un ton semblent psalmodier.

D’autres encore radotent toute leur vie le même discours.

 

(…) Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée

Ne peut plaire à l’esprit, quand l’oreille est blessée.

Le fond et la forme sont liés. Une pensée juste doit être bien exprimée.

 

(…) Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,

Mon esprit aussitôt commence à se détendre ;

Et, de vos vains discours prompt à se détacher,

Ne suit point un auteur qu’il faut toujours chercher.

Ouvrez votre discours avec une bonne accroche et annoncez d’emblée votre sujet. Sinon, vous perdez l’attention de vos lecteurs ou de votre auditoire.

 

Il est certains esprits dont les sombres pensées

Sont d’un nuage épais toujours embarrassées ;

Le jour de la raison ne le saurait percer.

Avant donc que d’écrire, apprenez à penser.

Selon que notre idée est plus ou moins obscure,

L’expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,

Et les mots pour le dire arrivent aisément.

À parler trop vite, le propos est creux et confus. La beauté du texte reflète la profondeur de la pensée. La clarté du discours est le fruit d’une solide réflexion.

 

(…) Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,

Et ne vous piquez point d’une folle vitesse.

Un style si rapide, et qui court en rimant,

Marque moins trop l’esprit que peu de jugement.

(…) Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :

Polissez-le sans cesse et le repolissez ;

Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Prenez le temps nécessaire pour rédiger. Ne vous faites pas avoir par un environnement de stress. Nous accordons peu de crédit aux textes écrits à la va-vite. Écrivez en plusieurs fois, relisez-vous, soignez la précision et la concision.

 

C’est peu qu’en un ouvrage où les fautes fourmillent,

Des traits d’esprit, semés de temps en temps, pétillent.

Les défauts d’un texte l’emportent sur ses qualités.

 

Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;

Que le début, la fin, répondent au milieu ;

Que d’un art délicat les pièces assorties

N’y forment qu’un seul tout de diverses parties,

Que jamais du sujet le discours s’écartant

N’aille chercher trop loin quelque mot éclatant.

Suivez la ligne, respectez la notion d’unité. Traitez d’un sujet à la fois en évitant les digressions.

 

Craignez-vous pour vos vers la censure publique ?

Soyez-vous à vous-même un sévère critique.

Soyez exigeant si vous souhaitez être irréprochable.

 

L’ignorance toujours est prête à s’admirer.

Faites-vous des amis prompts à vous censurer ;

Qu’ils soient de vos écrits les confidents sincères,

Et de tous vos défauts les zélés adversaires.

Ne vous contentez pas des premiers résultats. Faites corriger vos textes, de préférence par des amis exigeants et pointilleux (1).

 

Dépouillez devant eux l’arrogance d’auteur,

Mais sachez de l’ami discerner le flatteur :

Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue.

Aimez qu’on vous conseille, et non pas qu’on vous loue.

Suivez leurs critiques constructives sans monter sur vos grands chevaux. Ne soyez pas dans l’attente de leurs compliments. Mieux vaut recevoir la critique de face que la subir dans le dos.

 

(…) Un sage ami, toujours rigoureux, inflexible,

Sur vos fautes jamais ne vous laisse paisible :

(…) Il réprime des mots l’ambitieuse emphase ;

Ici le sens le choque, et plus loin c’est la phrase.

S’il ne laisse passer aucune facilité, c’est un ami fiable !

 

(…) L’ouvrage le plus plat a, chez les courtisans,

De tout temps rencontré de zélés partisans ;

Et, pour finir par un trait de satire,

Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.

La médiocrité plait aux médiocres et les flatteurs appartiennent au camp des petits.

 

Chant III :

(…) Vos froids raisonnements ne feront qu’attiédir

Un spectateur toujours paresseux d’applaudir,

Et qui, des vains efforts de votre rhétorique

Justement fatigué, s’endort ou vous critique.

Les longs raisonnements ennuient. Les faits sont plus importants que les considérations personnelles…

 

(…) Sans tous ces ornements le vers tombe en langueur,

La poésie est morte ou rampe sans vigueur,

Le poète n’est plus qu’un orateur timide,

Qu’un froid historien d’une fable insipide.

…En revanche, le texte doit être enrichi par des détails qui lui insufflent vie et lui donnent du relief. En art, l’enrichissement tient du style et des effets poétiques. En matière d’écrits professionnels, il convient de défendre ses affirmations à l’aide d’une solide argumentation, notamment afin de parer les objections. Sans cela, l’auteur manque de cordes à son arc et son discours est nu.

 

(…) Donnez à votre ouvrage une juste étendue.

Que le début soit simple et n’ait rien d’affecté.

N’allez pas dès l’abord, sur Pégase monté,

Crier à vos lecteurs, d’une voix de tonnerre

« Je chante le vainqueur des vainqueurs de la terre. »

Que produira l’auteur, après tous ces grands cris ?

La montagne en travail enfante une souris.

Soyez à la hauteur de votre ambition et tenez vos promesses. Dans votre introduction, n’annoncez rien de plus grand que le texte qui suit.

 

(…) Un poème excellent, où tout marche et se suit,

N’est pas de ces travaux qu’un caprice produit :

Il veut du temps, des soins ; et ce pénible ouvrage

Jamais d’un écolier ne fut l’apprentissage.

La qualité est le résultat d’un travail soigné et d’une certaine maturité.

____________________

Le haut degré d’exigence de Boileau visait l’art et le bon. Ailleurs dans son texte, il conseillait à ceux qui manquaient de talent de choisir un autre métier. Nous n’en sommes pas là, s’agissant des écrits professionnels : dans ce domaine, l’acte d’écrire concerne tout le monde. Donc, on ne peut pas en exiger autant. Toutefois, écrire a beau être devenu plus facile aujourd’hui qu’hier, des règles et des principes sont toujours à suivre. Notamment, nous ne pouvons pas faire l’économie de la réflexion et d’un effort de bon sens. Rassurant, n’est-ce pas ?

(1) La correction peut être sympathique, ce billet vous le confirme.

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Bloguer avec Mehdi de BlogBooster
octobre 24th, 2017 par JérômeDuez

La tagline du site est limpide et directe : BlogBooster booste le trafic de ton blog, simplement.

Mehdi, l’auteur de BlogBooster, a l’âme d’un leader. Quand il montre la direction, vous avez envie de le suivre. Son style a la pêche et il vous l’insuffle ! Ses conseils sont concis et avisés, vous voulez les mettre en pratique, tout de suite, sans perdre une minute !

Le phénomène est suffisamment rare pour être signalé : BlogBooster mérite le détour !

Comme vous allez le voir dans l’interview qui suit, l’enthousiasme de Mehdi à communiquer ses connaissances est nourri par l’ambition de défendre une noble cause. Et je me mets à rêver d’une nouvelle société, pour très bientôt, initiée par une nouvelle génération de blogueurs inspirés… Qui sait ?

Parlez-nous de vous et de BlogBooster, comme vous en avez envie.

Je déteste l’injustice. Et notre monde est profondément injuste. 

Je pense que le meilleur moyen de moins subir l’injustice c’est de créer un monde dans lequel on joue avec nos propres règles. La meilleure solution à mes yeux est la création d’un business et la génération d’un revenu par ses propres moyens.

Et on vit dans une ère ou ça sera de plus en plus simple et moins cher, il faut en profiter 😉

(L’autre solution est de vivre dans la forêt, mais j’aime trop le confort je dois l’admettre 🙂 )

Mon rêve ultime étant d’avoir assez d’argent (ou de super-pouvoirs) pour abolir l’injustice dans le monde. 

Parfois je me demande comment je réagirais si j’avais cet argent / ce pouvoir, justement. Je pense sincèrement que j’atteindrai mon objectif et que je resterai un chic type ahah 🙂

Quel âge a BlogBooster ?

L’idée de BlogBooster a 2 ans, mais le blog lui n’a que 10 mois. D’ailleurs, j’ai commencé à bloguer environ 1 an après avoir acheté le nom de domaine…

Quand j’y pense j’ai honte, j’aurais dû commencer directement y’a 2 ans.

Je pense qu’on attend trop. Tout le temps. On fait des plans à 10 ans. Je suis justement en train de lire « Tools of Titans » de Tim Ferriss, et il a interviewé un célèbre entrepreneur (j’ai oublié lequel) qui lui pose cette question : « Si tu avais le couteau sous la gorge et que tu devais le faire dans les 3 prochains mois, comment ferais-tu ? »

J’aime cette question. Elle pousse à penser différemment.

Souvent on attend d’être prêt, par exemple. Alors qu’on n’est jamais vraiment prêt. Il vaut mieux se lancer vite, pour apprendre et progresser vite.

Avez-vous créé d’autres blogs avant ?

Avant BlogBooster j’ai créé 2 blogs, des échecs totaux.

– un premier blog sur les jeux mobiles (ma passion à l’époque)

– un blog sur le webmarketing. J’ai appris énormément avec celui-là notamment, ce qui m’a permis de beaucoup mieux lancer BlogBooster.

Mes 2 principales erreurs je dirais : 

1/ bloguer dans mon coin sans parler à personne. Aucun autre blogueur de ma thématique.

2/ ne pas assumer ma différence. J’écrivais comme un bourgeois du moyen-âge et ça sonnait faux. Je ne prenais aucun plaisir.

Avant de devenir blogueur, quel était votre rapport à l’écriture ?

Je pensais que c’était un don réservé à une élite. Comme le dessin.

(Si ça se trouve, je peux aussi apprendre à dessiner ?!)

