3 questions gagnantes avant de s’exprimer

Les questions essentielles pour bien écrire

Dès que vous allez devoir communiquer à l’oral ou à l’écrit, dans un contexte professionnel ou extra-professionnel, au moment où vous vous demandez « que dois-je dire ? », il convient de vous poser 3 questions.

Ces 3 questions sont des repères formidables, qui vont vous mettre en accord avec le destinataire/interlocuteur/public et en accord avec le sujet. Les voici :

1ère question : « À qui je m’adresse ? »

Cette question sert à cerner le profil de votre (vos) destinataire(s) ou de votre public.

Elle implique de répondre aux questions subsidiaires : « S’agit-il de mon supérieur, mon égal ou mon subordonné ? » ; et « Quel est son niveau de connaissance du sujet ? ». Si vous manquez de réponses à la dernière question, dans le doute, exprimez-vous comme si vous vous adressiez à un ignorant du sujet.

Lors du lancement d’un nouveau produit sur le marché, la question « à qui s’adresse ce produit ? » fait l’objet d’une étude marketing, parfois longue et coûteuse. Mais dans un contexte habituel d’écriture ou d’autres formes d’expression, quelques minutes de réflexion suffisent.

2ème question : « Qu’est-ce que mon destinataire veut savoir ? Et qu’a-t-il besoin de savoir ? »

La réponse est claire dans le cas où quelqu’un vous demande un écrit (rédaction d’une note, réponse à un courrier, etc.). Cette 2ème question correspond à l’étude de la commande.

Si ce n’est pas le cas, vous devez interroger la personne pour connaître ses attentes.

Dans le cas d’un écrit commercial (une brochure de présentation, une proposition commerciale, etc.), le rédacteur se réfère aux critères de la grille SONCAS, que connaît tout bon vendeur :

S comme Sécurité

O comme Orgueil

N comme Nouveauté

C comme Confort

A comme Argent

S comme Sympathie

Ces critères correspondent à nos motivations d’achat.

Par exemple, selon les individus, l’achat d’une voiture peut être motivé par son aspect économique (argent), son intérieur tout cuir (confort), sa puissance (orgueil), ses options à la pointe du progrès (nouveauté), la qualité de complicité du vendeur (sympathie), le système ABS, les airbags et le limiteur de vitesse (sécurité).

« Quel genre de voiture recherchez-vous ? », demande le vendeur. À travers sa réponse, le client exprime ses critères préférentiels. Ainsi, le vendeur peut orienter son discours commercial en fonction des attentes.

De même, hors du contexte commercial, il est recommandé de vous interroger sur les attentes de l’autre.

3ème question : « Qui suis-je, dans le cas présent ? »

Parfois, vous écrivez en votre nom propre, parfois au nom de votre service, parfois au nom de votre supérieur.

Quand vous écrivez en votre nom, vous pouvez décider de mettre en avant votre responsabilité (et vous imposez vos vues), ou votre expertise (et vous soumettez des propositions), ou votre part d’exécutant (et vous rapportez les informations et des propos d’autrui), etc.

De plus, selon les circonstances, vous choisissez de montrer un certain visage : sérieux pour sensibiliser votre auditoire sur un point délicat ; cool pour présenter les vœux de fin d’année ; autoritaire ou séducteur pour obtenir quelque chose, etc.

Soyez toujours attentifs à ces 3 questions

J’aime comparer l’écriture à la conduite automobile. Au moment d’apprendre à conduire, le débutant pense à tout, il se dit des choses comme « là je suis en 1ère, maintenant qu’est-ce que je fais ? Ah oui, je passe en 2de, sans oublier d’appuyer sur la pédale d’embrayage avec le pied droit…».

Avec un peu de pratique, il le fait sans y penser. En revanche, pour éviter tout accident ou sortie de route, il est sans cesse attentif à ce qui l’entoure et il modifie sa conduite selon qu’il roule en ville ou sur autoroute, sur chaussée sèche ou mouillée, etc.

L’écriture, c’est pareil. Vous devez suivre un plan, relativement simple. Au début vous vous interrogez : « Je viens de trouver ma phrase d’accroche ; et maintenant, qu’est-ce que j’écris ? Ah oui, je définis le sujet… »

Avec de la pratique, vous n’y pensez plus. En revanche, pour éviter les écarts de conduite, vous restez vigilant sur le contexte de votre communication, à savoir : ces 3 questions.

Ces 3 questions sont à la fois une sécurité et une première voie pour trouver le plan du texte :

  • La sécurité repose sur les questions 1 et 3, qui servent à ne pas dévier et tomber « hors contexte ». Au cas contraire, votre texte risque d’être à l’origine d’un conflit, au cours duquel votre destinataire demande d’un ton  énervé : « À qui croyez-vous vous adresser ? » et « Pour qui vous prenez-vous ? ».
  • Le plan repose en partie sur la question 2, qui vous évite de tomber dans le « hors sujet ». Quand nous savons ce que le destinataire veut et doit lire ou entendre, le contenu du texte va de soi.

Pensez-y toujours ! Elles vous sont indispensables, même quand vous connaissez votre sujet sur le bout des doigts. Car votre manière de vous exprimer varie constamment, selon le contexte, selon le destinataire et ses attentes, et selon la personne que vous êtes à l’instant et qui évolue sans cesse.

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Le contenu de ce billet est développé dans l’ouvrage « Organiser ses idées, structurer ses propos« .

Si ce billet vous a plu, celui-ci vous parle des bonnes questions pour trouver le plan d’une note de synthèse.

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décembre 2nd, 2016 par