Du coup, j’avais vraiment l’impression d’être nul et que personne n’aurait jamais envie de me lire.

 

Quel a été le cheminement pour arriver à vous sentir bien dans vos écrits ? Est-ce que cela ressemble à une pente douce et progressive, ou à une série chaotique de hauts et de bas ?

Quand j’ai lancé BlogBooster j’ai craqué j’me suis dit : ok ça passe ou ça casse mais je vais écrire exactement comme je parle. 

J’ai eu très peur de publier mon 1er article avec ce ton. Cette voix.

Je me disais qu’on allait m’insulter dans les commentaires, me traiter d’illettré.

Je fais très peu de fautes de français à l’écrit (même si j’en fais plus qu’avant à cause de whatsapp), mais à l’oral c’est une catastrophe.

J’ai mon langage, je parle vite et j’invente des mots tous les 2 jours.

Je veux communiquer vite.

L’extase pour moi c’est quand un ami me comprend en un regard. Quel gain de temps et d’énergie.

Me lancer comme ça sans réfléchir, relâcher la pression, lâcher prise.

C’est ce qui m’a fait me sentir bien dans mes écrits.

Ensuite, j’ai demandé conseil à d’autres blogueurs et proches. Et finalement, j’ai lissé mes textes pour les rendre plus lisibles.

C’est ce chemin qui a été progressif. 

Passer de : écrire n’importe comment, avec des contractions partout. 

à : trouver le juste milieu entre style, ton et lisibilité.

J’ai encore beaucoup à apprendre.

Y a-t-il eu un déclic, grâce à une rencontre, un livre, ou autre chose ? 

Le déclic c’était un ras le bol d’avoir peur de m’exposer, de me mettre à nu. 

C’est ça qui m’a fait sauter le pas d’écrire comme je parle.

Ensuite, les lectures m’ont énormément aidé. Notamment à comprendre qu’on peut s’améliorer. Qu’il y a des méthodes, des techniques, des astuces. 

Rien que de le savoir, ça motive pour s’y mettre.

Le livre qui m’a vraiment donné goût à l’écriture : Made to Stick

Il explique tellement simplement comment communiquer, faire passer des idées, et les ancrer dans l’esprit des gens.

 

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui ont un « bas niveau » en écriture et qui veulent devenir blogueurs ?

Apprenez à écrire. C’est pas négociable.

Ayez un niveau minimum. Il y a beaucoup trop de concurrence aujourd’hui pour pouvoir faire l’impasse sur l’écriture.

En 1 mois de lecture et d’entraînement, vous aurez un niveau convenable.

Je conseille ce super blog qui m’a beaucoup aidé et duquel j’ai repris des idées dans mes articles : https://www.enchantingmarketing.com/

Lisez, et écrivez. 

Demandez toujours un avis extérieur honnête. 

Si vos proches sont étonnés et vous disent : « euh, c’est toi qui as réussi à écrire ça ? ». 

Vous tenez un truc.

 

Dans le site BlogBooster, je vois un onglet qui m’intrigue, en haut de la page : « Changer le monde »…Sérieux ?

Ahah, c’est mon rêve fou.

Je crois sincèrement qu’un changement a déjà eu lieu. Et qu’il va s’accélérer.

Les gens ont changé. Ils ont les outils maintenant pour changer le monde. Au fond, les « petites gens » en ont toujours eu envie, mais ils n’ont jamais eu le pouvoir.

Avec les réseaux sociaux, de grandes choses arrivent déjà (voir l’exemple de Jérôme Jarre sur mon blog). Et ça va continuer.

Les gens sont moins égoïstes, plus conscients. Les échecs du capitalisme ont marqué une génération. Cette génération qui ne voit plus le monde pareil. Et qui a le pouvoir de le changer.

J’ai envie de participer à ce mouvement. Aider ceux qui le veulent à vivre de leurs idées et à les propager. Les aider à créer leur propre monde. Grâce à leur business en ligne. 

Sortir de la prison des esprits que peut représenter la société parfois.

Pour qu’ils réalisent de grandes choses.

(Propos recueillis par correspondance, le 1er août 2017)

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Et lisez cette autre interview passionnante d’une blogueuse professionnelle, en cliquant ici.

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écriture
septembre 19th, 2017 par JérômeDuez

Il y a quelques mois, j’ai écrit un billet enthousiaste sur le livre d’Olivier Roland : « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études ». Depuis, le livre est devenu un best-seller : 35.000 exemplaires imprimés vendus, et 25.000 exemplaires des versions numériques (ebook et audio confondus). Alors, vous imaginez ma joie, quand Olivier Roland a accepté de me parler d’écriture !

Il l’a fait, en sachant que l’interview serait uniquement destiné à une publication écrite.

Pour lui, c’était dommage de ne pas proposer l’interview sous trois supports : la vidéo (nous discutions sur Skype, ça aurait été facile), le podcast et le texte. Il m’explique : « On obtient trois fois plus de portée avec la même quantité de travail ».

Je lui réponds que je me suis lancé un défi : en tant que défenseur de l’écriture, je veux démontrer qu’il est possible de capter une audience avec le simple support du texte.

Il a dit « Ok » et on a démarré.

 

J’aimerais connaître votre rapport à l’écriture. Vous dites que vous avez commencé jeune, avec l’écriture d’un roman. Donc, vous avez toujours eu un rapport facile… ?

Ai-je une écriture facile ? Comment savoir ? En comparant avec la plupart des gens, qui ont un rapport à l’écriture plus difficile…? Alors, je dirais que oui.

J’ai toujours adoré lire. Depuis tout jeune, pendant longtemps, je me voyais écrivain de fiction, de science-fiction, plus exactement. J’ai même publié une nouvelle de science-fiction en 2006, dans un recueil de nouvelles…

Mais voilà, finalement j’ai choisi de me consacrer à ma carrière d’entrepreneur, ce qui est une manière « valorisante » de dire que j’ai procrastiné à fond sur mon projet d’écrire un bouquin de science-fiction. (Rires)

J’ai un début de roman qui est quelque part dans mon disque dur, faudrait que j’y revienne… Donc en tout cas, j’avais une certaine facilité, c’est clair.

C’est aussi ça qui m’a attiré dans le fait de lancer des blogs. Une de mes motivations, c’était justement de pouvoir me consacrer à cette passion de l’écriture, que je ne pratiquais pas assez.

 

Peut-on dire que l’écriture est une carte maîtresse dans votre réussite ?

Maintenant, je fais beaucoup plus de vidéos que d’écrits, mais c’est vrai qu’on peut dire ça.

 

Au sujet de la vidéo, parfois vous en réalisez qui peuvent atteindre ou dépasser les 20 minutes, vous parlez face à la caméra tout du long, et ça semble venir aisément. Quelle est la part d’écriture, dans la préparation d’une telle vidéo ?

Alors typiquement, sur une vidéo classique que je vais faire pour ma chaîne YouTube, une vidéo qui va durer 5 minutes, elle va me demander 10 minutes en tout et pour tout, avec la préparation, le tournage et tout ça.

C’est pour ça que j’adore ce format, c’est que pour dire la même chose par écrit, il me faudrait deux heures, alors qu’en vidéo, 10 minutes suffisent. Donc ça, c’est fantastique. Ensuite, j’ai un mode de production de vidéos qui est particulier, je ne fais pas de vidéos super chiadées. En fait, c’est comme si on me posait la question dans un événement ou dans un bar, « Ah Olivier, qu’est-ce que tu penses de ça ? », je répondrais. Là, je fais un peu pareil, mais devant une caméra.

 

Ah, aussi spontanément ?

Exactement. Le truc, c’est que ça fait des années que j’étudie des tas de sujets, que j’ai pratiqué moi-même plusieurs choses, et du coup, je peux parler assez facilement d’un grand nombre de sujets.

En termes de préparation, en général, ce sont des listes à puces. Elles pointent les points principaux et après, je sais ce que je vais dire dessus. Pour certaines vidéos, il m’arrive de préparer plus, mais c’est assez rare.

 

Et cette vidéo, une fois retranscrite, c’est du texte !

Exactement. Ce n’a pas la même qualité qu’un vrai texte écrit. Mais ça reste un texte, avec un contenu intéressant.

 

Et donc, pour écrire le livre « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études », comment avez-vous procédé ? Ce livre a été écrit après je ne sais combien de vidéos réalisées et de textes accumulés. Cela veut dire que vous aviez déjà une matière très riche. Avez-vous récupéré cette matière, l’avez-vous « recyclée » pour parvenir à cette forme littéraire finale ?

C’est intéressant, comme question. Parce que quand on regarde la relation que j’avais entre le livre et les vidéos de ma chaîne YouTube, en fait, parfois j’écrivais à propos de choses dont j’avais déjà parlé, mais souvent, je parlais plutôt de sujets sur lesquels j’étais en train d’écrire. Alors c’est vrai que, en tenant compte de cela, il y avait peut-être plus de préparation que ce que j’ai dit…

En fait, clairement, je pense qu’à partir des années 2010 et au-delà, écrire à l’ancienne manière, c’est-à-dire seul chez soi, en mode tour d’ivoire, moine dans son monastère, etc., c’est une erreur. Aujourd’hui, on a des outils de communication qui nous permettent de partager en temps réel le contenu de notre bouquin et de notre audience. Donc en fait, je pense que n’importe quel auteur devrait écrire en se connectant et en bâtissant son audience au fur et à mesure de l’écriture du livre.

D’abord, comment le faire ? Il y a plusieurs possibilités. Moi, ce que j’ai fait, tout simplement, c’est que, quand je voyais des choses intéressantes dont je voulais parler dans le bouquin, je commençais à écrire dessus et je faisais une vidéo sur le sujet, que je publiais à peu près au même moment sur ma chaîne YouTube. Et ça avait plusieurs avantages.

Le premier, c’est que j’avais un feed-back en temps réel de ma communauté. Et ça, c’est très intéressant. Je ne me suis pas contenté d’écrire mon bouquin dans mon coin, il a été enrichi par les apports des gens qui me suivaient sur ma chaîne YouTube, qui me disaient « je suis d’accord avec ça, ou pas d’accord avec ça, tu aurais peut-être dû parler de ça », etc. Donc, ça enrichit.

Aussi, je voyais aussi ce qui était populaire ou pas. Parfois, il y avait des choses dont je voulais parler dans le bouquin, et je me rendais compte que tout le monde s’en foutait, donc c’était un des facteurs pour les retirer du livre… qui était quand même déjà assez gros.

Et en plus de ça, l’énorme avantage, c’est que je me constituais au fur et à mesure une audience de gens déjà intéressés par le sujet du bouquin. Ce qui fait que quand je l’ai sorti, j’avais déjà une audience qui était prête pour le message de mon livre, et qui donc allait l’acheter, sans doute l’apprécier et en parler autour.

Il y a d’autres méthodes. Par exemple, le blogueur Jean-Philippe Touzeau, du blog « Révolution personnelle ». Lui a eu un modèle très intéressant.

À la base, c’est un blog sur le développement personnel, mais Jean-Philippe est un passionné de fiction, donc il voulait écrire des romans. Et il s’est dit : « Non, mais attends, on est en 2010 (c’est là qu’il a commencé), c’est fini la machine à écrire, on va essayer de faire un truc original ». Et ce qu’il a fait, c’est qu’il a commencé par écrire son roman en feuilleton, en épisodes qu’il a publiés sur son blog, au fur et à mesure. Et ça a eu tous les avantages que j’ai donnés. La communauté l’a aidé à améliorer le texte au fur et à mesure, il a eu des feed-back qui donnaient des orientations et des idées pour la suite. Et il s’est constitué une communauté de gens intéressés par son livre. Puis, arrivé à la moitié du livre, quand il a vu que ça avait du succès, il a dit : « Merci beaucoup ! Du coup pour la deuxième moitié, je vais me concentrer sur l’écriture, et je vous dirai quand le livre sortira ». C’est ce qu’il a fait, il a sorti le livre au format Kindle et il a été dans le top 100 des ventes pendant plus d’un an.

C’est cette idée, dite du lean startup, une méthode qui vient de la Silicon Valley. Ça consiste à créer son entreprise avec le minimum d’investissement en temps et en argent, en se confrontant le plus vite possible à la réalité du terrain. Là, c’est la méthode lean startup pour les auteurs.

Plutôt que de connaître le problème de beaucoup d’auteurs, qui est d’écrire dans son coin, avoir l’impression que tout ce qu’on raconte est génial et que tout le monde va se ruer dessus, et malheureusement, la plupart du temps quand le bouquin est publié, ils se rendent compte que tout le monde s’en fout complètement. Et l’intérêt d’avoir l’approche dont je viens de parler, c’est qu’on évite d’être dans cette tour d’ivoire, on a le retour d’audience et on voit ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, tout en se construisant son audience au fur et à mesure.

Finalement, l’Histoire nous montre que ça existait déjà, bien avant Internet. Quand on voit les grands auteurs français du XIXe siècle, par exemple Zola, Maupassant, Balzac, etc., la plupart ne publiaient pas leurs romans comme ça. Ils commençaient par publier sous forme de feuilleton dans les journaux, et ça leur permettait d’avoir exactement les mêmes avantages que ceux que j’ai décrits. Et il arrivait, en cas de mauvaise audience, de ne pas aller au bout de ce qu’ils avaient démarré. Mais ce luxe était réservé à des auteurs déjà connus, qui étaient publiés dans les journaux.

Ça me rappelle aussi l’histoire d’un auteur américain. Dans les années 70, il avait une méthode très intéressante : il écrivait des livres pratiques. Et ce qu’il faisait : il passait des petites annonces dans les journaux pour dire, « vous pouvez commander tel ouvrage sur tel sujet, à tel prix, renvoyez le bon de commande ». Et au moment où il faisait la pub, il n’avait pas écrit le bouquin. Il ne l’écrivait que s’il recevait suffisamment de commandes. Ça va tellement à contre-courant de ce que font 90 % des auteurs que voilà, c’est intéressant. Il ne faut pas forcément faire quelque chose comme cela, mais quelque chose qui va dans ce sens.

J’ai même un collègue, qui a carrément… Ce n’est pas forcément une méthode que je recommanderais, mais ça montre les possibilités qui sont à notre disposition aujourd’hui. C’est que, pendant qu’il écrivait son bouquin, il avait une vidéo de lui en direct, qu’il diffusait sur Facebook Live, avec une caméra qui le filmait en train de taper, et en même temps, on voyait son écran en temps réel, avec le texte qui apparaissait progressivement. Pourquoi pas ? Zéro euro, pourquoi ne pas le faire ? Alors, ça n’a pas des millions d’audiences, soyons clairs, mais pourquoi pas ?

 

Par rapport au style. J’ai l’impression que les bons blogueurs se distinguent par une grande clarté. C’est une caractéristique de votre livre. Il est pédagogue et clair. C’est toujours accessible, sans jargon ou à peine…

Ça, le jargon… Une caractéristique des blogueurs, c’est que l’on s’adresse à une audience relativement large. Et de toute façon comme dit la phrase de Boileau, « Ce qui se conçoit bien doit s’énoncer clairement ».

On voit bien que, de manière générale, le jargon est une forme de mécanisme de défense (par exemple les membres d’une industrie qui veulent pouvoir discuter sans que les autres ne s’en mêlent). Et aussi une forme de pédantisme, pour se valoriser.

Je ne me rappelle plus du nom de ce bouquin sur l’entrepreneuriat, que j’ai lu très jeune, où l’auteur commençait justement en annonçant : « je ne vais pas vous assommer de jargon, on va parler de trucs que la plupart des gens trouvent compliqués, on va parler de comptabilité, de gestion d’entreprise et tout ça, et vous allez voir que je vais vous parler de manière claire. Parce que la plupart des gens qui utilisent des mots compliqués, c’est juste de la frime, c’est complètement inutile ». Et il donnait un truc dans son bouquin qui m’a frappé. Il présentait plusieurs colonnes de mots qui étaient compliqués. Et tu pouvais prendre n’importe quel mot de la première colonne, n’importe quel mot de la deuxième puis de la troisième colonne et des suivantes, et ça donnait une phrase qui sonnait de façon impressionnante, une phrase qui avait l’air géniale, mais qui ne voulait rien dire. Et des gens abusent de ce genre de phrase. Les gens nous enflent avec des mots compliqués.

C’est comme le langage corporel, quand l’orateur fait de grands gestes, mais qu’en fait il a l’air de brasser du vent. Des mots font le même effet. C’est comme les gens qui font croire qu’ils comprennent, mais qui ne captent rien du tout. Des études scientifiques montrent qu’il y a plus de force à parler humain, et je pense que cela présente plus d’avantages que d’inconvénients.

Ça peut même être amené jusqu’au populisme…

Je vais peut-être donner un contre-exemple, mais écoutez Donald Trump, on a l’impression qu’il parle à des enfants de trois ans. En fait, c’est une technique de vente, parce que quand la personne parle plus simplement, l’autre comprend mieux. Trump, c’est sans doute trop extrême. Mais c’est pour montrer qu’un homme peut arriver jusqu’à la présidence en parlant simplement.

On n’a pas besoin de trop se compliquer la vie. Et moi, ça me fait toujours rire, quand je rencontre des gens qui sont docteurs et qui ont fait une thèse. Mon kif, c’est de leur demander le titre de leur thèse. Parce que c’est toujours à mourir de rire, en fait. Et après, je leur demande : « Et en français, ça donne quoi ? ». Et ils sont toujours capables d’expliquer de manière plus simple… Parce que dans le milieu universitaire, c’est un peu une coutume, c’est difficile de ne pas parler en jargon, sinon là, t’es exclu de la tribu.

Après bien sûr, il y a du jargon qui est important, parce que ça apporte des nuances pointues, qui n’existent pas dans le vocabulaire courant, mais plus souvent c’est de la gonflette.

Quand vous vous êtes construit sans appartenir à un milieu en particulier, vous devez vous affranchir de ça. Et de manière générale, c’est un super atout de parler simplement. Et d’écrire simplement, aussi…

 

Votre livre embrasse un spectre très large de sujets, toujours en étant très accessible. En cela, il est rare. En sortant ce livre, avez-vous le sentiment de participer à un nouveau mouvement culturel ?

Moi, je baigne là-dedans depuis déjà un moment. Ça m’arrive de lire des bouquins scientifiques, mais c’est toujours de la bonne vulgarisation.

Je n’ai pas vraiment étudié ça, est-ce que c’est un mouvement ou pas ? Il y a un mouvement, c’est clair. Mais j’ai l’impression que ça a toujours existé, des gens qui ont voulu rendre les choses claires, simples, qui ont une bonne démarche pédagogique, on peut en trouver dans tous les siècles.

Il y a toujours des bouquins mieux écrits que d’autres, et des livres où… D’ailleurs je lisais un livre de Plutarque, sur les vies parallèles des hommes illustres, et il disait : « Il y a des auteurs où on voit que tout coule naturellement, et d’autres où on voit qu’ils ont dû se forcer pour extraire ce qu’ils voulaient dire et le mettre sur le papier. » Donc, on a toujours admiré les auteurs qui savaient dire les choses, même les choses compliquées, de manière simple.

Quand tu vois Newton, la loi de la gravitation qu’il a trouvée, il faut savoir qu’il s’est appuyé sur trois lois que Kepler avait trouvées trois siècles avant lui… Il faut se le taper, le bouquin de Kepler, mon Dieu ! C’est rempli de trucs qui n’ont rien à voir, ça parle d’astrologie et de trucs qui ne sont complètement pas scientifiques. Et une chose des plus incroyables que Newton a faite, c’est d’arriver à trouver ces trois lois dans le bouquin de Kepler !

Bref, tout ça pour dire qu’on respecte les gens comme Kepler qui ont fait du bon travail, mais on respecte aussi les gens qui savent en faire quelque chose de clair et de fluide, et ça depuis longtemps.

Donc je ne crois pas que ce soit un mouvement, j’ai l’impression que ça a toujours existé.

 

J’ai l’impression que les nouveautés sont nombreuses, pourtant, depuis l’Internet. Par exemple, la pratique du work in progress. C’est-à-dire qu’on peut parfois publier, même si on n’a pas encore tout à fait « achevé » son travail, au sens classique du terme. Avant Internet, quand on présentait un livre ou un article pour une publication, c’était censé être tout de suite le produit fini. Même s’il y a avait des corrections à la deuxième ou à la troisième édition.

Oui, c’est vrai qu’aujourd’hui, ça ne coûte plus rien d’écrire un article qui peut être potentiellement lu par 10.000 personnes, ça a un coût de distribution de pas grand-chose, et on sait qu’on peut le modifier, etc. Ça rend le perfectionnisme moins indispensable.

 

Avez-vous des conseils à donner, à des gens qui ont des problèmes d’écriture ?

Je donne toujours l’exemple de mon ami Christophe, qui s’était inscrit à un club de développement personnel, et qui partageait des trucs sur un forum pour vaincre sa timidité, etc. Et franchement, le gars c’est mon pote alors je peux en parler, il avait une éducation scientifique, et une écriture vraiment horrible, même limite incompréhensible ! Il a pourtant continué à écrire et au fur et à mesure, il a eu un style. Ça ne sera jamais un Flaubert ou un Balzac, mais on s’en fout, on ne demande à personne d’être un Flaubert ou un Balzac. Il a eu un blog et il a publié un ebook qui a été lu par des dizaines de milliers de personnes.

Je ne dis pas que c’est facile, mais juste que c’est possible. Il ne faut pas se décourager. Mais c’est comme tout, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, et on s’améliore petit à petit.

Et concernant certaines personnes pour qui l’écriture, ce n’est vraiment pas leur dada, d’autres possibilités existent : on peut faire de l’audio, de la vidéo, on peut utiliser des logiciels de retranscription de texte…

J’ai découvert avec stupéfaction que certains grands auteurs n’écrivaient pas de leur main. Par exemple Stendhal avec « Le rouge et le noir », il dictait à son secrétaire, ce n’était pas lui personnellement qui écrivait.

Personnellement, je n’écris pas sous forme orale. Ni en dictant, ni en utilisant des logiciels de reconnaissance vocale, parce que je trouve qu’on ne va pas assez profond. Et c’est beaucoup plus dur de structurer sa pensée juste à l’oral. L’écriture, c’est un vélo pour l’esprit. Ce n’est pas seulement une manière de communiquer, c’est une manière de réfléchir différemment.

Mais voilà, il y a des possibilités, il faut juste les explorer et ne pas lâcher l’affaire.

 

Propos recueillis le 20 juillet 2017.

 

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préférer le tu ou le vous ?
septembre 12th, 2017 par JérômeDuez

Vaut-il mieux utiliser le « tu » ou le « vous » dans son blog ? Le tutoiement et la familiarité sont courants dans la culture-blog. Alors, je m’interroge : vais-je épouser cette tendance et changer ma façon de m’adresser à vous… Heu, à toi ?

Montre-moi ton style, je te dirai ton âge

En créant biendanssesecrits.fr et en rédigeant mes premiers billets, j’ai naturellement employé le « vous », parce que cela m’était naturel.

J’ai succombé aux charmes du vouvoiement dès l’adolescence. J’aime la sonorité sensuelle et veloutée du « vous ».

De plus, le vouvoiement est préférable dans mon métier de formateur. Comme j’ai beaucoup de consignes à transmettre, le « vous » contribue à les faire passer plus en douceur. En l’employant, j’ai la sensation d’enfiler des gants de velours.

Question de génération?

Les premières fois que j’ai lu des blogs qui me tutoyaient, j’ai pensé : « Ils sont jeunes ! ». Ça me rappelait la lecture des magazines rock de mon adolescence. Vague sensation de régression…

J’ai laissé passer du temps, avant de me pencher sérieusement sur la question… À présent, je vais y réfléchir devant vous !

Car je ne dois pas rester fermement ancré dans le vouvoiement, au prétexte que c’est plus joli, ou que ce serait plus de mon âge… Je dois y regarder de plus près, et peser le pour et le contre.

Le « tu » pour une intimité qui coule de source

C’est un conseil répandu, à juste titre : il convient que l’auteur.e [1] d’un blog traite chaque lecteur ou lectrice comme quelqu’un d’unique. Cette règle du marketing confère au style un ton plus personnel.

Un blog professionnel doit être créé comme une entreprise. C’est à dire que, préalablement à la création, l’auteur.e du blog effectue une étude de marché. Dans ce cadre, certain.e.s vont cerner le profil de leur follower privilégié.e, jusqu’à dessiner son portrait-robot : sexe, âge, taille, poids, métier, vie familiale, loisirs, intérêts, orientation politique, attentes et besoins, et plus encore !

Sachant tout cela de son lecteur ou de sa lectrice privilégié.e, l’auteur.e tutoie. C’est la moindre des choses.

Donc, si je veux créer un cadre intime à travers mon blog, je n’ai aucune raison valable de continuer à te vouvoyer, vois-tu ?

Pourtant, j’hésite encore.

Le « vous » ouvre le champ des possibles

À la radio et à la télé, il arrive qu’une émission réunisse des personnes qui se connaissent et qui ont l’habitude de se tutoyer. Or, au micro ou devant les caméras, ces personnes se vouvoient. C’est une règle, laquelle répond à une réalité : le public se sent exclu des échanges, quand les intervenant.e.s parlent en se tutoyant.

Je respecte cette règle dans mes interviews. Souvent, nous nous tutoyons lors de l’entretien, puis, au moment de la retranscription, j‘applique au dialogue le mode du vouvoiement …

Nous pourrions étendre cette règle des médias à la rédaction des billets.

Parce que le tutoiement réduit le cercle d’audience. C’est une manière de faire sentir une appartenance. Donc, tout le monde n’est pas le bienvenu sur un blog qui tutoie. Tu adhères ou tu sors.

Je ne vois pas la pertinence d’adopter cette politique, pour ce qui concerne mon blog. En effet, si vous suivez ce blog, c’est parce qu’avant de le découvrir, vous vous êtes engagé.e à progresser en écriture.

Votre engagement est personnel, il ne concerne que vous et n’a rien à voir avec l’engagement à un collectif. Il n’y a pas d’enjeu d’appartenance à un groupe. Et je ne suis le chef d’aucun mouvement. Je suis un pédagogue, accueillant toutes celles et tous ceux qui souhaitent se perfectionner.

Derniers arguments en faveur du « tu »

Je suis donc enclin à rester fidèle au « vous ». Mais j’ai oublié de tenir compte d’une dernière petite chose : mon sujet.

Cette année, je ne vais pas vous parler simplement d’écriture, mais de l’écriture sur le Net. Et ce n’est pas pareil. Le Net impose ses propres règles.

Quant au blog, c’est toute une culture ! Une culture jeune, fondée par des jeunes qui s’adressent majoritairement à des jeunes. Et d’une certaine manière, peu importe ton âge ! Si le monde du Net t’intéresse, alors tu es jeune dans ta tête !

En t’impliquant dans ta propre aventure sur le Net, la jeunesse éternelle tu gagneras. Toujours sur ta route tu évolueras, à travers tes recherches et tes échanges. Et toujours les fruits de ta connaissance et de ta créativité tu offriras.

Oui, je suis d’accord avec ça. Mais est-ce une raison pour parler geek ? Je n’ai pas cru remarquer de règlement qui me l’impose… Mieux que ça, personne n’a institué l’usage du tutoiement comme un principe de bienséance.

Je ne vais pas me mettre à vous taper sur le dos et à vous inviter à boire dans mon verre. Nous conserverons des rapports cordiaux, j’espère complices, mais jamais familiers.

À votre tour d’y réfléchir

C’est fait, j’ai pris ma décision : je conserve le « vous » !

Mais cela ne veut pas dire grand-chose, en ce qui vous concerne, vous et votre blog.

Allez-vous choisir le « tu » ou le « vous » ? C’est au cas par cas.

Cela dépend de : votre sujet ; votre âge ; votre histoire personnelle ; l’image que vous souhaitez véhiculer ; l’âge de votre lecteur ou lectrice privilégié.e ; le type de rapport que vous souhaitez instaurer avec vos followers, etc.

Si votre sujet touche à la défense d’une cause précise, et si vous attendez de vos followers un grand degré d’implication dans un projet collectif, privilégiez le tutoiement. Idem si votre blog est une sorte de club. L’esprit club impose le tutoiement.

Autrement, il n’y a pas de règle pour trouver le ton juste… Réfléchissez à la question comme je viens de le faire, et écoutez-vous intimement pour décider des réponses. Parce que c’est aussi une question de sensibilité.

Réservez un moment à cette réflexion. Cela vous aidera à façonner votre identité et à bâtir un univers cohérent.

[1] Si cette manière d’inclure le féminin vous surprend, lisez ce billet sur de nouvelles règles d’écriture en matière de parité des sexes.

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vente
août 29th, 2017 par JérômeDuez

Alain Muleris est un spécialiste de l’accompagnement commercial et de la formation à la vente. Ses prestations sont présentées sur son site, Vitamine V. Alain Muleris vient de publier « Trouvez vos futurs clients en 100 jours », aux éditions Eyrolles.

Si vous n’êtes pas à l’aise avec la vente, ou si vous avez un projet d’entreprise, ou si vous êtes en train de mettre au point votre stratégie commerciale, jetez-vous sur ce livre ! Il vous aidera à vous poser les questions essentielles et vous indiquera les techniques à adopter pour mener à bien votre action commerciale.

Ensemble, nous parlons d’écriture, un matin de juillet, dans un café parisien :

 

Alain Muleris, vous venez de publier un livre sur la vente, très utile, en plus d’être très agréable à lire. Pourtant, vous n’êtes pas écrivain. Quel est votre métier principal ?

Mon expertise, c’est la vente. Et mon métier, c’est d’aider des dirigeants, des consultants, des autoentrepreneurs, à faire augmenter la performance commerciale.

 

Quel était votre objectif en écrivant ce livre ?

Je voulais que ce livre, s’il trouve son lectorat, donne envie de se lancer dans la vente avec aisance.

Ce livre permet de comprendre que la vente n’est pas innée, et qu’il y a des techniques autour de la vente, qui permettent à chacun d’acquérir la compétence de vendre, avec naturel.

Il existe plusieurs formules pour apprendre. Il y a des gens qui sont faits pour lire tranquillement un bouquin à leur rythme. D’autres préfèrent se dire : « Pendant deux jours, je m’enferme dans une salle avec un formateur, et lui, il va secouer tout ça » . Et une troisième catégorie de gens dit : « Je voudrais travailler avec Alain sur six mois ou sur un an, pour qu’il m’accompagne de manière plus approfondie sur la vente. »

Et personnellement, ce qui m’intéresse, c’est de modifier le comportement commercial des dirigeants, des commerciaux, des indépendants, qui n’ont jamais appris la vente, avec l’une des trois formules énoncées.

 

Le livre m’a donné l’impression d’avoir été écrit avec une grande facilité… J’ai raison ?

C’est déjà bien que ce soit cette impression qui ressorte (rires) !

Il y a eu différentes phases d’écriture. D’abord, je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de matériel. Et la première phase a été d’abord de construire un plan, en tenant compte de la formule de la collection d’Eyrolles, qui est : en 100 jours.

Au lieu de le faire en 100 jours, mon idée était de découper le livre en 14 semaines, soit 14 chapitres, chaque chapitre abordant un thème spécifique de la vente. C’est sa forme actuelle.

À ce moment, je me suis aperçu que, malgré toute la matière que j’avais, il m’en manquait pour coller au plan du livre. Et j’ai arrêté un moment.

Ce qui a été difficile pour moi dans l’écriture, c’était d’aller chercher de l’information, puis de structurer complètement cette information. Mais une fois tout ça en place, la rédaction proprement dite coulait. Et globalement, ce livre ne s’est pas fait dans la douleur.

Alors, c’est sûr que ça prend du temps, ça demande beaucoup de concentration. Écrire pompe pas mal d’énergie, mais en même temps, je trouve assez jouissif d’avoir écrit un chapitre, de l’avoir terminé et de me dire : « J’ai trouvé la juste expression de ce que je voulais dire ». Sachant que ce que je voulais faire, c’est un guide de vulgarisation, avec un langage très accessible. Oui, relire son chapitre et estimer qu’il tient la route, c’est un moment de grande satisfaction.

 

Et quand le livre entier est terminé, c’est la satisfaction multipliée par le nombre de chapitres… !

Oui, je suis d’accord !

 

À la lecture de votre livre, on se rend compte de l’importance de l’écriture, pour un commercial.

Pour moi, celui qui maîtrise l’écriture, il maîtrise… Je ne veux pas dire « une arme » parce que je n’aime pas ce vocable… Mais en tout cas, il possède un atout professionnel important.

C’est vrai que, quand on parle « commercial »… J’entends beaucoup de gens me dire que le commercial, c’est le tchatcheur, celui qui parle. Ça, c’est une légende. D’abord, en général, un bon commercial écoute d’abord son client, il est plutôt celui qui pose les bonnes questions, et il est ensuite celui qui va réussir à faire une synthèse.

Et la synthèse, aujourd’hui, elle se fait par l’écrit. Principalement par le mail. Elle se fait ensuite par une proposition commerciale écrite.

Ça me navre, quand je reçois des mails avec une faute d’orthographe toutes les lignes ; je vois très clairement des copier-coller de paragraphes qui ne se tiennent pas, ça n’est pas structuré. Et quand je tombe sur une offre qui est très bien écrite, eh bien oui, cela donne envie ! Le rôle du commercial, c’est ça : donner envie à son client.

 

Dans le cadre de vos interventions, vous arrive-t-il de tomber sur des personnes vraiment bloquées à l’écrit ?

Pas à ce point-là. Mais j’interviens dans deux écoles, des établissements d’études supérieures, et je suis sidéré par le manque de maîtrise de la langue française et des règles de base de l’écriture.

Et quand je leur demande de me faire un PowerPoint, ce n’est pas structuré, il y a des fautes d’orthographe. Alors qu’il existe des correcteurs orthographiques ! Et quand on échange par e-mails, c’est une catastrophe. Je leur dis : n’envoyez jamais ça à un client !

En revanche, dans le monde de l’entreprise, je rencontre moins souvent ces cas. Mais globalement, les gens n’aiment pas écrire. Je suis conscient de faire une généralité en disant cela, mais au niveau des commerciaux, beaucoup n’aiment pas cela. Et c’est dommage, parce qu’ils passent à côté d’un atout fondamental.

 

Est-ce que certains arrivent à se passer de l’écriture, et trouvent un autre moyen pour booster leurs ventes ?

Pour moi, le bon professionnel, c’est celui qui identifie ce qu’il fait bien et ce qu’il fait moins bien. Et quand tu fais moins bien quelque chose, tu travailles pour augmenter ton niveau.

Ça passe par la formation (vous êtes bien placé pour le savoir). Ou par votre livre pour apprendre à structurer ses écrits. Ou par le simple fait de regarder comment les collaborateurs ou les confrères écrivent, et s’en inspirer ; déjà ça, ce serait bien.

 

Écrire une proposition commerciale, cela vous prend combien de temps ?

C’est le moment crucial, le moment où ça bascule avec un prospect. À chaque fois que je démarre un accompagnement commercial, je pose la question : « Pourquoi m’avez-vous choisi ? ». J’ai besoin de comprendre ce que j’ai bien fait. Et même quand un prospect ne me choisit pas, je l’appelle, parce que j’ai besoin de comprendre pourquoi il en a choisi un autre, pour savoir comment je peux m’améliorer.

Et souvent, ils me disent : « C’est par l’offre commerciale, et par la synthèse : j’ai retrouvé la discussion qu’on a eue dans ce que vous avez mis par écrit. »

Donc oui, ça prend du temps. Parce que je ne fais jamais de copier-coller. Alors en moyenne, cela me prend deux heures. Où je ne fais que ça. Où je suis totalement concentré. Le texte est court. C’est synthétique. Je dis seulement ce qui me semble devoir être dit, pas plus. Et je colle à l’entretien qu’on a eu.

 

Parmi les jeunes de la génération Internet, il y en a qui pensent : « Je connais tous les avantages du Net et en plus, j’écris bien. Alors, je vais pouvoir me passer de démarcher sur le vif ». Est-ce qu’ils sont dans le vrai ?

Oui et non. Oui, parce que les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn, pour moi, c’est mon principal outil de prospection. Par contre, je ne vends pas sur LinkedIn. J’attire des gens vers moi. J’écris, je publie, de temps en temps j’envoie une vidéo, mais c’est à 90 % de l’écriture.

Dans ma stratégie commerciale, j’ai décidé d’écrire mes propres articles, plutôt que republier ceux des autres. Quand on est sur LinkedIn ou sur Facebook, entre 7h30 et 9 heures du matin, tout le monde partage les mêmes articles, en fonction de son expertise. Moi qui suis dans la vente, je revois cinq, six, sept fois le même article partagé par les gens sur mon réseau. Moi, faire ça, ça ne m’intéresse pas. Ma stratégie n’est pas d’occuper le terrain, c’est de parler quand j’ai quelque chose à dire et le partager. Évidemment, ça me prend plus de temps que de « republier ».

Mais savoir écrire, c’est une vraie force sur les réseaux sociaux. Et la vidéo. Les « vlogs » fonctionnent très bien. Des métiers et des publics se prêtent mieux à la vidéo, d’autres mieux à l’écrit. Je pense qu’au niveau des commerciaux, on peut très bien communiquer en vidéo. Cela touche un public plus large. Pour certains, c’est plus facile de cliquer et attendre que ça déroule, que de lire.

 

Il paraît que Beaumarchais, en plus d’être l’écrivain que l’on connaît, était aussi un aventurier, un peu espion, et fin négociateur. Eh bien, ce grand nom des Belles Lettres prétendait qu’on ne conclut aucune vente par l’écriture, que tout passe par l’échange physique. Alors vraiment, Internet va-t-il bouleverser cela ?

Je ne sais pas si je suis de poids à me lancer dans un débat avec Beaumarchais… Mais je ne suis pas totalement de son avis.

Avec les réseaux sociaux, je pense qu’émergent de plus en plus l’apport et le partage de contenus pertinents. Et c’est en partageant ces contenus pertinents que l’on attire des gens vers soi.

C’est une règle anthropologique d’un réseau : vous montrez votre expertise, vous donnez aux autres, pour peut-être, à un moment, éventuellement, recevoir. Mais d’abord, vous donnez.

En revanche, ce qui ne change pas par rapport à l’époque de Beaumarchais, c’est au niveau de la négociation. C’est sûr, elle ne se fait pas par écrit. La négociation se fait en face à face, dans l’action.

 

(Propos recueillis le 21/07/17)

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La peur d'écrire a cent visages
juillet 4th, 2017 par JérômeDuez

Si vous avez du mal à écrire librement, de manière fluide, ces lignes vous concernent.

Ils vous font rêver, ces individus dont les doigts courent sur le clavier, sans s’arrêter, comme si les mots venaient en toute simplicité. Ils vous semblent doués d’un pouvoir inné…

Bonne nouvelle, je vais vous donner de bonnes raisons de vous détromper !

Il est possible pour chacun d’écrire aussi librement. Afin d’y parvenir, il s’agit d’abord de regarder en face la cause de votre blocage, au moment de rédiger quoi que ce soit.

Je ne vous promets pas que cette première étape soit agréable, parce qu’il faut bien appeler les choses par leur nom… Or, le nom adéquat à la situation est plutôt glaçant…

C’est le mot PEUR.

Cette peur qui paralyse l’écriture est présente chez un grand nombre de personnes. En fait, il ne s’agit pas d’une peur, mais d’une multitude de peurs. À vous de reconnaître la vôtre.

Et tout de suite après ce passage anxiogène, je vous promets une récompense.

Les cent visages de la peur d’écrire

En vrai, je ne me suis pas amusé à compter, mais j’imagine que la peur a au moins cent visages. Ce ne sont pas les mêmes pour chacun. Je vais vous en présenter quelques-uns.

(Avertissement : à la lecture de l’exposé suivant, des personnes sensibles sont susceptibles d’être victimes de malaise ou de manifestations physiques indésirables : sueurs froides, suffocations, désordre cardiaque, irritations cutanées, etc. Afin d’éviter tout désagrément, je les prie de bien vouloir gagner le chapitre suivant, que j’assure chaleureux et bienveillant.)

Voici donc, disais-je, différents visages hideux. Je vais me limiter à vous en montrer cinq. À vous de voir lequel vous effraie le plus :

La peur du jugement, peur du regard d’autrui sur vos écrits. Le trac avant d’écrire ! Comme si le fait d’écrire « Veuillez agréer, Madame, mes salutations distinguées » allaient révéler un secret intime…

La peur de réaliser un texte truffé de fautes. C’est vrai que ça fait sale, et qu’il n’est pas question de laisser sortir un texte dans cette tenue ! De là à s’interdire d’écrire…

La peur de la panne d’inspiration, dite « angoisse de la page blanche« . Si cela vous est déjà arrivé, vu qu’il s’agit d’un chapitre véritablement terrifiant dans la vie d’un être humain, jamais plus vous ne voulez éprouver ce sentiment d’infinie solitude et de détresse…

La peur de manquer de style, une peur qui vous incite à copier à droite à gauche, sans jamais connaître la satisfaction de vous affirmer. C’est trop triste !

La peur de manquer d’organisation. Une idée en entraîne une autre, et encore une autre, aïe aïe aïe ! Vous ignorez comment aligner toutes ces idées qui vous encombrent rapidement, jusqu’à saturation. Autant ne pas commencer à réfléchir !

Toutefois, souvent, l’écriture demeure une obligation dans la vie professionnelle. Une obligation à laquelle il faut se plier. Cette obligation (j’écris ce mot pour la troisième fois ; là, vous retiendrez, j’espère !) suppose un défi : surmonter sa peur d’écrire !

L’autre côté du voile

Oui, parce qu’il ne faut pas croire que la planète est divisée en deux parties : celle des gens sans peur d’écrire, et celle des super-trouillards.

Non, la vérité, c’est que tout le monde a peur des défis. Aller vers l’autre, aller vers l’inconnu, physiquement ou par écrit, ce sont de sacrés défis !

Cependant, le monde peut quand même être divisé en deux parties : celles des gens qui se laissent envahir par leur peur ; et celle des gens qui savent la dominer.

Beaucoup arrivent à la surmonter, vous en connaissez sûrement autour de vous.

Il est possible de composer avec la peur. Cela devient même facile, à partir du moment où vous comprenez le principe simple qui suit. 

Ce principe est limpide et vous l’avez déjà entendu. Mais pour une fois, prenez le temps de vous arrêter, et d’accepter son sens pour pouvoir l’intégrer. Le voici :

Quelle que soit votre peur, celle-ci est infondée.

Comme le dit Guy Finley, un auteur dont la lecture m’a fait un bien fou (je conseille particulièrement « Pensées pour lâcher prise »), la peur est un effet spécial produit par le cerveau. C’est toujours une illusion par rapport à la réalité du moment. C’est l’appréhension d’un moment qui n’existe qu’en esprit. C’est comme un voile peuplé de monstres et de fantômes, qui aveugle et paralyse.

Mais, dès que nous nous recentrons sur l’ici et maintenant, grâce à des exercices simples que Guy Finley propose dans son livre, le voile disparaît et fait place à une vue dégagée sur une route bien tracée.

Le plus beau, c’est qu’à présent, vous n’avez pas besoin de vivre une retraite de plusieurs années dans un monastère pour atteindre cet état prodigieux : vous avez des outils et des livres efficaces pour vous aider et vous soutenir.

Oui, il existe des moyens simples pour se libérer ! Commencez par accepter l’idée de leur existence, de leur efficacité et de leur accessibilité. N’en doutez pas !

Voici quelques pistes pour laisser derrière vous votre peur d’écrire.

Surmonter l’ensemble de vos peurs

La peur d’écrire est souvent révélatrice d’autres peurs, plus enfouies. Êtes-vous décidé.e à les apprivoiser ? Dans ce cas, il se peut que la lecture d’un auteur spécialiste du développement personnel ou de la spiritualité vous aide.

En revanche, s’il est trop dur pour vous de mener la bataille en solitaire, c’est vers un coach qu’il convient de vous tourner.

Si vous souhaitez simplement vaincre la peur d’écrire, ruez-vous sur « Osez l’écriture ! », mon petit livret à télécharger gratuitement.

Trouver l’inspiration

L’inspiration créatrice n’est pas utile dans les écrits professionnels. Donc, le frein à l’écriture n’est jamais imputable à un manque d’idée, mais au fait que vous vous interdisez d’exprimer votre point de vue.

Ainsi, le syndrome de la page blanche n’est pas une peur, mais la résultante de la peur. Quand vous aurez atteint la bonne distance vis-à-vis de votre peur, vous serez en pleine possession de votre discours. 

L’important est de ne pas vous déprécier, avec des pensées du genre « je n’ai jamais d’idées » ou « je n’ai aucun style ».

Vous parviendrez à évacuer la peur de manquer de style, quand vous prendrez conscience de deux vérités.

La première est que vous avez une façon particulière de parler. Donc, à l’oral, vous avez un style.

Je vous conseille de commencer par utiliser un dictaphone pour vous enregistrer. La retranscription vous mettra face à votre style. Toucher du doigt cette réalité vous étonnera positivement.

Si votre style vous choque en vous écoutant parler, vous progresserez plus rapidement en soignant votre style à l’oral ; et votre écriture en bénéficiera forcément.

La seconde vérité est que les effets de style ne sont pas souhaités dans les écrits professionnels. On doit s’en passer ! De ce fait, écrire dans le cadre du travail est souvent plus simple pour ceux qui n’ont pas d’affinité avec la littérature.

Résoudre des problèmes techniques

Pour résoudre les problèmes d’orthographe et de grammaire, vous pouvez vous équiper d’un logiciel performant, facile à manier, qui détecte la moindre faute de français. J’en mentionne un ici et ici.

Sachez que rédiger et corriger sont deux activités différentes. Beaucoup de grands auteurs font des fautes, car ils concentrent leurs efforts sur la beauté des mots, non sur les règles qui les lient.

Par conséquent, quand vous écrivez le premier jet, ne vous souciez jamais du français. Laissez filer comme ça vient. Et seulement une fois que c’est fini, faites appel à votre compétence de correcteur, ou confiez ce travail à quelqu’un d’autre, après avoir corrigé le principal grâce à une appli.

Dernier conseil au sujet du français : si vous avez une mémoire photographique, mettez-la à profit en lisant plus souvent. Cela vous amènera à mémoriser l’orthographe des mots.

Quant à savoir mettre en forme vos propos, trouver un plan pour aligner le discours, c’est une question de technique. Elle est simple, mais, étonnamment, peu de gens la connaissent. Je vous transmets cette technique dans mon ouvrage indispensable : « Organiser ses idées, structurer ses propos ».

Enfin, dernier conseil : prêtez-vous à l’exercice de manière récurrente. Plus vous écrirez, plus cela sera simple. Écrire est une gymnastique comme les autres. Et comme dans toute gymnastique, les progrès sont mesurables : vous allez constater que vous écrivez mieux et avec plus d’aisance.

Alors, bientôt, très bientôt, ce sera à votre tour de faire courir vos doigts sur le clavier à une vitesse impressionnante !

 

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maîtriser le plan pour être plus clair et concis
juin 13th, 2017 par JérômeDuez

La réussite d’un écrit professionnel repose principalement sur la réussite du plan.

Autrefois, écrire était élitiste et la qualité du style comptait beaucoup plus. Le bon style confirmait et soulignait le bon rang du signataire.

Aujourd’hui, avec Internet, l’écriture s’est démocratisée et désacralisée. Par conséquent, quand un texte contient des informations de qualité et suit un bon plan, le lecteur devient moins regardant sur le style.

Pourquoi un bon plan est-il si important ?

Les atouts d’un bon plan de texte sont multiples. Pour le rédacteur ou la rédactrice :

– C’est un cadre auquel se raccrocher avec la certitude d’aller dans le bon sens.

– Un plan détaillé offre une collection de repères qui nous éclairent à tout moment sur la voie de la rédaction.

– Suivre un plan protège chacun.e contre ses propres écarts.

– Un bon plan est le meilleur moyen pour accrocher la ou le destinataire, et pour maintenir son attention en éveil.

Au lecteur ou à la lectrice, la visibilité d’un bon plan offre plusieurs types de conforts. Principalement :

– Un confort de survol : la direction que suit le texte est visible au premier coup d’œil sur les intertitres.

– Un confort de lecture : des propos correctement morcelés sont plus faciles à comprendre et à retenir.

En somme, être compétent en matière de plan, c’est être mieux armé pour communiquer au quotidien.

La maîtrise du plan libère la rédaction

J’ai animé plusieurs centaines de formations aux écrits professionnels, et j’ai pu observer de nombreuses fois le phénomène suivant.

Des personnes souffrent de blocages qui les empêchent de développer leur propos aussi bien qu’elles le voudraient. Pourtant, elles savent écrire ; mais elles se croient victimes d’un problème insoluble, car remontant à l’enfance et à leur découverte de la lecture et de l’écriture.

Soudain, en formation, elles se découvrent capables de maîtriser les écrits professionnels, et le vérifient le jour même, en se concentrant uniquement sur le plan. Car la réflexion sur la structure du texte facilite l’enchaînement des idées et, ensuite, l’écriture coule de source.

Ainsi, souvent, un simple apport technique peut aider à libérer l’expression écrite.

La clé pour réussir les plans de vos écrits professionnels

Si vous avez des difficultés à trouver le plan de vos textes, la suite va vous intéresser.

Créer un plan n’a rien d’un exercice littéraire. Il est question de construction, de structure, d’enchaînements logiques…

À la limite, vous pouvez considérer votre texte comme un tableau de bord, composé des quelques boutons (une dizaine tout au plus), sur lesquels appuyer en suivant un ordre précis. C’est à la portée de tous.

J’ai écrit « Organiser ses idées, structurer ses propos », afin que, à votre tour, vous puissiez acquérir cette compétence.

L’ouvrage détaille l’ensemble des questions à vous poser et des repères méthodologiques, pour vous approprier les techniques.

Quand vous aurez expérimenté la méthode simple proposée dans ce livre, réaliser un plan se fera naturellement.

Vous y gagnerez en temps et – le plus important –  en aisance rédactionnelle !

 

 

 

 

« Organiser ses idées, structurer ses propos », sur Amazon.

 

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Conseils pour améliorer son orthographe
mai 30th, 2017 par JérômeDuez

Des gens qui ne se trouvent pas assez beaux dépensent des fortunes en chirurgie esthétique. Quand on est laid en orthographe, on peut tout changer en ne dépensant presque rien !

Et le résultat est durable, alors que les résultats d’une chirurgie ne sont que passagers !

Une orthographe soignée embellit sans cesse, et votre image avec !

Les bienfaits d’une orthographe saine

Vous voulez embellir votre orthographe et je vous dis bravo !

Vous avez tout à y gagner. En êtes-vous conscient.e (1) ?

En vous dotant d’une bonne orthographe, vous allez vivre une nouvelle vie, plus palpitante et riche en émotions.

Vous allez devenir plus attirant sur l’Internet, et vous provoquerez plus facilement les opportunités.

L’orthographe, c’est comme l’apparence physique : cela caractérise la personne en quelques secondes. À la vue rapide de votre niveau en orthographe, les autres ferment leur porte ou l’ouvrent en grand.

La différence est de taille !

Alors, prêt.e (1) à transformer votre image du tout au tout ?

Voici les supports qui vous aideront à embellir, à votre rythme.

Embellir votre orthographe par les manuels

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », une belle promesse, n’est-ce pas ? Que sont 100 jours, ou même 1 an, à raison d’une dizaine de minutes par soir (car on retient mieux la leçon avant de dormir) ?

« 100 jours pour ne plus faire de fautes », c’est le titre d’un livre de Bénédicte Gaillard aux Editions de l’Opportun.

Il se laisse lire agréablement et il peut être efficace, si toutefois vous avez plaisir à apprendre par les livres.

Je ne conseillerai que ce livre-là, parce que j’aime particulièrement le titre et le concept. Mais si vous êtes habitué.e à apprendre par les livres, vous savez qu’il est préférable de trouver par vous-même parmi une sélection d’ouvrages consacrés au sujet, celui qui vous convient le mieux.

(J’en dis plus sur le rapport aux livres dans ce billet.)

Embellir votre orthographe par les correcteurs

Écrire et se faire corriger, c’est de l’apprentissage sur le terrain. Vous montrez vos faiblesses à une tierce personne, et sa correction vous marque plus profondément qu’une leçon apprise dans un livre ou en formation.

Tout le monde n’a pas dans son entourage une personne douée en orthographe, disponible et volontaire pour corriger des textes à tout moment. Heureusement, des génies de l’informatique produisent des miracles pour nous rendre toujours plus beaux !

Dans mon précédent billet consacré aux outils qui facilitent l’écriture (ici), je parle d’Antidote, le correcteur le plus performant actuellement. Il souligne une grande variété de fautes, en vous livrant des explications plus ou moins détaillées, selon votre envie.

Cette machine incroyable est d’une aide précieuse pour vos textes du quotidien. Mais pour les textes importants, une correction effectuée par un humain s’impose.

(Autre billet soulignant l’importance de la correction : « Les fautes, les traîtresses ».)

Embellir votre orthographe et l’afficher dans le CV

Le certificat Voltaire certifie le niveau en orthographe. L’examen, d’une durée de trois heures, se déroule dans un organisme agréé. C’est un QCM de 195 questions.

Vu le mauvais niveau en orthographe d’un grand nombre d’étudiants, la mention du certificat Voltaire dans le CV est un plus pour décrocher un emploi. Si vous êtes motivé.e par cet argument, il est sûr que la préparation à l’examen va vous faire progresser efficacement.

Des livres existent pour cette préparation, ainsi qu’une application offrant des QCM d’entraînement. Vous trouverez le tout à ce lien.

Embellir votre orthographe par la formation

De nombreux organismes de formation proposent de « maîtriser son orthographe » en 2 ou 3 jours seulement !

Ne rêvez pas, c’est impossible ! L’intitulé devrait être « s’engager sur la voie de la maîtrise en orthographe ». Je sais, c’est moins séduisant, mais plus réaliste.

Deux ou trois jours, cela laisse le temps pour vous évaluer et élaborer un plan de travail pour progresser.

Des tests sur Internet vous permettent de vous évaluer, mais peut-être que pour vous, cela ne suffit pas, et que vous avez besoin d’un regard extérieur pour recevoir un diagnostic précis. Dans ce cas, la formation vous sera profitable.

Si vous n’aimez pas apprendre seul.e (1) dans votre coin et que rien ne vaut l’accompagnement physique pour vous donner des ailes, l’idéal serait de suivre des cours particuliers.

Embellir votre orthographe par la lecture

Je croirais entendre mon vieux prof de français en vous donnant ce dernier conseil, mais je constate qu’il n’est pas passé de mode. Le voici : lisez souvent !

Peu importe ce que vous lisez, pourvu que cela vous plaise et que cela soit correctement écrit. Nous avons la chance en France, de ne pas manquer de livres, de revues et de blogs de qualité, pour étancher la soif des lecteurs les plus insatiables.

Si vous avez une mémoire photographique, la lecture va favoriser vos progrès en orthographe aussi sûrement que les exercices. Pour les autres, les effets bénéfiques de la lecture seront plus lents mais il y a beaucoup d’avantages à lire.

Celles et ceux qui ne lisent pas ne savent pas la différence entre le langage parlé et le langage écrit. La lecture ouvre à ce savoir. De plus, lire souvent favorise la capacité à trouver plus vite ses propres mots pour s’exprimer. Le tout en se faisant plaisir avec des sujets intéressants !

Et vous, quelle formule vous a permis d’effacer les impuretés de vos textes, et de faire gagner à votre orthographe une brillance superbe  ?

(1) Si cette manière d’inclure le féminin vous surprend, lisez ce billet sur de nouvelles règles d’écriture en matière de parité des sexes.

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mai 16th, 2017 par JérômeDuez

Avec les nouveaux outils à votre disposition, écrire n’a jamais été aussi simple.

En voici quelques-uns, parmi les plus efficaces.

Dragon, le logiciel de reconnaissance vocale

Vous parlez, il écrit… plus ou moins fidèlement. Longtemps, Dragon a été difficile à installer. Longtemps, il a manqué de fiabilité (les bruits parasites déformaient les mots retranscrits, d’après des témoignages).

Cela semble s’arranger, mais il est encore trop tôt pour affirmer que Dragon arrive à maturité. Selon moi, ce sera le cas quand on pourra l’utiliser dans n’importe quel environnement sonore.

J’attends avant de l’acquérir. J’aime dicter mes idées en toute circonstance et mon outil de prédilection est le dictaphone. Mais je ne veux pas dénigrer Dragon, car je connais des utilisateurs qui ne peuvent plus s’en passer.

Ici, vous pouvez lire un test intéressant de Dragon pour Mac 5, signé Anthony Nelzin.

Evernote ou OneNote, les « capteurs d’éléments »

Ce sont plus que des instruments de prise de notes, Evernote et OneNote capturent tout type d’élément : articles du Net, photos prises avec le smartphone,  captures d’écran…

Il semble qu’Evernote soit mieux conçu pour la mobilité et qu’il soit plus apprécié par l’ensemble des utilisateurs. En témoigne ce billet enflammé d’Antoine Blanchemaison.

Dès que je serai équipé d’un smartphone, je l’adopterai sûrement !

Les dictionnaires

Le portail lexical du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL) présente l’offre la plus complète.

Sous Firefox, vous pouvez installer l’extension gratuitement dans votre barre des tâches.

Vous tapez le mot à rechercher, et vous êtes relié au site qui propose plusieurs entrées pour votre mot : définition, synonymie, antonymie et étymologie.

Le portail regroupe aussi une variété de dictionnaires spécialisés.

Vous pouvez préférer des dictionnaires en ligne plus simples. Dans ce cas, le site des dictionnaires Larousse est très bien ; et pour les synonymes, le Dictionnaire Electronique des Synonymes (DES) de l’Université de Caen Normandie donne d’excellents résultats.

Antidote, le correcteur de style

Si vous vous procurez Antidote, vous pouvez oublier le chapitre précédent. Car ce logiciel aussi met en lien tous les dictionnaires utiles. Et il fait beaucoup plus.

Antidote est le correcteur complet, il corrige l’orthographe, la grammaire et le style. Il souligne les fautes, il explique la nature de la faute, et propose un remplacement.

Ainsi, tout en étant corrigé, vous pouvez progresser en français.

D’emblée, cela semble être un incontournable pour corriger les écrits professionnels, journalistiques et universitaires. En revanche, un romancier a-t-il intérêt à faire corriger son style par une machine ?

Je viens de l’installer et de le tester avec mon livre qui sortira en juin : « Organiser ses idées, structurer ses écrits ». J’avais précédemment confié le manuscrit à deux correcteurs de talent, et Antidote a repéré des fautes supplémentaires. Impressionnant !

Pour en lire plus sur ce logiciel, voyez cet article-ci.

Scrivener, le traitement de texte des écrivains

Scrivener change la vie des écrivains, des universitaires et de tous ceux qui rédigent des documents longs.

Il offre une visibilité incomparable, car il permet de classer ses notes de manière optimale.

Accéder à une note précise, changer l’ordre des chapitres, éditer son livre sous format numérique et papier, autant d’opérations qui sont facilitées par Scrivener.

De plus, il est possible de coupler Evernote et Scrivener : ce qui est pris dans le premier est automatiquement classé dans le second.

Il est possible de l’essayer gratuitement pendant 30 jours. La page de téléchargement est en anglais mais le logiciel existe en français.

Cette présentation très claire de Lionel Davoust vous en dit plus.

Et demain ?

Un outil magnifique donne des ailes au savoir-faire. Mais sans savoir-faire, il vous donne l’illusion d’accomplir des prodiges, sans offrir de résultats probants…

Par conséquent, aucun de ces outils magnifiques ne vous fait l’économie des connaissances nécessaires en matière d’écriture… Mais qu’en sera-t-il demain ?

Le robot rédacteur existe. Cet article de Vincent Glad vous présente Data2content, robot au service d’agences de voyages, du journal Le Monde, de la SNCF… et bientôt chez vous ! 

Cela veut-il dire que nous cesserons d’écrire ? Je ne le crois pas. En nous délestant des contraintes techniques de l’écriture, nous aurons l’esprit plus libre pour nous consacrer aux questions de fond, et aux catégories d’écrits où resplendit notre humanité.

Apportez votre avis sur les logiciels mentionnés !

En avez-vous d’autres à conseiller ?

 

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mai 9th, 2017 par JérômeDuez

Les écrits professionnels n’ont rien à voir avec l’écriture scolaire. Parce que le milieu professionnel est un autre monde, beaucoup plus confortable que l’école et le collège.

La rédaction et la dissertation sont les seules épreuves scolaires qui demandent de montrer un savoir-faire technique, tout en exprimant un propos qui sort de nous. La note sur 20 porte à la fois sur la forme et sur le fond. En cas de mauvaise note, les conséquences sont souvent blessantes et dans l’esprit de l’élève, c’est son propos – une part de lui-même – qui a été rejeté.

Heureusement, nous ne sommes plus à l’école ! Voici trois exemples démontrant l’écart immense entre la rudesse de l’écriture en milieu scolaire et le confort de l’écriture en milieu professionnel :

Le problème du grand style

À l’école, pour faire connaissance avec l’écriture, nous avons reçu des dictées souvent extraites de textes de grands auteurs. Nous avons écrit des mots inconnus, des phrases aux tournures compliquées et intimidantes. Avec les récitations c’était pareil, nous avons dû apprendre des textes d’une perfection littéraire inaccessible. Donc, pour beaucoup, la découverte de la littérature a provoqué un complexe d’infériorité quasi insurmontable ; et écrire est devenu synonyme d’écrire avec style.

Les écrits professionnels sont le contraire de la littérature, dans le sens où ils doivent être dépourvus d’effets de style. Pourtant, nombre d’entre vous qui êtes restés sur une idée fausse de la « maîtrise de l’écriture » passent trop de temps à soigner le style. Or, l’attente du lecteur se situe ailleurs, au niveau du plan. Autrement dit, le lecteur attend certaines informations, présentées dans un ordre précis.

Le problème de devoir se montrer

En classe de 6ème, pour nos premiers devoirs de rédaction, le prof nous donnait comme sujet : « Racontez vos vacances » ou « Racontez vos week-ends ». Les sujets touchaient donc à l’intimité. Pour peu que notre rédaction ait été exemplaire par son excellence ou par sa médiocrité, elle était lue à la classe, ce qui nous valait des plaisanteries des copains sur notre façon d’occuper nos loisirs. Certaines personnes ne se sont pas remises de ce genre d’épisode et pour elles, écrire est une violente mise à nue.

Dans le contexte professionnel, nous nous exprimons rarement pour raconter notre vie ou pour donner un point de vue intime. Nous nous exprimons principalement pour mentionner deux choses : les faits et notre analyse des faits. Notre objectivité est de rigueur. Notre personnalité apparaît dans le choix, la pertinence et la clarté de nos informations, non dans leur interprétation. Et notre analyse repose surtout sur notre expérience professionnelle et sur notre expertise. Ceci est une certitude : la violation de la sphère privée n’a aucune légitimité dans la sphère professionnelle.

Le problème de la page blanche

Les jours de composition écrite en classe, nous commencions par sortir du papier, puis nous notions en haut d’une feuille le sujet de la rédaction ou de la dissertation que le (la) prof nous dictait et enfin, nous réfléchissions devant une feuille blanche.

Dans le contexte professionnel, réfléchir face à une feuille ou allumer l’ordinateur avant de savoir ce que nous allons écrire est un geste aussi absurde que celui consistant à saisir son téléphone avant de savoir quoi dire. Pour une raison simple : écrire à l’école, c’était pour apprendre à écrire, alors qu’écrire en milieu professionnel, c’est de l’action pure ! Et toute action se fait en deux temps : 1 – nous pensons ; 2 – nous agissons.

Pourtant, trop de monde conserve la feuille pour réfléchir ; si ce geste convient à certains, à d’autres il crée la fameuse angoisse de la page blanche.

Écrire c’est agir

Pour mener à bien la phase préparatoire de réflexion, il convient à certains de prendre des notes de façon classique, tandis que d’autres ont besoin de tracer des mind maps (que nous verrons plus loin), d’autres préfèrent marcher ou gribouiller de petits dessins, parler au dictaphone ou rester tranquilles à ne rien faire d’apparent. Si bien qu’au moment de sortir la feuille, les idées sont déjà en place et l’angoisse de la page blanche n’existe plus.

Pour beaucoup, le mot rédaction évoque le collège ou la littérature. Ces associations d’idées n’ont pas de sens dans un contexte professionnel, où écrire est exclusivement une action, au même titre que prendre son téléphone.

(Ce texte est un extrait du manuel « Osez l’écriture ! », en téléchargement gratuit sur cette page. S’il vous a plu, partagez-le !)

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